Ce blog a été créé par un étudiant en histoire et sociologie de l'Université du Havre. Il propose des articles allant du travail universitaire (exposé, compte-rendu...) à l'analyse spontanée de l'actualité... Il est donc à la fois objectif et subjectif, partial et impartial, méritant la plus grande prudence concernant les analyses de l'actualité notamment car elles sont parfois politiquement orientées.
L'élection présidentielle de 2012 s'annonce houleuse, pleine de rebondissements. Pourtant, ce cher scepticisme me reprend pour me dire de me méfier des apparences. Cette valse médiatique n'est peut-être qu'un trompe l'œil et l'infléchissement des médias fait pencher la balance dans ce sens. Je vais certainement dénoter, mais le grand gagnant pour l'instant c'est la gauche, avec en première ligne, le parti socialiste, suivit d'Europe écologie. En effet, ce sont deux partis qui ont montrés leur force aux élections sénatoriales en gagnant des sièges. Cela montre plusieurs choses. Tout d'abord, la dégringolade des communistes. Ensuite, la forte assise des socialistes dans les municipalités, les cantons et les régions. Enfin, les écologistes ont montré leur capacité à s'inscrire dans le paysage politique depuis les dernières élections européennes, en 2009.
Alors que la fameuse crise financière de 2008 se transforme en catastrophe économique pour les Irlandais, les Portugais, les Espagnols, les Grecs, mais aussi les Anglais, les Français et les Italiens, les écologistes ont su mobiliser derrière eux de nombreux électeurs. Cet engouement, trop vite accrédité à l'abstention – habituelle aux européennes – est en fait une véritable victoire des Verts. Un article de Daniel BOY et Jean CHICHE montre que la crise est aussi liée à l'environnement avec la multiplication des effets du réchauffement climatique, comme les cyclones, les tsunamis, les tempêtes violentes... Tout cela est mis sur le compte de phénomènes exceptionnelles, alors que cela masque nettement la tendance climatique prise depuis une dizaine d'année. Certes, le score total des Verts – 7,8% des voix exprimés – n'est pas mirobolant, mais reste en hausse de 2,2 points par rapport à 2004.
Nos deux auteurs rappellent avec justesse qu'en 1999, les écologistes avaient obtenus 7,7% des sièges à pourvoir, soit 0,2 points de plus qu'en 2009. Seulement, en 1999, la conjoncture économique n'était pas la même et il n'y avait que 15 états membres, soit les actuels pays les plus riches de l'Union. Or, en 2009, nous sommes à 27 pays, et il pouvait apparaître que l'écologie politique, moins implanté dans les pays les plus pauvres, connaisse un délitement après l'élection de 2004. En France, le succès est du à la bonne entente affiché par le parti et la cohésion dont ses représentants ont fait preuve durant la campagne avec des personnalités comme José BOVÉ ou Nicolas HULOT. Les bons résultats aux sénatoriales, avec une présence politique au Parlement, une assise dans les collectivités territoriales, est une preuve supplémentaire de l'impact des idées écologistes au-delà d'une certaine image « médiatique ».
Il est intéressant de constater, dans les sondages, que les électeurs votant pour les écologistes n'osent pas l'affirmer, comme si un tel vote était encore inavouable. Selon un sondage ESS, ce sont les femmes qui votent majoritairement pour les Verts, plutôt jeunes et ayant fait plus de 16 années d'études à partir du primaire et donc étant allé au moins jusqu'au baccalauréat. Cela signifie, bien évidemment, que ce sont des personnes alertés par les enjeux environnementaux, économiques et sociales, qui sont capable de s'investir, dans les combats futurs. Finalement, chez les personnes se considérant comme Verts, une certaine approche du monde et des ses enjeux est nécessaire. Le risque est donc de rester trop centré sur ses idées en pensant que cela peu tout changer. L'avantage, non négligeable, c'est la force de réflexion du parti écologiste, au sein duquel les idées naissent, fleurissent, mais ou du moins le débat est toujours présent pour changer les choses. Ainsi, pour Éva JOLY, la difficulté sera de séduire un électorat populaire, comme les ouvriers et les employés, afin de montrer que l'écologie n'est pas un « truc » de « riches » et « d'intellos », mais une véritable urgence planétaire. Il est surtout nécessaire de montrer que l'écologie, même sur les questions de finance mondiale et d'économie, peut apporter des solutions qui fonctionnent.