Ce blog a été créé par un étudiant en histoire et sociologie de l'Université du Havre. Il propose des articles allant du travail universitaire (exposé, compte-rendu...) à l'analyse spontanée de l'actualité... Il est donc à la fois objectif et subjectif, partial et impartial, méritant la plus grande prudence concernant les analyses de l'actualité notamment car elles sont parfois politiquement orientées.
Le sultanat d'Oman, aux mains de Qabous el Saïd depuis 1970, est une monarchie "absolue". Le sultan a renversé son père grâce à l'aide de la Grande-Bretagne au moment où la ruée vers "l'or noir" vient de commencer dans le pays. Depuis, il a déjà installé, pour la forme, un Conseil consultatif qui n'a aucun pouvoir. Il n'y a pas de partis politique et, comme en Tunisie ou en Égypte, les contestations sont avant tout économique et sociale. D'ailleurs, les manifestations dans les pays européens sont aussi d'ordre économique et social (avec la thématique du "pouvoir d'achat). Bien sûr, l'échelle des revendications n'est pas la même et la comparaison n'a de valeur réelle que les thématiques. En Oman, la population dénonce d'abord le fait que l'élite politique est la même que l'élite économique. En Europe, si les deux ont partis liés, il est rare que le chef d'une entreprise publique soit en même temps un ministre régalien.
Oman, en 70, était d'une extrême pauvreté, ne possédant aucune infrastructures, à peine trois routes goudronnées, une espérance de vie inférieure à 50 ans... Bref, les gens mourraient de faim et de maladie.Or, Qabous a développer le pays grâce au pétrole, en mettant en place un système de santé et d'éducation très accessible.
"Les Omanais, qui ont connu l'état du pays avant son arrivée au pouvoir, et qui ont baigné dans l'atmosphère du développement des années 80 et 90, n'envisagent même pas de contester le sultan."
Marc Valeri
La contestation vient des jeunes - moins de 24 ans - qui représentent la moitié de la population. Du fait de l'éducation qu'ils ont reçus et du chömage qu'ils connaissent, ils ne se sentent plus concernés par le discours officiel du régime. L'économie est peu ou prou dynamique et la pauvreté reste importante. De plus, la poussée démocratique a eu un impact logique sur l'emploi : "il y a trop de demande par rapport à l'offre", constate Valeri.