Ce blog a été créé par un étudiant en histoire et sociologie de l'Université du Havre. Il propose des articles allant du travail universitaire (exposé, compte-rendu...) à l'analyse spontanée de l'actualité... Il est donc à la fois objectif et subjectif, partial et impartial, méritant la plus grande prudence concernant les analyses de l'actualité notamment car elles sont parfois politiquement orientées.
→ Qu'est-ce que l'histoire évènementielle ?
En règle générale, l'histoire évènementielle privilégie la description des phénomènes historiques. Il n'y a pas d'explication. On ne tente pas de comprendre mais d'informer. C'est presque du journalisme pour pousser la caricature jusqu'au bout. En fait, c'est la fameuse histoire-récit mise à mal par les Annales. Il se trouve que Lucien FEBVRE (1878-1956) et Marc BLOCH (1886-1944), bien connus des historiens, luttent contre l'école méthodique de Charles-Victor LANGLOIS (1863-1929) et Charles SEIGNOBOS (1854-1942). Ils ont écrit un ouvrage en commun, en fait un manuel de méthodologie, utilisé par les étudiants de l'époque. Il s'agit de la célèbre Introduction aux études historiques (1898). Ce manuel est lourd à lire, mais fort instructif. Pour eux, l'historien doit uniquement vérifier la valeur des documents à sa disposition pour en extraire des faits. Nous y voilà ! Il n'y a point trace ici d'interprétation ou d'analyse documentaire. Ce n'est même pas la méthode de notre commentaire de document. L'archéologie est presque totalement ignoré par nos deux auteurs. La synthèse leur est étrangère.

Pour Lucien FEBVRE, ce type d'histoire évoque celle des grandes dates, des guerres, des règnes et des négociations diplomatiques. Or, cette critique est injuste car ce que les Annales visent en réalité ce sont les vulgarisateurs, les fabricants de manuels. Seulement, ils vont aussi passé dans l'ombre le côté scientifique de cette histoire évènementielle dont, semble t-il, la qualité était loin d'être humiliante. Des thèses étaient même soutenues. Il ne faut pourtant pas attendre FEBVRE pour noter des changements concernant l'écriture de l'histoire et la pensée historique. Jean JAURÈS (1859-1914), en tant qu'historien, dont le statut de normalien peut suffir à légitimer ses travaux, s'intéresse aux économiques et sociaux de la Révolution ainsi qu'au peuple. Peu à peu, la vie quotidienne est au centre des préoccupations d'un plus grand nombre d'historiens comme l'atteste l'oeuvre tardive de Georges LEFEBVRE (1874-1959). L'économie apparaît alors comme le facteur qui structure la vie sociale, mais surtout qui l'encadre et sur laquelle les individus n'ont aucune prise.
Olivier BARROT présente le livre Le Rhin de Lucien Febvre paru en 1935