Ce blog a été créé par un étudiant en histoire et sociologie de l'Université du Havre. Il propose des articles allant du travail universitaire (exposé, compte-rendu...) à l'analyse spontanée de l'actualité... Il est donc à la fois objectif et subjectif, partial et impartial, méritant la plus grande prudence concernant les analyses de l'actualité notamment car elles sont parfois politiquement orientées.
Charles de Gaulle eut la stature d'un Napoléon et le dire n'est pas mentir, mais il y va d'un mythe, celui créé le 18 juin. Le général s'en rendit compte le lendemain, jour où il fit enregistrer par la BBC son fameux discours aux Français. Ce texte ne devait être qu'une réponse au Maréchal. Ce fut une bombe et chaque écolier de l'après le sait. Aujourd'hui encore l'aura de l'homme de Baden Baden est encore forte. D'ailleurs, ses Mémoires ne viennent-elles pas d'entrer au programme de la série littéraire au baccalauréat ? Seulement, quel personnalité se cache réellement sous l'orateur du 18 juin 40 ? Souvent, trop peut-être, nous associons, confondons même l'image du Président avec celle du Colonel ?
Pour comprendre l'homme, remontons dans le temps. L'important n'est point son enfance et donc laissons là volontiers de côté. Toutefois, signalons un fait d'une grande importance. Charles est né en 1890 à Lille, dans le Nord. Il est issu d'une ancienne famille de la noblesse d'épée normande si l'on croit Paul-Marie de La Gorce dans son De Gaulle entre deux mondes (1964). Fils de Henri de Gaulle et de Jeanne Maillot, c'est le frère de Xavier, de Marie-Agnès, de Jacques et de Pierre. Républicaine, sa famille est plutôt connue pour être libérale, défendant la cause de Dreyfus notamment. Il lira Bergson et Péguy. Bientôt, il entame des études et décide pourtant de rejoindre l'armée. En 1912, il arrive à Arras au 33e régiment d'infanterie sous les ordres d'un certain colonel Philippe Pétain.
Lieutenant en 1913, il sera capitaine en 1915. Homme volontaire et énergique durant la guerre, peut-être inconscient diront quelques autres, il est fait prisonnier en mars 1916 en tentant de défendre le village de Douamont durant la bataille de Verdun. Captif durant deux ans, il sembla le regretter toute sa vie. Il connu les tranchées et sembla regretter n'avoir pas pu combattre. Il tentera de s'évader cinq fois pour retourner au front. Décoré de la Légion d'honneur et de la croix de guerre, il est envoyé formé l'armée polonaise toute nouvelle et s'entâchera de propos antisémiste, bien passager dans la vie de De Gaulle. Il faut savoir que l'on accusait les Juifs d'être favorables aux communistes alors opposé à la liberté de la Pologne.
Nous sommes alors en 1921, date à laquelle il épouse Yvonne Vendroux. Nommé à l'état-major du maréchal Pétain en 1925, il est promu chef de bataillon en 1927. Il a déjà 37 ans et sa promotion n'est pas fort rapide. En 1931, il sera nommé à la défense de Paris. Pour la première fois il peut cotoyer les hommes politiques d'un peu plus près. Finalement, en 1933, il sera bombardé lieutenant-colonel. Il écrit alors des livres de stratégies militaires desquels ressortent l'idée d'une défense de la France part des fortifications mais aussi celle de la création d'un corps de cette arme nouvelle appelée blindé. Le mouvement a pour lui une importance. Être capable d'aller vite est une nécessité. Il milite également en faveur de la création d'une armée de métier dès 1934 dans Vers l'armée de métier. En Allemagne, les thèses de De Gaulle, reprise en partie du reste sur le général Estienne, suscitent les intérêt de Guderian et des hauts responsables de l'état. Le point faible de De Gaulle c'est l'aviation.
Le colonel Mayer soutiendra De Gaulle en expliquant qu'il ne faut pas en rester à la ligne Maginot, qui reste dissuasive mais inutile sans une force entraînée et équipée pour la défendre. La conception de De Gaulle peut se réumer en une phrase : il est favorable à une guerre de mouvement menée par des soldats de métier et qui peuvent s'appuyer sur les blindés. Dès les années 30, sont attirance pour les idées monarchistes sont connus malgré le fait qu'il reste républicain. En fait, pour le comparer à un homme politique, seul Thiers me vient spontanément. Il veut un régime fort et un Parlement aux pouvoirs limités. Bref, c'est un conservateur dans l'âme. Il a vu Jaurès donnant un discours et connaît de nombreux socialisants. Il ne faut donc pas voir en De Gaulle un saint, surtout lorsque, approuvé par les royalistes de l'Action française, il écrit à Paul Reynaud qu'il est près à réprimé les grèves si jamais le besoin s'en fait sentir. Nous sommes en 1935. En 1937, enfin, le voilà promu colonel a 47 ans.
Bientôt, la guerre éclate avec l'Allemagne du nazi Hitler lorsque, en 1939, l'armée de ce pays envahit la Pologne, alliée de la France. Or, le gouvernement tarde à se porter au secours de leurs alliés en décidant d'attendre l'arrivée de Guderian et de ses chars. Les plus haute personnalité militaire française sont dépassés. Gamelin a 68 ans et Weygand en a 73. Ce dernier est même le commandant en chef de l'armée. La promotion rapide de Weygand durant la Grande Guerre, passant de lieutenant-colonel en 1914 a colonel dès la fin de l'an
née et général de brigade en 1916, il connaîtra les tranchées de plus loin. Pour De Gaulle, il faur moderniser la guerre et sa conception. Il obtient tout de même le commandement de la 4e division cuirassée composée de 364 blindés. Cette unité resta célèbre pour ses victoire sur Montcornet et sur Abbeville en mai 1940. Nommé enfin général de brigade, il ne sera jamais appuyé lors de ses attaques et devra se replier faute de moyens. Peu après, De Gaulle sera nommé sous-secrétaire d'état à la guerre mais Reynaud démissionne, remplacé par Pétain. Weygand devient ministre de la Défense nationale. Alors que Pétain, le 17 juin, lance un appel à la “résignation”, De Gaulle en lance un autre, le 18, appelant à la “résistance”.