Ce blog a été créé par un étudiant en histoire et sociologie de l'Université du Havre. Il propose des articles allant du travail universitaire (exposé, compte-rendu...) à l'analyse spontanée de l'actualité... Il est donc à la fois objectif et subjectif, partial et impartial, méritant la plus grande prudence concernant les analyses de l'actualité notamment car elles sont parfois politiquement orientées.
Les mutations sociales, économiques et politiques des pays européens ne laissent rien présager de bon. En faisant des constats je n'apprendrais rien à personne, mais en essayant de leur donner un sens peut-être y parviendrais-je. En effet, la récession économique de 2008 marque un tournant dans l'histoire du continent. Si j'osais – et j'ose – je soutiendrais que la date d'entrée dans le XXIe siècle est celle-là.
La pauvreté, avec le chômage et l'inflation, ne va cesser de croître dans nos pays occidentaux. Cette crise, plus grave encore que celle de 1929 pour les plus pauvres, va entraîner dans la ruine des pays entiers. Même les puissants États-Unis sont sur proche de la ligne rouge. Tout cela n'a évidemment rien d'optimiste. Pourtant, il ne faut surtout pas perdre confiance.
Depuis une dizaine d'années, la xénophobie, voire le racisme, se popularise dans les médias, auprès d'une certaine classe sociale anciennement communiste. Encore minoritaire, culminant aux élections du fait de l'abstention, le nationalisme traduit surtout un malaise européen. L'arrivée du nazisme en Allemagne le fut en partie sur la promesse de donner du travail à chaque citoyen.
Oublier le passé est dangereux. Nier le rapprochement entre certaines pratiques actuelles – comme l'expulsion des Roms de France où l'interdiction de construire des minarets – et des régimes pas si vieux est le meilleur moyen de banaliser ce que Hannah Arendt a combattue toute sa vie, c'est-à-dire le totalitarisme, mais surtout la dictature.
La banalité, le communément admis, est parfois, et même souvent, ce qu'il y a de plus dangereux. La démocratie est devenue si familière que ses dérives, et même sa remise en cause par ceux qui prétendent la protéger et la promouvoir, n'émeuvent que quelques intellectuels immédiatement stigmatisé. Les hommes politiques ont été habitués, aujourd'hui, a l'impunité et ils n'ont plus le sens du devoir.
Il est important, voir nécessaire, qu'un chef d'état, un ministre, ou tout autre qui possède une responsabilité politique, sache qu'il n'est pas au-dessus des lois. Un roi de l'Ancien Régime pouvait se prétendre fils de Dieu et inviolable. Il est devenu un tantinet choquant d'avoir des élus de la nation n'étant pas sommé de rendre des comptes devant leur peuple pour les fautes commises.
Ainsi, l'attitude des députés grecs est une honte, tout comme celle de ce président hongrois qui supprime la liberté de la presse sans aucun scrupule, l'Union européen n'étant pas en mesure d'intervenir. De fait, sur le plan politique comme économique, mais aussi militaire, l'Union est incapable de se montrer ferme et d'imposer aux pays bafouant le traité de Lisbonne un minimum de savoir vivre.
Cela est déjà suffisamment alarmant pour ne pas en ajouter. Toutefois, comment ne pas penser aux révoltes estudiantines dans divers pays européens, que ce soit en Espagne, en Italie, en France ou encore au Royaume-Uni. Les régressions sociales et symboliques se multiplient. Les femmes doivent à nouveau afficher leur ras-le-bol devant le machisme voir la misogynie de nombreux hommes politiques, mais dans la société en général.
Il est des citoyens pour qui tout cela ne présente aucun intérêt. Pour eux, il n'y a pas de problème et nous avons jamais été aussi bien dans nos pays occidentaux plein d'argent et de nourriture. Seulement, à force de nous reposer sur nos lauriers, nous sommes en train d'oublier la culture, d'oublier la réflexion philosophique. En effet, il est urgent de s'interroger sur notre avenir et sur le monde dans lequel nous voulons vivre demain.
La droite française repose, comme le montrait René Rémond, sur la réaction, sur le libéralisme et l'autorité, mais aussi sur les idées de souveraineté et de nation. Il y a un culte de l'État-nation qui va fort bien avec le capitalisme. Le débat sur l'identité nationale lancé en 2009 par le président français, Nicolas Sarkozy, n'a absolument rien de surprenant au regard de la tradition politique de la droite de notre pays.
L'autoritarisme dont font preuve les instances internationales pour gérer la crise de la Grèce est scandaleux. Les peuples n'ont finalement pas leur mot à donner alors même qu'ils vont subir les conséquences. Alors qu'en Tunisie, Égypte, Libye ou dans d'autres pays arabes, les peuples veulent plus de liberté et de démocratie, nous allons dans le sens inverse en régressant. L'intérêt de l'Occident, mais surtout de l'Europe, pour ses révolutions, a quelque chose de pathétique.
En effet, j'ai l'impression que nous ne sommes plus capables de nous gérer nous-mêmes, d'exiger des changements radicaux. Les peuples européens se sont assagit et ils confient leur destinée à des réactionnaires et à des conservateurs incapable de cerner véritablement les enjeux de société du XXIe siècle.
Pourtant, il faudrait peu de chose – juste un peu de volonté – pour s'atteler efficacement et rapidement au problème du réchauffement climatique, de la faim dans le monde... Des solutions ont déjà été exposées et il a été montré, de manière totalement objective, que tout les moyens sont réunit pour changer la situation actuelle vers du mieux.
Je le dis, et le répète, il n'y a que la volonté qui puisse mettre fin à l'attentisme dans lequel les citoyens européens sont en train de sombrer. Il est temps de réveiller les cerveaux endormis des gens afin qu'ils prennent conscience de la gravité de la situation. Cette fois-ci il faut aller plus loin dans le discours puisque le confort de nos sociétés démocratiques, ou prétendu comme telles, nous coupe de la réalité vécue par une part importante de la population mondiale.
Vivre la précarité, l'incertitude du lendemain, se dire qu'il faut faire des sacrifices, va prendre peu à peu une place dans la vie quotidienne. Il est rassurant de constater la ferveur de la jeunesse qui s'accroche aux acquis de leurs aînés. L'expression d'un malaise social est perceptible dans les manifestations des lycéens et étudiants.
Les classes sociales sont mélangées et les plus combatifs guident les uns tandis que d'autres, plus instruit, vont tenter d'analyser la situation, voir même d'apporter des solutions concrètes. La révolte de la jeunesse, le climat de guerre civile qui règne parfois, la violence des affrontements avec les forces de l'ordre (l'État-nation) sont le signe d'une remise en cause du modèle démocratique actuelle.
Terminer par les jeunes n'est pas anodin puisqu'ils incarnent, d'une certaine façon l'avenir, même si certains comportements reste inquiétant, comme le manque de respect envers la personne humaine. Si la démocratie se doit d'évoluer, je reste très hostile à une radicalisation violente de certains individus n'attendant que le retour de l'anarchie pour exercer leur art de la peur.
Si une part importante de la jeunesse prône la construction d'une nouvelle société, une autre part, du fait d'un manque d'éducation certain, plonge dans l'impunité et la violence verbale par cette incapacité – et surtout impossibilité pour certains – d'avoir l'occasion de dire ce qu'ils pensent.
Aujourd'hui, nombres de jeunes habitant les plus défavorisé des quartiers français, ne parlent pas bien le français et n'ont jamais le droit à la parole. Dans ces conditions, ils usent de la violence pour que l'on se penche enfin sur les problèmes qu'ils ont. Finalement, ils agissent comme un enfant pleurant pour obtenir la glace que sa mère lui refuse alors que, injustice suprême, le petit garçon de la voisine, il en a eu une lui.
Cette montée de l'injustice sociale, l'inégalité de traitement qui existe entre les jeunes alors même que nous avons les mêmes aspirations, est quelque chose de très choquant. Il est très troublant de constater que, partout en Europe, jusqu'en Turquie, les jeunes ont les mêmes aspirations, les mêmes modes de vie, les mêmes loisirs...
Cela est aussi le moment d'affirmer que la jeunesse européenne ne va se laisser trop longtemps marcher dessus par les gouvernements qui tentent de s'attaquer à l'école tout en précarisant l'emploi des jeunes par des mesures indignes de démocraties. Cela étant dis, j'espère que les Français prendront conscience qu'il faut changer les choses en votant, en 2012, ni pour la majorité actuelle, ni pour l'extrême-droite.