Ce blog a été créé par un étudiant en histoire et sociologie de l'Université du Havre. Il propose des articles allant du travail universitaire (exposé, compte-rendu...) à l'analyse spontanée de l'actualité... Il est donc à la fois objectif et subjectif, partial et impartial, méritant la plus grande prudence concernant les analyses de l'actualité notamment car elles sont parfois politiquement orientées.
Marx est philosophe de formation, auteur avec Friedrich Engels du Manifeste du Parti communiste(1848). Adepte de Hegel et de Feuerbach, il sera critique envers eux. Il démontera également la pensée de Proudhon dans son fameux livre la Misère de la philosophie(1847). Il est animé par le désir de comprendre la société et par celui de la transformer. Surtout, et c’est important, il veut comprendre scientifiquementla société. En cela, Marx se détache des socialistes utopiques (Saint-Simon, Fourier, Owen). Marx reprend le combat de Feuerbach contre Dieu et la religion. Pour lui, la vraie réalité n’est pas celle de l’esprit, mais c’est la réalité matérielle, sociale et économique. Dans une société, et c’est une loi universelle, il faut des règles et il faut respecter les règles. Marx pense, comme Kant, qu’il ne faut pas imposer à un peuple une façon d’être heureux. Il faut mettre en place des lois qui doivent satisfaire tout le monde mais qui ne vont certainement pas satisfaire tout le monde. C’est donc à partir d’un problème philosophique, et même déjà très politique, que Marx va construire sa pensée.
Ce qu'il recherche, c’est l’abolition des classes sociales. Il ne parle pas de lutte des classes simplement pour faire jolie car ce qu’il aimerait voire se réaliser c’est une égalité parfaite entre les individus. Pour lui, l’histoire de toute société c’est l’histoire de la lutte des classes dont la finalité sera forcément le communisme. C’est une société nouvelle qu'il souhaite. Celle-ci passera par une conception originale de l’ordre du monde. Monde dans lequel le prolétariat, après avoir fait la révolution, prends le pouvoir. Le Manifeste, rédigé en collaboration avec Engels, pose assez clairement l’antagonisme de classe prolétariat contre bourgeoisie. C'est une vision du monde qui repose sur la mise en avant de tout ce qui est matériel. Finalement, le social et l'humain sont au centre de la philosophie marxienne. Il s'agit du matérialisme.
Cette notion signifie, d'après son origine latine, « constitué de matière ». Le matérialisme, explique Christian Godin, « rejette l’existence de Dieu, de l’au-delà, et lorsqu’il admet l’existence d’une âme, c’est pour la réduire à un phénomène ou épiphénomène matériel. » La matière s’organise toute seule, elle est en mouvement. Elle permet l’émergence de la vie qui permet la conscience et qui elle-même conduit à la pensée. En fait, le communisme, dans son acception la plus simple, la plus archaïque, c’est la mise en commun des biens de production et c'est l’abolition de la propriété privée. Pour résumer en une phrase, le communisme c'est prendre à l'individu ce qu'il possède afin de le mettre à disposition de l'ensemble des individus. En définitive, l’idée est de mettre fin à la domination bourgeoise et au système capitaliste, créateur d'inégalités allant toujours croissantes.
Cette théorie philosophique, qui n'est pas née d'un coup de baguette magique, s’appuie sur les socialismes utopiques de Saint-Simon, Fourier et Owen. Ce sont des érudits et ils connaissaient les œuvres de Kant et Hegel. Ces “utopistes” sont reconnus sur le plan universitaire et ils vont peu à peu s’insérer dans la vie politique. Ce qu’ils recherchent c’est un moyen de mettre en place l’abolition des classes sociales. Pour Marx, la lutte des classes est ce moyen. Seulement, toute cette théorie se doit d'être légitimité en trouvant un échos politique. Il lui faut un manifeste, c'est-à-dire un texte qui face référence, qui soit compris par tous et qui accessible au plus grand nombre, notamment aux ouvriers. Il faut également une instances capable de relayer ce manifeste. Il en existe une !
Depuis sa création en 1836 sous le nom de Ligue des Justes, la Ligue des communistes s’appuie sur les idées des “utopistes”. Tous ceux qui collaborent en son sein ne sont pas tous des révolutionnaires. Certains penseurs préconisaient la révolution comme un moyen possible, mais non comme le seul moyen disponible pour accéder à l’état de société communiste. En 1847, une ébauche de manifeste fut publiée. Elle est signée du seul nom de Friedrich Engels. Il s’agit des Principes du communisme. Cette brochure est une commande de la Ligue. Pour l’auteur, « le communisme est l’enseignement des conditions de la libération du prolétariat. » Quelles sont donc exactement les conditions de la libération du prolétariat ? Ce sont celles que nous avons déjà cité précédemment : une société sans classes sociales, sans État et sans propriété privée.
Engels va aussi définir ce qu’est le prolétariat. Cette notion est centrale dans la thèse défendue par Marx : « Le prolétariat est la classe de la société qui tire sa subsistance exclusivement de la vente de son travail, et non [de] l’intérêt d’un capital quelconque, dont les conditions d’existence et l’existence même dépendent de la demande de travail, [et] par conséquent de la succession des périodes de crise et de prospérité industrielle, des oscillations d’une concurrence sans frein. » Il conclut que « le prolétariat, ou la classe des ouvriers, est, en un mot, la classe laborieuse de l’époque actuelle. » Toutefois, que veux dire ce texte et quel rôle attends t-on de lui ? Pour comprendre les motivations de l'écriture d'un tel texte il faut revenir sur le contexte politique. Je serais très synthétique.
En 1847, nous entrons dans une période de troubles politique en Europe et plus particulièrement en Prusse. Le roi Frédéric-Guillaume IV, en février, se retrouve opposé aux députés du Landtag. Dans le même moment, une vague de libéralisme touche l’Italie sous l’impulsion du pape Pie IX. Le grand-duc de Toscane et le roi de Sardaigne se voient contraint de libéraliser la presse et de réformer les modes d’élections dans les communes. Ils veulent conserver leur trône et comprennent qu'ils doivent eux-mêmes prendre l'initiative avant que les bourgeois ou le petit peuple ne s'en mêle. Pour bien se rendre compte de la situation politique en Italie, dans la deuxième moitiè du siècle, le livre de Lampedusa, Le guépard (1958), est un très bon exemple. Le communisme va se servir de cette vague de libéralisme pour se renforcer.
En France, la deuxième République donne l’image d’un pays coupé en deux, entre les libéraux d’un côté et ceux que l’on appelle déjà « révolutionnaires » de l’autre. Cette même année 1847, le 2ème congrès de la Ligue des communistes passe commande à Marx et Engels du Manifeste du Parti du communiste. Citons à son propos Lénine : « Cet ouvrage expose avec une clarté et une vigueur remarquable la nouvelle conception du monde, le matérialisme conséquent étendu à la vie sociale, la dialectique, science la plus vaste et la plus profonde de l’évolution, la théorie de la lutte des classes et du rôle révolutionnaire dévolu dans l’histoire mondiale au prolétariat, créateur d’une société nouvelle, la société communiste. » Ce qui est étonnant, c’est l’emploi du terme matérialisme. Cette notion, en latin, signifie « constitué de matière ». Le matérialisme, explique Christian Godin, « rejette l’existence de Dieu, de l’au-delà, et lorsqu’il admet l’existence d’une âme, c’est pour la réduire à un phénomène ou épiphénomène matériel. » C’est l’idée que la matière s’organise toute seule. Je l'ai déjà dis, mais je le répète, car avoir en tête la définition des mots est important en sciences humaines et sociales.