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14 mars 2013 4 14 /03 /mars /2013 19:37

Ce titre est celui d'un blog : http://blog.wikibuster.org/ . J'ai reçu récemment un message de ce site demandant la permission de reproduire un de mes anciens billets sur Wikipédia, pour une affaire de censure. Du coup, par curiosité, j'ai fais un saut sur ce blog. Je dois bien avouer que la démarche est très intéressante. L'idée qui se trouve à la base de Wikipédia est très humaniste : partager gratuitement la culture et le savoir. Seulement, après quelques temps passé sur ce site communautaire, cette "encyclopédie libre", il est facile de s'apercevoir de certains dysfonctionnements. Encore, que Wikipédia fasse la chasse aux propos litigieux, c'est normal. Mais que les administrateurs déclarent la guerre à tout contenu qu'ils n'apprécient pas, pour diverses raisons (souvent indéfendables), ce n'est plus normal. D'ailleurs, il est curieux de constater que tout et n'importe circule sur le site, alors même que la volonté encyclopédique devrait permettre d'éviter les erreurs grossières. De plus, comment justifier la création d'articles médiatiques (les guerres, événements climatiques, etc.) ? En effet, où est l'encyclopédisme là-dedans, du moins comme prétendais le mettre en oeuvre un certain Diderot ? Ajoutons, pour terminer ce rapide billet, que certains de mes articles ont été littéralement repris par d'autres, comme celui sur un haut-fonctionnaire de l'égypte ancienne : Méket. En tout cas, je conseil vivement la lecture de Wikibuster, un site qui permet de prendre un peu de distance avec un outil, certes utile et intéressant, mais souvent par trop orienté et qui ne devrait pas porté l'adjectif de "libre" (surtout sur le Wikipédia français). 

 

Lire en ligne sur le site de Wikibuster : http://blog.wikibuster.org/2013/03/14/censure-sur-wikipedia/

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12 décembre 2012 3 12 /12 /décembre /2012 12:12

Écrire l’Histoire avec des « si »… que voilà un passionnant exercice pour un historien. Ce genre de « jeu » pourrait être fait dans les classes de collège et de lycée, tout comme les situations-problème et les jeux de rôle. Certes, ça demande du temps et de la préparation, mais cela est susceptible d’intéresser plus d’élèves à la discipline. Sur un plan plus scientifique, il n’est pas inutile de se pencher sur ce genre « littéraire » qui nous viens d’Angleterre, sous sa forme actuelle. L’uchronie désigne « l’histoire faite par la pensée ». C’est une sorte d’histoire utopique. Le mot aurait été forgé par Charles Renouvier au XIXe siècle, qui écrit Uchronie. Utopie dans l'Histoire (1857). Finalement, il s’agit de regarder un événement « tel qu’il n’a pas été » et « tel qu’il aurait pu être ». C’est un questionnement de philosophe, voir de métaphysicien, ce qu’était Renouvier.

 

Charles Renouvier : l'Histoire utopique.

 

Dans cet article, intéressons-nous, pour commencer, au livre de Renouvier pour bien comprendre la genèse de l’uchronie. De manière assez classique, l’auteur, qui publie son livre en 1857 (réédité en 1876) essaie de comprendre ce qu’aurait pu être la civilisation européenne si les choses c’étaient passées différemment dès l’Antiquité. Le livre, qui s’inspire des livres de voyages à la mode au XVIIe siècle, commence par une lettre qu’un écrivain écrit à ses enfants pour leur léguer un manuscrit, lequel contient l’uchronie. Précisons d’emblée que, contrairement à certains récit de voyages, Renouvier n’essaie pas de tromper le lecteur. Son texte a une vertu pédagogique certaine en amenant son lecteur à réfléchir sur la construction de l’histoire et sur la succession des événements.

 

L’intérêt pédagogique est ce qui m’a intéressé au premier abord. Parler de ce livre en classe de philosophie – dont Renouvier est absent – ou en histoire, cela pourrait permettre de montrer aux élèves qu’il n’y a pas une seule construction de l’histoire possible, tout en leur précisant que l’uchronie ce n’est pas de l’histoire au sens scientifique de la discipline, mais qu’elle permet de saisir les enjeux d’un événements en s’interrogeant sur les raisons qui ont poussé les acteurs à prendre telle ou telle décision plutôt qu’une autre. L’idée est aussi de rester réaliste, c’est-à-dire avancer des hypothèses qui auraient été envisageable et faisable à l’époque. Un très beau livre de Patrice Pusateri, architecte-urbaniste de l’État, a écrit une fiction architecturale, Les obélisques de faïence (2009), dans lequel il montre que Rouen (en Seine-Maritime) aurait pu devenir capitale de la France à l’époque d’Henri IV. Très documenté, avec des textes historiquement incontestable, il suit cette idée de la ville au cent clochers devenue capitale du royaume. C’est passionnant à lire.

 

De manière littéraire, assez classiquement dirais-je, Renouvier entoure son récit de mystère. Le père du narrateur, sans doute écrivain du manuscrit, est un homme décrit comme solitaire, petit bourgeois sans grandes amitiés. Je ne raconterais point le livre car son contenu est sans intérêt réel pour la suite de mon propos (mais je vous engage à le faire car c’est facile à lire). Au XIXe siècle, il n’est point difficile de montrer que « refaire » ou « revivre » l’histoire est une sorte de fantasme. Jules Michelet est le premier touché par cette histoire très documentée, mais romancée et animée. Certes, il ne fait pas d’uchronie, même s’il « invente » parfois des dialogues. Le grand professeur peut apparaître comme prétentieux lorsqu’il se place au-dessus des autres historiens de son temps : « Dans mon enseignement, j’avais mis ce que nul homme vivant n’y mit au même degré. » (Les Jésuites, 1843) Bref, il a une haute estime de lui-même.

 

Jules Michelet : une Histoire uchronique ?

 

En tout cas, Michelet n’a pas tort, lorsqu’il affirme que « d’autres enseignaient leurs brillants résultats, moi mon étude elle-même, ma méthode et mes moyens » (idem). C’est ce qu’il est demandé aux professeurs du Collège de France aujourd’hui. Présenter leurs recherches et leurs méthodes. Toujours dans le même texte, il ajoute, conséquence de sa vision de l’histoire, que « c’est le haut caractère de la vraie science, d’être art et création, de renouveler toujours, de ne point croire à la mort, de n’abandonner jamais ce qui vécut une fois, mais de le reconstituer et de le replacer dans la vie qui ne passe plus. »

 

Maintenant, prenons la même phrase et considérons-là comme la définition de l’uchronie donnée par Michelet, même si le mot n’existait pas encore, ce qui rend plus piquant encore l’intuition du professeur : « [L’uchronie], c’est le haut caractère de la vraie science, d’être art et création, de renouveler toujours, de ne point croire à la mort, de n’abandonner jamais ce qui vécut une fois, mais de le reconstituer et de le replacer dans la vie qui ne passe plus. »

 

Cela peut paraître hasardeux et bancal, mais Michelet avait un esprit en éveil et s’interrogeait beaucoup sur la pratique de l’histoire, sur sa conception et son enseignement. En cela, je me reconnais dans cette vision « littéraire » d’une science que Michelet voulait populaire. Il y a dans son oeuvre tous les éléments de base nécessaire à une bonne uchronie : le sérieux documentaire et scientifique, la touche poétique et littéraire, qu’il assume pleinement, et la volonté de reconstituer et de redonner une « âme » à l’histoire.

 

Jean-Claude Casanova : penser l'uchronie au XXIe siècle.

 

En 2005, Jean-Claude Casanova, dans une séance de l’Académie des sciences morales et politiques, parle de l’uchronie : « Si l’on réfléchit sur les exemples que je viens de citer, on constate que l’attitude uchronique correspond à trois types principaux. Il y a les penseurs qui veulent absolument introduire dans l’histoire humaine des événements naturels. Il y a ceux qui veulent insister sur la disproportion entre les petites causes et les grands effets. Il y a enfin ceux qui veulent insister sur le rôle particulièrement important des grands hommes. »

 

Ajoutons, avec Casanova :

 

« On constate également que l’uchronie, comme sujet de conversation, ne plaît ni aux historiens ni aux étudiants. J’ai toujours aimé l’uchronie et je l’ai toujours pratiquée, comme je l’avais apprise de mon maître Raymond Aron, mais je sais qu’en procédant ainsi j’ai toujours suscité, aussi bien chez mes collègues historiens que chez mes étudiants, la plus grande irritation. Cette irritation est parfaitement compréhensible si l’on se souvient du texte de Tocqueville dans lequel il explique que, dans les âges démocratiques, les hommes préfèrent une conception de l’histoire dans laquelle on insiste sur la nécessité à une conception mettant en valeur la liberté. Il y a en effet dans l’interprétation uchronique toute une série de choses qui suscitent l’agacement. »

 

Je suis étudiant et j’avoue que l’uchronie est une démarche plaisante. Pour revenir sur un débat avec un ami sur la bataille de Trafalgar, que ce serait-il passé si Villeneuve n’était pas sorti de Cadix ? La flotte franco-espagnole était supérieure en nombre, mais Nelson était meilleur marin et stratège que Villeneuve. Si la flotte française était restée intacte, le blocus continental n’aurait peut-être pas échoué, Napoléon ayant les moyens maritimes pour intercepter les navires forçant le blocus. Dès lors, l’Angleterre aurait peut-être cherché à faire la paix ou aurait été contrainte de se résigner. Car la perte des colonies par la France à cette époque, est due à l’absence de politique maritime sérieuse par Napoléon. S’il avait l’intuition et la certitude que la mer et les colonies étaient un atout, il aurait mobilisé les moyens nécessaires à cette fin.

 

Pour revenir à l’agacement suscité par l’uchronie, Casanova nous dit :

 

« D’abord, on dévalorise le réel et le nécessaire puisque, en expliquant que les choses auraient pu être différentes, on remet en question ce qui s’est effectivement passé. Ensuite, on exalte les possibles, ce qui plaît aux chimériques, mais déplaît à ceux qui ne le sont pas. On exalte le hasard, ce qui déplaît fortement à ceux qui ne sont ni sceptiques ni aventureux. On favorise la polémique, ce qui déplaît fortement à ceux qui ont une opinion différente de celle présentée à travers l’uchronie. »

 

Donc, quatre points : l’uchronie est irréelle et « ne sert à rien », elle est exaltante, hasardeuse et polémique. « Enfin, ajoute Casanova, il faut bien reconnaître que l’uchronie est utilisée comme artifice compensatoire : on refait une histoire différente de celle que l’on aime pas. » Sur ce point je ne suis pas d’accord. La vertu pédagogique du genre n’a pour objet de remplacer l’histoire scientifique, mais elle a pour but de permettre de percevoir les enjeux et les raisons d’un choix car, sans être psychanalyste, il est évident qu’on ne fait jamais un choix au hasard, et si c’est le cas il faut se demander si c’est vraiment du hasard. Finalement, j’aurais pu faire un autre choix en m’inscrivant à la fac. J’ai choisi l’histoire, parce que je veux faire de l’histoire depuis tout petit, mais j’ai choisi sociologie avec, alors que je pouvais choisir géographie. J’ai hésité et j’ai fais mon choix, certainement liée à mon histoire personnelle, aux rapports difficiles avec mes parents, à cette volonté inassouvie de comprendre le monde qui m’entoure et la société dans laquelle j’évolue. Nos choix ne sont pas dictés par une force supérieure, mais le libre-arbitre a une place importante dans les sociétés prétendument démocratiques de l’Europe du XXIe siècle.

 

L'uchronie, pour une utilisation pédagogique.

 

Pour revenir à ce que je disais au début, l’uchronie a une autre vertu. Les adolescents, en général, n’aiment pas être identifié à quelque chose. Or, les cours d’histoire sont ennuyeux pour eux car ce sont des vérités toutes faites que le professeur explique être des réalités qu’on apprend dans les documents. Seulement, il est rarement montré aux élèves que plusieurs interprétations d’un même document sont possible, et cela en fonction de l’axe de recherche, de la problématique que l’on cherche à résoudre, etc. Pour se rendre compte de la grande force de l’uchronie, il suffit de plonger dans l’imaginaire des enfants. Je jouais moi-même à la Révolution française, imaginant Louis XVI réussissant sa fuite, et donc tout faire pour éviter l’invasion de la France par les alliés. Rejouant les batailles de Napoléon, je changeais parfois le cour des choses. En fait, les enfants se prennent parfois au jeu de leur imaginaire, se croyant vraiment le personnage incarné et se coupent, du même coup, de la « réalité ».

 

Rien de grave à cela, mais l’uchronie n’est pas si inaccessible que ça à des collégiens, qui peuvent parfois être encore dans cet esprit enfantin, tout en le niant la plupart du temps car ils veulent être comme les adultes. Quant aux plus grands, ils verront dans l’uchronie un exercice d’imagination qui leur permet de donner leur avis et ils s’identifieront alors a un personnage choisi et cela leur donnera l’impression d’écrire l’histoire « tel quel aurait pu avoir lieu », laissant ouvert le champ des possibles. Cela leur permet alors de se projeter, de se dire qu’un choix n’est pas nécessairement rationnel, que l’histoire peut-être un concours de circonstances. De fait, les élèves font oeuvre d’historiens en pratiquant l’uchronie bien plus qu’en écoutant sagement un professeur raconter des faits sans intérêts (pour eux) puisqu’ils peuvent trouver tout ça sur Internet. L’histoire paraît souvent convenue, parfois – et non sans raisons – il s’agit d’un choix délibéré de l’Éducation nationale.

 

Je n’ai aucun souvenirs de l’histoire en 5e. Je n’ai rien retenu, alors que j’ai des souvenirs du programme de 6e, avec les Égyptiens, de celui de 4e avec la Révolution, et un professeur que j’aimais beaucoup, et de celui de 3e ou j’ai eu mes meilleures notes de ma scolarité en histoire (si l’on excepte la classe de seconde). J’ai cumulé à 17 de moyenne. M. Jolivet, notre professeur, dans mon souvenir, nous racontait des anecdotes de sa vie, mais des faits choisis – pas comme le prof psychologiquement atteint qui tartine et se lamente – afin de nous rendre attentif (car à cet âge là il est plaisant que le prof parle de lui, comme ça on a de quoi ragoter !). Ensuite, il embrayait sur le cours, toujours en incluant une part d’humanité dans l’histoire. L’effet escompté était de faire s’identifier l’élève aux personnages… et ça marchait en partie.

 

L’idée d’une pédagogie de l’histoire par l’uchronie ambitionne de créer cette identification des élèves aux personnages. Bien sûr, les intellectuels biens-pensant de gauche crieraient au scandale, affirmant que c’est un retour à l’enseignement des grands hommes et de l’histoire nationaliste de la IIIe république. Il faut admettre qu’ils n’auraient pas tort, seulement, cette idée n’est pas réactionnaire du tout puisque les questionnements historiques seraient très actuels. Il est possible de faire de l’histoire économique avec l’uchronie, en parlant de la Crise de 29 ou de celle de 2008 (auraient-elles pu être évitée par exemple ? Que serait-il arrivée si cela avait été le cas ?). De même, parler du rôle de la peste noire lors de la Guerre de Cent Ans peut se faire par l’uchronie. Si elle n’avait pas eu lieu, comment le système féodal se serait-il adapté (ce qui permet de parler des limites de ce système sans être trop ennuyeux) ? Il y a plein de possibilité, et c’est cela qui rend l’uchronie passionnante et utilisable en pédagogie, même s’il faut faire attention à ne pas mélanger le réel et l’irréel, a bien expliquer aux élèves comment les choses se sont passé et pourquoi, tout en montrant que, si certains facteurs avaient été absent a tel moment, si tel personnage avait pris une décision différente, il aurait pu changer le cours de l’histoire.

 

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28 octobre 2012 7 28 /10 /octobre /2012 18:41

Pour comprendre l’importance du Ve siècle sur le plan politique, il faut remonter au IIIe. À cette époque s’instaure la Tétrarchie. L’Empire est gouvernée par plusieurs empereurs, c’est-à-dire deux Augustes et deux Césars. Deux Augustes : l’un régnant en Occident, l’autre en Orient avec pour capitale Constantinople, fondée par Constantin le Grand. Au début du IVe siècle, l’empire connaît une mutation religieuse. Constantin se fait baptiser sur son lit de mort, ou avant, tous les historiens ne sont pas d’accord là-dessus, mais le plus important c’est qu’en 313, avec l’Édit de Milan, les Chrétiens obtiennent le droit de culte. Au IVe siècle, les questionnements théologiques donneront naissance à de nombreuses hérésies. Avec l’arrivée des peuples venus de l’Est, apparaîtra une hérésie particulièrement répandue, l’arianisme. Elle attire les populations germaniques qui interprètent la Trinité comme étant constituée de plusieurs dieux. Du point de vue des chrétiens c’est scandaleux.

 

La division impériale de 395

 

À la fin du IVe siècle, à la mort de Théodose le Grand, en janvier 395, nous assistons à quelque chose qui n’est pas inédit en soit. Théodose partage son Empire entre ses fils. Honorius obtenant l’Occident et Arcadius obtenant l’Orient. Seulement, les deux fils n’ont pas l’âge de régner et ils paraissent inexpérimentés. Théodose nomme comme régent des deux empires le général en chef des armées, Stilicon, fils d’un Vandale, c’est-à-dire appartenant à un peuple « barbare ». Stilicon est marié à la nièce de l’empereur, Serena, et donc appartient à la famille impériale. Mais il va faire une erreur. Il croit possible de régenter les deux parties de l’Empire et il refuse d’aller imposer son autorité en Orient.

 

Cette négligence de Stilicon va permettre à Rufin, originaire de Gaule, d’imposer ses vues à l’empereur Arcadius. Il va tout faire pour éviter que Stilicon mette son nez dans les affaires de l’Orient. Il va échouer puisque Eutrope, un eunuque, ancien esclave venu de Roumanie, va comploter avec Gaïnas, chef de l’armée impériale, et réussit à faire assassiner Rufin à l’automne de l’année 395. Stilicon va tenter de reprendre l’Orient en lançant des offensives militaires qui se heurtent aux troupes de Gaïnas ou d’Alaric. Eutrope est un personnage peu loyal, qui va se débarasser des personnalités les plus influentes à la cour afin d’avoir le champ libre pour imposer ses vues à l’empereur. Il parvient même, en 399, à se faire nommer consul. La même année, à la suite d’intrigues de palais, il sera finalement chassé de la cour par l’impératrice Eudoxie.

 

En 396, le comte d’Afrique du Nord se révolte contre l’Empire romain d’Occident. Il sera considéré comme ennemi public et sera vaincu par une armée romaine. C’est dans ce contexte là que l’empire romain d’Occident entre dans un Ve siècle très difficile pour Rome puisque Stilicon va être obligé de combattre sur plusieurs fronts. En 401, Alaric, roi wisigoth et général romain, met à feu et à sang l’Italie avant d’être battu en 402 par Stilicon. Alaric retourne prudemment d’où il vient. En 406, Radagaise, un chef militaire gothique, s’enfonce en Italie par le Nord. Ravenne, nouvelle capitale impériale depuis 402, est une cité entourée de marécages, considéré comme imprenable. En effet, elle ne sera jamais prise. Radagaise est battu et Stilicon, pour faire un exemple, va faire massacrer tous les prisonniers. Stilicon a été obligé de dégarnir la frontière du Rhin pour défendre l’Italie. Le limes gaulois est donc vulnérable. D’ailleurs, peu après l’incursion de Radagaise, des Suèves et des Vandales vont franchir le Rhin gelé le 31 décembre 406. C’est un épisode très célèbre.

 

L’incursion des Suèves et des Vandales

 

Ces peuples vont déferler sur la Gaule. Stilicon est dans l’impossibilité de réagir face à cette incursion d’autant que, dans le même temps, en 407, la Bretagne, c’est-à-dire l’île de Bretagne, la Grande-Bretagne actuelle, fait sécession. Un général qui s’appelle Constantin va débarquer en Gaule et va installer sa capitale à Arles. C’est la première usurpation de la pourpre impériale du Ve siècle. Constantin se fait proclamer empereur par son armée, mais il ne va pas non plus réussir à stopper les Suèves et les Vandales qui vont pénétrer en Espagne. À partir de Carthagène, plus de 80 000 Vandales (chiffre certainement exagéré), dirigés par Genséric, vont traverser le détroit de Gibraltar. Ils vont déferler sur l’Afrique, rendant célèbre la mort d’Augustin, l’évêque d’Hippone, mort au cours du siège de la ville.

 

À Ravenne l’invasion de la Gaule est un « choc » et elle sera mise sur le compte de Stilicon. Le Sénat, hostile à ce « barbare » par trop influent, lui reprochera des sympathies envers les vandales. Certains sénateurs vont même l’accuser de les avoir laisser passer volontairement. C’est une accusation grave : celle de trahison. L’habileté des gens de cour pour les intrigues, motivés qu’ils sont par leur volonté de garder le pouvoir, va permettre de persuader l’empereur Honorius que Stilicon doit mourir. Il accepte tacitement l’assassinat de son meilleur stratège. Il ne réagira donc pas lorsque, à Ravenne, Stilicon et son fils, ainsi que ses gardes particuliers, seront poursuivis dans la ville pour être massacrés. Stilicon sera égorgé à l’intérieur d’une église. Nous sommes en 408 et cet événement provoque une « rupture » bien plus importante que celle de 395.

 

En 410, le pillage de Rome par les troupes du patrice romain Alaric provoquera des débats extrêmement important entre les chrétiens et les païens. La religion officielle romaine était encore très importante et il faut savoir qu’à cette époque-là les chrétiens cherchent une légitimité. Pour eux, évidemment, le pillage de Rome signifie l’abandon de l’Empire païen par les dieux romains et c’est un juste retour des choses. Les païens rétorqueront logiquement que le dieu des chrétiens n’a rien fait pour sauver Rome. Cette querelle lancera un profond débat religieux à cette époque là.

 

Un précaire retour à l’ordre

 

Après la mort de Stilicon, il y a comme un vide et il faut trouver des solutions pour mettre fin aux troubles en Gaule et en Italie. Alaric meurt peu après le pillage de Rome, sans doute vers 412, et il est remplacé par des généraux qui ne seront pas à la hauteur.

 

Arrive en Gaule le général Constance qui, avec l’accord d’Honorius, va donner aux Wisigoths, non pas une terre dévastée, délabrée ou rien ne pousse, mais il va leur donner l’Aquitaine, qui est, du point de vue stratégique, un des rares passage vers l’Espagne, et c’est une terre fertile. Ils vont donner ce territoire aux successeurs d’Alaric, mais avec des contre parties, c’est-à-dire que les Wisigoths doivent se fédérer à l’empire et donc doivent mettre leur troupes à disposition des Romains. Ils s’acquitteront très bien de cette tâche. Les rois Théodoric Ier et Théodoric II seront directement impliqués dans les affaires de l’Empire. En 421, Constance, qui avait été nommé empereur sous le nom de Constance III par Honorius III, meurt de maladie alors qu’il s’apprêtait à partir en guerre contre l’Empire d’Orient. La mort de Constance est dramatique pour l’Empire. Une paix fragile subsiste quelques temps, mais Honorius III meurt sans héritier en 423. Sa mort va précipiter l’Empire dans une nouvelle période d’anarchie.

 

Le Sénat décide de reprendre les choses en mains. Les sénateurs nomment empereur l’un des leurs, Jean. Il n’est pas reconnu par l’Empire d’Orient. Théodose II se considère comme le seul empereur légitime de l’empire. Cependant, Constance III a eut, avec Galla Placidia, un fils, Valentinien. Ce dernier est donc le neveu d’Honorius et sa mère compte bien tout faire pour que son fils accède au pouvoir. Elle va réussir à convaincre Théodose d’envoyer des troupes en Italie. Elles débarquent à Ravenne et chassent l’empereur Jean qui est finalement arrêté devant les portes de Rome. Portes de Rome que les sénateurs, soucieux de ne pas se compromettre davantage dans le fiasco, se sont empressées de fermer. Jean apparaît toutefois comme un personnage puissant, intelligent, mais qui n’a pas bénéficier du temps nécessaire pour constituer une armée capable de le défendre.

 

Dès sa nomination comme empereur, Jean a confié à Flavius Aetius, une autre personnalité qui comptera beaucoup par la suite, la mission d’aller recruter en Pannonie des mercenaires Huns. Les Huns – ils apparaissent à ce moment là en Occident – terrorisent à l’époque les habitants des campagnes. Ces excellents guerriers sont montés sur des petits chevaux et sont de très bons archers. D’ailleurs, Aetius, dans son enfance, a été un otage chez eux, et aussi chez les Wisigoths. Aetius est citoyen Romain, même s’il a des origines germaniques. Son père était maître de cavalerie, ce qui était un rang très élevé dans la hiérarchie militaire. C’était un très bon soldat. Aetius va s’entraîner aux arts de la guerre chez les Huns. Nous savons qu’il était très endurant et les chroniqueurs racontent même qu’il dormait peu. Il va se passer quelque chose d’assez inhabituel, c’est-à-dire que Aetius va recruter des mercenaires, il va bien y arriver, seulement il va arriver trop tard, c’est-à-dire que lorsqu’il revient en Italie, Jean a été tué par Aspar de manière très cruelle puisqu’on lui coupera la main droite et il sera torturé, décapité… bref, c’est un supplice cruel.

 

Aetius s’impose en Gaule

 

Aetius va se dire : « qu’est-ce que je fais ? Est-ce que je décide de venger l’honneur de Jean ou alors est-ce que j’essaie de me repentir en mettant mon armée au service de l’empereur ? » Il choisit la deuxième solution et, d’ailleurs, il apparaît en position de force. Galla Placidia n’a pas les moyens de lutter contre les 20 000 hommes que ramènent Aetius. De son côté, Aetius, même en combattant les armées impériales sait qu’il remporterait les premiers combats, mais très vite il devrait faire face à l’armée d’Orient, ce dont il n’a aucune envie. Après avoir opportunément apporté son soutien à l’empereur, il accepte le poste de patrice des Gaules que lui confie Galla Placidia pour l’écarter d’Italie. Les deux personnages se détestent. Galla Placidia redoute Aetius, réputé être un très bon général, mais aussi un très habile homme politique dont il faut se débarasser le plus tôt possible. Pour provoquer Aetius, elle va faire nommer par son fils un second patrice des Gaules, Boniface. Or, Boniface vient de s’illustrer au siège de Marseille au cours duquel il a résisté aux Wisigoths. Il va très bien remplir sa mission et s’en prend à Aetius, alors en Italie. Il remporte la bataille, mais il est gravement blessé et mourra peu après. Quant à Aetius, il repartira du côté des Huns afin de reformer une armée. Il revient en Gaule et écrase l’armée du fils de Boniface. Cela lui permet de faire pression sur Galla Placidia qui n’a plus d’autre choix que de reconnaître Flavius Aetius. Celui-ci sera même nommé consul, sans doute pour l’amadouer.

 

En Gaule, Aetius mène une politique extrêmement intéressante. Il va privilégier la politique de l’entente cordiale avec les Wisigoths d’Aquitaine. De manière générale, il tente de s’allier avec les peuples frontaliers de l’Empire, c’est-à-dire les Burgondes et les Francs principalement. À Worms, il laissera même les Huns ravager le turbulent royaume des Burgondes afin d’anticiper toute velléités de ce côté. Aetius va se constituer un domaine privée, avec une clientèle et des fidélités « barbares ». Ces derniers voyaient Flavius Aetius comme un nouveau Jupiter. Les Francs eux-mêmes laissaient entendre cela dans leurs chants. Pour eux, c’était un interlocuteur, un « ami des barbares » en quelque sorte.

 

La fin des Théodosiens en Occident

 

Aetius fait de l’ombre à l’empereur Valentinien qui va finir par s’en débarasser peu après l’invasion de la Gaule par les Huns.

 

Cette invasion aurait était déclenchée parce que la sœur de Valentinien aurait promis d’épouser Attila. Elle voulait se venger de son frère qui venait d’assassiner son prétendant. Attila réclame en dot la moitié de l’Empire d’Occident. Valentinien III, on peut s’en douter, refuse tout net et ne cherche même pas à négocier. Il semble toutefois avoir laissé la Gaule à la merci des Huns. Il va alors se produire un nouveau fait marquant. Théodoric Ier, roi des Wisigoths, va s’allier avec les Romains d’Aetius, plus des Gaulois, plus quelques autres peuples de la Gaule qui ont tout intérêt à lutter contre les Huns, et livre une bataille aux Campii Mauriacii. Les Huns sont battus par l’armée romano-wisigoth. Aetius, et cela lui sera reproché, laissera échapper Attila. Certains chroniqueurs affirmeront mêmes que Aetius et Attila se sont rencontrés le soir de la bataille, dans le camp même d’Attila. Aetius lui aurait promis de le laisser fuir avec son armée.

 

Par ce geste, certainement inventé de toute pièce, Aetius s’attira la jalousie et la haine de Valentinien. Aetius a commis la même erreur que Stilicon, c’est-à-dire qu’il savait son armée incapable de mener une guerre de conquête classique. Une guerre prolongée mènerait à la catastrophe, d’autant plus que les Wisigoths venaient de perdre leur chef, Théodoric et que les Francs se trouvaient divisés. De facto, Aetius se retrouvait avec des alliés fragilisés. Il ne pouvait compter que sur ses propres forces. Donc, il va laisser Attila ravager, en 452 et 453, le Nord de l’Italie. Attila mourra au terme de cette campagne, lors de sa nuit de noce. Cela donnera le prétexte à Valentinien III de tuer, de faire assassiner un rival qu’est Flavius Aetius. Pour l’attirer à la cour, il lui promet les honneurs militaires et même la main de sa fille pour son fils. Aetius, vieillissant, est un général quinquagénaire qui a des ambitions politiques plus affirmés que dans sa prime jeunesse. Peut-être rêve t-il d’obtenir la régence de l’empire par ce biais là ? Aetius arrive en 454 à la cour. Il est alors assassiné par des hommes de Valentinien III.

 

Conclusion

 

Un complot est fomenté par des sénateurs. Pétrone Maxime, un puissant personnage à la cour, intrigue en permettant à deux anciens gardes du corps de Flavius Aetius de venger leur maître. Valentinien est assassiné en 455, publiquement, transpercé par deux épées, tenues par deux anciens gardes du corps d’Aetius. À partir de là, l’Empire d’Occident connaîtra des périodes de troubles et des tentatives, par certains empereurs, pour réorganiser l’autorité impériale. Finalement, Odoacre déposera Romulus Augustule en 476, redonnant à l’Empire d’Orient la souveraineté sur l’Occident.

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26 septembre 2012 3 26 /09 /septembre /2012 10:50

Les institutions de la cinquième République en France mettent en place une démocratie dite, de nos jours, « représentative ». Le citoyen vote pour élire ses représentants, à l'échelle nationale, comme à l'échelle territoriale1 et municipale. La loi de décembre 2010 créant les élections territoriales est assez ambiguë. D'un côté, elle apparaît comme un moyen de lutter contre le cumul des mandats, les personnels politiques étant élu désormais que pour un seul mandat. D'un autre côté, cette réforme va unifier des élections à des conseils que le pouvoir central ne contrôlait pas assez à son goût. En conséquence, l'activité démocratique va s'en trouver amoindrie, éloignant les citoyens d'une élection dont les candidats risque d'être, pour leur grande majorité, des « inconnus au bataillon ». Chercher les mutations politiques, sociales et économiques de notre époque n'est pas simple. Les sociologues et surtout les historiens, ont souvent étudiés les structures politiques du passé, essayant d'analyser les idées qui les sous-tendent, les indices de changement et les traces d'une forme nouvelle de société et d'organisation humaine. Le plus difficile est de percevoir l'événement fondateur, s'il en existe un. Une transformation de l'ampleur de celle que nous vivons n'apparaît pas du jour au lendemain. Il n'y a pas de rupture brutale, mais une période que les contemporains vont souvent qualifier de « crise ». Les incohérences de notre système économique, la crise de 1929 les a déjà douloureusement montrées. Le changement social est une transformation sur le long terme.

Quel événement peut servir de point de rupture ? La chute de l'Union soviétique en 1989/1990 semble une période de rupture toute choisie. Pourtant, les années 60, dont le point culminant sont les années 1967/1968, marquent un tournant idéologique dans le monde. L'idéologie libérale prend le dessus, que ce soit dans le domaine des modes de vie, de l'éducation ou de l'économie. Les citoyens réclament plus de liberté d'expression. Le regard sur la place des femmes dans la société évolue, même si la misogynie politique reste un obstacle à la conquête d'une égalité sociale avec les hommes. Il s'avère qu'en France, depuis une dizaine d'années, une propagande silencieuse d'intellectuels de la droite conservatrice et chrétienne, cherche à revenir aux fondamentaux nationalistes du début de la troisième République. Il convient de lutter contre cette néo-idéologie royaliste et vichyste allant à l'encontre des principes républicains de la laïcité et de la nation une et indivisible.

La discrimination positive est un exemple parfait de ce retour au paternalisme d'autrefois. Le but des élites est de signifier aux « minorités » leurs différences et surtout leur infériorité. La confrontation qui avait lieue sous la monarchie constitutionnelle (1815-1848) entre républicanisme et monarchisme refait dangereux surface, incarné par des académiciens, universitaires et politiciens tels que Gallo, Casali, Zemmour ou Deutsch. L'ambiguïté de ces personnages de la droite conservatrice se retrouve dans les propos tenu à l'occasion de l'actuelle polémique sur les caricatures de Mahomet publiées par Charlie Hebdo. La droite brouille les pistes volontairement et l'extrême-droite y trouve manière à controverses en appelant à interdire dans les lieux publics le voile et la kippa. De manière globale, nous assistons en ce moment à une « réaction » politique totalement nauséabonde.

Parsons distingue le changement d'équilibre et le changement de structure. Dans le premier cas, le système global ne change pas, mais les équilibres au sein d'un espace, que ce soit un pays, un continent ou le monde, vivent un bouleversement. C'est pour le moment cela que nous vivons depuis une vingtaine d'années. Dans le second cas, les changements sont durables, repérable dans le temps et le produit d'un phénomène collectif. À l'échelle mondiale, les « révolutions arabes » peuvent être perçues comme un changement de structure. Reproduire le passé est une illusion, mais cette idéologie des extrêmes est un fait assez dangereux. L'idéal démocratique perd du terrain au profit du retour à la nation, à la discrimination et à un esprit colonial des européens qui n'est plus du tout adaptée à notre début de XXIe siècle.

 

___Note___


1Par une réforme de 2010, les conseillers régionaux et généraux seront élus au cours d'une même élection pour élire les conseillers territoriaux. Les premières élections de ce type devraient avoir lieu en 2014.

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16 septembre 2012 7 16 /09 /septembre /2012 17:49

 

« À la rentrée 2010 déjà, puis en 2011 jour pour jour, Dimitri Casali attaquait les nouveaux programmes d’histoire-géographie en prétendant que ceux-ci ne faisaient plus « aimer la France ». Relayée par certains médias complaisants au nom de la défense de l’« identité nationale », cette campagne avait d’abord pris la forme d’une pétition largement signée où se côtoyaient Max Gallo, Stéphane Bern, Frédérik Gersal et Eric Zemmour, avant de donner naissance à une page Facebook sous l’exergue : « Louis XIV, Napoléon, c'est notre Histoire, pas Songhaï ou Monomotapa ». » (CVUH, 27 août 2012).

 

Les critiques actuelles sur le contenu des programmes d'histoire au Collège et Lycée est une vaste blague. Les gens qui critiquent ne savent même pas ce que contiennent les programmes en question ou font mine de ne pas le savoir. Dimitri Casali en tête essaie de nous montrer que l'histoire qui fait l'apologie de la nation française, avec ses grands hommes et ses grandes dates a été passé à la poubelle. Déjà, je lui rétorquerais le plus sympathiquement du monde que l'histoire à la Lavisse a ses limites. Casali nous dis que Napoléon a rétabli l'esclavage en 1802 sous la pression des lobbyings bordelais et nantais. De plus nous dit-il, aucun pays n'a aboli l'esclavage avant la France. Faux ! Pour la Suède c'est 1792. Ajoutons qu'il cherche à nous faire de la pédagogie, parlant de « grammaire de l'histoire » en nous sortant un baratin qui est réellement incompréhensible. Le Figaro Magazinequi met Vercingétorix sur sa couverture, nous fait l'apologie de l'histoire nationaliste. Et dire de Napoléon qu'il n'était pas français est une grave erreur historique puisqu'il est né en 1769, peu après l'achat de la Corse par la France et donc il était sujet du roi, puis citoyen. Casali est sois-disant historien, mais sortir des bourdes pareil cela laisse réfléchir sur ce qu'on lui a appris à l'université. En gros, cet historien a largement dévié de ce que doit être un historien, c'est-à-dire quelqu'un apolitique en tant que professionnel. Mépriser autant l'histoire africaine, l'histoire des autres pays, est un peu choquant. Ouvrir les programmes à la « diversité » française, dirais-je, est une bonne chose.

 

Personnellement, si j'avais vu l'histoire de l'Afrique au Collège cela m'aurait bien plus. Ma famille est une « famille de souche » (pour utiliser les mots de Casali), qui est originaire de la campagne normande profonde. Pour autant, je me sens normand, autant que français et européen, voir même citoyen du monde. Il ne peut pas y avoir une histoire du chacun pour soi, mais l'homme a une histoire commune, une histoire connectée et il faut sortir un peu de son quant à soi. Casali nous sort qu'on ne peut plus dire que l'histoire de France est une belle histoire que l'on aime bien. J'ai pu critiquer les programmes parce qu'ils sont infaisables par les professeurs, mais je reste fier de l'histoire de France et j'aime bien les « grands hommes » chers à Hegel car ils font parti de l'histoire. Pour autant, je suis favorable a une ouverture vers une histoire plus sociale, plus économique et plus culturelle. Je me suis passionné pour la figure de Clovis, aujourd'hui largement méconnu et passé sous silence car ringarde pour beaucoup d'intellectuels. Or, les travaux sur la période mérovingienne sont nombreux et nous montre un visage bien plus intéressant que le discours convenu que Casali veut inculquer aux élèves. Il nous sort encore – au XXIe siècle – que l'histoire des Mérovingiens se résume aux règnes de Clovis et de Dagobert, avec la décadence des rois fainéants, etc. C'est complètement has-been. Ce sont des gens, ceux qui pensent encore l'histoire comme l'âge d'or des grands hommes et des hauts faits, qui n'ont aucune conscience de notre société, qui évolue en une société des interconnections, avec des enfants et des adolescents qui se fichent pas mal des « grands hommes ». Pour ma part, me parler de De Gaulle au Lycée m'énervait largement car, d'une part, je le trouvais complètement dictatorial, ensuite parce que j'aurais préféré avoir un cours sur mai 68, beaucoup plus fourni que ce que proposent les programmes, qui forcent les professeurs à faire un panorama de la Guerre Froide, noyant le poisson dans l'eau et rendant la période tout à fait ennuyeuse et complexe pour les élèves.

 

Dès lors, que Casali et Deutsch s'évertuent à nous présenter une histoire nationaliste et traditionaliste est très problématique, d'autant plus pour Casali, qui est un historien « professionnel ». Ce qui est encore plus grave, c'est que, non seulement ils se permettent de nous « embêter » avec leur baratin, mais en plus ils font des erreurs historiques grave et nous montre, avec force, que eux-mêmes ne sont jamais sorti de leur sympathique cocon dorée qu'est l'histoire franco-française. Ainsi, le Comité de vigilance face aux usages publics de l'Histoire (CVUH) a écrit sur son site un communiqué alarmant, notamment, sur le livre de Casali, L'altermanuel d'histoire de France : « On y trouvait tous les clichés les plus simplistes et scandaleux : nos enfants étudieraient davantage l’histoire de la Chine ou de l’Afrique que celle de leur propre pays, la chronologie de la nation serait volontairement dissoute dans l’histoire du monde, les écoliers ne connaîtraient plus les rois et héros qui auraient bâti la nation. Ces affabulations avaient aussitôt soulevé un tollé général. Elles ont été démenties par de nombreux historiens, ainsi que par les principales associations de professeurs d’histoire-géographie. Contrairement à ce que prétendent les signataires, ni Napoléon ni Louis XIV n’ont disparu des programmes scolaires. Quant à la partie « Regards sur l’Afrique », elle n’occupe que 10% du temps consacré à l’histoire de la classe de 5e. » Dès lors, et je partage l'avis du CVUH, le communiqué est sans appel : « Flattant quelques racistes et xénophobes, cette polémique a provoqué de virulentes menaces et attaques antisémites contre Laurent Wirth, alors doyen de l’Inspection Générale, accusé d’être à la tête d’un vaste complot visant à brader l’histoire de France. »

 

Voilà à quels extrémités des individus malsains, polluant les médias avec leur discours antirépublicains, en sont arrivé : à des menaces envers un haut-fonctionnaire de l'état, s'en prenant à sa personne et ne discutant absolument pas du fond des programmes. Les Casali, Zemmour, Gallo, Bern & compagnie, sont des dangers pour l'histoire scientifique, l'histoire des historiens, celle objective qui repose sur des faits, sur la curiosité et la neutralité des analyses. Je suis le premier à défendre l'historiographie, à défendre même l'histoire de France et j'ai chez moi l'histoire de France de Michelet et celle de Lavisse (récemment publié aux Éditions des équateurs). Je suis un lecteur assidu d'historiens français du XIXe. Seulement, je suis un citoyen politiquement à gauche, aucunement réactionnaire, ouvert sur le monde et sur les progrès historiographiques de ses dernières années. Je suis aussi le premier à mettre en garde contre une certaine lecture de l'histoire et les historiens du XIXe mettent en avant la nation et le patriotisme, continuant à diffuser des clichées. Je connais aussi ce qu'écrivent Zemmour et Gallo car j'ai déjà lu quelques uns de leur livre, critiquant parfois le fond de leur propos. Gallo qui fait l'oubli – volontaire – de minimiser la répression des juifs par Louis IX est plus que critiquable, surtout lorsque l'on s'aperçoit que les juifs avaient, déjà à l'époque, l'obligation de porter sur leur vêtement un morceau d'étoffe jaune. Dès lors, l'histoire que nous proposent ces gens de droite ne parle pas des femmes, ne parle pas de conflit social (si ce n'est pour accuser les acteurs d'être des terroristes et des mafieux), minimisent la Commune, etc.

 

Je conclu mon article par la conclusion du communiqué du CVUH – que je vous invite à lire – car cela résume bien mon propos : « Nous avons été de ceux qui ont dénoncé les programmes de 1ère au nom d’arguments professionnels et historiographiques. En reprendre quelques uns et les amalgamer à de telles obsessions droitières relève véritablement de l’imposture. Cette offensive éditoriale ne vient évidemment pas de nulle part. Outre Jean Sévillia lui- même, proche des milieux royalistes et catholiques conservateurs, les auteurs des livres dont il fait la promotion sont tellement connus pour leurs prises de position idéologiques que leur crédibilité est engagée : « sacrifier la maison de l’histoire de France et relancer la Cité nationale de l’histoire de l’immigration (CNHI), c’est ce qu’on appelle un choix » écrit Jean Sévillia. Certes, et tout est dit. »

 

Liens web :

http://cvuh.blogspot.fr/2012/08/vague-brune-sur-lhistoire-de-france.html

http://eduscol.education.fr/

 

Liens video :

http://www.dailymotion.com/video/xteqqc_dimitri-casali-histoire-de-france-interdite-2012_webcam

http://www.dailymotion.com/video/xlctui_csoj-ce-soir-ou-jamais-jeanne-d-arc-et-napoleon-chasses-des-cours-d-histoire_news

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7 septembre 2012 5 07 /09 /septembre /2012 14:27

Concernant la Hodopi, lors de la campagne, Hollande avait prévu la suppression de la loi. Devant les revendications de la présidente de la Haute Autorité, certains membres du gouvernement évoque un gèle ou une suppression du budget. Une façon de signifier que la Hadopi n'est pas défendu par le nouveau président, même si, comme sur d'autres sujets, il semble jouer la carte de la conciliation et fait plusieurs pas en arrière. La fermeté attendue dans ses choix ne vient pas. Toujours est-il que nous allons revenir sur une loi qui a fait polémique, notamment lorsque le site Megaupload avait été fermé par le FBI en janvier 2012.

Les Français connaissent t-ils la loi Hadopi ?

La constatation est unanime sur les sites des grands quotidiens : les sondages révèlent une sérieuse méconnaissance de la loi Hadopi dans l'opinion publique. Ensuite, il apparaît que techniquement, il est pour le moment, malgré les intentions affichées, très difficile de s'en prendre aux internautes qui utilisent des sites de streaming, même si, nous l'avons vu, s'attaquer aux sites est tout à fait possible lorsque le pays a un droit de regard sur les noms de domaine. Concernant le téléchargement direct (donc hors P2P) les moyens du gouvernement sont encore obsolète et pose certains problèmes juridiques, que les articles ne développent pas.

Concernant les sanctions, il faut recevoir trois avertissements pour risquer de se voir couper sa connexion Internet. Cela ne concernent pas plus de 500 personnes en France depuis la création de la Hadopi. Certes, plus de 1 millions de français ont déjà reçut un avertissement, une centaine de millier un second avertissement. Cela ne touche que des individus qui ont téléchargés en P2P. La Hadopi n'est pas compétente pour surveiller les sites de stockage, comme MegaUpload, les sites de streaming et de téléchargement direct. La publicité faite autours de la loi induit en erreur beaucoup de gens et lors de sa discussion à l'Assemblée, nombre de parlementaires ont dénoncés l'inefficacité de la loi face aux personnes qui téléchargent énormément, critiquant le fait que la plupart des usagers utilisent les fichiers vidéos pour un usage privée, alors que d'autres, moins nombreux et mieux au fait de l'informatique, téléchargent pour faire de la revente.

En revanche, certains site de streaming faisant payer leurs abonnés pour une offre plus large, peuvent laisser penser que l'offre est légal, ce qui est également une illusion. L'offre légale est donc minoritaire et minoritaire sont ceux qui se tournent vers elle. Or, derrière cette loi, ce qu'il faut comprendre, c'est qu'elle protège des intérêts et ces intérêts sont ceux des éditeurs, des maisons de disque et non des artistes. Les petits artistes sont parfois les premiers à revendiquer que cela leur fait de la publicité et que les gens qui aiment un groupe de musique finissent par acheter un disque. Pour autant, c'est l'industrie du disque que l'on cherche à préserver par la Hadopi. Hollande lui-même, en janvier 2012, avait déclaré qu'il était pour une amélioration de la Hadopi, voir sa suppression car elle ne prend pas assez en compte l'évolution du web.

Dès lors, c'est la guerre des chiffres et la Hadopi résiste face aux menaces de coupure de son budget par le gouvernement socialiste, dont certains membres ont parfois été très hostiles à la loi lors de son passage à l'Assemblée. Autorité indépendante dans ses statuts, elle n'en reste pas moins une création parlementaire, et non gouvernementale, ce qui n'empêche pas sa suppression par la même voie. Acta ou Loppsi, ainsi que d'autres projets de lois américaines liberticides avaient été vivement critiqué par les internautes. Le site Avaaz avait récolté plusieurs millions de signatures contre le projet qui avait été largement épuré de certains articles lors de son passage devant le Congrès américain, sous la pression notamment de députés démocrates.

Bien sûr, il apparaît que les « bons » en informatique ont toujours eu une longueur d'avance sur les gouvernements et que ce sont toujours les plus naïfs et les moins méfiants qui paient pour les plus « gros » consommateurs de films téléchargés qui parfois revendent les films piratés. Toujours est-il que le streaming n'est pas surveillé par la Hadopi et qu'un internaute ne risque pas de recevoir le sympathique avertissement. Pour le moment, du moins, mais les rapports entre le nouveau gouvernement et la Hadopi risque de compliquer encore le travail de cette dernière. Du coup, si pour le P2P le risque n'est pas négligeable d'être épinglé, il touche une minorité de personne et un avertissement ne fait pas encourir de sanction pénale, encore moins la suppression de la connexion. C'est ce qu'ils appellent l'échelle graduée des sanctions et que la présidente de la Hadopi défend, affirmant que c'est « pédagogique ».

 

Liens Internet :

Le Huffington Post

Le Figaro

GL Connection

 

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1 septembre 2012 6 01 /09 /septembre /2012 17:39

L’histoire ne va pas de soi. Penser une période historique, qu’est-ce que cela signifie ? Lorsqu’un historien intervient à la radio pour parler d’un événement, pour donner son avis sur l’actualité, que fait-il ? Fait-il acte de mémoire, de simple analyste ou fait-il œuvre d’historien ?

 

1. Comprendre

Depuis le début de ce blog, je cherche à m’interroger sur la pratique de l’histoire, sur sa pensée, sur la manière de la faire. Mes débuts dans la recherche, même si ma méthode est imparfaite, me permettent de percevoir la discipline à un niveau supérieur, celui de l’enquêteur. Dès lors, comparer l’historien à un juge d’instruction peut faire sourire, mais l’image reste parlante au grand public. Il faut du temps et de l’organisation. Certes ! Il faut surtout comprendre sa période. Avant de faire de l’histoire, il faut comprendre pourquoi on en fait. Il faut comprendre à quoi ça sert de poser telle ou telle question, d’analyser tel ou tel concept. Pour ma part, ce sont les « rapports de domination » sous la Restauration qui m’ont intéressé pour mon mémoire de recherche. Le XIXe siècle, avec Marx notamment, insiste sur la dichotomie, bourgeois et prolétaires, dominants et dominés. Les rapports entre les deux ont toujours été tendus. Dans l’imaginaire du grand public, il existait une frontière imperméable entre les deux « classes sociales ».

Est-ce que les choses sont si caricaturales ? Si je pose la question, c’est que la réponse risque fort d’être « non ». Il faut comprendre que ce sujet me permet de revenir sur des questions générales : la domination politique (hiérarchie politique, les fonctionnaires, les électeurs, la démonstration et la représentation du pouvoir, fêtes publiques, etc.), la domination économique (la hiérarchie économique, les moyens à leur disposition, les négociants, les ouvriers, les artisans, etc.) et la domination sociale (les élites politiques et économiques, leurs relations, les indigents, les conflits sociaux, les politiques sociales). Finalement, l’apprenti historien que je suis se pose des questions : comment se met en place la domination ? Quels sont les rapports entretenu entre les dominants et les dominés ? L’ascension sociale est-elle possible ? Quel est le degré de contrôle de l’État ? Comment les dominants se détachent-ils socialement des dominés ? Je passe de nombreuses questions et interrogations, mais c’est pour donner une idée.

 

2. Faire

Il faut ensuite faire de l’histoire. Comment ? Avec une méthode sérieuse, apprise à l’université. Faire de l’histoire ne s’invente pas. L’apprentissage est nécessaire. Un bachelier qui sort du lycée ne sait pas faire de l’histoire. Certes, il a fait de l’histoire, dans le sens où il a eu des cours d’histoire, qu’il a fait des dissertations, etc. Seulement, il a fait tout cela à partir de connaissances préétablies. Parfois, le lycéen fera des commentaires de textes, mais sur des textes de dix à vingt lignes. Les explications de textes à la fac n’ont rien à voir. C’est quatre fois plus. Or, faire de la recherche en histoire c’est gérer plusieurs milliers de photos, c’est organiser son travail en fonction d’un plan qui peut changer, c’est accepter de travailler sans savoir ce que l’on va trouver. Au tout début on part s’en avoir de problématique définie, en n’émettant quelques hypothèses, mais sans plus. Certes, j’avais un thème, qui lui-même a évoluer puisque je m’étais porté sur les « rapports de pouvoir » avant d’élargir aux « rapports de domination ». L’objectif est de boucler le mémoire en deux ans, soi presque en deux fois moins de temps qu’une thèse. Il ne faut donc pas avoir un sujet trop difficile, impossible à faire, mais il ne faut pas non plus avoir un sujet circonscrit, qui ne présente aucune ouverture.

En effet, faire de la recherche historique, c’est aussi accepter de tâtonner, d’ouvrir des dossiers parfois déjà aborder, mais un mémoire est censé apporter des choses nouvelles. Dès lors, tous les aspects d’un sujet ne pourront pas être forcément abordés. Il faut toujours jongler avec cela, c’est-à-dire laisser volontairement de côté un aspect pour en approfondir d’autres. Il faut motiver ses choix aussi. Tout cela rentre dans la complexité de la recherche, même si, souvent, les gens extérieurs n’ont pas conscience des difficultés. Ses difficultés ne sont pas descriptibles, elles se vivent au quotidien, car le chercheur a très peu de temps pour lui. Il lui faut travailler le soir, parfois jusqu’à trois heures du matin. L’étudiant en master de recherche doit accepter de sacrifier ses vacances pour s’enfermer aux archives. Il faut aimer ça. Faire de l’histoire c’est donc à la fois la méthode, le choix du sujet et son évolution, et la recherche en archives proprement dites.

 

3. Penser

Je voudrais revenir sur la question de départ : penser une période de l’histoire, qu’est-ce que cela signifie ? Cela englobe les deux points que je viens d’aborder : comprendre et faire. D’une part, il faut comprendre ce que l’on cherche à savoir sur la période en question (émettre des hypothèses) et il faut circonscrire son sujet (international, national, local). D’autre part, il faut faire sa recherche historique en fonction de méthodes universitaires, en fonction de la bibliographie connue sur le sujet et en fonction des documents qui se trouvent en archives. Enfin, il faut accepter d’y consacrer le plus de temps possible.

Penser une période historique c’est la comprendre en faisant de l’historien, en entrant au cœur des événements. Les documents permettent de faire connaissance avec des personnages connus et inconnus. Bref, c’est accéder à une part de l’histoire plus méconnu du grand public que même les livres de vulgarisation ne transmettent pas. La lecture des thèses permet de comprendre un peu mieux les mécanismes de la recherche, de la construction de la discipline. Juger le travail d’un historien présuppose de connaître le mécanisme de la construction de la connaissance historique. Défendre une thèse sans nuancer le moins du monde, avancer des éléments qui s’avèrent invérifiable ou extravagants, tout le monde peut le faire. En revanche, être capable de critiquer ses sources, de faire la part des choses lorsqu’un contemporain de la période témoigne, cela c’est déjà faire œuvre d’historien, du moins de quelqu’un qui se soucie de différencié le personnel de l’impersonnel. Un fait transparaît dans un témoignage, mais le témoin est rarement neutre.

 

Pour conclure, il convient de marteler ici que comprendre le passé, c’est aussi traiter des documents. On ne fait d’histoire sans documents où on ne fait pas d’histoire uniquement avec des témoignages. Beaucoup de choses peuvent servir au chercheur, peuvent servir de pièces à conviction pour le juge d’instruction. Enquêter, c’est rassembler, c’est aussi parfois donner son avis et interpréter les pièces qui ont été misent au dossier afin de leur donner un sens, qui ne doit être ni à charge, ni à décharge, mais le plus neutre possible.

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28 août 2012 2 28 /08 /août /2012 19:22

Bachar Al-Assad joue ses dernières « cartes », mais en attendant les crimes contre l'humanité dont il est le responsable, impuni à ce jour, risquent de se transformer en véritable génocide s'il utilise ses armes chimiques. J'ai déjà noté sur ce blog les terribles témoignages des tortures et des exécutions dont se rend coupable le régime. Les rebelles se vengent tout aussi atrocement. Dès lors, la terreur règne et les gens fuient. Ainsi, la Turquie accueillerait 100 000 réfugiés.

 

Au Liban, les pro-loyalistes et les pro-rebelles se renvoient la balle. Le pays est au bord de la guerre civile. Pour la France, c'est une remise en cause de leur politique diplomatique dans la région et Hollande semble durcir un peu le ton. Sarkozy avait tenté un rapprochement avec la dictature en signant des accords de coopération. Pour autant, cela dispense t-il la diplomatie française de se montrer plus claire dans sa position ? Il est pitoyable de voir que 25 000 morts n'ont pas encore suffit à la communauté internationale pour se décider à faire un pas dans le durcissement.

 

Les Américains et les Européens ont peur d'une intervention de l'armée russe et surtout de l'Iran. Pour autant, Bachar a été stupide en annonçant qu'il pourrait utiliser ses armes chimiques pour éradiquer la rébellion. C'est une ordure qui ne recule devant rien, et tout le monde semble attendre gentiment qu'il aille au bout du massacre. C'est plus qu'odieux. Enfin bon, cela devrait convaincre les pacifistes, car en France, le pacifisme c'est la non-intervention de l'armée dans un pays étranger. Par contre, qu'un chef d'État génocide son peuple ce n'est pas du tout choquant.

 

Je crois surtout qu'il y a d'autres raisons à la non-intervention des occidentaux :

  • Les États-Unis sont en pleine campagne électorale et la France y était aussi.
  • La présence des Salafistes dans les rangs des rebelles semble faire craindre que le régime post-Al-Assad ne sera pas démocratique.
  •  Les pays occidentaux n'ont pas envie de dépenser de l'argent à faire la guerre, surtout lorsque l'opinion publique y est opposée. 
  • L'armée syrienne n'est pas l'armée libyenne et risque d'être un peu plus coriace.

 

Néanmoins, aucun des pays occidentaux ne prendra le risque de voir la guerre se généraliser car l'enjeu économique est important. Si la Syrie ne possède pas, ou très peu, de pétrole, les pays limitrophe en ont. C'est argument de poids. Pour l'Union européenne et pour les États-Unis, la région dans être « pacifiée ». D'ailleurs, un signe ne trompe pas, un porte-avions US est revenu dans le Golf. Cette fois, contrairement à la Libye, les pays du Golfe, Arabie-Saoudite et Qatar soutiennent activement les Salafistes syriens qui combattent dans les rangs des rebelles. La Turquie est également vigilante, du fait des troubles à ses frontières et de l'afflux de réfugiés.

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27 août 2012 1 27 /08 /août /2012 13:55

François Hollande n'est de gauche, il fallait s'y attendre, uniquement dans les intentions. Pour le reste, il ne faut pas trop chercher le socialisme tel que professé par un Jaurès, ou y chercher une politique volontariste telle celle de Clemenceau. Le nouveau traité européen sera ratifié par les parlementaires, car, comme notre système est celui de la représentation, nous élisons des représentants, c'est-à-dire des personnels politiques qui, a notre place, vont voter et décider des lois. Le Sénat, en terme de représentation, il ne sont pas élus par les électeurs, mais nommé par les représentants élus à l'échelle locale. Ils appellent ça le suffrage universel indirect. Moi, je dis, vive la démocratie !

 

Où est donc le fameux « pouvoir du peuple » ? Nul par, et pourquoi ? Parce que depuis 1795 les hommes politiques sont ceux qui ont profité de la Révolution, des biens nationaux, et ce n'est pas le peuple. Ce sont des « bourgeois », ceux qui finiront par arriver au pouvoir sous la Monarchie de Juillet. Ceux qui réprimeront dans le sang les révolutions de 1848 et de 1871. La « peur du rouge » a poussé les notables à tirer, et sans scrupule, pour sauver la patrie en danger. La violence du discours, nous pouvons la lire dans les documents. Fécamp (Seine-Maritime) envoya un contingent de volontaire pour réprimer les « mafieux » et les « séditieux » lors de la commune de 1871. Thiers, premier président de la IIIe république fut un ministre sous la Monarchie de Juillet. Du peuple, il n'en a cure. Il faudra attendre l'arrivée au pouvoir de la gauche, avec notamment Clemenceau, pour avoir véritablement une politique populaire.

 

Bien sûr ne nous voilons pas la face non plus.

 

Néanmoins, Ferry porta une réforme de l'école, héritée de ses prédécesseurs, mais il construisit les principes scolaires jusqu'à nos jours : école gratuite, laïc, obligatoire. Bien sûr, ce sont des principes que la Ve république n'a pas respecté. La loi Debré de 1959 énonce que l'enseignement privé, « qui a acquis ses lettres de noblesse républicaine », pourra conclure avec l'État des contrats d'association. Cela, c'est renier la laïcité scolaire. Dès l'article premier, nous lisons : « L'État proclame et respecte la liberté de l'enseignement et en garantit l'exercice aux établissements privés régulièrement ouverts. Il prend toutes dispositions utiles pour assurer aux élèves de l'enseignement public la liberté des cultes et de l'instruction religieuse. » Et voilà, c'est lancé ! Depuis, les programmes mettent l'accent sur la religion, puisque, en histoire, l'histoire religieuse a une place non négligeable, même s'il ne s'agit plus que du christianisme.

 

Tout cela, l'avons-nous choisi ? Ont-ils, ceux qui nous représentent, ne serais-ce qu'émit l'idée de nous consulter ? Non ! Et pourquoi ? Tout simplement parce que cela leur volerais leur pouvoir, pourrait aller dans le sens inverse de leurs intérêts. Nous sommes humains, et donc, la plupart du temps, nous n'allons pas faire une action qui risquerait à coup sûr de nous nuire. Au contraire, si nous donnons aux députés la possibilité de rédiger une constitution, et bien ils le feront dans leur intérêt. Ainsi, au lieu de donner du pouvoir au peuple, ils vont consolider le leur, tout en respectant et mettant en avant certaines libertés, qu'ils concèdent au peuple. C'est cela la souveraineté de l'État. L'État, incarné par le Président et par le Parlement, agit comme le Roi précédemment, il concède au peuple. D'ailleurs, Hollande porte le titre de président de la république française, la république incarnant l'État, et non de président du peuple français ou de président des Français. Conclusion : il est le représentant de l'État et non du peuple, auquel il n'a aucun compte à rendre, si ce n'est lors des élections à échéance de 5 ans.

 

Donc, que Hollande fasse voter le nouveau traité européen par 925 personnes, dont 348 élus au suffrage universel indirect, n'a rien de surprenant. Il est fort peu probable que le texte ne soit pas ratifié, car il est plutôt intéressant pour les dirigeants, puisqu'il va leur permettre, en disant que le texte fut voter démocratiquement, de faire de la rigueur à plein régime en toute légalité en se défaussant de leur responsabilité. Finalement, au lieu d'assumer son rôle, Hollande se cache derrière un semblant de socialisme pour faire la même politique que Sarkozy. Comment donner plus de preuve aux électeurs de Marine Le Pen que PS et UMP c'est la même chose ?

 

Lutter contre Le Pen pour lui donner raison, c'est pitoyable. L'économie, c'est quelque chose abstrait, contrairement au commerce. Aujourd'hui, nous confondons souvent les deux termes. Le commerce, ça existe depuis des milliers d'années. L'économie, en tant que discipline, est récente. Or, la richesse d'un pays est quelque chose de concret. Dès lors, dire aux créanciers que nous gardons leurs dettes et que nous ne remboursons plus, n'aura pas une conséquence catastrophique à long terme. À court terme, certainement. Donc, aucun président, élu pour cinq ans, n'aura le courage de le faire. Seulement, étant la 5e puissance mondiale, la France n'a pas grand chose à craindre en disant qu'elle ne rembourse plus sa dette. Le Brésil l'a fait, ainsi que l'Argentine. Certes, ce fut très dur pour se remettre, mais ce n'était pas des pays riche à l'époque, donc les conséquences seraient largement moindre pour la France.

 

Curieusement, il est facile de penser que la richesse du pays fera rentrer dans le range les créanciers qui chercheront à sympathiser avec l'État. Il en va de même avec les entreprises récalcitrantes. Il faut les réquisitionner, sans pour autant les nationaliser, car l'État y perdrait, mais les forcer à ne pas licencier. Ce n'est pas quelque chose de compliquer, puisqu'il suffit d'interdire les licenciement économique et d'interdire les délocalisations. Bien sûr, à droite, ces mesures seraient perçues comme des lois liberticides. Peut-être, mais liberticide pour le capitalisme financier a outrance. Ce que le traité européen va permettre. Les victimes seront les citoyens – nous – et les bénéficiaires ceux à cause de qui nous sommes en crise – les États irresponsables, les banques et les actionnaires.

 

Les jeunes sont les plus durement touchée par la crise, avec les retraités, et le traité européen n'arrangera rien. C'est ma génération qui va globalement payer les pots cassés des gens au pouvoir. Ils sont totalement inconscient et pour eux, c'est comme un jeu excitant. Or, ce n'est pas un jeu. Or, en France, d'après l'INSEE, 8 400 000 personnes environ vivaient sous le seuil de pauvreté en 2007. La moitié des Français vivent avec moins de 1 500 euros par mois. En 2012, toujours selon l'INSEE, ce sont 12 600 000 environ qui vivent sous le seuil de pauvreté en France. Soit une augmentation de 4 000 000 de personnes au moins. Ajoutons, que parmi ces gens vivant sous le seuil de pauvreté, nous comptons 3 700 000 personnes de moins de 18 ans, c'est-à-dire, au regard du droit, des enfants. Au-delà, les plus touché sont les 18-24 ans, avec 1 700 000 personnes vivant sous le seuil de pauvreté. Après cela, Sarkozy a eut le culot de nous dire que l'impact de la crise a été moins importante en France que dans le reste de l'Europe...

 

Hollande ne va pas faire mieux que d'augmenter ces chiffres en faisant ratifier le traité par la voie parlementaire. Par référendum, il sait que le traité serait rejeté parce que les Français ne sont pas stupide. Beaucoup ne croit plus en l'Europe du progrès et à gauche, les gens ne veulent pas d'un traité qui favorisent le capital économique au détriment du capital culturel et du capital social.

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12 août 2012 7 12 /08 /août /2012 01:19

L'élection du président de la république donna lieu à une morne campagne. Les idées n'étaient point puissantes au point de soulever l'enthousiasme des foules. Les citoyens préféraient se détourner de la politique en prenant une position radicale. Les uns allaient vers le candidat socialiste, Hollande, et les autres vers le conservateur, Sarkozy, celui qui remet aux voix son mandat. Ils n'étaient point les seuls candidats à la fonction suprême. Une femme, Marine Le Pen, pour le Front national, parti des ultra-conservateurs, briguait la place avec des chances d'être au second tour de scrutin. Son père, Jean-Marie, avait été second en 2002 et avait échoué face au conservateur du moment, Jacques Chirac, le président sortant, qui l'emporta avec plus de 80% des suffrages exprimés. En 2007, la stratégie de l'ancien ministre de l'Intérieur, président du parti au pouvoir, l'Union pour un mouvement populaire, Nicolas Sarkozy, fut de ramener le vote des électeurs nationalistes sur son nom. Cela réussit de manière admirable et il l'emporta face à Ségolène Royal, candidate pour le parti socialiste, avec 53% des suffrages.

 

Il nomma comme premier ministre, c'est-à-dire comme chef du futur gouvernement, François Fillon. Il fut conforté par une majorité absolue, à l'Assemblée nationale, de représentants de la nation (et non du peuple) fidèle au parti du président nouvellement élu. Lors de son discours de politique générale en 2010, il énonce : « C’est un gouvernement d’action, qui a un double mandat : le premier, c’est de mettre en œuvre l’engagement de 2007 de bâtir une France moderne ; le second, nous ne l’avons pas recherché, mais c’est celui que nous avons reçu de l’histoire : gérer la pire crise économique depuis la grande dépression de 1930. » Il ajoute, après avoir énumérer ce qu'il considère comme des « réformes » : « Quand on sert l’intérêt général, on ne s’excuse pas pour son courage ».

 

Pourtant, son gouvernement n'a pas servit l'intérêt général, mais il a évité aux actionnaires et aux banquiers de payer les conséquences d'une crise qu'ils ont eux-mêmes déclenchée. Les Américains ont payés pour renflouer leurs banques incapables, comme les Français ne sont pas près de rembourser le grand emprunt de 2007 qui a affaibli l'économie de la France simplement parce que le président de la république veut laisser son nom dans l'Histoire avec son projet d'un grand Paris. Sarkozy rejoue Haussmann, mais en plus grand et en plus utopique. Idée de riches pour permettre aux architectes en vues et aux dirigeants des entreprises proche du pouvoir de se faire facilement de l'argent. Des entreprises qui n'hésitent pas à licencier des employés alors que les bénéfices augmentent chaque année, arguant les effets d'une crise que l'on ne voit pas. Il n'y a une crise que parce que les financiers du Fond monétaire international ont décidé d'appliquer leurs théories stupides et dont nous connaissons la contre-productivité et l'échec à court terme.

 

Le premier des ministres avancent ensuite que les puissances émergences rejoignent peu à peu nos payse européens. Il omet de dire que la Chine et le Brésil, l'Inde et l'Afrique du Sud, bénéficient de la vente des brevets par les entreprises européennes et américaines, soucieuses de se faire de l'argent sans aucune perspective à long terme sur les conséquences pour l'industrie et les petites et moyennes entreprises françaises. Le gouvernement ne prend pas en compte la population qu'il est censé protégée et dont il doit assurer la prospérité et l'équilibre. Au lieu de cela, il préfère vendre des technologies militaires et nucléaires aux pires régimes de la planète, tout en laissant entrer des capitaux Qatari ou Chinois dans des entreprises françaises. Celles-ci deviennent dépendantes d'individus qui ont encore moins de moralité que les capitalistes européens.

 

En 2012, le vote des citoyens de France vers la candidate nationaliste peut tout a fait s'expliquer par cette impression d'insécurité liée à l'intrusion des « étrangers » au sein même des organes de décision des entreprises. Pour un ouvrier français, savoir que son entreprise est gérée par un émir du Qatar qui ne connaît pas les droits de l'homme, qui laisse lapider des femmes pour tout et n'importe quoi, qui possède des esclaves et qui aident des extrémistes religieux à assujettir des personnes qui n'ont rien demandé, il est normal qu'ils doutent que leurs droits soient respectés. Dès lors, ils en viennent à détester les étrangers, en généralisant. Pour eux, les « arabes » sont forcément des « musulmans intégristes » qui viennent leur prendre leur « travail » et toucher les « allocations familiales » sans « payer d'impôts ». Or, ceux qui critiquent ne paient pas non plus d'impôts pour la plupart, touchent aussi les allocations et parfois profitent d'une aide alimentaire dont ils n'ont pas besoin, préférant s'offrir une voiture neuve et acheter un téléviseur pour chaque pièce de l'appartement.

 

Cette vision caricaturale cherche à montrer aux indécis que le vote en faveur des nationalistes est plus complexe que ce qu'en disent les médias. Ce ne sont pas les conservateurs qui font peur aux gens, mais c'est le monde qui change, l'impression qu'ils n'auront bientôt peut-être plu le confort qu'ils ont maintenant. Cela personne ne le voit, même si des sociologues ont analysés la situation depuis plusieurs années. Ma génération est « sacrifiée » car elle n'aura pas de travail, qu'elle est sur-diplômée pour au final être dépendante des parents et des grand-parents. Ceux qui vont se sortir de la tenaille du chômage auront bien de la chance. La jeunesse française est incapable de faire valoir ses droits. Moi le premier je ne comprend pas le système social dans lequel je vis et me sent dépasser par lui.

 

Un décalage s'installe dans certaines familles entre les parents et les enfants. Les premiers ont une vision qui correspond à l'idéal des Trente glorieuses où à l'image des milieux populaires du travail facile à partir du moment où l'on connaît un métier manuel. Tout cela est dépassé. Les seconds en revanche croient en l'avenir tout en se résignant à la vie qui s'annonce, faite de difficulté et d'incertitude. Les étudiants d'aujourd'hui n'ont plus la volonté de lutter sur le plan des idées et s'installe l'individualisme et de nouveau l'idée archaïque qu'il faut écraser les autres pour réussir. Les classes moyennes adhèrent de plus en plus à cette idéale qui touche les catégories de population les moins instruites et les plus en difficultés. Certains jeunes n'obéissent qu'à leur loi car c'est la seul qui leur garantie une manne financière de par les petits trafics et par la terreur que certains peuvent faire régner dans des cités excentrées des grandes villes et difficiles d'accès par les forces de police.

 

Tout cela, nous le savons et les politiciens, dont c'est le métier, ne veulent rien faire, préférant s'aveugler en ciblant des populations « marginales » qui vivent comme des chiens dans des bidonvilles, dans la boue et le mépris des habitants. À Lille, dans le nord de la France, des Roms, population nomades de Roumanie, ont été expulsés car ils sont accusés d'être des voleurs, d'être la cause de la crise économique. Ces gens, quant ils ne sont des miséreux, n'ont pas grand chose pour vivre, tout juste le moyen de payer leur voyage vers la France. Les citoyens qui accusent ces individus de voler les maisons dans les villes sont des imbéciles. Ceux qui volent des les maisons ne sont pas des « étrangers », mais des gens du voyage, bien français, qui se déplacent en toute légalité et qui sont citoyens de notre pays. Les Roms, la plupart du temps n'ont pas des papiers en règle et préfèrent se tenir tranquille pour éviter, le plus longtemps possible une expulsion.

 

Donc, au lieu de se prendre à des Roms qui n'ont pas choisi d'aller dans des bidonvilles en périphérie des grandes villes françaises, trouvant parfois comme seul refuge les décharges publiques, il serait temps de mettre fin à certains agissements des gens du voyage (contre qui je n'ai aucun préjugé, mais simplement le souhait de faire respecter la loi) qui consistent à saccager les emplacements construits pour eux par les communes au frais du contribuable. Certains roulent dans des voitures de luxe, mais trouve encore le moyen de voler chez les gens. Eux, par contre, le gouvernement ne va pas les intimider car les policiers savent très bien que ce sont des gens armés, pour certains, qui sont capables de jouer les casseurs. L'expulsion des Roms en 2010 est partie d'un fait-divers malheureux. Un policier a tué un jeune homme en tirant sur sa voiture parce que celui-ci avait refusé de stopper à un barrage de police. Le policier a peut-être eu peur et il a cru sa vie en danger. Ce fonctionnaire est quelqu'un comme tout le monde, qui a une famille, qui n'a pas envie de se faire tuer bêtement au boulot parce qu'un imbécile conduit une voiture dangereusement. Les parents et les amis de la famille du jeune homme ont mis à sac le commissariat du village. Ce sont des citoyens français qui n'ont écopés d'aucunes sanctions pour les saccages. Par contre, Hortefeux, le ministre de l'Intérieur, en a profité pour pointer du doigt, de manière très ambiguë, les Roms.

 

Le racisme primaire a servie d'exutoire, comme lorsque Néron accusa les Chrétiens d'avoir incendié Rome, alors qu'il savait pertinemment que ce n'était pas vraie. L'incendie était involontaire, comme il y en avait beaucoup à l'époque. La mort de ce jeune homme n'a rien d'exceptionnelle, dans la mesure ou une « bavure » policière est possible, ou aussi, dans la mesure où un policier à fait son métier et a peut-être eu peur (ce qui est humain). Cela ne l'excuse pas d'avoir tué, mais cela n'absout pas le jeune homme d'avoir mis en danger la vie des agents de police.

 

Bref, Hollande fut élu avec 52 % des suffrages, devant Sarkozy et Le Pen. Le candidat du Front de Gauche, de sensibilité communiste, Mélanchon arrive quatrième. Le score des nationalistes est effrayant car monta jusqu'à 19%, c'est-à-dire le même score qu'en 2002. Les médias, complétement abrutis pendant cette élection, pris entre le charme de Le Pen et son rejet brutal, n'ont rien compris au message du vote. Les Français veulent sauver ce qu'ils considèrent comme leur supériorité, c'est-à-dire leur place dans le monde et le privilège d'être riche. Ils ne veulent surtout pas voir leur confort baisser un peu afin de sauver les quelques meubles qui peuvent encore l'être.

 

Il faut être inconscient pour voter Le Pen, mais les citoyens ont fait le choix de la réaction, même si Hollande fut élu, il a bénéficié d'un système de vote à l'avantage des partis qui ont les moyens de financer leur campagne, avec des soutiens économiques et politiques puissants. La France, avec l'amorce de la politique conservatrice de Hollande (pour qui j'ai voté par rejet de Sarkozy), ne va pas sortir de la crise sans bobos, bien au contraire. Sans le courage de dire au gouvernement allemand que sa politique financière est une grosse connerie, il n'y aura pas de réforme sociale possible, dans le sens de progrès social dans l'intérêt du peuple, et non dans l'intérêt national, car ce dernier va aux riches, aux banques et aux actionnaires.

 

Maintenant, ne soyons point dupe : que va faire Hollande ? De la rigueur. Dans l'intérêt de qui ? Des riches (mais des « riches de gauche »). Contre qui ? La classe moyenne (encore et toujours). Ainsi, s'attaquer à la classe moyenne est une stupidité sans nom car ce sont les classes moyennes qui permettent de faire tourner l'économie du pays en consommant. Ce ne sont pas ceux qui dépendent des aides sociales (même si eux sont les victimes du système) ou ceux qui pillent la richesse du pays (produite par les classes moyennes) pour mettre cet argent dans des poches privées.

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