Ce blog a été créé par un étudiant en histoire et sociologie de l'Université du Havre. Il propose des articles allant du travail universitaire (exposé, compte-rendu...) à l'analyse spontanée de l'actualité... Il est donc à la fois objectif et subjectif, partial et impartial, méritant la plus grande prudence concernant les analyses de l'actualité notamment car elles sont parfois politiquement orientées.
"L’humanité n’existe point encore ou elle existe à peine" nous explique Jaurès. Les idées des Lumières semblent influencer notre penseur. L’humanité, nous explique le Larousse, c’est "l’ensemble des êtres humains, considéré parfois comme un être collectif ou une entité morale." L’antagonisme de classe, propre à nos sociétés occidentales, ne permet pas l’émergence de ce caractère humain. Comme Marx avec le communisme, Jaurès pense que seul le socialisme "résoudra cet antagonisme et fera de chaque nation enfon réconciliée avec elles-mêmes une parcelle d’humanité." Sa pensée est une utopie, ou du moins elle y ressemble. Pourtant, entre les nations européennes, ce n’est pas la joie qui prévaut. Les deux guerres mondiales, dont le berceau est la vieille Europe, en sont des illustrations parfaites. Le Français, l’Allemand, l’Anglais, ressent, éprouve cet état de guerre permanent. La solution, la seul qui s'impose, Jaurès nous la donne : la justice sociale. Ainsi, c'est clair, le socialisme se veut universel et humaniste. Les idées des Lumières ont donc bien influencé Jaurès. Raison et démocratie, explique t-il ensuite, dilapident la violence. La raison, pour le Larousse, c'est "l'ensemble des principes, des manières de penser permettant de bien agir et de bien juger". Comme la violence est un acte négatif nuisant à la société, il est nécessaire de la réguler. Pour la réguler, la justice sociale, la démocratie, et la raison y suffisent.
L'autre point important, bien illusoire aujourd'hui, c'est le constat suivant : l'union fait la force. L'union internationale entend Jaurès. N'est-il pas trop ambitieux ? La réponse est négative. Il est conscient de la faiblesse de cette idée. "Il y aurait enfantillage, dit-il, à prétendre couvrir ces oppositions d'une unité extérieure et factice." Les socialistes français du XXIe siècle sont tombés dans ce piège. Leur régime phare : la République sociale. L'objectif d'un socialiste est de comprendre le monde afin d'en donner une image juste à ses camarades. La pensée socialiste, humaniste pour le coup, repose aussi sur le fair play. "Elle n'a besoin, explique Jaurès, ni qu'on diminue ou rabaisse injustement les adversaires, ni qu'on mutile les faits." J'ajouterais une chose, et c'est valable pour la majorité au pouvoir : "il n'y a que les classes en décadence qui ont peur de toute la vérité". Détruire les idées reçues, les préjugés, le mensonge et l'injustice, caractérise le socialisme de Jaurès. Dès lors, nous comprenons pourquoi le journal l'Humanité porte ce nom. Il fait référence à une école de pensée, à un état d'esprit et à une manière d'engager le débat public.