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Ce blog a été créé par un étudiant en histoire et sociologie de l'Université du Havre. Il propose des articles allant du travail universitaire (exposé, compte-rendu...) à l'analyse spontanée de l'actualité... Il est donc à la fois objectif et subjectif, partial et impartial, méritant la plus grande prudence concernant les analyses de l'actualité notamment car elles sont parfois politiquement orientées.

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Indignez-vous ! de Stéphane Hessel (2010)

 

Le best-seller du début d'année 2011 est sans conteste le petit essai de Stéphane Hessel, Indignez-vous !publié chez Indigène Éditions en octobre 2010. L'auteur n'est plus ni moins qu'un sage – pour les Anciens – un « vieux » - pour les plus jeunes – puisqu'il a 93 ans, rien que ça. J'ai lu son petit opuscule bien sûr mais, curieusement, ma première réaction a été celle-là : oui, d'accord, mais bon... Pourquoi une telle réaction ? En effet, ce petit texte est bien utile et remet certaines vérité à leur place. La chose la plus curieuse, et qu'en historien, mais aussi en sociologue, je me dois de comprendre : pourquoi un livre de 22 pages a été acheté en autant d'exemplaires ? Est-ce uniquement son prix attractif ? Cela a du, certainement, avoir un impact sur les acheteurs, mais il y a forcément des lecteurs qui ont lus l'essai (sur les 500 000 exemplaires vendus en France).

 

Un autre facteur a joué : la médiatisation de Stéphane Hessel. Déjà, ce n'est pas n'importe qui le bonhomme. Il a été résistant et il a été interné dans un camp comme prisonnier politique. C'est aussi un farouche opposant à Israël et il a milité pour la défense des droits de l'homme. John Lichfield s'interroge : « Ce succès est éloquent, révélateur. Le livre en lui-même est mal écrit, répétitif, peu original, simpliste et trop court. Son message – l'indifférence empêche d'agir ; révoltez-vous, pacifiquement, pour ce en quoi vous croyez – est tout à fait admirable. Mais en tant que manifeste pour une foi renouvelée en la social-démocratie, dans un monde où démocratie et politique perdent influence et respect – au profit du fondamentalisme de marché, de la puissance de la Chine, du village mondial d'Internet -, le pamphlet est très médiocre. » (Courrier International, 13.01.2011)

 

Je vais être acerbe une fois de plus : John Lichfield n'a pas compris le message de Hessel. Le problème n'est pas la social-démocratie. Ce que fait notre « ancêtre » c'est réaffirmer les valeurs de la France de la Cinquième république et surtout nous rappeler d'où elles viennent. L'histoire bradée par Sarkozy et le dénie du passé ne permettent pas de nous rappeler efficacement. Certes, Hessel essuie des critiques et sa fierté, sa façon d'en rajouter n'aide pas à cerner le personnage. Toutefois, je pense, sans trop devoir me tromper, que s'en prendre à Israël n'est pas une nouveauté, que les Français sont plutôt favorables aux Palestiniens. L'affaire de la « flottille de la liberté » a fait assez mauvais effet chez nous. Lichfied continu avec son incompréhension : « Ce succès reflète les tendances gauchistes viscérales, non réfléchies, d'une partie de l'intelligentsia française. » (Courrier International, 13.01.2011)

 

Cette sentence est là-encore preuve d'une vision idéalisée. Lichfield semble être d'ailleurs capable de n'écrire pas que ça. Dans un article sur le site de Press europ intitulé « Quelqu'un veut-il d'une Europe fédérale ? » - sous-entendu, l'Angleterre veut bien, seule contre tous – il nous explique : « Les représailles de Sarkozy contre Bruxelles après les critiques de sa politique contre les Roms ne sont rien d'autre que Sarkozy faisant du Sarkozy. » (12.10.2010) Seulement, lorsqu'il ajoute, en matière d'analyse que cette attitude « reflète toutefois une méfiance nouvelle de la France vis-à-vis de l'Europe, aussi bien parmi les citoyens ordinaires que dans les élites au pouvoir », il a rien compris au « non » français de 2005. On ne veut pas, certes, de cette Europe-là, de celle de Sarkozy, Merkel et Berlusconi... On veut l'Europe sociale – à la française peut-être – sur le modèle de ce que proposait le Conseil de la Résistance après guerre.

 

Une sécurité sociale à l'échelle européenne, un pouvoir décentralisé laissant gouverner les pays, mais une législation sur les droits de l'homme implacable avec la possibilité d'agir contre les gouvernants comme Viktor Orban qui osent bafoué les principes de la Constitution européenne. Toutefois, Lichfield pose le problème suivant : « Ils ne parlent pas encore [les eurosceptiques] de démanteler les traités fondamentaux sur lesquels reposent le marché européen, l'euro, le budget européen ou la politique agricole commune. » Eh bien cela est tant mieux aurais-je envie de dire. L'euro ne peut pas être supprimé maintenant. Il n'est pas inflationniste, certes, mais imaginons-une Europe morcelé au niveau des monnaie : le risque est grand de payer cache la politique de dévaluation du yen chinois. Le marché commun est certes économique avant tout, mais grâce à Schengen nous pouvons voyager partout en Europe. Il n'y a plus de frontières. Cela inquiète l'extrême-droite et des gens comme Orban, Sarkozy et autres nationalistes...

 

« Le succès du livre de M. Hessel, conclu Lichfield, est un signe des temps. Malheureusement, il est peu probable qu'il les change. » (Courrier International, 13.01.2011) Là nous sommes d'accord. La société française est divisée en plusieurs courant d'idées : à « gauche », les extrêmes essaient de s'unir dans un Front de Gauche qui n'a pas rencontré le succès escompté aux Européennes. Toutefois, Europe écologie avait récolté 14% des voix – c'est un signe qui trompe peu. Au centre, il n'existe presque plus. Bayrou, après son succès des présidentielles (18%) est retombé dans l'oubli et le Nouveau Centre doit s'accommoder d'une tutelle de fer de la Majorité présidentielle. L'extrême-droite, représentée principalement par le Front National reste assez forte, avec entre 10 et 15 % des voix à chaque élection.

 

CRÉER, C'EST RÉSISTER. RÉSISTER, C'EST CRÉER.

 

Créer des AMAP, des Associations de défenses des travailleurs, des sans-abris...

C'est résister à l'économie de marché, c'est refusé le capitalisme.

 

Résister contre le capitalisme, contre les extrêmes nationalistes, contre le dénie des droits de l'homme...

C'est créer un monde meilleur, c'est créer un espoir en un monde plus sympathique pour la jeunesse et les retraités.

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