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7 décembre 2011 3 07 /12 /décembre /2011 22:00

Une enquête de l'OFCE, en 2010, notait une reprise de la croissance à la fin de l'année 2009, tout en en montrant une perte de confiance des ménages dès le début de l'année 2010. De fait, l'inflation réduit le pouvoir d'achat et le chômage retarde la reprise de l'investissement. D'ailleurs, d'après cette même étude, la rigueur budgétaire de 2010 et 2011 ne feront que retarder cette reprise. C'est ce que nous constatons actuellement avec des actionnaires et des grands chefs d'entreprises qui gagnent autant, voir plus d'argent, tandis que l'État installe le pays dans un climat de peur-panique concernant une éventuelle crise de l'euro et d'une plus grande rigueur. La rigueur est une stupidité et certains économistes le savent. La sortie de la zone euro est possible et n'engagerait pas une crise sans précédent. Comment faisait-on avant l'euro ? Que je saches, l'Europe, et le monde, n'avait pas connu une crise aussi grave depuis 1930 (qui risque d'être une petite crise à côté de ce qui nous attends si les gouvernements continuent leurs politiques suicidaires !). En conséquence, nous dit tout de même l'OFCE en 2010, l'économie va croître moins vite qu'elle aurait pu et le chômage va continuer d'augmenter.

 

La crise de 2007-2009 a entraîné des exigences de la part des marchés financiers. Ils exigent – exigences acceptées par les États – une réduction des déficits, une baisse du niveau des dettes obtenue en réduisant les dépenses publiques ; donc en supprimant, entre autres, des milliers de fonctionnaires. Or, ce sont eux qui forment une partie de la classe moyenne qui consomme. Si le « pouvoir d'achat » des ménages diminue, ils vont logiquement consommer moins où s'endetter encore davantage. C'est le même processus à l'échelle nationale. Un processus qui paraît comme inévitable et extrêmement pervers. Les ménages réduisent leurs dépenses et leur budget risque un enlisement. Ils doivent faire des choix. Pour les États c'est pareil. Seulement, ces choix ne sont pas toujours des plus judicieux et intelligents. La mauvaise organisation de la zone euro, confronté à la spéculation des marchés financiers va réagir bien trop tard. Le mal est fait. La France, qui va réussir à rallier l'Allemagne, veut se donner bonne conscience en s'attaquant à la Grèce, voulant montrer par là, sa « capacité » de réaction. D'après le classement des PIB publié par le FMI en octobre 2010 dans le World Economic Outlook Database, la France reste la 5e puissance économique du monde et la 2e d'Europe (derrière l'Allemagne et devant le Royaume-Uni). J'ai déjà parlé du cas de la Grèce et n'en parlerait donc pas encore ici (c'est trop écœurant !). Il faut donc lutter, nous dis l'OFCE, contre la spéculation sur les dettes publiques. Mais un autre acteur, terriblement plus « barbare », a fait son apparition. Il s'agit de ces obscures agences de notations.

 

Dans un échange entre les Internautes sur le site du journal Le Monde et Arnaud Leparmentier, une question porte sur la légitimité de ces agences.

 

Guest: Quelle est la légitimité des agences de notation ? Sur quoi repose leur crédibilité ?

 

Leparmentier : Elles sont crédibles parce que les marchés se fient à elles. On peut le déplorer. Elles ont souvent réagi tardivement, ou sur-réagi, mais elles servent, pour l'instant, de thermomètre à la santé des Etats et des entreprises. Honnêtement, actuellement, vous n'entendez plus les gouvernements critiquer fortement les agences de notation car ils ont compris qu'ils avaient eux-mêmes une part importante de responsabilité dans la crise.

 

Une autre question du même internaute concernant cette fois les eurobonds, dont l'utilisation ou non, fait débat depuis déjà quinze jours entre l'Allemagne et la France, cette dernière ce rangeant dans la voie de la première.

 

Guest: A la suite de l'Allemagne, la France rejette à son tour fermement le recours à des eurobonds. Était-ce vraiment une impasse ? Si l'Allemagne jugeait qu'elle serait perdante avec ce système, qu'en est-il de la France ?

 

Leparmentier : Les eurobonds sont un système où les mieux portants paient pour ceux qui sont en difficulté. Tant que la France reste collée à l' Allemagne, cela lui coûte d'avoir recours à des eurobonds. Elle aurait à payer pour l'Italie, l'Espagne, etc. Deuxièmement, créer des eurobonds équivaut à permettre à son voisin d'utiliser votre chéquier sans savoir ce qu'il achète avec. Paris et Berlin ne veulent de cet outil que si les budgets nationaux sont totalement fédéralisés. Nul ne le prévoit, nul n'en veut.

 

Toutes ces mesures d'austérité, de rigueur, ont des conséquences sur la société. L'indignation des populations face aux politiques de crises incomprises la plupart du temps – et à juste titre – s'accentue en Europe, mais pas seulement. Le mouvement des Indignés en Espagne ou aux États-Unis en est une parfaite illustration. Dans un article pour la revue Travail, genre et sociétés,Danièle Meulders et Síle O’Dorchai, tentent de mettre en lumière les hypothèses qui soutendent les analyses relatives à la distribution des revenus et à la pauvreté. Elles veulent montrer que ces hypothèses conduisent à sous-estimer, voire à cacher, les risques de pauvreté des femmes. Ces conséquences sont illustrées à travers trois exemples de « mauvais calculs » qui témoignent d’un aveuglement par rapport à la situation spécifique des femmes.

 

a) Le premier porte sur l’estimation du risque de pauvreté et montre la variabilité des estimations selon que l’on prend en compte le revenu du ménage ou les revenus individuels.

b) Le deuxième est relatif aux effets d’une rupture sur les revenus des membres du ménage, et montre que les résultats des calculs traditionnels sous-estiment la capacité des femmes à vivre seules.

c) Le dernier s’intéresse aux travailleurs pauvres, souvent des hommes dans l’approche traditionnelle, alors que la situation des femmes sur le marché du travail reste plus précaire.

 

Bibliographie

 

1- « En attendant la reprise… », Revue de l'OFCE 2/2010 (n° 113), p. 141-205.

2- Catherine Mathieu et Henri Sterdyniak « Finances publiques, sorties de crise... », Revue de l'OFCE 1/2011 (n° 116), p. 17-60.

3- Danièle Meulders et Síle O’Dorchai « Lorsque seul le ménage compte », Travail, genre et sociétés 2/2011 (n° 26), p. 85-104.

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7 décembre 2011 3 07 /12 /décembre /2011 00:58

The British Empire have been the most powerful of history. In the seventeenth century, the control of sea by England was far from be total. They Tudors wanted to protect oneself of conflicts with Spanish and Dutsh. In the eighteenth century, the Great-Britain dominated they sea. Today, British have an relation with the colonial past as ambiguous as French. Since an about twenty, we assist at an return at “british world”. British imperialism was well-founded on the classical education of the élite. The apparition of arguments of Spencer lead to one hierarchy of races. It's the theory of the “manifest destiny”. This ideology spread by the popular press. They economics intesrests of the Empire was also a fondation of the british imperialism even though the economic argument have not been as important as that. Between eighteen forty and nineteen or one, the area of Empire was of seven million square kilometre. In nineteen thirty-one, the Westminster Statute organize the Empire. It organized the new Commonwealth. This new organisation proceed from true community sensation. India not obtain the statute of nation. The country rest exclude of new system.

 

After 1945, the British empire collapse. It be out of financial means for to remain in the dominions. Between 1945 and 1965, the population of British Empire pass of seven hundred millions people at five million people with three millions in Hong Kong. Honk Kong have been restored in Chinese in 1997. In 1947, Israël was created by the partition of Palestine under control of British Empire. Moreover, in 1947, the Indian independence Bill was voted by british parliament. Gandhi (1869-1948), after have been London study, he return, in 1915, in India. He have organized the pacific resistance at British. Finaly, Indian and Pakistan have been created. Bangladesh was created after the civil war with Pakistan. In 1948, Ceylan obtained independence. For Great-Britain it's model of decolonization because the nationalist was accomodating. It have been enougth facil of to come to an agreement.

 

In the fifties, the decolonization become more important. Indeed, in 1956 it's independence of Sudan.

However, the Suez Crisis with Egypt force Great-Britain to deploy this troops in Oman (1957), in Jordan (1958) and in Kuwait (1961). The Great-Britain maintained a presence in the Middle East for another decade. Aden obtain this independence in 1967 and Bahreïn in 1971. So, in Africa, in 1957, was declared the independence of Ghana, in 1960 it was Nigerian, in 1961 for South Africa, in 1965, Rhodesia obtained this independence by the Unilateral Declaration of independence. After the departure of British in 1961 and 1962 of Jamaica and Trinidad the West Indies Federation obtained the independence.

 

In conclusion, today, the decolonization is not terminated because migrations are the reflection of colonial past. This period is name post-colonial period. The Queen of United Kingdom is always chief of state of Canada, Australia and the other states of Commonwealth. This states are run by an General governor, sort of president of republic. The researchers consider the capitalist system to be an form of new colonialism because the persons exploit or evict from land by they firm of food processing industry. However, it's my opinion. My expose is finish.

 

Simon LEVACHER,

Licence 3, 2011-2012

Université du Havre

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5 décembre 2011 1 05 /12 /décembre /2011 01:15

Relayons bêtement, stupides moutons, les infâmes propos des réactionnaires économistes les plus lucides... et les moins écoutés ! Les médias se délectent des propos piquant d'un Frédéric Lordon ou bien satanisent les paroles d'un Paul Jorion. Ah, les chiens, comment ces apôtres de l'apocalypse osent-ils faire peur au bas-peuple ? Les preneurs de décisions, qui jouent notre minable avenir sur cette terre, sont des bêtes individus déconnectés d'une odieuse réalité : des millions de gens vivent en dessous du seuil de pauvreté en Europe ! Une petite centaine d'actionnaires sans foi ni loi pillent la planète et les peuples, détenant les richesses, profitant d'une hypothétique « crise » pour s'en mettre plein les poches. Pourtant, ils licencient à tour de bras. Pourtant, nos charmants comiques d'hommes politiques nous assènent sans cesse de belles paroles chlorophormiques. De la rigueur, encore de rigueur ! Eh oui, crise oblige !

 

Quelques part, asphyxié sous une monumentale masse de conneries congénitales, des gens osent penser le contraire de la « norme ». Scandale ! Comment osent-ils penser de tels insanités terrorisantes ? Ah, la démocratie, vain mot qui aurait fort à gagner si l'on taxait le non-respect des droits de l'Homme comme on fait payer aux pauvres les erreurs et les stupides jeux d'argents des riches. Comment osent-ils se proclamer alter-mondialistes ou même, infamie suprême, anticapitalistes ? « Curieusement, les enjeux de la mondialisation (déjà réduite aux échanges) et de la « productivité », qui sont évoqués sous l’espèce d’une antinomie (soit l’un, soit l’autre, et plutôt le second que le premier), ne sont jamais montrés dans leur possible rapport de complémentarité, peut-être même de causalité : car après tout, qu’est-ce qui soutient la course folle à la productivité sinon à la fois les formidables pressions de la concurrence « non faussée » (avec des salariés chinois à 100 euros mensuels, on ne peut pas dire que la concurrence n’est pas loyale... On verra ce qu’on verra quand l’Afrique à 15 euros entrera dans le jeu !) et l’injonction au relèvement permanent de la rentabilité financière, expression même de l’empire de la finance actionnariale, soit les piliers de ce qu’on peut nommer mondialisation ? » (Frédéric Lordon, août 2011)

 

Maintenant les politiciens font du pied à la Chine pour payer la dette des Européens... Celle-ci refusant bien sûr de prendre sur elle un poids financier bien incertain quant à sa solidité. La peur revient... L'Allemagne entraînant la France dans le gouffre, la Chine achetant la Grèce et le Portugal... L'euro qui ne tiendrait pas la fin du mois... Stupide tout cela ? « Oui, sans doute, la Chine finira par se doter d’institutions salariales matures propres à solvabiliser un marché intérieur et, de grande exportatrice, elle deviendra notre grande cliente — mais quand exactement ? Dans dix ans ? Quinze ? Une solution pour tenir jusque-là ? Ou bien le patience-ça-va-bientôt-payer ? Et quid de l’idée que, comme la Chine à 150 euros deviendra à son tour victime des délocalisations au Vietnam à 75, la mondialisation ne connaisse un prévisible rebond en direction du continent africain — encore entièrement à enrôler ! et qui, lui, cassera tous les prix. Encore une dernière tournée de patience pour un petit demi-siècle afin que l’Afrique ait accompli son propre parcours ? » (Frédéric Lordon, août 2011)

 

Notre chers apocalyptiques décroissants ont trouvés à leurs côtés les fumeux porteurs de la démondialisation. « Les craquements du système et les gifles répétées du réel ont fini par ouvrir des brèches où les arguments trop longtemps interdits ont trouvé à faire résurgence — il est vrai qu’un système dont la défense contraint ses amis à la rhétorique du « globalement positif » est généralement plus près des poubelles de l’histoire que de son apothéose. Légèrement déboussolé, l’économiste Elie Cohen constate que « le discours de la mondialisation heureuse est difficile (sic) à tenir aujourd’hui ». Le mot de « démondialisation », dont il est maintenant convenu d’attribuer la paternité à l’économiste philippin Walden Bello, est devenu assez logiquement le signifiant d’un horizon politique désirable pour toutes les colères sociales que la mondialisation ne cesse de faire naître. Car à la fin des fins, les choses sont plutôt simples : si un accord s’est fait assez aisément pour nommer « mondialisation » la configuration présente du capitalisme, alors il devrait s’en faire un aussi facilement pour entendre dans « démondialisation » l’affirmation d’un projet de rupture avec cet ordre. » (Frédéric Lordon, août 2011)

 

Et Frédéric Lordon, continue, lancinant à faire heureusement peur au vaste monde qui n'ouvrira certainement les yeux qu'au bord de la mort : « Aussi aimerait-on rappeler que l’« horreur national-protectionniste » fordiste a été une époque, sans doute imparfaite, de plein-emploi, de croissance — il est vrai sans conscience écologique — et de paix entre pays avancés, certes relative seulement, mais tout de même... On ne sache pas davantage que le principe national ait été aboli même dans le monde supposé mondialisé car, informons les libéraux et les alter-mondialistes, il y a encore des nations ! Il y a la Chine, il y a les Etats-Unis, dont curieusement on ne questionne jamais ni le nationalisme ni les affirmations de souveraineté. Ces deux-là riraient beaucoup si on leur demandait de se fondre dans de plus vastes ensembles. Et, chose plus surprenante, ces indécrottables nations ne se font pas nécessairement la guerre, et elles ne nous la font pas non plus !

 

On ne sache pas enfin que les rapports entre les nations doivent se concevoir sous l’exclusive perspective de la marchandise, et l’on reste un peu sidéré que la Javel libérale ait fini par lessiver les entendements au point de faire oublier qu’entraver un peu la circulation des conteneurs et des capitaux n’interdit nullement de promouvoir la plus grande circulation des œuvres, des étudiants, des artistes, des chercheurs, des touristes, comme si la circulation marchande était devenue la jauge exclusive du degré d’ouverture des nations ! — et seule la mauvaise foi peut prêter à la démondialisation de vouloir liquider les « bonnes » circulations avec les « mauvaises ». » (Frédéric Lordon, août 2011)

 

Le rassurant Jacques Sapir, dans la foulée, nous lance : « il n’existe aucun moyen juridique pour expulser un pays de la zone euro. » (30.11.11) En plus, il en rajoute, le bougre : « une procédure d’expulsion de l’Union européenne prendrait des années, et pendant ce temps, la Grèce pourrait imprimer autant d’euros qu’elle voudrait… La Grèce pourrait ainsi racheter la totalité de sa dette le temps qu’on l’expulse. » Et de suite s'en prend à la rigoriste politique allemande : « Pour être clair, si les Grecs ne sont pas « blancs-bleus » avec leur tradition d’évasion fiscale (d'ailleurs réalisée par moins de 10% de la population), leur absence de cadastre, les exemptions d’impôts dont bénéficie l’Église orthodoxe, il me semble que l’importance de ces défauts est en fait bien faible quand on la compare aux conséquences de la politique allemande. » Sapir, tentant d'apporter des solutions, continue sur sa lancée : « Puisque l’on ne peut rien faire à la BCE du fait du veto allemand, il faut décentraliser la création monétaire. Autrement dit, il faut réquisitionner les Banques centrales nationales et leur imposer de créer des euros en échange d’une partie des dettes publiques, ce qui se fait par un simple jeu d’écriture. » Sa conclusion ressemble fort à celle de l'arroseur arrosé : « Bien entendu, on nous opposera l’article 123 du traité de Lisbonne. Ce à quoi on peut rétorquer que s’il s’agit de mesures temporaires prises pour pallier une crise à la gravité extrême, les règles de l’Union Européenne sont de notre côté. Ce serait l’équivalent d’un « quantitative easing» à l’européenne, mais réalisé de manière décentralisée, et dont l’effet inflationniste serait très réduit du fait de la situation économique dominante. » Il finit pas « ça » : « Et là, c’est l’Allemagne cette fois qui serait au pied du mur. Soit elle accepte, en criant et en tempêtant, mais elle accepte quand même cette politique, quitte à s’arranger avec sa Constitution. Après tout, on ne paye pas les constitutionnalistes à ne rien faire… Soit, elle décide de quitter la zone euro. Mais là, il lui faudra faire face à cette réalité : l’euro maintenu se dépréciera par rapport au dollar, sans doute jusqu’à 1 euro pour 1,05 dollar. Par contre, le mark reconstitué devrait s’envoler et atteindre les 1,60 dollar, si ce n’est plus… Autrement dit la zone euro « maintenue » aurait dévalué de près de 35% (au minimum) par rapport au mark, et les excédents commerciaux allemands disparaîtraient immédiatement. Chiche ? »

 

Quand au magazine Marianne il se pose la question de la sortie de la France de la zone euro. « Imaginons que la France souhaite sortir de la Zone Euro et décide d’en sortir unilatéralement. Elle recrée donc des Francs. Pour la simplicité, la France retient la règle suivante : 1 nouveau Franc vaut 1 Euro. Examinons s’il y aura une catastrophe ou si le scénario est maîtrisable ? » (29.11.11) Il analyse d'abord les éventuelles conséquences d'une telle décision :

 

Monnaie

L’Allemagne est le seul grand pays AAA à pouvoir soutenir la Zone Euro. Le risque d’éclatement de l’Euro est immense puisque l’Allemagne ne peut continuer à soutenir seule les pays en difficultés. D’autre part, la sortie de la France donne des idées à d’autres pays de la Zone Euro, notamment les pays du Sud de l’Europe. Aussi, l’Euro ne s’apprécie pas contre le Franc. Nous examinerons tout de même tous les cas.

 

Financement de l’Etat

Le Financement de l’Etat français se faisant maintenant à 0.25% auprès de la Banque de France, il n’y a plus de problèmes d’émission de dettes pour le Trésor Français. La règle d’or sur le déficit budgétaire permet aussi de rassurer les citoyens français et les investisseurs étrangers sur la volonté de la France de ne pas s’engager dans un cycle sans fin de « planche à billet ».

 

Banques

Pendant les vacances bancaires, on teste les banques. A cause notamment de ce changement de Monnaie, des banques sont en faillite virtuelle car elles ont perdu tous leurs fonds propres. L’Etat les nationalise à 0 Euros et les renfloue, prenant le contrôle d’une partie du système bancaire du pays. Comme l’Etat peut se financer à 0.25% auprès de la Banque de France, ceci est très facile. En échange de ce renflouement, l’Etat est riche de la valeur future de ces établissements bancaires repris pour presque rien.

 

De nombreuses personnes considèrent que la sortie d’un pays de la Zone Euro est impossible car :

 

  • il faudrait négocier la sortie de l’euro avec tous les autres Etats.

  • ce serait un désastre pour les banques puis cela entraînerait des restrictions de crédits.

  • il y aurait beaucoup d’inflation.

  • les monnaies faibles entraîneraient une désagrégation du tissu social.

 

---> « il faudrait négocier la sortie de l’euro » ? Il est toujours possible de rompre un traité international de manière unilatéral. Pour ne pas se mettre en porte-à-faux vis-à-vis de l’ensemble de la Zone Euro, le gouvernement français peut proposer à d’autres pays de la Zone Euro de sortir de l’Euro avec la France et surtout, expliquer sa sortie par le refus de faire payer aux populations des plans d’austérités budgétaires qui étouffent les plus faibles.

 

---> « Ce serait un désastre pour certaines banques » ? Le choix de les fermer une semaine permettra à l’Etat de recapitaliser le système bancaire à un niveau normal. Il n’y aura pas de restrictions de crédits. L’Etat devenant propriétaire de certaines banques aura une certaine influence sur le système du crédit.

 

---> « Il y aurait beaucoup d’inflation ». Il y aura de l’inflation pour des pays comme l’Espagne et l’Italie du fait de la forte dévaluation de leurs monnaies s’ils sortaient de l’euro. Cependant, l’Italie avait vu sa monnaie dévaluée de 30% en 1992 par rapport au Deutsche Mark sans qu’un pic d’inflation important ne se déclenche. Pour la France, cette dévaluation serait certainement très raisonnable comme nous l’avons montré plus haut. L’inflation serait donc elle aussi raisonnable et l’adoption d’une règle d’or sur le budget ancrerait les anticipations d’inflations et de dévaluations sur des niveaux assez faibles.

 

---> « la désagrégation du tissu social qu’entraînerait des monnaies faibles » ? On est dans le pur fantasme. La Grèce voit son tissu social se désagréger avec les plans d’austérité adoptés, dans le but de tenir sa dette et de rester dans l’Euro. Dans une moindre mesure, il y a aussi une grande souffrance sociale au Portugal, en Irlande, en Espagne et en Italie. La désagrégation du tissu social que l’on voit actuellement vient de la nécessité de plans d’austérité pour rester dans l’euro, pas d’une sortie de l’Euro telle qu’on l’a envisagée.

 

Nous l’avons montré dans ce document, la France si elle le souhaite pourrait techniquement, assez facilement réussir à revenir au Franc. Est-ce la solution que le pays souhaite prendre, nous ne nous permettons pas de juger de la pertinence politique de cette décision.

 

Mais il n’y aurait pas de catastrophe et l’Europe pourrait continuer d’exister. L’expérience de l’Euro aurait été un échec mais cela ne condamnerait pas l’Europe. En revanche, si « l’Europe » continuait pouLe Monde Diplomatiquer sauver l’Euro à demander pendant une longue période de temps des plans d’austérité très dures aux populations, le risque de re jet de l’Europe par les citoyens est sans conteste un danger majeur pour sa survie à terme.

 

Bibliographie :

 

Le Monde Diplomatique

 

Marianne 2

 

Antlantico

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1 décembre 2011 4 01 /12 /décembre /2011 23:02

L'orientalisme naît en France avec la campagne d'Égypte qui influencera de nombreux peintres. Cette expédition, organisée en 1798 par le Directoire, et confiée au général Bonaparte, avait un objectif éminemment politique (gêner les Anglais en Méditerranée), mais elle fut accompagnée par une myriade d'artistes, d'architectes, de botanistes, etc, qui avaient pour mission de recenser le patrimoine archéologique, biologique (faune, flore) et ethnologique. Les images vont être à l'origine de l'orientalisme, mais un orientalisme rêvé puisque très peu d'artistes ont eu l'occasion de voyager. Il utilisent donc les sources à leur disposition, c'est-à-dire les répertoires archéologiques, notamment celui de la campagne d'Égypte, des témoignages et l'imaginaire, souvent des clichés véhiculés en Europe.

 

L'huile sur bois de Pierre-Désiré Trouillebert (1829-1900), qui date de 1874 et qui s'intitule La servante de Harem, est typique de cet orientalisme rêvé. Le fait qu'il s'agisse d'une huile montre que le tableau a été peint en atelier. Ensuite, dans la composition même du tableau ont voit que la femme centrale, la servante, à un « type européen », ce n'est pas une marque d'orientalisme vécu. Plusieurs clichés sont véhiculés dans cette œuvre. D'abord, celui de la femme belle et sensuelle. Elle a ici la poitrine dénudée. Ensuite, elle celui de la femme riche, parée de bijoux en or. Enfin, elle porte une robe bleu foncé qui renforce l'atmosphère froide qui n'est pas typique de l'atmosphère réel. Cela donne à la femme un aspect cruel. Un élément est cependant orientaliste et reconnaissable : la forme de l'arc (en fer à cheval) au-dessus de l'ouverture. Il y a aussi le mur bicolore. Pour renforcer le côté oriental, un palmier est posé à gauche.

 

Plus ancien que Trouillebert, mais pour le coup de l'orientalisme vécu c'est le peintre Delacroix. Il est parti avec les soldats en 1830, lors de l'invasion de l'Algérie par Charles X. Delacroix se détachera de l'armée et ira à la rencontre de la population. Ne pouvant emmener son matériel habituel de peintre, il ne prit que son aquarelle. Il a rempli plusieurs carnets de voyages sur lesquels il faisait des commentaires. Femme arabes assises sur des cousins illustre bien cette idée de vécue, notamment par le choix des couleurs (bleu clair, vert clair, beige) qui sont proche de la réalité, mais surtout « casse » un cliché qui est celui de la femme belle, nue, dans son harem. Ici, on a une femme ordinaire, vêtue, dans une pose des plus quotidiennes. Dans l'ensemble, la pièce dans laquelle elle se trouve est sobre (une malle et des coussins).

 

Par la suite, l'invention de la photographie, puis de l'appareil photographique, va permettre aux peintres et aux scientifiques de figer une personne. La photo de Reiser, Femme arabe au Caire (1909), montre une femme voilée, habillée, et qui va certainement chercher de l'eau. Elle pose sur un récipient en terre cuite. Elle porte des bracelets aux bras, elle a un tatouage à son bras droit et elle semble tenir une cigarette. Celle-ci n'est évidemment pas orientale, mais démontre plutôt que la colonisation européenne a déjà changé les mœurs des habitants. Le timbre de la carte postale est égyptien, écrit en arabe et...en français !

 

Pour finir, et un peu comme un aboutissement à cet orientalisme vécu, l'exemple de Gauguin (1848-1903) est assez intéressant. Ce peintre va se désintéresser de l'Art académique au point d'aller vivre ailleurs qu'en France. Il choisit pour cela la Polynésie et habite d'abord à Papete puis, à partir de 1895, il choisit de s'installer définitivement sur une île éloignée. Gauguin, va s'assimiler à la population locale au point de parler leur langue et même de se marier avec une jeune fille de treize ans (alors qu'il en a presque cinquante !). Son Éventail décoré de motifs de Ta Mateteest directement influencé par l'art japonais. Il montre une image de l'Orient propre à Gauguin. C'est celle de l'habitant, presque de l'Orient rêvé dans la réalité, c'est-à-dire une représentation de ce qu'était la vie avant, où ce que la colonisation a créé à cette époque. Ici, Gauguin montre trois femmes. Deux sont assises sur un banc, une autre est avec un enfant. Celle-ci est habillée avec l'habit local, c'est-à-dire rouge pour la robe à fleur, avec le haut blanc, les bras nus et une longue chevelure noire. Les femmes sont de « type polynésien » et non de « type européen ». Les femmes assises, elles, sont habillées à l'occidental. Le geste sera repris à l' Égypte par Gauguin, ce qui montre une recherche imagée de l'orientalisme vécu.

 

Trouillebert voit donc l'Orient au travers des clichés, des témoignages, des images ou des reproductions, mais ne peut pas transmettre la véritable atmosphère ou identité des populations car il n'est pas sur place. Delacroix fige déjà une impression orientaliste en fidélisant, grâce à l'aquarelle, les couleurs, mais aussi la lumière. Reiser et sa photo montre un Orient vécu, « pris sur le vif » ou posé (comme c'est le cas ici) qui est plus fidèle et plus réaliste que Trouillebert. Cependant, et c'est ce que nous montre aussi Gauguin, l'Orient vécu laisse une part au rêve d'un Orient d'avant la colonisation.

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26 novembre 2011 6 26 /11 /novembre /2011 23:05

  Je vous donne à lire deux articles qui résume très largement de quoi il s'agit. Je ne laisserais point un suspens d'enfer : c'est une loi scandaleuse, antidémocratique, bradant la liberté d'expression puisque cette loi permettrait de rendre inaccessible des sites sur lesquels il y aurait un lien vers des contenus considérés comme illégaux. Tout cela pour sois-disant défendre les droits d'auteurs. Curieusement, Hollywood ne semble pas avoir le même avis que les députés américains... Vous pourez découvrir comment une sois-disant démocratie compte faire pour se transformer impunément en censeur mondial de l'Internet en bradant les “intermédiaires”.

 

 

[Rue 89, 15.11.2011]

 

Le Congrès américain examine ce mercredi une réforme législative de grande ampleur, le Stop Online Piracy Act, qui pourrait avoir des conséquences considérables sur l'écosystème d'Internet tout entier. Cette loi prévoit de faciliter et d'accélérer le filtrage et la censure des sites qui contreviennent à la législation sur les droits d'auteurs, en matière de films et de musique notamment. Le principe, détaillé par OWNI, est simple : au lieu de faire fermer un site, hébergé à l'étranger, qui enfreint la législation sur les droits d'auteur, cette loi prévoit un filtrage pur et simple du site incriminé. Autrement dit, elle permet d'empêcher l'internaute lambda d'y accéder. Mais cette loi va plus loin. OWNI explique : « Les moteurs de recherche [...] se verraient dans l'obligation de ne plus référencer le site en question, tandis que les intermédiaires financiers de type PayPal ou les régies publicitaires seraient contraintes de mettre un terme à leurs transactions. » Ces dispositions font dire à certains juristes que cette proposition de loi constitue une « peine de mort » pour les sites internet. Dans une lettre commune, une centaine de professeurs de droit américains ont dénoncé ce projet de réforme : « Une telle loi compromettrait notre capacité à défendre le principe d'un Internet unique et mondial. En l'état, elle représente la plus grande menace pour Internet de toute son histoire. »

Pour ses détracteurs, les conséquences d'une telle loi sur l'écosystème d'Internet tout entier sont très importantes : les sites sur lesquels figurent de simples liens vers des contenus piratés pourront être rendus inaccessibles. Des sites comme Facebook ou Twitter, mais plus largement tous les sites publiant du contenu produit par leurs utilisateurs, peuvent potentiellement se faire attaquer pour avoir publié un lien vers un contenu illicite. C'est d'abord la question de la censure et l'aspect démocratique qui a créé la polémique. Mais les enjeux économiques sont énormes, et la menace qu'une telle législation fait peser, tant sur les start-up que sur les « géants du Web », bien réelle. Google a ainsi menacé de quitter la Chambre de commerce des Etats-Unis si cette loi venait à être adoptée. Ce mercredi, neuf géants du web américains - dont certains, comme Facebook et Google, sont de farouches concurrents - ont acheté une pleine page dans le New York Times. Dans cette annonce, ils expriment leur « inquiétude » face à cette loi. Ils disent « partager le but affiché » par cette dernière, mais qu'elle risque d'exposer des « entreprises du web respectueuses des lois à des contraintes nouvelles et incertaines ». Selon eux, cette loi menace non seulement « les créations d'emploi et l'innovation » mais également « la cybersécurité de la nation ». Ils se disent prêts à « travailler avec le Congrès » pour donner naissance à des moyens « plus précis » pour lutter contre les « sites illégaux hébergés à l'étranger ».

En France, en vertu de la loi pour la confiance de l'économie numérique, un hébergeur ne peut pas être tenu comme responsable des contenus publiés sur sa plateforme si ces derniers n'ont pas été validés par l'hébergeur a priori.

 

[Le Figaro, 17.11.2011]

 

Le Congrès examine deux projets de loi visant à durcir la lutte contre le piratage en bloquant des sites jugés illégaux. Les plus grandes entreprises du secteur se sont alliées pour dénoncer le projet. Explications.

 

Qu'est-ce que le SOPA ?

 

Le projet de loi américain dit SOPA (Stop Online Piracy Act) vise, comme son nom l'indique, à lutter contre le piratage et les sites proposant du contenu illégal. Soutenu par les puissants lobbies de l'industrie musicale et cinématographique, ce projet de loi est examiné en commission par la Chambre des représentants. En parallèle, le Sénat américain examine le Protect IP Act, un autre projet de loi ayant les mêmes visées et utilisant les mêmes armes pour lutter contre le téléchargement illégal.

 

Que prévoit ce projet de loi ?

 

Le SOPA et le Protect IP Act jouent sur trois axes pour empêcher les internautes d'accéder à des sites jugés illégaux : le filtrage, le déréferencement, et l'asphyxie financière. Après avoir obtenu une décision de justice favorable, l'État américain pourra demander le blocage d'un site proposant un contenu jugé illégal. Pour cela, les services gérants les noms de domaine devront couper le lien entre un nom de domaine (adresse en http://xxxx.com) et l'adresse IP associée (une série de chiffres de type 178.33.255.46 que le navigateur internet «comprend», contrairement au nom de domaine). Impossible dès lors d'accéder au site en tapant son adresse classique ; il faudra obligatoirement connaître son adresse IP. WikiLeaks avait été ainsi bloqué par son fournisseur de nom de domaine l'an passé après la publication de câbles diplomatiques.

 

L'État américain pourra contraindre par décision judiciaire les moteurs de recherche de supprimer de ses résultats le site illégal. Cette contrainte s'applique à tous les sites proposant un lien vers ce contenu. À moins de connaitre son adresse IP, le site pirate sera tout simplement introuvable.

 

Enfin, le SOPA permet de contraindre des régies publicitaires américaines et des sites de paiement en ligne de type PayPal de ne plus verser d'argent au site renégat. En effet, de nombreux sites illégaux vivent de la publicité, de dons, ou d'abonnements. Le projet de loi espère ainsi tuer le site en l'asphyxiant financièrement.

 

Le principal interêt de SOPA est donc de pouvoir sanctionner des sites n'étant pas hébergés aux États-Unis grâce à ces mesures coercitives visant les «intermédiaires».

 

Qui sont les détracteurs du SOPA ?

 

Comme pour chaque loi visant à réguler Internet, les associations américaines de défense des droits et des libertés sur le réseau, comme l'Electronic Frontier Foundation sont montées au créneau en dénonçant une «loi désastreuse».

 

Des professeurs de droit, comme Mark Lemley de l'université de Stanford, ont également publié une lettre ouverte où ils soulignent l'inconstitutionnalité de plusieurs mesures. Ils notent ainsi le fait qu'un site puisse être bloqué sans que les personnes incriminées n'aient la possibilité de se défendre, ce qui pose un problème d'équité. De même, un site pourra être bloqué s'il propose un seul contenu illégal, qu'importe si les autres pages sont elles parfaitement respectueuses de la loi et du droit d'auteur.

 

Du côté politique, le SOPA est combattu par la députée démocrate Zoe Lofgren, élue dans une circonscription californienne qui engloble le coeur de la Silicon Valley. «J'étudie ce projet de loi, mais de ce que j'en ai compris jusque là, c'est qu'il signe la fin d'Internet tel qu'on le connaît», affirme-t-elle auprès du site Cnet.

 

Mais la grande nouveauté provient de la mobilisation des plus grands acteurs de l'économie numérique. Google, Facebook, Twitter, eBay, AOL, Mozilla, Yahoo, LinkedIn et Zinga ont acheté une page de publicité dans le New York Times pour publier un texte de protestation envers les deux projets de loi. Google a également menacé de ne plus sièger à la Chambre du commerce, tandis que la NetCoalition et la Consumer Electronics Association, deux lobbies représentant l'industrie américaine du numérique et de l'électronique ont plusieurs fois tapé du poing sur la table. «Sans raison, et du jour au lendemain, SOPA s'est transformé en une agression envers les entreprises américaines du numérique respectueuses de la loi», explique la NetCoalition au Washington Post. «Ça n'a aucun sens pour nous, ni pour les millions d'internautes qui dépendent de nous pour la communication, le commerce et l'exercice de la démocratie».

 

Y a-t-il eu d'autres actions ?

 

Mercredi, de nombreux sites américains arboraient des bannières de protestation contre SOPA au nom de l' «American Censorship Day». Sur certaines, on pouvait lire : « SITE BLOQUÉ - ce site a été rendu inacessible aux Américains grâce au pare-feu du gouvernement américain.» Le texte précisait plus loin : «Effrayant hein ? Aujourd'hui, le Congrès tient une réunion sur un projet de loi qui pourrait créer la première censure du net américain. Mobilisons-nous pour empêcher ça.» Un bouton «Ecrire au Congrès» permettait à l'internaute d'obtenir en quelques clics l'adresse email de son représentant au Congrès afin de protester contre le projet de loi.

 

La plateforme de blogs Tumblr est allée jusqu'à incorporer dans la plateforme d'administration de chaque blog un grand pavé de texte mettant en garde les internautes contre le projet de loi. «Le Congrès tient aujourd'hui une réunion et va bientôt voter une loi qui permettra de censurer Internet. Sauf si vous dites non.» Là encore, l'internaute pouvait obtenir les coordonnées de son représentant facilement pour lui écrire.

 

Que craignent-ils ?

 

Dans leur lettre adressé aux membres du Congrès, les géants de l'Internet soulignent que le texte de loi «pose un sérieux risque pour l'innovation dans l'industrie du numérique et la création d'emploi». La dernière version du projet de loi prévoit en effet que n'importe quel site hébergeant un contenu illégal pourrait être la cible du SOPA. Or, depuis le Digital Millennium Copyright Act de 1998, les hébergeurs américains ne sont pas responsables du contenu publié sur leurs plateformes, mais doivent les retirer si la justice les y obligent. C'est pourquoi de nombreuses vidéos sont retirées de YouTube pour non-respect du droit d'auteur, sans que YouTube ne soit personnellement attaqué.

 

Or, le texte de loi cible les sites «s'engageant dans, permettant ou facilitant» la contrefaçon. En clair, il suffit d'un seul lien menant vers un contenu illégal, posté sur Facebook, Twitter ou YouTube, pour que ces derniers soient menacés juridiquement. Peuvent être considérés comme illégaux des vidéos utilisant une chanson soumise à droit d'auteur comme bande-son, ou, en poussant la logique plus loin, un internaute chantant son titre préféré devant sa webcam et postant le résultat sur YouTube.

 

Les grandes industries du numérique craignent donc qu'un tel texte de loi dissuade les entreprises de développer de nouveaux projets permettant aux internautes de «créer, discuter, et partager des informations en ligne», et mette un frein à l'innovation. » Une infographie explicative du site America Censorship

 

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11 novembre 2011 5 11 /11 /novembre /2011 15:27

Claude Guéant continue son virage à l'extrême-droite, et avec lui son ami Nicolas Sarkozy, qui terni l'image de la France par son inconséquence et son incapacité à comprendre les rouages d'une crise qu'il accélère au lieu de l'endiguer. En recommençant les erreurs de la crise des années 30, au lieu de relancer la croissance en investissant les capacités des jeunes étudiants étrangers qualifiés que nos universités et grandes écoles forment, il vient de publier une circulaire visant à les stigmatiser davantage.

 

Cette circulaire vise à empêcher les étudiants étrangers formés en France de poursuivre une carrière professionnelle dans notre pays. Les pressions, les contrôles au faciès directement à l'entrée des universités (comme au Havre) ou le non-renouvellement des cartes de séjour, ne suffisent pas, il faut en plus les priver d'un avenir professionnel plus intéressant pour eux – et pour la France – en les stigmatisant davantage, les obligeant à quitter le pays après leurs études. De plus, cela renforce le travail au noir d'étudiants qui n'ont pas d'autres choix pour vivre en France. Tout cela, c'est un monumental gâchis.

 

La France a besoin de croissance et d'investissement. Il est donc honteux d'avoir formés des jeunes si c'est pour les mettre dehors comme des chiens après cinq à huit ans restés dans le pays. Ce mépris touche, comme par hasard, prioritairement des Marocains, c'est-à-dire des musulmans potentiels pouvant rester en France et diffuser leur idéologie terroriste et intégriste dans les bonnes âmes pures de nos bons concitoyens. Il ne faut pas croire qu'il s'agisse d'autre chose. C'est la xénophobie, voire le racisme, qui sous-tend cette énième mesure scandaleuse.

 

Cette circulaire est la preuve supplémentaire – après l'affaire des Roms – qui permet de montrer le véritable visage de l'idéologie primaire dont est imprégnée ce gouvernement de petit bourgeois déconnectés de la réalité sociale de la majorité des Français. Claude Guéant, Xavier Bertrand et Nicolas Sarkozy, pour ne citer qu'eux, piétinent un plus chaque jours des valeurs de respect de l'autre qu'il convient de porter lorsque l'on est à la tête d'un pays riche et prétendument démocratique. Or, la démocratie devient un mot qui lentement agonise dans nos vieux dictionnaires Larousse, accumulant la poussière de quatre ans d'absence des « discours officiels » (sauf pour faire la guerre à des dictateurs bien entendu, il faut bien enrichir un peu ceux qui fabriquent et vendent des armes estampillé du rarissime et précieux « made in France »).

 

Les étudiants que l'on humilie, que l'on brime et à qui l'on ferme tout espoir d'une carrière digne de leurs années d'études, véhiculeront une image négative et méritée de la France qui n'en a vraiment pas besoin dans le contexte actuel de crise. Même certains chefs d'entreprise, ceux des PME principalement, commencent à en avoir assez d'être privé d'une main d'oeuvre extrêmement qualifié dans leurs entreprises simplement parce que le gouvernement s'entête dans des discours et des mesures idéologiques contre-productives. Ces mesures sont d'autant plus injustes car injustifiés et infondés. Tout ce gâchis parce qu'un ministre zélé, très content et fier de rendre service à son pays en plus, s'enferme dans des représentations débiles et dépassées de néo-colonialiste à la manque (du moins c'est très sous-jacent). 

 

C'est la colère qui anime ces mots parce qu'il devient presque inssuportable de voir un pays dont je suis citoyen tomber dans des travers xénophobes et racistes dans la presque indifférence générale des trois-quart de la population et en tout impunité pour un gouvernement déconnecté de toute réalité et renvoyé soixante-dix ans en arrière avec un régime non moins archaïque (et dont nous savons les conséquences désastreuse pour les Juifs). Les camps d'étrangers ont existés et existent en France, "patrie des droits de l'homme".

 

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6 novembre 2011 7 06 /11 /novembre /2011 23:18

La Palestine est devenue le 195e État membre de l'UNESCO par 107 voix « pour » et 14 voix « contre » ainsi que 52 abstentions (dont la France). Irina Bokova, dans son discours du 31 octobre 2011, a conscience de l'importance de ce moment quand elle nous dit que « nous vivons un moment historique, et nous ressentons tous, en cet instant, la portée symbolique et l'importance de cette décision, pour le peuple palestinien et l'UNESCO. » Elle rappel que l'ambition de son organisation est la paix. Elle revient sur les actions de l'UNESCO, comme la formation des enseignants afin d'assurer la scolarisation des enfants, aux bourses d'études financés ainsi que les ateliers de formation à la sécurité pour les journalistes, etc.

 

Ban Ki-Moon, secrétaire général de l'ONU, s'est montré préoccupé par l'attitude d'Israël à l'annonce de l'admission de la Palestine comme membre de l'UNESCO. Son porte parole rappel que « l'activité de colonisation israélienne est contraire au droit international et à la Feuille de route et porte préjudice aux négociations sur le statut final. » En effet, Israël a décidé d'accélérer la construction des colonies en Cisjordanie et à gelé le transfert des recettes fiscales qu'il doit à l'Autorité palestinienne (il s'agit tout de même de 50 millions de $ permettant de faire vivre 140 000 fonctionnaires).

 

Les États-Unis ont annoncés, du fait de deux lois, la suspension de leur contribution au budget de l'UNESCO. Faut-il rappeler que leur président est prix Nobel de la paix ? La résolution 3236 (XXIX) de 1974 du Conseil de sécurité réaffirme les droits inaliénables du peuple palestinien, y compris le droit à l'autodétermination sans inférence extérieure et le droit à l'indépendance, à la souveraineté nationales et le droit des Palestiniens, à retourner dans leurs foyers et vers leurs biens, d'où ils ont été déracinés et déplacés.

 

Concernant Jérusalem, dans une résolution du 1er décembre 2000, l'Assemblée générale constate que « la décision prise par Israël d'imposer ses lois, sa juridiction et son administration à la ville sainte de Jérusalem est illégale et, de ce fait, nulle et non avenue. » De fait, les pays soutenant Israël son donc complice de cette illégalité et des crimes commis par ce pays en violation de la législation internationale.

 

La résolution 4778 (1980) réaffirme « que l'adoption de la « loi fondamentale » par Israël constitue une violation du droit international et n'affecte pas le maintien en application de Convention de Genève relative à la protection des personnes civiles en temps de guerre, du 12 août 1949, dans les territoires palestiniens et autres territoires arabes occupés depuis juin 1967 y compris Jérusalem ».

 

De plus, Israël détourne l'eau de Cisjordanie afin d'alimenter ses colonies illégales, empêchant les Palestiniens de cultiver correctement leur plantations et d'assurer parfois leur propre besoin en eau. S'ajoute à cela la construction du mur de séparation, en non-conformité avec les frontières établies par l'accord d'armistice de 1949. En 2004, la Cour internationale de justice a déclaré que « l'édification du mur d'Israël, puissance occupante, est en train de construire dans le territoire palestinien occupé, y compris à l'intérieur et sur le pourtour de Jérusalem-Est, et le régime qui lui est associé, est contraire au droit international ».

 

Cela fait tout de même beaucoup d'illégalités. Pour terminer, comme je l'esquissais déjà lors de la guerre de Gaza en 2008-2009, je citerais un communiqué de presse. Celui-ci émane du Comité pour l'exercice des droits inaliénables du peuple palestinien accuse Israël de mauvais traitement et de torture sur les Palestiniens prisonniers. Ce communiqué parle de recours à l'isolement, de restriction de droit de visite des familles, de négligences de soins, de non-respect des procédures et des exigences en matière d'assistance juridique. Le fait qu'Israël est capable de tuer des ressortissants de pays qui sont alliés, montre jusqu'où ce pays est capable d'aller dans l'usage de la violence, c'est-à-dire très loin.

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30 octobre 2011 7 30 /10 /octobre /2011 11:50

Introduction

 

L'enseignement consiste avant tout à dispenser des connaissances intellectuelles.”En reprenant cette citation de Jacqueline de Romilly (1913-2010), je me suis posé la question suivante : comment dispensait-on ces connaissances intellectuelles et quelles étaient-elles dans l'Angleterre du XVe au XVIIIe siècle ? Dans les universités, la pensée dominante était celle de Thomas d'Aquin et donc la théologie prédominait. Peu à peu, un courant de pensée se développe rapidement, avec pour objectif de mettre fin à l'influence du Pape. Mon objectif à moi est de montrer que la diffusion des idées, notamment celles du roi Henry VIII, a été rendu possible parce qu'elles étaient débattues au sein des universités de Cambridge et d'Oxford principalement.

 

I. Les influences

 

1. L'influence d'Érasme (1469-1536)

En 1499, Érasme rencontre le professeur de théologie John Colet à Cambridge ainsi que le jeune avocat Thomas More. Il entreprend un second voyage entre 1505 et 1506, puis entre 1509 et 1514, durant lequel il séjourne chez Thomas More. Il est même invité à Cambridge par le chancelier John Fisher. Érasme commence par dénoncer la corruption de l'Église et met l'accent sur l'étude des textes sacrés. Il prône l'apprentissage de l'hébreu, du latin et du grec. Le luthéranisme était présent à l'université de Cambridge dès les années 1520, ce qui obligea Henry VIIIà sévir en faisant brûler tout les livres de Luther.

 

2. L'influence du protestantisme

Cela nous amène à poser la question suivante : y-a t-il un rejet du protestantisme au début du XVIe siècle ? Thomas More, par exemple, est favorable à une réforme, mais pas à un schisme. Toutefois, en 1535, il est exécuté avec Fisher sur ordre du roi Henry VIII. Paradoxalement, il y a une importante influence du luthéranisme au sein des universités. Cela traduit une intense activité intellectuelle. Thomas Cranmer (1489-1556) prend une part active aux débats. Ce futur évêque de Canterbury va porter la réforme anglicane. C'est lui qui permet le divorce du roi en 1533, mais il sera accusé de trahison et finira brûlé vif sur ordre de la reine Marie. Finalement, quelles sont les conséquences de cette double influence sur l'enseignement en Angleterre ?

 

3. Les résultats de cette double influence

L'enseignement de la théologie chrétienne est en perte de vitesse. Cambridge fut même surnommé la Litle Germany du fait de la présence du luthéranisme en son sein. Les étudiants, membres de la bourgeoisie et la gentry, en sont fortement influencés. Toutefois, il y a une limite à ne pas franchir : la traduction de la Bible en anglais ! William Tyndale (1494-1536) a publé la Bible en langue “vulgaire” vers 1523. Cet érudit, polyglote, affichait trop ses idées. “Je défie le Pape et toutes ses lois, et si Dieu me prête vie, je ferais qu'en Angleterre le garçon qui pousse la charrue connaisse l'Écriture mieux que le Pape lui-même.” Cette louable ambition de William Tyndale lui valut d'être exécuté en 1536 sur ordre de Charles Quint. Il aurait crié sur le bûcher : “Que Dieu ouvre les yeux du roi d'Angleterre !” Au lieu de cela, Henry VIII préféra brûler les livres de Luther et l'évêque de Londres, Tunstall, se chargea de jette au feu les Bibles de Tynsdale.

 

Finalement, l'enseignement en Angleterre apparaît clairement influencé par les deux tendances religieuses : un catholicisme réformé et le Protestantisme.

 

II. Les bases de l'enseignement pendant la Réforme

 

1. Les Collèges

Un Collège est un internat pour boursier doté d'un patrimoine. Il possède le nom de la commune à laquelle il appartient. Sous Élisabeth Ière, il est très sélectif et régi par ses propres statuts. Les élèves sont beaucoup des “fils à papa”, des fils de la gentry en vérité ou de la bourgeoisie locale. L'exignce de réussite influence alors l'enseignement dispensé. Les étudiants sont à la recherche d'une éducation classique avec la multiplication des conférences.

 

2. Les Grammars Schools

L'apprentissage est celui du latin, de la grammaire, des bases de la scolastique (du moins tant que celle-ci est autorisé), etc. Les candidats pour l'entrée dans ses institutions augmentent tout au long de la période. Les élèves sortent en général de l'école à 18 ans et cherche à entrer à l'université. En 1542, Henry VIII impose le manuel de grammaire de William Lily à toutes les écoles du royaume. Entre 1480 et 1660, seront créees 800 écoles.

 

3. L'enseignement dispensé

L'enseignement est multiple, comprenant surtout la médecine, le droit (notamment la Common Law), les langues (grec, latin et hébreu), la théologie (scolastique puis réformé) et enfin les mathématiques. Au XVIIe siècle, l'exemple parfait du modèle universitaire est William Harvey (1578-1657). Cet élève de Cambridge et d'Oxford devient directeur du Morton College d'Oxford puis médecin personnel de Jacques Ier. C'est lui qui découvre, en 1628, les lois de la circulation sanguine.

 

III.Les conséquences

 

La société anglaise aurait été déjà prête à recevoir la réforme religieuse proposée par le roi et ses conseillers parce qu'une grande part des jeunes y ont été préparés.

 

1.La diminution de l'influence de l'Église

En 1536, la faculté de droit canon est fermée et l'enseignement de la philosophie scolastique est supprimé à Cambridge. Toutefois, sont créé ausi des chairs en hébreu, en grec et en droit civil (Common Law). La même année, c'est la dissolution des monastères et des chanteries. Cela entraîne, à partir de 1560, des difficultés et une baisse des effectifs vers 1590. Les jeunes gens pauvres, formés par les monastères, disparaissent. De plus, les fils de paysans riches désertent les universités car ils n'ont plus la possibilité de faire carrière en apprenant la théologie.

 

2.Apparition de nouvelles disciplines

Afin de remédier à cette affaiblissement de l'enseignement théologique, il va falloir trouver des solutions. En effet, il y a une fuite de certaines professeurs catholiques. L'université perd de son prestige et on note un appauvrissement, à la fois financier et intellectuel. En 1636, William Laud, chancemier d'Oxford, prend parti pour le roi, marquant un retour du soutien des universitaires à la couronne d'Angleterre. Déjà, sous Élisabeth Ière, les universités retrouvent un certain prestige. La rhétorique, la philosophie (éthique et naturelle), ainsi que la logique, sont enseignés. La prose et la langue anglaise sont mise à l'honneur.

 

3.La qualité de l'enseignement

Les Collèges et les universités restituèrent aux écoles monastiques la tâche de recruter des candidats pour le clergé” nous explique Roger Maning. À la fin du XVIe siècle, il est déjà évident que l'université est une institution qui forme les nouvelles élites de l'Église réformée. Henry VIII, puis Élisabeth Ière, ont contribué à la création de chairs de professeur et ont remaniés le contenu des enseignements. Toutefois, au XVIIe siècle, les université perdent leur monopole sur l'enseignement professionnel, c'est-à-dire les sciences expérimentales. La Royal Society de Londres est fondée en 1660. L'apparition de nouvelles matières et la refonte de l'université fait tenir deux constats à Hugh Latimer (1485-1555). Le premier, cest l'appauvrissement des étudiants, et le second c'est le recul de la théologie en général. Ce constat est relativisé par Manin qui montre que les réformes ont eu un résultat positif sur l'éducation laïque aussi bien qu'ecclésiastique.

 

Conclusion

 

Finalement, nous notons trois changements :

Le premier, c'est la fin de l'enseignement de la scolastique 

Le second, c'est l'émergence de disciplines nouvelles comme l'anglais ou même l'histoire. 

Le troisième, c'est l'instabilité estudiantine avec un embourgeoisement puis un appauvrissement avant de se rehausser 

 

Édouard VI mettra en place un nouveau système d'éducation consécutif de la Réforme. L'objectif est de réorganiser les écoles selon les principes de la réforme anglicane. Il faut aussi signaler la hausse du nombre d'écoles et l'aide apporté par le roi dans cette entreprise de “restauration” de l'éducation anglaise.

 

Simon Levacher,

Licence 2, histoire moderne

2010, Université du Havre

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27 octobre 2011 4 27 /10 /octobre /2011 17:45

 

En 1892, un département de sociologie est créé à Chicago et c'est l'apparition de l'anthropologie des migrants avec William Issac THOMAS (1863-1947) & Robert Ezra PARK (1864-1944) qui montrent la double appartenance de l'individu en diaspora, c'est-à-dire un univers d'origine et un univers du pays de résidence.

    • THOMAS, en se rendant en Pologne entre 1908 et 1913, rend compte de l'importance qu'il y a à connaître l'univers culturel de l'émigrant. Pour lui, finalement, émigration et immigration sont indissociables. En effet, la connaissance du milieu permet de saisir l'impact du nouveau contexte.

    • PARK, lui, pose la question suivante : qu'est-ce qui se passe chez l'I vivant un processus d'acculturation et se trouvant confronté à des allégeances multiples ? Il explique que c'est l'expérience migratoire qui est déterminante dans la construction de la personnalité du migrant.

 

> L'article de PARK « Human Migration and the Marginal Man » (1928)

 

En 1928, c'est l'apparition de l'expression « homme marginal ». Pour PARK, « hormis l'assimilation qui ne se réalise pas forcément, il envisagera aussi la formation de « minorités », voire de « castes » » (p.16). Les phénomènes migratoires posent également des problèmes culturels et psychologiques, et non seulement démographiques et géographiques. Le fait migratoire est fondamental pour rendre compte de l'évolution des cultures. En fait, c'est l'idée que le migrant est de plus en plus solitaire et se retrouve confronté à deux cultures et deux sociétés. L'interprétation et la fusion de de celles-ci ne sont jamais complétement réalisées. Cette situation de marginalité a comme conséquence l'impossibilité de s'identifier à l'une ou l'autre des deux cultures auxquelles il participe. Finalement, l'homme marginal vit tout à la fois « dans deux mondes dans lesquels il est plus ou moins en danger ». L'homme marginal est identifié à un étranger, du moins d'après PARK. Pour fonder son appréciation de l'homme marginal, il s'appuie sur les travaux de SIMMEL (1858-1918). Pour celui-ci, la notion de marginalité, bien qu'elle ne soit pas explicitement cité, est implicitement présente à travers l'analyse de l'unité de la distance et de la proximité qui caractérise la position de l'étranger et qui sera au coeur de la problématique de « l'homme marginal » chez PARK. « L'étranger, écrit SIMMEL, est un élément du groupe lui-même, tout comme le pauvre et les divers « ennemis de l'intérieur », un élément dont la position interne et l'appartenance impliquent tout à la fois l'éxtériorité et l'opposition. » (1908).

 

> L'ambivalence étranger-immigrant apparaît, se déclinant en intériorité/extériorité et en distance/proximité.

 

      • Ambivalence par la participation simultanée à deux univers sociaux et culturels => il tendance à les idéaliser mais aussi à les critiquer.

      • Ambivalence perceptible à l'égard de la culture et de la société d'installation => il peut même faire l'objet d'une certaine répulsion de la part de la société d'installation quant l'immigrant se trouve confronté à la xénophobie, au racisme (cf. texte de Pierre-Jean SIMON).

      • Ambivalence qui s'exerce vis-à-vis de lui-même (l'immigrant) => l'individu en situation de marginalité développe une très grande conscience de soi et une extrême sensibilité à son environnement. Il se regarde à travers le regard des autres et il se fait une image positive de lui-même par rapport au groupe minoritaire dont il est issu.

 

> La thése de STONEQUIST, The Marginal Man : a Study in Personality and Culture Conflict (1937) confronté à celle de PARK.

 

      • STONEQUIST met l'accent sur l'état de crise que vit l'homme marginal. Il développe donc une vision pessimiste de l'homme marginal. La personnalité marginale serait en fait une forme de double personnalité. Il étend le concept d'homme marginal à tout individu qui « s'est trouvé involontairement initié à deux ou plusieurs traditions historiques, linguistiques, politiques, religieuses, ou à plusieurs codes moraux ». La marginalité conflictuelle peut aussi apparaître au sein même du groupe culturel d'appartenance. STONEQUIST, concernant le devenir et le rôle que pourrait jouer dans la société l'immigrant, met l'accent sur les difficultés d'insertion sociale de l'immigrant qui devient un « dépaysé », un « déclassé » et enfin un « déraciné ».

      • PARK évoque l'état de crise permanent que connaît l'homme marginal, mais pour lui la crise n'est pas un état anormal et n'a pas nécessairement de conséquences négatives. L'homme marginal caractérisé l'immigrant, l'étranger, et est définit comme un « hybride culturel ». Il est optimiste concernant le devenir et le rôle que peuvent jouer dans la société les immigrants.

 

> Roger BASTIDE et « le principe de coupure »

 

BASTIDE juge essentiel de prendre « aux sérieux » l'expérience de la migration et ses conséquences psychologiques. La migration, c'est une opération qui aboutit à une transformation de l'individu. Ses recherches de terrain l'ont amener à contester certaines affirmations de STONEQUIST. BASTIDE concède : « J'avais raisonné avec avec une mentalité de sociologue, une mentalité logique postulant qu'à tout syncrétisme externe devait correspondre un syncrétisme psychique. » (1946) Le terme de « syncrétisme » a un sens plus ou moins négatif, synonyme d'assemblage hétéroclite. Ainsi, se référer à un « syncrétisme psychique » c'est évoquer une certaine confusion psychique. BASTIDE ne conteste pas les phénomènes de marginalité, mais l'analyse faite par STONEQUIST. Finalement, ce n'est pas la marginalité culturelle qui est la cause de la marginalité psychologique, mais c'est bien plus la marginalité sociale. « La marginalité (psychologique), écrit BASTIDE, est plus prise de conscience de 'résidus' que de déchirement entre deux cultures antagonistes. » (1955)

La marginalité culturelle ne se transforme pas nécessairement en marginalité psychologique grâce à un mécanisme psychique que BASTIDE appelle « le principe de coupure ». « Ce principe permet à l'individu de vivre simultanément et sans drame dans deux mondes culturels différents en contact l'un avec l'autre » (p.22). Ces coupures sont délimitées et maîtrisées par l'homme marginal. Elles lui permettent d'éviter sa propre déchirure. Pour BASTIDE, le principe de coupure est un mécanisme de défense de l'inconscient qui permet à l'individu de conserver son intégrité psychologie, son équilibre, tout rn vivant une participation à deux univers culturels. Grâce au principe de coupure, l'individu ne vit pas entre deux cultures, mais dans chacune des deux sans les faire communiquer directement. BASTIDE a introduit une nouvelle notion, celle de « société marginale », c'est-à-dire de groupe marginal ou de communauté marginale. Selon lui, l'individu marginal est d'autant moins menacé par l'inadaptation et l'instabilité psychologique qu'il appartient lui-même à une « société marginale ».

 

Il ne faut pas confondre les notions « d'homme marginal » et de « société marginale », car elles renvoient à des réalités différentes :

=> L'une d'ordre essentiellement psychologique (STONEQUIST)

 => L'autre d'ordre anthropologique = toutes les sociétés marginales ne remplissent pas automatiquement cette fonction de société de passage (BASTIDE)


> Le « portrait » de l'homme marginal

 

Les individus en situation de marginalité culturelle ne sont pas des inaptés sociaux. Ils sont souvent très adaptables et particulièrement créatifs. Les « marginaux culturels » trouvent une plus grande marge de liberté et de manoeuvre qui explique leur créativité. BASTIDE ne pense pas que le déracinement soit un drame en soi. Il les voit comme des individus pourvus de ressources culturelles multiples, acquises dans leurs différents univers d'appartenance. Cette absence de racines, d'après SIMMEL, confère à l'étranger l'objectivité et la liberté qui le caractérise. BASTIDE rejoint, sans le savoir vraiment, PARK. Il est convaincu que la marginalité culturelle est souvent souce de créativité et de synthèses culturelles fécondes.

 

En conclusion, disons qu'il n'est pas surprenant que l'approche compréhensive de l'étranger, de l'immigrant, de l'homme marginal, comme sujet conduise des auteurs comme SIMMEL, PARK et BASTIDE à une conception positive des migrations. La migration est aussi un fait individuel, elle affecte profondément le migrant, elle le transforme, elle fait de l'homme marginal un « citoyen du monde », disponible et ouvert.

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26 octobre 2011 3 26 /10 /octobre /2011 01:23

Jacques-Charles Bailleul (1762-1843) est né à Bretteville en Seine-Inférieure. Fils de cultivateur aisé, il reçoit une bonne éducation et devient avocat au parlement de Paris jusqu'en 1790. Il exerce ensuite à Montivilliers et au Havre où il devient juge de paix. Il est élu à la convention en 1792 dans le camp des modérés. Il échappera de peu à la guillotine en mai 1793 pour avoir afficher son hostilité à la mort du roi et pour avoir défendu les Girondins. Proscri, il va fuire, mais reconnu par un ancien collègue, Dubouchet, il est renvoyé à Paris. Il est alors enfermé avec Danton. Pourtant, il est relâché après seize mois de procédure. Il siège à nouveau à la Convention en décembre 1794 et sera membre du Comité de Salut Public. Par la suite, il siège au Conseil des Cinq-Cents, puis au Tribunat, s'occupant des affaires financières. Il est écarté en 1802 pour être trop critique envers le pouvoir. Toutefois, il devient directeur des droits de la Somme en 1804, jusqu'à la Restauration. Il est ensuite écarté de la vie publique.

 

I. DE SA CONCEPTION DE L'HISTOIRE GÉNÉRALE

 

Les faits sont la base de la connaissance historique, la réalité de l'Histoire. Ensuite, viennent s'ajouter les réflexions. Elles permettent de saisir la « nature » et le « caractère » des faits. Bailleul en distingue trois types : les faits isolés, les faits composés et les faits généraux. Les faits isolés sont les évènements de tous les jours, comme ls parutions de décrets, les travaux de l'Assemblée, la parution des journaux officiels, etc. En eux, l'historien recherce la cause des faits historiques. Les faits composés, ou “révélés” comme les appel Bailleul, sont eux sujets à des discussions. Par exemple, chacun aura son opinion sur la bataille de Waterloo, sur les chances des uns et des autres, sur les erreurs de Napoléon et de ses maréchaux, etc. Chacun ira de ses détails et de ses citations. Au final, les interprétations de la bataille seront multiples et contradictoires.

 

II.DE LA PENSÉE DE L'HISTORIEN

 

La pensée peut se décomposer en divers éléments. En histoire, ces éléments agissent pour déteriorer ou fortifier un régime. Bailleul part d'un esprit qui pousse les empires vers une bonne ou une mauvaise fin. L'histoire se doit de respecter des règles pour bien saisir cette esprit. Chaque pays connaît des crises durant lesquelles un individu est un instrument tantôt actif, tantôt passif. Les “passions”, les “violences” et les “accusations” ne manquent pas. Dans ces moments terribles, il faut trouver la vérité, le sens véritable des évènements. Cette tâche de l'historien est bien difficile, concède un Bailleul interrogateur. Finalement, l'objectif de l'historien est de “reconnaître ce qui est la vérité et en quoi consistent les intérêts réels de tous (...)” (p.9) Comment savoir qui exprime le mieux les intérêts de l'État ?

 

III.DE L'ÉCRITURE DE L'HISTOIRE

 

Quant on écrit l'histoire ou sur l'histoire, le premier point sur lequel l'attention doit se porter avant tout, est donc de bien déterminer ce qui doit être considéré comme la vérité.” (p.9-10) Ècrire l'histoire revient à déterminer la vérité. Bailleul, acteur de la Révolution et de l'Empire comme député, s'inscrit dans la conception nouvelle de l'histoire. Certes, il y a encore une méfiance vis à vis des faits, mais il reconnaît que les faits sont à la base de l'histoire. La réflexion seule n'a pas grand intérêt. Il faut des faits, des évènements pour pouvoir en interpréter le sens. Bref, l'histoire est vivante. Le passé, de ce fait, peut (re)vivre. Finalement, cette citation de Chateaubriand pourrait convenir à Bailleu : “Les sociétés anciennes périssent, de leurs ruines sortes des sociétés nouvelles” (1831). L'instabilité politique de la France est le reflet de l'instabilité de l'histoire, perpétuellement en mouvement. Cette prise de conscience est importante.  

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  • : Ce blog a été créé par un étudiant en histoire et sociologie de l'Université du Havre. Il propose des articles allant du travail universitaire (exposé, compte-rendu...) à l'analyse spontanée de l'actualité... Il est donc à la fois objectif et subjectif, partial et impartial, méritant la plus grande prudence concernant les analyses de l'actualité notamment car elles sont parfois politiquement orientées.
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