Ce blog a été créé par un étudiant en histoire et sociologie de l'Université du Havre. Il propose des articles allant du travail universitaire (exposé, compte-rendu...) à l'analyse spontanée de l'actualité... Il est donc à la fois objectif et subjectif, partial et impartial, méritant la plus grande prudence concernant les analyses de l'actualité notamment car elles sont parfois politiquement orientées.
L'économie mondiale, avec la crise financière de 2008, est devenue difficilement compréhensible pour un grand nombre de citoyens, notamment en Europe. La zone euro, pour Joseph Stiglitz, prix Nobel d'économie en 2001, a privé l'Union européenne de deux instruments que sont le taux de change et les taux d'intérêt. Il est évident, selon lui, que la politique économique, en matière de régulation des marchés, par exemple, n'a pas été suffisante. La mise en place d'un plan global d'austérité n'est pas la solution.
Dans un entretien pour Le Monde, en mai 2010, il donne des solutions. L'Europe « pourrait par exemple créer un fond de solidarité pour la stabilité, comme elle a créé un fonds de solidarité pour les nouveaux entrants. Ce fond, qui serait alimenté dans des temps économiques plus cléments, permettrait d'aider les pays qui ont des problèmes quand ceux-ci surgissent ». Cela peut faire référence à la situation de la Grèce actuellement.
Pour autant, certains économistes de gauche, voir encore plus radicaux, sont d'une grande sévérité envers la politique économique européenne car s'il y a bien la volonté d'aider ce n'est qu'en contrepartie d'un plan d'austérité avec des privatisations en série. Or, chacun sait que l'austérité amène forcément une hausse du chômage, des tensions sociales et au final entraîne une dépression qui plonge un État et sa population dans une spirale sans fond, pour employer une expression politicienne à la mode.
« C'est d'abord et avant tout le manque de solidarité qui menace la viabilité du projet européen. » Le diagnostic de Stiglitz en mai 2010 est celui actuellement fait pour l'Irlande, la Portugal ou la Grèce. Il est alors possible de faire deux constats divergents. Soit les autorités européennes ont mis du temps à réagir; soit elles ont finalement fait le bon choix en comprenant l'utilité de la solidarité. Pour cela, il faut une politique cohérente qui n'est pas simple puisque les États de la zone euro n'ont pas tous la même conception de l'économie.
Pour Stiglitz, Sarkozy a eu raison de presser Merkel pour un plan d'aide à la Grèce. Beaucoup d'Allemands pensent que ce sont les marchés qui permettent la régulation de l'économie. Or, cela fonctionne – certes – mais en période de croissance comme l'Allemagne en connaît pour le moment. De fait, pour eux, les Grecs sont responsables de leur sort et ils ne comprennent pourquoi ils devraient débourser de l'argent pour la Grèce.
Seulement, ce que souligne Stiglitz est très intéressant. Contrairement aux discours visant à dénoncer une mauvaise gestion budgétaire de la Grèce, se pays n'avait pas un déficit plus important que la France ou d'autres pays européen. La crise économique et le profit qu'en ont tirés les banques en accordant des prêts à des taux prohibitifs ont finit de précipiter le pays dans le fond du fond, surtout si l'on ajoute la corruption généralisée.
Concernant l'Espagne, il explique que le pays était excédentaire avant la crise et sa gestion ne peut donc être remise en cause. En France, la politique économique de Sarkozy était aussi axée sur un schéma de croissance et non de crise. La vive réaction du gouvernement français par un plan d'austérité progressif dès le début de la crise, a sans doute sauver le pays d'un scénario à la grec, sauf si l'on continu à présent dans cette voie sans réguler le marché et dire aux banques que cela suffit.
En parlant des pays de la zone euro endettés, Stiglitz explique que « ces pays ne s'en sortiront que si la croissance européenne revient. C'est pour cela qu'il faut soutenir l'économie en investissant et non en la bridant par des plans de rigueur. » Ce sont des propos réalistes. La consommation ne reprendra que lorsque la confiance reviendra. C'est loin d'être le cas dans l'Union européenne. La solution c'est la baisse de l'euro. Pourtant, la Banque centrale s'évertue à garder un euro fort.
La solidarité européenne a toutefois des limites historiques et idéologiques. Pour l'Allemagne de l'Ouest ou pour les Flandres, c'est plutôt une contrainte. Ces régions ont payés pour l'ensemble de l'État alors que eux n'ont pas pleinement bénéficié de leur bonne santé économique. Ce sentiment de frustration, presque d'injustice quelque part, est renforcé par la crise économique. Le risque, pour Stiglitz, c'est le défaut de paiement et le retour de la Grèce, notamment, à sa situation monétaire d'avant l'euro.
Le plan de relance, très sévère pour la Grèce, imposé par le Fond Monétaire International, n'est plus tenable. Un pays ne peut pas laisser monter la colère populaire sans prendre des décisions, souvent contre-productive mais provoqué par un sentiment d'impuissance. Le Brésil a toujours refuser de coopérer avec le FMI alors même que Lula, a son arrivée, trouva un pays endetté. Aujourd'hui, le plus gros pays d'Amérique du Sud est devenue une puissance émergente des plus importante.