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26 janvier 2011 3 26 /01 /janvier /2011 00:13

La sociologie française d'après guerre :

1945 : création de l'Institut National des Études Démographiques

1946 : création de l'Institut National de la Statistique et des Études économiques et du Centre d'Études Sociologiques.

 

Professeur à la Sorbonne à partir de 1925, Gurvitch (1894-1965) rencontre Halbwachs, Mauss et Lévy-Bruhl. Il créé, en 1946, le Centre d'Étude Sociologiques et fonde la revue intitulée Cahiers Internationaux de Sociologie. Sa carrière est toute tracée. Il est nommé à la chaire de Sociologie de la Sorbonne contre Aron et Stoetzel et devient directeur de l'EPHE. Il écrit en 1947 La sociologie au XXe siècle. Il sera critique du courant fonctionnaliste de Parsons. Il est connu pour sa sociologie de la connaissance (sujet qui m'intéresse). Il pense que toute connaissance doit être comprise en fonction de la réalité sociale. On connaît Les Cadres sociaux de la mémoire, et bien Gurvitch écrit un livre intitulé Les Cadres sociaux de la connaissance. Gurvitvtch n'est toutefois pas le plus connu.

 

Friedmann (1902-1977) l'est bien plus. C'est un normalien, agrégé de philosophie. Bref, il a le profil “classique” du sociologue du XIXe siècle. Il est influencé par la théorie marxiste et entre au Parti Communiste en 1928. Pourtant, dès 1936, il s'en écarte, plus sceptique sur Staline. Friedmann est surtout connu car considéré comme le Père de la sociologie française du travail. Ilanalyse, par exemple, la question de la qualification, mais aussi celle la guerre ou de la montée du nazisme en Europe... La question de la formation professionnelleest centrale dans ses travaux. Il va montrer que cette montée du taylorisme, de la parcellisation des tâches va entraîner la dégradation des métiers traditionnels et va aboutir à déqualifier le travail. Plus la formation est longue, selon lui, plus l'ouvrier va être qualifié, plus elle sera longue plus cela signifie qu'elle sera solide. L'activité intellectuelle s'en trouve alors réduite.

 

Ses travaux vont connaître une certaine postérité. La dé-qualification des uns va en fait entraîner la sur-qualification des autres. Braverman pense que c'est une manière, pour la direction d'une entreprise, de reprendre le contrôle de la production. De plus, deux autres sociologues, Schumann et Kern, montrent qu'il y a une re-qualification du travail ouvrier. Pour eux, la qualification est une variation autour d'une norme. C'est ce que l'on appel l'approche substantialiste. Friedmann, laisser l'Institut des Sciences Sociales du Travail et collabora avec Naville au Traité de Sociologie du travail(1961). Son étude Le travail en miettes, publiée en 1956, est une des plus connue de Friedmann. Il parle justement de la déqualification ouvrière dans cet ouvrage. Il reste pessimiste et parle, sans hésiter, de déshumanisation du travail. La thèse de Touraine sur les usines Renault en 1955 en est un héritage certain. Il y a un véritable courant sociologique qui étudie l'évolution du travail ouvrier.

 

En France, c'est aussi le moment Raymond Aron (1905-1983). Quoi que l'on en dise, son Introduction à la philosophie de l'histoire (1938) reste un outil largement abandonné par les historiens, mais fort utile et passionnant pour y puiser des idées. C'est un puit à idées si j'ose dire. En sociologie, il est aussi utile et La sociologie allemande contemporaine, publiée en 1935, m'a servi notamment pour comprendre Weber dont il est un des premiers à mettre en avant le philosophe allemand. Normalien et agrégé de philosophie, c'est un “classique” du XIXe siècle. Il voyage et enseigne en Allemagne ce qui va le pousser à faire connaître la sociologie d'outre-Rhin en France à la veille de la Seconde Guerre Mondiale. Il critique d'ailleurs le matérialisme historique comme le font Simmel et Weber. De plus, et assez logiquement,il s'oppose à Durkheim. Aron amorce donc une “rupture” avec la théorie holiste et déterministe. Il sera le professeur d'une grande génération d'étudiants, mais l'un fera plus tard parlé de lui : Pierre Bourdieu.

 

Aron sera un proche du Général pendant la guerre durant laquelle il fonde la revue La France libre. Il va s'intéresser au monde du travail en publiant en 1962 les Dix-huit leçons sur la société industrielle. Il y traite de beaucoup de sujet et relie souvent la sociologie à l'histoire. Est-il un sociologue historique ou socio-historien ? Je pose la question tout à fait sérieusement. Aron devient professeur au Collège de France et occupe la chaire de Sociologie de civilisation moderne. Il publiera aussi Les étapes de la pensée sociologique en 1967.

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25 janvier 2011 2 25 /01 /janvier /2011 22:23

La question de la périodisation en histoire est encore en débat aujourd'hui. J'ai été écouter, il y a déjà deux mois, une conférence de Nicolas OFFENSTADT dans l'amphi 7 de l'Université du Havre. Elle avait lieu dans le cadre du séminaire de Christian CHEVANDIER, professeur d'histoire contemporaine. Il nous a expliqué qu'il y a une certaine lourdeur dans la périodisation historique. En effet, l'Antiquité, le Moyen-Âge, les Temps Modernes et l'époque contemporaine, sont des périodes discutée, dans lesquelles il y a des sous-périodes, des règnes phares, des appellation qui englobe plusieurs siècle (comme le “Grand Siècle”), etc. L'Antiquité tardive, à laquelle j'attache de l'importance, n'est pas une période “officielle”. Je ne détaillerais pas le contenu de la conférence, mais je vais tenter quelque chose d'un peu osée. Je vais créer de toute pièce une nouvelle période.

 

En fait, je pars de la définition courte d'histoire contemporaine, c'est-à-dire la période que le chercheur a connu (en gros, depuis sa naissance). À partir de là, il reste, de 1789 à 1989 – en ce qui me concerne – deux cents ans. J'ai déjà pensé à tout cela bien sûr, sinon je me permettrais pas d'en parler. Le seul problème, et il est de taille, c'est que je vais avoir du mal à apporter beaucoup d'arguments. De fait, ma nouvelle période s'intitulerait “Temps Industriels” et irait – c'est encore imparfait en mon esprit – de 1814 aux années 1970. Pourquoi ? En fait, 1814 parce que, pour faire plaisir aux modernistes, la Révolution et l'Empire sont une période de transition (comme depuis 1989 soit dit en passant). Bref, entre 1789 et 1814, on a encore affaire à des dirigeants politiques qui pensent en fonction des normes du XVIIIe siècle. Napoléon est lui-même un homme du siècle des Lumières.

 

Alors, pourquoi “Temps Industriels” ? En sociologie, nous l'apprenons, les mentalités évoluent à partir de la Révolution, mais surtout avec la Révolution industrielle. L'homme est pris en compte, mais, paradoxalement, si l'homme s'individualise (il suffit de lire Tocqueville), il est aussi de plus en plus considéré comme une machine (théorie de Taylor). L'histoire commence a prendre un statut nouveau, plus scientifique. La sociologie apparaît au XIXe siècle... Les sciences en général se développent. L'évolutionnisme de Darwin est quelque peu révolutionnaire, même s'il reprend des thèses plus anciennes (notamment Lamarck). De nombreux dictateurs du XXe siècle reprendront à leur compte des systèmes philosophiques du siècle président. Il est évident que le XIXe et le XXe sont liés entre eux. L'industrie, symbole phare du communisme russe, est en déclin dès la fin de la seconde guerre mondiale. Il y a, après la crise des années 70, de nouveau des changements des mentalités, notamment dans la jeunesse. Le capitalisme prend un nouvel essor avec un libéralisme à outrance.

 

Alors que le XIXe siècle s'est intéressé à l'homme, le XXe siècle a permis quelques progrès sociaux considérables (lire Stéphane Hessel), mais depuis quarante ans il y a une régression de ces idées. Le monde a brutalement changé et les contemporains – moi le premier – en ont soit, pas du tout conscience, soit, ils en ont conscience mais ne parviennent pas expliquer de quoi il s'agit. Or, c'est évident, les mentalités en Europe évoluent. Pour moi – peut-être suis-je trop positif – elles n'évoluent pas en mal. L'écologie prend un certain essor et les idées de gauche – malgré les divisions – ne sont pas “morte”, bien au contraire. Je pense plutôt que c'est la droite classique – malgré ses victoires électorales – qui ne va pas bien. L'unité qui était la leur s'effrite. Alors, après le passage au XXIe siècle, mais aussi au IIIe millénaire, une époque est finissante, une période de prospérité économique jamais égalé, la fin des empires coloniaux, une multiplication des “identités” régionales, la baisse rapide du sentiment religieux... permet de donner à la période allant de 1814 aux années 1970 un nom. Mon exposé est peut-être un peu audacieux, mon ambition un peu fort (créer une période n'est pas chose aisée et le flop est assurée, mais j'attends de connaître, dans cinquante ans, le noms qu'on lui donnera).

 

Il est certains qu'à l'échelle du monde les "Temps Industriels" ont encore de beaux jours devant eux. Ainsi, si l'Europe - pour une fois - paraît en avance, il n'en est rien de l'Afrique et de l'Amérique du Sud, par exemple.

 

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24 janvier 2011 1 24 /01 /janvier /2011 00:01

 

Le philosophe, paraît-il, doit faire preuve de retenu, doit être rigoureux et efficace. Son originalité réside souvent en sa capacité à choisir des sujets peu habituels, dont les gens n'ont pas l'habitude d'entendre parler. La clarté et la précision est de mise afin d'être compris du plus grand nombre. Souvent, le philosophe aime bien réhabiliter les vaincus, ce que la postérité n'a pas parfois pas gardé en mémoire. Une chose est toutefois certaine : les philosophes peuvent dire des choses vrais, des choses fausses et des choses qui n'ont aucun sens. De fait, un philosophe peut-être victime d'erreurs et d'illusions. Il se pose des questions basiques à l'observateur extérieur : Quels sont les arguments d'un philosophes ? Ces arguments sont-ils vrais ou faux ? Une idée est véhiculée souvent : celle de dire que les philosophes ne peuvent se contredire car ils ne parlent pas de la même chose... Cela est bien sûr faux... Qu'ont en commun Kant et Onfray ? Rien, si ce n'est le titre de “philosophe”. Onfray obtient même, parfois, le pompeux statut de “philosophe national”.

 

Pour Jacques BOUVERESSE, il faut prendre les philosophes au pied de la lettre et non leur attribuer des choses qu'ils n'ont pas penser, pas écrite... La controverse qu'il y a eu après la publication du Crépuscule d'une idole de Michel ONFRAY est à ce titre assez significative. ONFRAY s'est permis d'affirmer des choses qu'il est impossible de prouver historiquement. Pour BOUVERESSE, il faut donc critiquer, débattre, tout expliquer. De plus, il est nécessaire de clarifier le vocabulaire et la logique de chaque paragraphe. Le rôle de l'écriture, de la sémantique, est donc fort important. Il se pose, comme en histoire d'ailleurs, la question de la vérité philosophique. Or, il se pose deux problèmes de fond : 1/est-ce vraiment un vérité ? ; 2/existe t-il des raisons d'appeler cette vérité “philosophique” ? Ainsi, se pose la question suivante : que peut-on faire exactement du point de vue proprement philosophique, c'est-à-dire d'un point de vue qui ne peut pas être simplement historique, avec les productions philosophiques du passé ?

 

La rencontre avec la philosophie c'est d'abord la rencontre avec les doctrines et avec leur histoire. Il ne faut pas, pour autant, rester à l'état de la philosophie telle qu'elle est actuellement. Il y a l'idée que la philosophie n'est pas une science historique. Or, pour moi, penser l'écriture de l'histoire c'est la même chose que penser l'écriture de la philosophie. Ainsi, l'histoire de la philosophie serait en fait l'histoire de l'écriture de la philosophie. On revient à une simple histoire des pensées penseront certains. Peut-être... Seulement, comme c'est le cas avec l'histoire-récit, il ne faut pas confondre l'histoire des pensées pour “grand public” et l'histoire des pensées pour les universitaires. Cette dernière entre tout à fait dans les préoccupations de Jacques BOUVERESSE. Remettre un philosophe dans son contexte c'est faire de l'histoire de la philosophie. Or, ce qui m'intéresse avec la philosophie c'est de prendre Platon à l'égal de Kant, c'est-à-dire de nier la distance chronologique et géographique. Je veux prendre les idées de chacun pour les confronter et les faire débattre. Le risque est de tomber dans l'anachronisme. En parlant de Kant, aborder Socrate n'est pas anachronique. Or, parler de Kant en lui prêtant les pulsions d'un Eichman n'est pas acceptable (voir Le songe d'Eichman deOnfray).

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23 janvier 2011 7 23 /01 /janvier /2011 22:57

Clovis est un personnage social particulièrement important puisqu'il est roi, mais encore plus particulièrement parcequ'il est gouverneur de la province de Belgique Seconde. Il est difficile, dans son cas, de parler de la perception qu'il pouvait avoir de lui-même. Souvent, le lecteur d'une biographie recherche de l'originalité dans la vie qui lui est exposé. Or, pour saisir une vie dans ce qu'elle a de plus humain, il faut, au contraire, rechercher en quoi elle s'inscrit dans un contexte historique, dans un cadre social. Le risque est grand de partir dans le récit de vie pour ce qu'il est et de ne pas prendre en compte cet aspect pourtant fondamental qu'est le contexte. Il faut faire la différence entre les normes et les pratiques, l'individu et le groupe, l'intérêt et le devoir, le dominant et le dominé... Quelles libertés s'accorde l'individu ? Cette question est cruciale. Certains maires du Palais vont oser porter leur fils ou des individus illégitime sur le trône, réservé aux seuls Mérovingiens. Cette outrecuidance fut réprimé d'abord, mais elle passa dans les pratiques et la noblesse intégra que c'était possible.

 

La vie d'un individu va de la naissance à la mort et pour la décrire il faut savoir écrire, tout simplement. Ce n'est pas facile pourtant. Trop de mauvaise biographie privilégie le style à la profondeur de l'analyse. La psychologie tient une place très importante, mais cet aspect reste très littéraire car très abstrait. Non pas que la littérature soit uniquement fondée sur de l'abstrait, mais pour un historien il est très difficile de manipuler ce genre de chose. Concernant un individu, même comme vous et moi, trois problèmes s'offrent au chercheur : 1/la responsibilité politique ; 2/la conscience religieuse ; 3/la réputation. Or, généralement, une biographie neutre n'est pas amusante. La passion doit inspiré son auteur et souvent il est favorable à son personnage. Nous le savons pourtant, le genre biographique, notamment en histoire, n'a pas finit d'être théorisé...

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23 janvier 2011 7 23 /01 /janvier /2011 14:20

L'histoire de France contemporaine est passionnante. Depuis 1789, c'est la République qui fut le plus long régime. Avant, sous l'Ancien Régime, c'est-à-dire la monarchie absolue de droit divin, il n'y avait point de place pour la liberté, légalité et la fraternité. Bien sûr, cette vision quelque peu caricaturale est très caricaturale. Si les rois étaient parfois autoritaire, il n'en reste pas moins des hommes. Louis XIV n'était pas plus terrible qu'un Joseph II d'Autriche. En 1715, un petit enfant de 5 ans, Louis XV, accède au trône à la mort de son arrière-grand père. Le temps des long règnes n'est pas terminé. Or, la santé du souverain est fragile. Il ne mourra que le 10 mai 1774 dans l'indifférence générale. Il prendra - cruelle histoire - le surnom de Mal-Aimé à sa mort le 10 mai 1774. Une mort horrible, d'ailleurs, puisqu'il agonisa presque quinze jours, atteint par la petite vérole.

 

Le nouveau roi, Louis Auguste de France, dit Louis XVI, a tout juste 18 ans. C'est un roi qui ne voulait pas régner. "Nous sommes trop jeunes pour régner" aurait-il déclarer. Sa mort m'a toujours semblé injuste. J'ai toujours apprécié ce roi sans savoir dire pourquoi. Bien sûr, je ne suis pas favorable à la monarchie absolue mais, toutefois, ce roi quelque peu maladroit a subi la Révolution en réagissant et en agissant tiraillé par deux tendances : 1/le bien de la monarchie ; 2/le bien du peuple. Quoi que l'on en dise, Louis XVI était persuadé qu'en plaisant au petit peuple de Paris il pourrait conserver le trône. Ce petit peuple lui a été fidèle longtemps jusqu'à la fuite de Ravennes. Une fuite que les sans-culottes ont qualifié d'acte lâche et de trahison. Or, Louis XVI protégeait ses intérêts et il a voulu sauver son trône en se réfugiant en Autriche. 

 

Le 10 août 1792, il est déchu de ses fonctions par l'Assemblée et il est jetté en prison. Le 21 septembre la République est proclamée et partout en Europe, les souverains réagissent. La guerre, déclarée par Louis XVI, se poursuit. L'objectif : réprimer dans le sang une Révolution qui pourrait faire tâche d'huile. Bien évidemment, la position d'un Robespierre n'est pas des moins corrompu et il faut à tout prix que la France résiste sinon il perdra sa tête. Tout le monde connaît le fameux moulin de Valmy. Eh bien, la bataille qui eut lieu dans la plaine est, à mes yeux, un symbole tout aussi important que le 14 juillet 1789. En effet, le 20 septembren Kellerman se trouve obligé de livré bataille à l'armée réputée la meilleure d'Europe, celle de Prusse. Cette armée, forte de 70.000 soldats est opposée à 47.000 français fanatisés, mais dont la plupart n'ont jamais combattus. Elle remporte en ce jour la plus belle victoire de la République. 

 

Ouf, nous voilà sauvé ! Pour le pauvre Louis XVI les choses tournent au cauchemar. À la lecture du Dernier jour d'un condamné de Hugo, on image mal ce qu'il peut se passer dans la tête de quelqu'un qui va mourrir ou qui sent sa fin proche. Il ne faut jamais oublié cet aspect là... Louis XVI restait un homme. De plus, il a longtemps été perçu comme faible et fallot. Or, il n'en a rien été. Plutôt curieux, il aimait les nouvelles technologies, il a aussi pris une grande part à la préparation de l'expédition Lapérouse. Bref, il était plus érudit qu'on ne le crois. En 1789, il n'avait que 35 ans. C'était un jeune roi et il n'a certainement pris conscience de la situation que fort tardivement. Heureusement, on ne peut pas mettre à son actif le massacre des parisiens. Lors de la prise de la Bastille, la garnison s'est défendue après de longue tractation avec les réprésentants du peuple. Quant au champ de Mars, si Louis XVI était roi des Français il ne semble pas avoir été l'instigateur du massacre.

 

Finalement, sa maladresse et son incompréhension vont lui coûté plus cher que les véritables accusations qu'on lui imputera lors de son procès. Jugé à partir du 12 décembre 1792, il est condamné à mort par décapitation le 15 janvier 1793 après un procès fleuve. Le vote du verdict est contestable et fut contesté. Des gens ont votés alors qu'ils n'en avait légalement pas le droit. Ainsi, si le procès avait eu lieu aujourd'hui, dans les mêmes cadres juridiques, il apparaît évident que Louis XVI n'aurait pas été décapité. Enfin... nous ne pouvons réécrire l'histoire et le camp de Robespierre voulait la mort du roi, donc il est condamné à mort. En Seine-Inférieure, sur 16 députés et leur 6 suppléants, tous ont déclarés le roi coupable. Seulement, deux ont votés la mort : Antoine ABITTE l'Aîné et Pierre POCHOLLE. Les autres ont demandés le bannissement.

 

Moralité : le 21 janvier 1793 à 10h22, en place de grève, la tête du roi tombe dans un roulement de tambour. 

 


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22 janvier 2011 6 22 /01 /janvier /2011 12:00

Voir un écrivain scientifique comme un architecte qui conçoit une maison n’est pas une image inappropriée, bien au contraire. Que fait l’historien ? Il cherche un plan, dessine des esquisses, des détails… Enfin, souvent après un long et pénible travail, il peut dessiner le plan final de la maison. Dans cette maison, il faut des pièces, chacune d’elle ayant une fonction précise. Il faut aussi agencé ces pièces pour leur donner une cohérence. Il faut ensuite aménager les pièces selon leur fonction en y insérant des meubles, et parfois de la décoration. Ce sont les exemples, les arguments et les embellissements dont un historien va se servir pour mener à bien sa thèse. C’est un véritable travail d’architecte, de constructeur, de concepteur même quelque fois.

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21 janvier 2011 5 21 /01 /janvier /2011 12:00

En France le classicisme se rapproche du pouvoir absolutiste et notamment avec la naissance de l’Académie de Peinture et Sculpture. Classique vient du latin « classicus » qui signifie « de première classe ». La renaissance est à l’origine du mouvement dont le sculpteur Raphaël entre autre et Michel-Ange. L’Académie, elle, va hiérarchiser les genres. Les genres majeurs sont le religieux, la scène allégorique, la mythologie et la scène historique. Sans être vraiment classique, au sens académique, Poussin servit de modèle.

 

Le classicisme c’est :


1) Recherche du grandiose

2) simplification et unité des volumes

3) conformité aux règles (académisme)

 

Le classicisme s’oppose au Baroque.

 

§ L’Académie de Peinture et Sculpture §

 

L’Académie est créée en mars 1648 sous l’impulsion de Charles Le Brun et Eustache Le Sueur. Ils proposent les statuts de l’Académie que Mazarin acceptent. Le Brun en est le secrétaire. Il y a trois principes académiques :


1) le respect de la perspective

2) la luminosité :axé sur le sujet

3) la couleur :symbolique des couleurs

qui permettent l’identification,

assez facilement, du sujet.

 

Les peintres dit « académiques » ne le sont que dans leur peinture, car Poussin et Le Lorrain (Charles Gelée) ont fait une carrière à Rome. Champaigne, lui, étant Janséniste a été opposé au roi Louis XV qui défendait la cause des Jésuites.

 

Jansénisme : Théologie catholique opposé aux Jésuites et qui sera fortement critiqué par la cour et Louis XV.

 

La peinture classique française connaît aussi une vague de portraitistes dont un des plus célèbre est Rigaud qui peignit un portrait de Louis XIV.

 

L’Académisme en France durera jusqu’en 1914.

 

§ Charles Le Brun (1619-1690) §

 

Il est le fils d’un sculpteur. Il est élève de Simon Vouet en même temps que Mignard (portraitiste), Le Nôtre et Le Sueur (peintre). En 1642 il part pour Rome avec Poussin. A son retour en France il va constituer l’Académie. En 1660 il peint « La famille de Darius aux pieds d’Alexandre ». Il est aussi décorateur du château de Versailles. En 1663 il est directeur de l’Académie puis le 1er juillet 1674 il est nommé peintre du roi. C’est lui qui décora en partie la Galerie des Glaces de 1678 à 1684. On peut dire qu’il fut le premier peintre de ce qu’on peut qualifier d’ « Art Officiel ».

 

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Voir lien suivant : Charles Le Brun


 Peintres classiques

Il y a une multitudes d’autres peintres classique, mais on peut retenir surtout :
Nicolas Poussin (1594-1665)

 

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Hyacinthe Rigaud (1659-1743)

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Jacques Louis David (1748-1825)
Prix de Rome

* Serment des Horaces (1785)

 

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Jean Baptiste Ingres (1780-1867)

* Le sacre de Napoléon

 

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* La grande Odalisque

 

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En France le classicisme donnera naissance au Rococo dont Antoine Watteau (1684-1721) fit parti. Le néo-classicisme, avec David, renaît au XIX e siècle.

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20 janvier 2011 4 20 /01 /janvier /2011 02:00

Depuis mon entrée au Collège, l'histoire m'a toujours passionné. Une fois arrivée au Lycée, j'ai eu un court moment de doute, mais je me suis remis en cause assez vite, faisant comme DESCARTES et me demandant : qu'est-ce que je connais en histoire ? La réponse fut : presque rien, mise à par la Révolution et l'Empire. Il me fallut remédier à cela et j'ai commencé à acheter les livres qui composent ma chère bibliothèque. Tout cela pour dire que mes références étaient CHATEAUBRIAND et MICHELET et que j'ai longtemps admiré TOCQUEVILLE avant d'aller voir du côté de LAVISSE. Depuis, je suis rentré  à la fac  d'histoire du Havre. Alors, tout naturellement, depuis quelques mois, grâce à mon blog et aux commentaires souvent utiles, je me suis remis en question une fois envore – à titre tout à fait personnel – sur ma façon de travailler et de penser l'histoire (plusieurs articles de ce blog concerne des auto-critiques). Mon intérêt pour l'historiographie – l'histoire de l'histoire – vient de tout cela. J'ai écris la série suivante  (voir les trois articles précédents : c'est la suite) d'après la lecture d'un livre de Gérard NOIRIEL (1950-), Qu'est-ce que l'histoire contemporaine ? (Hachette, 1998). J'ai retenu du livre-manuel ce qui m'a intéressé, laissant plusieurs points de côté. Je ne fais donc pas le compte-rendu du livre !

 

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20 janvier 2011 4 20 /01 /janvier /2011 01:00

Qu'est-ce que l'histoire évènementielle ?  

 

En règle générale, l'histoire évènementielle privilégie la description des phénomènes historiques. Il n'y a pas d'explication. On ne tente pas de comprendre mais d'informer. C'est presque du journalisme pour pousser la caricature jusqu'au bout. En fait, c'est la fameuse histoire-récit mise à mal par les Annales. Il se trouve que Lucien FEBVRE (1878-1956) et Marc BLOCH (1886-1944), bien connus des historiens, luttent contre l'école méthodique de Charles-Victor LANGLOIS (1863-1929) et Charles SEIGNOBOS (1854-1942). Ils ont écrit un ouvrage en commun, en fait un manuel de méthodologie, utilisé par les étudiants de l'époque. Il s'agit de la célèbre Introduction aux études historiques (1898). Ce manuel est lourd à lire, mais fort instructif. Pour eux, l'historien doit uniquement vérifier la valeur des documents à sa disposition pour en extraire des faits. Nous y voilà ! Il n'y a point trace ici d'interprétation ou d'analyse documentaire. Ce n'est même pas la méthode de notre commentaire de document. L'archéologie est presque totalement ignoré par nos deux auteurs. La synthèse leur est étrangère.

 

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Pour Lucien FEBVRE, ce type d'histoire évoque celle des grandes dates, des guerres, des règnes et des négociations diplomatiques. Or, cette critique est injuste car ce que les Annales visent en réalité ce sont les vulgarisateurs, les fabricants de manuels. Seulement, ils vont aussi passé dans l'ombre le côté scientifique de cette histoire évènementielle dont, semble t-il, la qualité était loin d'être humiliante. Des thèses étaient même soutenues. Il ne faut pourtant pas attendre FEBVRE pour noter des changements concernant l'écriture de l'histoire et la pensée historique. Jean JAURÈS (1859-1914), en tant qu'historien, dont le statut de normalien peut suffir à légitimer ses travaux, s'intéresse aux économiques et sociaux de la Révolution ainsi qu'au peuple. Peu à peu, la vie quotidienne est au centre des préoccupations d'un plus grand nombre d'historiens comme l'atteste l'oeuvre tardive de Georges LEFEBVRE (1874-1959). L'économie apparaît alors comme le facteur qui structure la vie sociale, mais surtout qui l'encadre et sur laquelle les individus n'ont aucune prise.

 

 

 

Olivier BARROT présente le livre Le Rhin de Lucien Febvre paru en 1935

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19 janvier 2011 3 19 /01 /janvier /2011 23:00

Quel est donc le rôle des individus, qu'ils soient grand où petit ?

 

Ce que cherche Albert SOREL (1842-1906), le “père de l'histoire diplomatique” à la MABILLON, concernant les individus, c'est leur caractère, leurs intentions, le rôle qu'ils ont joués et l'action qu'ils ont exercé (cf. mes articles sur l'action sociale). L'objectif est de faire revivre les hommes du passé. C'est aussi un de mes objectifs quand j'écris de l'histoire, quand je fais un exposé oral... Rendre aux défunts leur part d'humanité. Le Fernand BRAUDEL (1902-1985) pensait même que l'inconscient d'une société c'est son histoire. Bien sûr, tout cela reste abstrait et pour comprendre l'inconscient il faudrait être capabable de saisir la singularité des individus. Je n'en suis pas encore là, bien évidemment. Je sabre volontier le champagne le jour où je puis raconter la vie d'un individu en occultant totalement le narrateur et en laissant au premier plan un récit vivant, riche et humain. Un courant italien, celui de la micro-histoire, prone l'étude d'une vie singulière. Le chercheur doit se donner pour objectif de comprendre la complexité des diverses relations dans lesquelles l'individu est pris.

 

 

La leçon d'histoire de Fernand Braudel à Châteauvallon

L'acteur social donne un sens à ses actes. Il y a de nombreux acteurs sociaux qui ont tous leur propre histoire. L'idée est de “peindre” l'atmosphère d'une sphère sociale déterminée et les sentiments des acteurs. J'aime cette façon de voir les choses car cela permet à l'histoirien de rester humble. Il ne prétend plus, en effet, présenter aux lecteurs la réalité histoirique (→ Histoire de France de Lavisse : certains volumes sont écrit dans cette esprit-là), mais il prétend, au contraire, donner un point de vue, son point de vue sur un évènement ou un phénomène. Carlo GINZBURG (1939-), par exemple, donne de l'importance aux détails, aux anomolies, aux individus ordinaires. Dans un autre registre, il y a un aspect plus social de la micro-histoire, proche de... l'individualisme méthologique de Max Weber (dont je me sens plus proche que du holisme). Ce que cette micro-histoire sociale recherche ce sont les stratégies des acteurs.

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Présentation

  • : La Crise des Consciences
  • : Ce blog a été créé par un étudiant en histoire et sociologie de l'Université du Havre. Il propose des articles allant du travail universitaire (exposé, compte-rendu...) à l'analyse spontanée de l'actualité... Il est donc à la fois objectif et subjectif, partial et impartial, méritant la plus grande prudence concernant les analyses de l'actualité notamment car elles sont parfois politiquement orientées.
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