Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
4 mai 2012 5 04 /05 /mai /2012 14:40

Les atteintes directes à des journalistes lors des meetings de Sarkozy sont une honte. Alors qu'un certains nombres de dérives nationalistes passent comme une lettre à la poste, l'UMP parle du système médiatique comme les régimes autoritaires le font. Pourtant, on ne peut pas dire qu'il y ait beaucoup de journalistes pour dénoncer les aberrations des gens de droite. Même Bayrou a rejoint Hollande, certainement du fait des pressions honteuses qu'il reçoit de la part de la droite. Il doit être considéré comme un traître, si même des journalistes de droite sont pris à parti par les militants.

Alors, une question taraude mon esprit naïf de jeune citoyen : la liberté de la presse existe t-elle en France ? Avons-nous, oui ou non, le droit d'exprimer notre opinion en démocratie ? Normalement, la réponse devrait être « oui » sans aucune hésitation... Seulement, voilà, le régime de Sarkozy a attaqué la presse depuis le premier jour de sa présidence, portant plainte pour tout et n'importe quoi, n'assumant même pas les fuites de certains documents. De plus, il attaque la liberté sur Internet avec les lois plus que liberticides. Par le passé, des Français sont morts pour la démocratie. Aujourd'hui, la voilà enterré. Les politologues de « gauche » ne s'en laissent pas compter. La France n'est pas une démocratie, et cela depuis plusieurs dizaines d'années. De fait, il semblerait qu'elle fasse peur la démocratie, la « vraie » démocratie. Hélas, la société française a une mentalité particulière : tout est fait dans la demi-mesure, dans une sorte d'illusion collective. Les gens se contentent des impressions qu'ils ont. Ils ont l'impression d'être en démocratie, alors ils vont croire que la France est une démocratie. En fait, c'est pour ne pas avoir à penser le contraire. La réalité est trop dur à avaler. En effet, se dire que nous n'avons jamais été en démocratie casserait un peu la belle idée qu'on se fait de notre pays.

Le vote pour Le Pen est né de se paradoxe : ce ne sont pas les plus pauvre qui ont voté pour l'extrême-droite. Non ! C'est cette France rurale qui a voté pour Louis-Napoléon Bonaparte en 1848. C'est la France de l'ordre, celle qui aspire à gravir les échelons de la société, à garder ses privilèges. Ce n'est pas cette France qui veut mettre fin au capitalisme, bien au contraire. Pour eux, tant que leur quotidien n'est pas gêné par la France d'en haut, ils ne vont rien dire, rien faire. Pourquoi les politiques ne sanctionnent jamais les agriculteurs lorsqu'ils cassent les murs des préfectures ? Parce que ceux qui manifestent sont rarement les plus démunis... Parce que ce sont des électeurs qui votent à droite... Il suffit de regarder les scores du Front National dans la campagne du Pays de Caux pour comprendre qui votent Le Pen. C'est évident.

Ce sont des gens comme ça qui bradent la démocratie chaque jour en votant pour des hommes et femmes politiques qui ne représentent pas du tout leurs intérêts. Au contraire, Sarkozy et Le Pen n'ont rien à faire des agriculteurs et des ruraux. Sarkozy a supprimé les services publics dans les campagnes. Paradoxe : les campagnes votent à droite et à l'extrême-droite. Deux France apparaissent encore : la France rurale et la France urbaine. Comment espèrent t-on conserver une démocratie respectueuse des libertés fondamentales des citoyens sans une presse réellement indépendante, sans une presse qui ose dénoncer les abus des politiques, qui osent dire les choses telles qu'elles sont ?

Partager cet article
Repost0
3 mai 2012 4 03 /05 /mai /2012 19:00

Je relais le message reçu tout à l'heure,

 

En ce moment-même, le site Internet d'Avaaz subit une méga attaque. Un expert nous a affirmé qu'une attaque d'une telle envergure est certainement portée par un gouvernement ou une grande entreprise - ces assauts sont massifs, simultanés, sophistiqués et menés depuis le monde entier pour anéantir notre site.

Nous nous y étions préparés. Nos campagnes alimentées par le pouvoir citoyen ont été courageuses, et nous avons mis à mal les pires dirigeants au monde -- des régimes syrien et chinois à Rupert Murdoch, en passant par les magnats du pétrole et du crime organisé. La dictature syrienne a qualifié notre représentant local "d'homme le plus dangereux au monde" et une enquête britannique vient de révéler des e-mails échangés entre l’agence de presse de Murdoch et des hauts-fonctionnaires britanniques, qualifiant notre campagne contre Murdoch de “leur plus grande preoccupation”. Il m’est souvent arrivé de rester éveillé toute la nuit en me demandant quand ces gens allaient s’en prendre à nous.

Et voilà c’est arrivé. Alors que nous voulons lancer des campagnes urgentes sur les océans, les forêts et la Syrie, l'attaque en cours depuis 36 heures non-stop menace la poursuite de notre action. Grâce à son très haut niveau de sécurité, notre site tient le coup, mais cela ne suffira pas. Nous devons montrer à ces entités puissantes que quand ils attaquent Avaaz, ils attaquent les gens. Et que le pouvoir citoyen ne peut pas être intimidé ou bâillonné, cela ne le rend que plus fort. Cliquez ci-dessous pour faire un don qui alimentera un Fonds de défense d'Avaaz pour renforcer notre sécurité, et montrons à nos agresseurs que nous sortiront grandis de toutes leurs attaques:

https://secure.avaaz.org/fr/massive_attack_on_avaaz_french/?vl

Les autorités gouvernementales ont été alertées de l'attaque. Mais nous avons besoin en toute urgence de constituer un Fonds de défense pour nous aider à:

  • renforcer drastiquement la sécurité du site afin qu'aucune attaque ne parvienne à nous empêcher d’agir
  • recruter des hackers et des techniciens de haut-niveau pour gérer nos systèmes, nous défendre et tester nos défenses
  • renforcer la sécurité physique de nos effectifs les plus menacés dans des pays comme le Liban et la Russie
  • prendre une série d'autres mesures pour améliorer nos technologies et notre sécurité

Avaaz canalise nos voix partout dans le monde, des valeureux opposants tibétains, russes et syriens prêts à tout risquer pour leur liberté, aux peuples indigènes de Bolivie qui empêchent leur forêt d'être coupée en deux. Ces personnes sont confrontées à de terribles menaces. Repousser cette attaque n'est qu'une bataille de plus dans notre lutte pour la démocratie.

Des millions d'entre nous se sont mobilisés pour empêcher les grosses firmes et les gouvernements de censurer et contrôler Internet. Aujourd’hui l'un d'eux essaie de nous censurer. Nous tenons le coup jusqu'à présent, et grâce à nos super systèmes informatiques financés par les membres, nous pouvons lancer cet appel en toute sécurité. Mais nos campagnes futures sont réellement menacées. Nous devons agir et montrer que ces manœuvres ne font que nous renforcer:

https://secure.avaaz.org/fr/massive_attack_on_avaaz_french/?vl

Avaaz parvient à résister à des gouvernements et à de grandes firmes uniquement parce que nous reposons sur une force, une légitimité et un financement exclusivement citoyen. Nous n'acceptons aucun financement provenant de gouvernements, d'entreprises, de fondations, ou même de grands donateurs individuels. C'est aujourd’hui très rare pour une grande organisation de la société civile, mais 100% de nos fonds proviennent de petits dons en ligne, et nous n'acceptons aucun don de plus de 5 000 euros. C'est comme ça que nous restons indépendants, et c'est aussi pour ça que nous menaçons tous ceux qui font passer le pouvoir avant les citoyens. Continuons à être cette menace!

Avec espoir et détermination,

Ricken et toute l'équipe d'Avaaz.

Partager cet article
Repost0
22 avril 2012 7 22 /04 /avril /2012 22:41

Le résultat est clair : l'extrême-droite triomphe au détriment de la démocratie et du progrès social. La France sombre dans la folie en accordant 46,6% des suffrages à des capitalistes, libéraux, racistes et fascistes. La bêtise des gens est affligeante. Leur inconscience politique une honte pour la France et les valeurs que sa démocratie est censée porter. Et tout ça parce qu'un capitaliste soit disant socialiste a plongé la gauche au fond de l'abîme en divisant les écologistes, en ignorant les électeurs de Mélanchon et en se prenant pour un sauveur qu'il n'est pas. Qu'il se morde les doigts parce que la colère, le dégoût pour la politique vient de s'exprimer en faveur du nationalisme, en faveur de Marine Le Pen. Les médias n'y croyaient pas, les gens à gauche n'y croyaient pas (exceptés quelques uns plus lucide, comme certains articles de ce blog d'ailleurs)... J'ai souvent écrit et dit de se méfier de Le Pen, que Hollande était un raté et que sa campagne fut minable. Mélanchon a perdu des voix au profit de Le Pen et les socialistes ont complétement ratés le coche. 3% d'écart avec Sarkozy ce n'est rien du tout. La démocratie a déjà été bradée, piétinée par Sarkozy : le voilà reparti pour 5 ans, à moins d'un miracle, à moins que Bayrou soit intelligent et qu'avec ses 8,8%, il fasse basculer les choses à gauche. Bayrou n'ayant jamais été intelligent, il n'en fera rien. D'ailleurs il annoncé réfléchir pour voir qui soutenir. Bref, comme en 2007. Il a pas de couilles ce mec. Il s'assume pas. Les gens sont allés massivement votés et donc les reports de voix seront peu nombreux. Dès lors, comment Hollande compte t-il gagner ? Déjà, le clan Sarkozy clame sa victoire et sont sûr de l'emporter au second tour.

 

Tout ceux, à gauche, qui ont criés aux loups contre Mélanchon devraient avoir honte car ils ont eut peur du changement pour plus de démocratie, pour redonner au peuple un peu de pouvoir. Avec les racistes et les fascistes au pouvoir, ils vont avoir du changement, mais ça sera beaucoup moins marrant, surtout lorsqu'ils vont se retrouver (comme le prévoit Sarkozy dans son programme) avec des conditions de travail bradés, avec la suppression du droit de grève, avec l'arrêt du remboursement des médicaments, etc. La patrie des droits de l'homme et du citoyen devrait se regarder en face et avoir honte de sa connerie dont on se demande si elle n'est pas congénitale. La France accouche des cons et la jeunesse de ce pays, frileuse et inconsciente, qui vote pour le nationalisme et le capitalisme me fait honte.

 

Le dégoût, voilà ce que les gens m'inspirent, le dégoût. La démocratie qui permet l'ascension de son contraire, de l'anti-démocratie, de la dictature. Les français ne sont que les sous-fifres d'un ramassis de crapules attirés comme des mouches par le pouvoir en basant leur pitoyable campagne sur de la peur, sur du mépris et sur de la manipulation. Ah, l'extrême-gauche manipulerait les gens ! Ah, oui, ils doivent bien se marrer les adversaires de la démocratie, et à gauche les adversaires de Mélanchon et de Joly. Hollande a méprisé les écologistes et les communistes et il fait de sa campagne le défouloir des haines. Un socialiste, voilà ce que c'est ; un mec qui ne connaît que cette phrase : « diviser pour mieux régner ». Casser la gauche pour arriver au pouvoir, juste au pouvoir. Il a fait comme Chirac en 1995, mais en moins bien. Il risque de perdre et il va sûrement perdre. Maintenant, il va m'obliger à voté pour lui au second tour pour faire tenter de réparer sa campagne pourrie et surtout, surtout, faire barrage aux capitalistes et aux fascistes. 

 

Quand ce sera le cas, il rigolera moins, mais tout cela ne changera pas grand chose à sa petite vie de bourgeois. Par contre, le peuple, les gens qui ont vraiment besoin d'être aidés, qui ont vraiment besoin de démocratie, ils ont votés Le Pen en toute inconscience, car une seule lueur d'intelligence politique aurait permis d'éviter le massacre de la démocratie.

 

En effet, 2012 sera une date historique. En effet, la République va changer, car désormais, comme en Hongrie, comme en Espagne, comme en Italie, elle va virer vers l'autoritarisme, vers le tout pour les riches, rien pour les pauvres. Le secteur du luxe, les bénéfices des actionnaires, etc, sont en hausse. 11 millions de gens qui vivent sous le seuil de pauvreté, des économistes, des universitaires et des hommes et femmes politiques (Mélanchon et Joly) qui montrent, avec des preuves, des faits, des moyens, que la politique de Sarkozy et encore pire celle de Le Pen, c'est du suicide, de l'inconscience et de la stupidité. Pourtant, malgré tout cela, malgré ces discours alarmistes et réalistes les gens votent « utile ». Ah ça, ils ont voté utile : pour encore pire qu'avant ! Ah ça, ils veulent tester la dictature ! Maintenant voilà chose faite. Si Sarkozy passe, tout ce que je dis, je ne pourrais plus dire, parce que toute critique du pouvoir sera interdite, parce qu'il faudra se priver, faire des efforts, faire des économies pour enrichir encore plus les riches. Ah ça, les actionnaires, les copains de Sarkozy, ils doivent se frotter les mains : chic, chic, on va encore pouvoir les rançonner et doubler le nombre de chômeurs et de gens vivant sous le seuil de pauvreté. Adieu démocratie !

Partager cet article
Repost0
22 avril 2012 7 22 /04 /avril /2012 19:51

19h50. Pas de suspens. Les résultats sont déjà connus. Hollande en tête (27%), Sarkozy second (25%) et Le Pen troisième (17%).

Partager cet article
Repost0
22 avril 2012 7 22 /04 /avril /2012 15:42

22 avril 2012. 11h30. Je vais voter dans le bureau n°8 de la petite ville de Fécamp. Ma décision est prise depuis longtemps concernant mon choix. Il n'a rien de révolutionnaire. Pourtant, selon les sondages, les deux candidats populaires chez les 18-24 ans sont Hollande (31% d'intention de vote) et Le Pen (24%). J'ai voté Mélanchon alors que, habituellement je vote pour les écologistes lorsque c'est possible. Pour tester mes idées, j'ai réalisé le questionnaire en ligne sur le site du journal Le Monde pour savoir de quel candidat je suis le plus proche. Les résultats sont donnés par thématique, puis pour l'ensemble des thématiques. L'ensemble des thématiques m'a donné Mélanchon en tête, devant Arthaud et Poutou, ce qui m'a fort surpris. Je suis très à gauche, mais pas trop quand même. Étonnamment, Éva Joly est arrivée en tête de mes choix pour les thématiques « Lutte contre la crise » et « Fonctionnement de l'État ». Pour la question du nucléaire, c'est Mélanchon qui arrive en tête. Je ne sais quoi penser de ces résultats, d'autant que Bayrou est arrivé en troisième position une fois concernant le thème « Fonctionnement de l'État ».


Que faut-il attendre de cette élection ? L'abstention semble venir des électeurs de droite. 24% n'iraient pas voter si l'on en croit les sondages. D'ailleurs, la participation était faible à midi, avoisinant les 30%. Les fameux sondages prévoient 64%. Déjà, le clan Sarkozy pense gagner au second tour. Bref, le premier tour est joué d'avance et personne n'estime qu'une « surprise » soit possible, c'est-à-dire que Sarkozy soit battu par Le Pen, par exemple. Le fait que l'élection soit « joué » d'une certaine manière, est d'autant plus stressant qu'on ne veut pas y croire. Qu'apportera l'alternance ? À l'Université c'est un gros débat, surtout lorsque j'affirme que je voterais peut-être blanc si c'est Hollande et Sarkozy au Second tour. En effet, Hollande ne changera pas grand chose, prendra des mesures symboliques, mais il ne souhaite pas rénover le système républicain français, car c'est lui qui est en crise, pas la politique en général. Le système est largement imparfait, et ce sont ces imperfections qui font déraper l'ensemble, qui permettent les fraudes et les abus, cette distance entre le politique et le citoyen. Cette élection peut changer les choses. J'ai voté Mélanchon parce qu'il a impulsé un dynamisme vers le changement, avec sa proposition de changer de République, avec une ouverture vers la sortie du nucléaire (lorsque l'on connaît la frilosité des communistes à ce sujet, c'est un progrès), avec la volonté de redonner au peuple une place dans la vie politique (pas seulement dans les discours, il propose et montre comment faire), etc.


Nous verrons ce qui ressortira de cette semaine d'élection présidentielle, si Hollande prendra en compte les électeurs de Mélanchon au lieu de les considérer comme inexistant. S'il n'y a plus de communistes en France, pardonnez-moi, mais où sont les socialistes ? Dans socialiste, il y a « social » et dans le programme de Hollande il y a « rigueur ». Moins que Sarkozy, peut-être, mais il n'y a contre la crise rien de très sérieux ni efficace. Comment compte t-il financer ses projets, notamment recréer 60 000 postes dans l'éducation, s'il n'a pas une politique économique qui taxe les riches, qui évite la fraude et l'évasion fiscale des patrons des grandes entreprises vers l'étranger, qui interdit les licenciements économique lorsque l'entreprise fait des bénéfices, qui taxe les bonus, etc, etc. ?

Partager cet article
Repost0
22 avril 2012 7 22 /04 /avril /2012 00:17

L'élection présidentielle va se jouer à peu de choses. Les médias soutiennent Hollande, partout nous entendons qu'il va gagner, qu'il ne peut pas perdre. Bien sûr, les gens écoutent, les électeurs, sachant tout revirement impossible, ne vont pas voter. L'abstention est un risque, le vote utile un autre, le vote de contestation une alternative. Deux candidats, prétendants à la première place : Hollande, pour le Parti Socialiste, et Sarkozy, président sortant, pour l'UMP. Trois candidats convoitent la troisième place, celle de l'arbitre, celle qui peut faire basculer une campagne en fonction de qui l'occupe : Mélanchon, pour le Front de Gauche (communistes), Bayrou, pour le Mouvement Démocrate (centristes) et Le Pen, pour le Front National (extrême-droite). Seulement, ne pourrait-on pas assister à une petite surprise ? Un petit candidat, peut-être Éva Joly, faire mieux que les sondages (actuellement 3% d'intention de vote).

 

Quant aux pronostics, est-il possible d'être vraiment optimiste ? Je parle des reports de voix vers Hollande au Second Tour (car il apparaît peu probable qu'il n'y soit pas, même derrière Sarkozy ou Le Pen, hélas) : Mélanchon pourrait apporter 13% en étant pessimiste, Joly 3%, Poutou et Arthaud 3%. Si Hollande obtient 28% au premier tour, la Gauche tournerait autours de 47% d'intention de vote au second tour, sachant qu'un peu moins de la moitié de l'électorat de Bayrou se reportera vers le Parti Socialiste. Un tiers des électeurs de Le Pen et Dupont-Aignan voteraient également Hollande au second tour d'après les derniers sondages (ceux des 18 et 19 avril 2012).

Partager cet article
Repost0
21 avril 2012 6 21 /04 /avril /2012 11:37

 

L'histoire universitaire serait en « crise » : voilà plusieurs décennie que nous l'entendons. En fait, l'enseignement est en crise, mais la recherche se porte fort bien, avec des jeunes chercheurs souvent inventifs, publiant des ouvrages de vraie érudition, intellectuellement bien pensée. Donc, affirmons-le : la recherche en histoire est dynamique, même si le phénomène est restreint et limitée. Tout une génération n'est pas concernée par ce dynamisme. Cela est sans doute dû à la massification des universités en licence. Répétons-le : les étudiants qui continuent en doctorat après leur master son peu nombreux. Beaucoup partent après leur DEUG parce que l'accession à une école, à une formation, que sais-je, nécessite un Bac +2. Pour ma part, je me dirige tout droit vers un master recherche l'année prochaine. L'importante dose de travail de ses derniers jours m'a contraint à suspendre tout activité sur le blog depuis presque trois semaines. Me voilà donc de retour avec un article historiographique ce qui n'enchantera peut-être pas les éventuels blogueurs qui jetterons un coup d'oeil furtif à mon blog.

 

arton1871-681b4.jpgComme chacun le sait, nous sommes à la veille d'une campagne présidentielle dont l'enjeux sera bien plus important que celle de 2007. En effet, si l'alternance n'est pas la conclusion de cette élection, la démocratie française devra très, mais très sérieusement se remettre en question. L'arrivée des vacances est pour moi l'occasion de retourner sur mes sites d'histoire préférée. Parfois, des découvertes intéressantes marque mon esprit et me donne envie de faire partager cela. Partons d'un livre L'histoire à parts égales de Romain Bertrand. Pour mon article je m'appuie sur le compte-rendu de Philippe Minard sur le site Vie des idées. car je n'ai pas l'esprit suffisamment entraîné pour sortir ce qui va suivre. Cela étant, je vais adapter ma lecture pour en ressortir l'originalité méthodologique. Il s'agit donc aujourd'hui d'histoire connectée, qui n'est pas en soi, dans la manière d'écrire l'histoire une révolution, mais ça l'est dans la manière de la penser et de concevoir les événements. Je m'explique : un non-historien ne verrais sans doute pas la différence avec un autre livre d'histoire.

 

Romain Bertrand par d'une rencontre : celle des hollandais avec les habitants indonésiens. Cet épisode de la rencontre est décrypté par Minard à l'aune de cette question : comment les Hollandais seront-ils reçus, et que peuvent-ils comprendre de cet univers inconnu ? Cela pose déjà la question du « nous » et « eux ». La question n'est pas : comment les Indonésiens vont-ils recevoir, et que peuvent-ils attendre de cet univers inconnu ? Le positionnement de départ est important : il s'agit d'une rencontre. Pour les Hollandais, leur but est de commercer. Or, c'est difficile car ils ne parlent pas les langues locale, ils ne connaissent pas les mœurs et coutumes, l'organisation sociale et politique... La monnaie n'est pas la même, la valeur des choses non plus et il y a quand même une pointe de suspicion qui plane. Dès lors, les amis Hollandais doivent faire confiance à des intermédiaires, à la fois Chinois et Portugais, mais aussi à des gens du cru qui connaisse la langue de l'arrivant. Il faut donc apprendre à connaître cet « autre » chez qui nous arrivons.

 

Minard résume bien Romain Bertrand : « La rencontre procède d'abord du choc : les Hollandais ignorent tout des règles de civilité et des codes qui régissent la haute société javanaise ; ils multiplient les impairs, souvent à leur corps défendant, et heurtent profondément les élites palatines et leur sens de la bienséance et de l'harmonie bien ordonnée ». N'est-ce pas une situation notable dans le tourisme contemporain ? Les occidentaux sont bien souvent dénoncés pour n'être pas capables de « s'intégrer », pour vouloir retrouver chez l'autre ce qu'ils ont laissé chez « eux ». Tout cela est bien connu. Historiquement, ce n'est pas nouveau. Dès lors, ajoute Minard, « les Européens apparaissent (au XVIe siècle) agités, incivils et grossiers, ils gesticulent et parlent à tort et à travers, introduisant un désordre intolérable ». Les occidentaux « désorganisent ». Voilà qui est dit. Il est intéressant de noter le retournement. Au XVIe siècle, ceux qui ne sont pas civilisés ce sont les marins hollandais. Les civilisés ce sont les élites javanaises.

 

Roman Bertrand montre que même le temps n'est pas le même, n'est pas pensée de la même manière. Il n'y a pas une référence temporelle unique, mais deux références. La rencontre n'est pas possible, car tout oppose les deux mondes. Comment cette rencontre a t-elle pu réellement avoir lieu ? Bertrand veut rendre compte des conditions de la rencontre sans prendre partis pour l'un ou l'autre de ces mondes. En terme de pensée historique, c'est parfait puisque nous allons vers une impartialité totale. Les deux « univers » sont comparés à « égalité ». Ainsi, il faut diversifié les sources. Bertrand s'appuie principalement sur des récits de voyages, des carnets de bord et des chroniques insulindiennes. Parfois, ces sources présentent inévitablement des divergences, dont il ne faut pas tenir compte dans ce type d'approche. Pour un historien, voilà un paradoxe : un chercheur qui se veut impartial tout en traitant les documents de manière subjective.

 

Bertrand montre bien que la manière dont les textes sont écrit relève, d'une certaine façon, l'état d'esprit de celui (ou ceux) qui a écrit, mais relève surtout une pensée populaire (souvent celle de l'élite !). Nous arrivons à une histoire symétrique puisque les européens sont en concurrence dans l'Océan indien, tout comme les sultanats insulindiens sont en concurrence entre eux. De fait, des jeux d'alliances des uns avec les autres se mettent en place. Dès lors, tout « choc des cultures », tout « choc des civilisations » n'est plus possible. Les individus jouent sur le même terrain et les rivalités n'ont rien de colonialiste à cette époque, bien au contraire, puisque les occidentaux sont obligés de développer des stratégies d'alliances avec les populations locales, au même titre qu'un sultanat d'Insulinde doit trouver des alliés pour résister à un voisin plus puissant. Ainsi, nous voyons la complexité des connexions et des circulations mondiales – d'où une histoire connectée – en jouant sur les différentes échelles spatiales.

 

Une approche micro-historique, très à la mode en Italie, peut s'inclure dans une approche plus globale puisque le livre de Bertrand décrit des événements de Banten en analysant les liens qui relie Java au reste du monde. Le génie du livre, s'il y en a un, est d'enterrer définitivement l'idée d'une histoire ethnocentriste et qui serait incapable de s'exporter hors d'Europe. De fait, l'ouvrage, comme le dit Minard, « opère un heureux décentrement ». Sortir d'une vision comparatiste essentiellement binaire pouvais rater, mais ce tel n'est pas le cas et c'est ce qui donne à ce livre son caractère original. Les Européens ne sont rien d'autres que des éléments parmi d'autres, c'est-à-dire les Arabes, les Ottomans, les Chinois et même les Indiens et les Perses.

 

Cette approche, conclue Minard, « sous cet angle, la réussite est éclatante. Elle signale un véritable tournant historiographique ».

 

Lien vers le PDF du compte-rendu :

index-copie-1.jpeg

 

http://www.laviedesidees.fr/IMG/pdf/20120404_histoire-connectee.pdf

Partager cet article
Repost0
4 avril 2012 3 04 /04 /avril /2012 11:43

Le Mali, un pays africain, vu de notre lointaine Europe, qui apparaissait comme tranquille, en voie de démocratisation, si ce n'était déjà le cas, est en proie a une terrible guerre civile. Le coup d'état de la junte militaire n'était pas une volonté de prendre le pouvoir, mais une tentative de dernier recours, pour alerter la communauté internationale sur la progression de la rébellion touareg, très bien armée, soutenue par des pays alentours qui donnent des armes et de l'argent. Le problème, c'est que le MNLA a réussit à libérer sa terre, l'Azawag, mais un chef touareg, Iyad Ag Ghali, du mouvement Ansar Dine, a continué sa route vers la ville de Tombouctou. Son objectif est d'instaurer la charia et, d'après les premiers témoignages, les femmes auraient été contrainte de porter le voile dans cette ville pour « assurer leur sécurité ». Ce sont donc des islamistes et des très dangereux, dont les Maliens (une grande majorité) ne veulent pas voir arriver à Bamako. Les plus dangereux ne sont pas les touaregs revendiquant l'indépendance de leur territoire, mais l'offensive islamiste d'Ansar Dine. D'ailleurs, la rébellion touareg a déjà annoncé qu'elle n'arrêterait pas Ansar Dine de faire ce qu'il veut. Seulement, les pays de CEDEAO ne vont pas laissé faire non plus les islamistes. Il apparaît toutefois que la CEDEAO est dans une situation inconfortable : 1/rétablir la démocratie dans le Sud du Mali ; 2/empêcher les islamistes de progresser. La seule solution serait de trouver un accord avec les Touaregs, leur assurant l'indépendance et en obtenant la répression de Ansar Dine sans que les rebelles n'interviennent. C'est la seule solution réaliste pour éviter un embrasement du Sahara. Pour le MNLA, la présence des islamistes à Tombouctou lui assure une force tampon et permet à Mohammed Najim, le chef d'état major des rebelles, de laisser planer la confusion sur la situation au Nord du Mali.

 

Pour Bernard Lugan, africaniste de renom, la cause de la déstabilisation de la région, c'est la guerre en Libye. En Libye, où la guerre civile n'était pas une révolution, mais un soulèvement de Cyrénaïque contre la Tripolitaine. C'est une guerre de tribus et non pas une guerre pour la liberté de toute la Libye. D'ailleurs, le Fezzan, la grande région du Sud-Ouest de la Libye, est restée relativement étrangère à la guerre. Le problème, pour Bernard Lugan, c'est que la diplomatie française, mal renseignée, notamment dit-il par les stupidités sans nom d'un certain philosophe de pacotille - « BHL » - a soutenu la Cyrénaïque contre la Tripolitaine, reconnaissant finalement le gouvernement de transition, installé à Tripoli, tentant par là de reconstruire la « fiction » d'une Libye unie. Concernant le Mali, c'est la même « fiction » qui permettait à l'état central de gouverner sur le Nord. Seulement, le soulèvement de la Cyrénaïque a donné des idées à d'autres minorités, dans des pays comme le Mali ou le Tchad de vouloir revendiquer leur indépendance. D'ailleurs, ajoutons qu'une partition intelligente de l'Afrique lors des indépendances européennes, auraient certainement évités les situations que ces pays connaissent actuellement. Cela a mis le président du Tchad, Idriss Déby Itno en porte à faux par rapport aux Toubou-Goranes, présent dans le Sud de la Libye, dans les régions de Sebha et de Koufra, qui revendiquent eux aussi un État indépendant et ont repris les combats le 26 mars contre les tribus arabes. Pour Déby, cela sera difficile de continuer à contrôler tout le Tchad s'il ne condamne pas les massacres contre les Toubou, au risque de voir le Nord de son pays faire sécession.

Partager cet article
Repost0
1 avril 2012 7 01 /04 /avril /2012 00:22

L'élection présidentielle apparaît comme une période particulière de la vie politique française. Pour moi, jeune citoyen, jeune étudiant, cette élection 2012 va marquer l'adulte en devenir que je suis. Affirmer des opinions politiques tranchées, c'est-à-dire qui font sens, qui prennent sens dans une certaine « famille politique », lorsque l'on a 22 ans, c'est parfois mal acceptée. Souvent, je l'ai entendu maintes fois, alors même que je ne suis membre d'aucun parti, militant dans aucune association, « avoir des opinions si jeune, c'est penser comme ses parents ». Une personne que je déteste m'a humilié en disant cela : « Tu n'es pas capable de penser par toi-même, tu as les mêmes idées que tes parents ». Cette personne est militariste, xénophobe, pense que je devrais faire l'armée parce que cela fortifie l'esprit. Seulement, cela me révulse en tant qu'individu. L'homme que je suis ne peux accepter les propos de cet autre homme parce qu'ils sont en contradictions avec mes valeurs, avec les bases de mon éducation, c'est vrai, mais aussi avec mon expérience, ma réflexion personnelle, c'est-à-dire finalement, avec ma personnalité. C'est cela la personnalité : être soi-même par rapport aux autres. En démocratie, ça prend tout son sens. Abolir la personnalité, c'est abolir l'individu et mettre en avant le collectif en tant que personnalité. Cette vision des choses est dangereuse. La concrétisation politique de cela n'a jamais fonctionné sur le long terme jusqu'à aujourd'hui. Un individu dans un collectif doit avoir le droit à la parole, le doit d'exprimer son point de vue.

 

Aujourd'hui, pour cette élection présidentielle particulièrement, j'ai le sentiment que ce droit a la parole est contestée par les « gros » partis politiques, c'est-à-dire le PS et l'UMP. Les autres ne peuvent s'exprimer que dans les cadres définis par la loi, mais lorsqu'ils parlent, leur propos sont jugés comme creux, sans valeur. Le moi disparaît avec la personnalité. Poutou, Arthaud, Cheminade ou Dupont-Aignan n'auraient pas le droit d'être des personnalités politiques comme les autres simplement parce que leurs idées sont minoritaires au sein de l'électorat ? La personnalité politique se construit par l'image qu'elle renvoie. Si le candidat ne parvient pas à se créer une « image » de présidentiable, il ne doit pas être candidat. Dans ce cas, qui peut juger les dignitaires de la fonction présidentielle ? Les médias se sont arrogés ce droit. C'est regrettable, car la médiatisation est une chance pour les petits partis d'exprimer des idées qui sont une richesse pour la démocratie. Ces idées devraient servir pour l'enrichissement de la culture politique française, mais surtout pour permettre le débat d'idées. Il n'y a jamais de débats d'idées en France, si ce n'est des show dans lesquels le ou les journaliste(s) interroge(nt) un candidat, puis un autre, et enfin il y a une petite confrontation, mais c'est pour descendre l'autre. Porter des idées, les incarner n'est pas important. Les débattre encore moins. Il faut paraître les porter pour être crédible, ce qui est tout différent, et fort dangereux. Comme il suffit de paraître, c'est-à-dire d'illusionner son électorat, il n'est pas nécessaire de tenir ses promesses une fois élu. Sarkozy l'a fort bien compris en 2007 et il joue une carte encore plus perverse en 2012 : celle du « repentir » comme principale idée porteuse d'une campagne.

 

En fait, là ou Sarkozy gagne des points, c'est dans sa capacité à mobiliser les gens sur de l'émotionnel. « J'ai fais des erreurs, mais vous allez voir, j'ai changé, j'ai vieilli, je suis devenu plus sage... », mais, dans ses discours en eux-même il prévoit les pires régressions démocratiques. L'illusion fonctionne puisqu'il rattrape Hollande dans les sondages. Certes, il ne faut pas s'y fier trop car certains sondages sont des commandes de l'Élysée, mais il convient de noter le phénomène. Ajoutons que le manque d'égalité entre les candidats n'est pas non plus un point positif pour la démocratie française. Lorsque la candidate écologiste, Joly, mène campagne avec le budget d'un meeting de Sarkozy, à peu près, comment peut-on dire que les candidats jouent dans la même cour ? C'est un non sens et une démocratie au rabais que celle-là.

 

L'image que donne la présidentielle est regrettable, car l'argent et le paraître suffiraient presque à faire gagner celui qui est le plus fort dans ces deux domaines. Heureusement, il n'y a pas que cela qui rentre en ligne de compte dans une élection. Toutefois, Mélanchon remonte dans les « sondages » et dans la mobilisation réelle à ses meetings, parce qu'il incarne une certaine « image de la gauche ». Je dois dire, personnellement, que je suis assez favorable au Front de Gauche du fait de cette capacité à rendre enfin à la gauche une véritable vision d'avenir fondée sur une volonté révolutionnaire. La création d'une Sixième République, inscrit comme priorité dans un programme, ce n'est pas la volonté de continuer dans la même ligne que celle des prédécesseurs, mais c'est l'affirmation d'un changement, d'une refonte totale de nos cadres politiques souffreteux. Pour autant, le regard de l'historien est plus nuancé car les références de Mélanchon sont celles de la Révolution française, mais sa manière de faire de la politique est très proche du XIXe siècle. La référence à Jaurès, avec cette vision des meetings en pleine aire auxquels assistaient plusieurs milliers de personnes, s'est concrétisé avec son coup d'audace de la Bastille. Qui aurait pu imaginer que cela fonctionnerais ? Je suis sûr que la surprise des membres du service de campagne de Mélanchon n'était pas feinte.

 

Devant cette force montante, avec l'essoufflement de Hollande et le dynamisme de Sarkozy, l'électeur peut se sentir perdu. Le Pen radicalise son discours, cherche à récupérer son électorat à sa droite, s'enferme dans ses idées nationalistes et perd peu à peu de sa « crédibilité » politique. Quant à Hollande, son parcours est une parfaite illusion des « erreurs » que peut faire un électorat entraîné par l'illusion d'un avenir plus radieux, d'un véritable changement. Hollande a promis cela avant les Primaires socialistes, à laissé croire cela. Tout dans le paraître. Les leçons de Mitterand lui ont été précieuses. Hollande a fait la même chose que Mitterand avec les communistes. Il a trompé sa gauche, laissé croire qu'il était prêt à des concessions. Il n'a rien fait et son programme n'a rien d'un programme de gauche, au sens de révolutionnaire, de progressiste. Il est conservateur son programme, irréaliste aussi dans la mesure où il promet des choses qu'il ne tiendra pas, ou ne pourra pas tenir du fait même de son orientation politique. Son obstination à vouloir sauver le système économique et à vouloir conserver l'Europe telle qu'elle est actuellement, en dit long sur sa mentalité. Certes, il n'est pas Sarkozy, me dit-on. Oui, mais il pense pareil, sauf qu'il le dit différemment. Ses discours, en apparence, sont ceux d'un protecteur de la république, comme il vient de nous en faire la démonstration à Mayotte. C'est le « bon républicain » de la Troisième République qui fonde son image sur la stature et sur la capacité, du moins en apparence, à négocier avec les gens de la même famille politique, mais pas du même camp. Son accord avec les Verts n'est rien d'autre, de mon point de vue, que cette affirmation républicaine. Comme je ne suis pas dans l'équipe de campagne de Hollande, je ne sais pas si cette impression est quelque chose de conscient ou non, mais je ne pense pas.

 

De manière générale, les références à la Ve République se superposent parfois avec celles de la IIIe. Sarkozy joue la carte de Giscard et Hollande de Mitterand. L'élection de 81 se rejoue en 2012 d'une certaine manière. Giscard avait créé la « rupture » en sortant du cadre gaulliste. Il n'a pas été réélu. Sarkozy a joué la carte de la « rupture » avec Chirac et donc avec tout un courant néo-gaulliste qui n'avait pas disparu. Il a surtout rompu avec une manière de faire de la politique, c'est-à-dire à la française, en se basant de manière claire sur le modèle anglo-saxon. La campagne de 2012 a intégré la dimension médiatique de la présidentielle de 2007 comme un facteur déterminant, tout en revenant aux meetings comme démonstration de force. En cela, Mélanchon est pour l'instant le meilleur, même si la prudence des français face au changement, au vrai changement, est parfois difficile à saisir. La peur de 2002, peut-être même la volonté de ne pas se « tromper » comme en 2007 – même si beaucoup ont la mémoire courte – est un point capital pour comprendre la campagne présidentielle de 2012. C'est mon analyse, toute relative, mais je crois sincèrement qu'elle est historiquement très importante et le vote des Français va être capital pour la suite.

 

La réélection de Sarkozy démontrerait que la démocratie française à un grave défaut : elle n'est pas capable de se remettre en question, de se poser les bonnes questions. L'élection de Hollande montrerait autre chose : la volonté de changer d'orientation politique tout en conservant la même ligne politique que Sarkozy, c'est-à-dire la défense du système libérale et du capitalisme financier. C'est le vote « utile » à la bonne conscience des gens, mais ce n'est pas le vote qui changera la démocratie, c'est-à-dire qui l'améliorera, rendant la voix au peuple, mais surtout en lui donnant la capacité de débattre, d'avoir des idées, de se construire une personnalité politique moderne à l'aube du XXIe siècle, enterrant définitivement la république gaullienne, celle de l'ordre et du paraître. De Gaulle, malgré tout, donnait de lui une image que les historiens n'ont pas. Ce qu'il a fait, ce qu'il a pensé, c'est la grandeur de la France, celle de l'Europe, un peu, mais toujours dans l'intérêt de son pays. Il faut apparaître comme une grande puissance aux yeux du monde. Sarkozy a été influencé par cela dans sa médiocre politique internationale, en comparaison avec le Général, et surtout en comparaison avec Villepin sous Chirac. Ce que je veux dire, c'est que l'électeur doit se méfier du paraître, mais il doit regarder chaque personnalité, chaque individualité, écouter ce qu'ils ont à dire, confronter ses paroles avec celles des « adversaires », et puis finalement se faire un jugement. Surtout, ne pas se laisser porter par ses impressions en pensant que l'émotion suffit pour qu'un candidat soit finalement le président qu'il faut à la France. Le discours compte, les idées comptes !!

Partager cet article
Repost0
31 mars 2012 6 31 /03 /mars /2012 14:44

L'Afrique est le berceau de l'humanité, le continent qui a vu naître l'homosapiens il y a 162 000 ans. L'histoire africaine s'ouvre souvent avec l'Égypte des pharaons de 3 000 à 30 avant notre ère. D'autres royaumes font leur apparition, tel la Nubie, tel Méroé et Jenné-Jeno, sur le long du fleuve Niger. Arrive ensuite une période de troubles, avec les colonisations phéniciennes, grecques et romaines. Alexandrie est créée par le macédonien Alexandre le Grand en 332 avant notre ère. Carthage, dont l'empire maritime s'étendait en partie sur l'Algérie et la Tunisie actuelle, est réduite en cendre par Rome au IIe siècle avant notre ère. D'autres royaumes cohabitent en même temps que l'occupation romaine. Il y a Koush, Axoum et la Haute-Nubie.

 

L'Afrique de l'Ouest avant l'arrivée des Européens

 

L'âge du fer arrive tardivement en Afrique, puisqu'il se développe durant le premier millénaire de notre ère. Cette expansion est toutefois très irrégulière. Certaines sociétés étaient encore à l'âge de pierre lorsque les premiers colons européens sont arrivés au XVIIIe siècle, puis surtout au XIXe siècle. Comment expliquer ce « retard » ? En fait, ces populations pratiquaient une agriculture de subsistance ne nécessitant pas des technologies aussi développés qu'en Europe. De même, la connaissance des chercheurs sur l'expansion de l'économie de production en Afrique reste très vague faute de sources fiables.

 

Beaucoup de questions reste donc sans réponses, comme celle de la période à laquelle est arrivée l'élevage dans la province du Cap, en Afrique du Sud. L'Islam arrive en Afrique en provenance de la péninsule arabique vers les VIIIe et XIIe siècles. Il suit les routes commerciales et ne s'impose pas sans violences dans les royaumes chrétiens de Nubie (Nobatie, Makurie et Alodie) entre les XIIIe et XVe siècles. De manière générale, partout ailleurs, les aristocraties locales accueil avec bienveillance cette idéologie nouvelle, d'autant plus que cela stimule le commerce. Pour autant, il existe encore un royaume chrétien, celui d'Éthiopie, et il y a les royaumes bantu, fondées sur les religions locales. L'Islam va favoriser l'apparition des empires soudanais, contrôlant le commerce de l'or, de l'ivoire, des peaux et des esclaves. Aux XIIIe et XIVe siècles, cette religion joue un peu le rôle du christianisme aux IVe et Ve siècles en Europe.

 

Les Portugais arrivent aux XVe et XVIe siècles, attirés par le cabotage mercantile et l'ambition de découvrir une route menant à l'Inde.

 

L'arrivée des Portugais

 

Les Européens arrivent en Afrique au XIVe siècle. Ce sont d'abord des voyageurs qui partaient en expéditions. Les premières installations de religieux sont confirmés à Dongola. Dès lors, les marins Dieppois et Génois installent des comptoirs avec plus ou moins de réussite. Au XVe siècle, ce sont les Portugais, renseignés par les armateurs génois, qui sont les plus actifs, portés par la figure d'Henri le Navigateur. En 1415, ils prennent Ceuta. À cette date, les Français sont écrasés à Azincourt par l'archerie anglaise. Les Européens se lancent à l'assaut de l'Afrique en même temps que les Turcs. Les Mamelouks occupent l'Égypte. Les Romains, en leur temps, n'ont jamais dépassés le cap Bojador, au sud des îles Canaries. Celles-ci sont découvertes par le génois Lanzarote Malocello en 1312 (ou 1335). Des Normands du Pays de Caux, conduit par Jean de Béthancourt et Gadifer de la Salle, s'installent aux Canaries en 1402. À partir de ce moment là, les chrétiens cherchent à nouer des liens avec le « Royaume du Prêtre Jean », dont personne ne sait s'il existe bel et bien. En fait, il s'agit de l'Éthiopie.

 

La pression des Turcs, dans les Balkans, oblige les Européens à chercher une nouvelle voie commerciale pour accéder à l'Asie. Les Espagnols vont tomber sur l'Amérique en 1492, et les Portugais atteignent le Cap de Bonne Espérance en 1488. Cela est rendu possible par la création d'États puissants en Europe. Les armateurs se coalisent et s'appuient sur les découvertes technologiques. Les caravelles font leur apparition. Henri le Navigateur (1394-1460) va véritablement impulser les expéditions européennes vers le sud de l'Afrique.

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : La Crise des Consciences
  • : Ce blog a été créé par un étudiant en histoire et sociologie de l'Université du Havre. Il propose des articles allant du travail universitaire (exposé, compte-rendu...) à l'analyse spontanée de l'actualité... Il est donc à la fois objectif et subjectif, partial et impartial, méritant la plus grande prudence concernant les analyses de l'actualité notamment car elles sont parfois politiquement orientées.
  • Contact

Recherche

Archives