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30 décembre 2010 4 30 /12 /décembre /2010 16:46

Introduction


La « vie chère » est un phénomène important de la Première Guerre mondiale. Plus la guerre s’intensifie, plus l’armée a besoin d’avantage de matériels et donc aussi de nourriture. À l’arrière, des pénuries alimentaires surviennent et le mécontentement des populations civiles, en majorité des femmes, grandit. Le départ des hommes sur le front en été 1914 entraîne le travail en usine des femmes. Seulement, peu à peu des problèmes apparaissent du fait même de l’économie de guerre. En effet, l’armée est prioritaire dans tous les domaines et consomme la grande majorité des denrées alimentaires, ainsi que le charbon. En France ou en Allemagne, un rationnement est organisé, mais il devient de plus en plus contraignant.

En 1917, le phénomène atteint son paroxysme, et, à l’arrière, la guerre commence à être contesté. Dans les pays belligérants, la cherté de la vie devient un problème, dans la mesure où ce sont les femmes qui travaillent et que ce sont elles qui sont mécontentes. Donc, de façon plus générale, quelles sont les conséquences de la cherté de la vie dans les pays en guerre ? La cherté de vie, ou « vie chère », que nous aborderons dans une première partie, se traduit par une hausse des prix provoquée par le manque de nourriture. Dans une seconde partie, nous aborderons les conséquences de la « vie chère » dans les pays en guerre.


La cherté de la vie


La cherté de la vie c’est le fait, pour une population donnée, de ne pas avoir accès aux ressources vitales, c’est-à-dire la nourriture et le chauffage. Pendant la Première Guerre, cette « vie chère » se traduit par la hausse des prix, l’inflation, provoquée par les commer-çants qui entreposent les ressources afin de les revendre plus chère. Cette vie chère ne se traduit pas de la même façon en France et en Allemagne, par exemple. En Allemagne, la population subit le blocus imposé par les Alliés. Très contraignant, ce blocus prive le pays de charbon, de café, de riz, de pommes de terres. En France, cette « vie chère » se traduit aussi par le manque de nourriture, mais principalement dû à l’inflation et à la forte consommation de l’armée.

Une des conséquences directe de cette « vie chère », et qui ne constitue pas un problème en soi, c’est le rationnement. En France, il sera établi en fonction de l’importance des personnes. Ainsi, sont prioritaires les soldats et les travailleurs, puis les mères, les enfants et les personnes âgées. En Allemagne, le problème est plus compliqué à résoudre dans l’immé-diat. Pour lutter contre le blocus, ils vont remplacer la nourriture par des ersatz, c’est-à-dire des substituts, comme le topinambour, le navet, la chicorée… Les commerçants profitent de la situation pour s’enrichir en vendant plus cher ce qu’ils auraient pu vendre auparavant.

 

Le travail des femmes

 

Les problèmes sont donc multiples. En France, ce sont les femmes qui travaillent dans les usines et elles se mettront en grève à partir de 1917. Pourquoi ? D’une part à cause de la cherté de la vie, mais aussi par ce qu’elles réclament une revalorisation sociale. Elles ne peuvent plus se contenter de produits de substitutions. Survivre ne suffit pas. La répétition des grèves, le développement du marché noir et la relative médiocrité de l’hygiène, peuvent bloquer la guerre. Pour l’Etat, cette situation n’est donc pas tenable, comme le montre la lettre du préfet de l’Isère en juin 1917. Il faut lutter contre les escrocs en distribuant ou en bradant, comme au Havre, des denrées moins chères. En Allemagne, la famine menace la population car les ersatz ne suffisent plus. La mortalité infantile augmente. La famine n’est pas un phénomène européen puisqu’elle toucha l’Inde.

Les problèmes économiques sont donc importants, mais, pour les états belligérants, ils entraînent aussi des problèmes internes importants. Le mécontentement ne va pas dans le sens d’une guerre qui provoque la hausse des prix, la mort des enfants et la famine. Les enquêtes d’opinion montrent que l’Etat s’inquiète, du moins en France, de l’aggravation du phénomène. Il y a donc des conséquences morales importantes. Jean-Jacques Becker montre que la moitié des Français désirait la paix au début de l’année 1917. En Allemagne, la situation est plus grave et le chancelier Hollweg doit démissionner. La guerre sous-marine est intensifiée, mais se solde finalement par un échec.

Le pacifisme – sous-jacent – et les revendications sociales sont une double menace pour la guerre et pour la stabilité des pays belligérants. Dans les deux camps, la cherté de la vie provoque certains problèmes d’ordre sociaux, moraux et politiques.

 

Conclusion

 

La « vie chère » se traduit par la hausse des prix, le manque de nourriture, l’intensité de l’effort de guerre, le rationnement, provoqué par une économie de guerre qui privilégie l’armée ou par le blocus des Alliés dans le cas de l’Allemagne. Cette cherté de la vie entraîne donc divers problèmes, comme des grèves, la famine, la montée du pacifisme, les problèmes politiques (Russie ou Allemagne). L’Allemagne accuse le coup économique et risque d’être obligé de cesser la guerre. La Russie, avec la Révolution d’Octobre, n’est plus en mesure de faire la guerre. Peut-on dire les conséquences de la « vie chère », phénomène mesuré localement et nationalement, a permis à la France – qui subit le plus la crise – et aux Alliés de remporter la guerre ?

 
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commentaires

S


La nourriture, mais aussi les produits d'entretien, d'hygiène, les soins médicaux, les textiles, les transports; j'ai encore les recettes de ma grand-mère... toujours une affaire d'hommes, les
guerres... passez de bonnes fêtes, mes meilleurs voeux !



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M


Une guerre meurtrière durant laquelle la plupart des familles ont perdu un proche... Le XXe siècle restera marqué par cette guerre bien plus que par les
guerres de la Révolution...


Bonne nouvelle année.



V


 Un sujet drôlement bien traité!
J'ai lu les articles "en retard" et il y a sujet à réflexions!!!Passe une bonne fin d'année et une super-bonne nouvelle année.
Un bisou amical
Viviane



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M


Un petit jour encore et... ouf, pouvons-nous dire, enfin 2011...


Bonne nouvelle année.



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  • : La Crise des Consciences
  • : Ce blog a été créé par un étudiant en histoire et sociologie de l'Université du Havre. Il propose des articles allant du travail universitaire (exposé, compte-rendu...) à l'analyse spontanée de l'actualité... Il est donc à la fois objectif et subjectif, partial et impartial, méritant la plus grande prudence concernant les analyses de l'actualité notamment car elles sont parfois politiquement orientées.
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