Ce blog a été créé par un étudiant en histoire et sociologie de l'Université du Havre. Il propose des articles allant du travail universitaire (exposé, compte-rendu...) à l'analyse spontanée de l'actualité... Il est donc à la fois objectif et subjectif, partial et impartial, méritant la plus grande prudence concernant les analyses de l'actualité notamment car elles sont parfois politiquement orientées.
Nicolas Sarkozy de Nagy-Bocsa est né en 1955 à Paris. C'est en 1973 qu'il obtient son baccalauréat B, c'est-à-dire aujourd'hui économique et social. Il entre ensuite à l'université Paris-Nanterre de laquelle il sort avec une maîtrise de droit privé en 1978. Il a alors 23 ans. Ce n'est pas un brillant élève et c'est de justesse qu'il sera reçu avocat. Finalement, il intègre l'Institut d'études politiques de Paris (IEP) à la rentrée de septembre 1979 pour en ressortir sans diplôme et que la journaliste Catherine Nay attribue à une mauvaise note en anglais.
Chapitre 1
“L'amour est-il un mal dont on puisse guérir ?” (marquis de Sade)
Nicolas Sarkozy rencontrera peu après sa première épouse, Marie-Dominique Culiolli. Ils se marient en 1982 et auront deux enfants, Pierre, en 1985, producteur de rap, et Jean, né en 1986, dont nous connaissons tous – hélàs – les déboires scolaires et politiques. Peu à cheval sur les conventions, dès cette époque, il aura pour maîtresse, à partir de 1984, la femme du journaliste et animateur Jacques Martin, Cécilia Ciganer-Albéniz. En 1989, les deux amants décident de vivre ensemble. Si Cécilia divorce fort rapidement, ce ne fut pas le cas de Nicolas qui dû attendre 1996 pour pouvoir se remarier. Ils ont un fils, Louis, en 1997.
Pour finir, et c'est maintenant de connaissance publique, les conjoints se séparent en 2005 et finissent pas annoncer leur divorce à l'automne 2007. Cet épisode est bien mis en scène dans le film La Conquête de Durringer sortie en 2011. Sa troisième épouse est la chanteuse Carla Bruni qu'il rencontre au cours de l'hiver 2007. Prompt en affaire, ils vont se marier en février 2008, au palais de l'Élysée. Cela ne fit qu'accentuer les rires de l'opposition d'autant que son divorce avec Cécilia n'aurait pas été prononcé dans des circonstances très admissibles juridiquement. La chanteuse et désormais actrice, serait enceinte d'un garçon si l'on en crois les propos de Séguéla. Sarkozy apparaît comme un bien instable chef de famille et il faudra noter qu'il n'aura eu que des fils, si les rumeurs sur l'enfant à venir se confirmaient.
Chapitre 2
“La raison d'être du pouvoir est d'agir, pas de durer.” (Sarkozy)
Ce petit avocat a eu une importante vie politique de second ordre avant d'entrer dans le grand jeu des prétendants au titre et surtout, en paraphrasant le pauvre Iznogoud, pour être président à la place du président. C'est un calculateur et un ambitieux le bonhomme. Le film La Conquête, avec une pointe d'humour cynique, montre bien la force de cette irrésistible attirance pour le pouvoir suprême. Il le veut ce poste et il l'aura, coûte que coûte. Ce n'est donc pas un opportuniste ainsi qu'il a été dit au début de son mandat. Il a une véritable intelligence politique. Par ses positions en faveur du “non” lors du référendum et son opposition a Contrat première embauche en 2006 l'ont placé en position de force auprès de la jeunesse du parti. Bref, il marque des points.
Nommé ministre de l'Intérieur en avril 2002 par Jacques Chirac, il fait da la lutte contre l'insécurité sa priorité. Toutefois, les critiques n'ont pas tardé à se montrer. Dans son livre, Nicolas Sarkozy, une république sous haute surveillance, Serge Portelli n'épargne pas l'actuel Président. Ainsi, p.137 : “Comment ne pas être choqué par cette exploitation par cette exploitation de la souffrance d'autrui à des fins de propagande ? Qu'un ministre de l'intérieur aille aux obsèques d'une victime d'un crime de droit commun ? Pourquoi pas, dès lors qu'il le fait avec recueillement et discrétion. Mais le faire ostensiblement devant les caméras ! Qu'il en fasse état ensuite dans des discours électoraux, est simplement indécent.”
Certes, le ministre de l'intérieur agit, mais peut-être un peu trop et de manière un tantinet provocante, chocante même. Sa politique sur la sécurité routière sera peut-être la plus emblématique et pas dénué de résultats positifs. Il multiplie les radars automatiques et les spots de préventions. Cette année, il a même supprimé les panneaux indiquant les radars. Cette mesure a d'ailleurs été contesté par son caractère autoritaire, sans concertation des députés. Il a aussi favorisé la mise en place des caméras de sécurité dans les villes et renforcé le fichage ADN que je trouve personnellement honteux. De fait, les arrestations lors des manifestations contre le gouvernement, notamment lors des émeutes de 2005 ou encore lors des “grèves” de jeunes en 2006, 2008 et 2010. La France, dans un même temps, va retomber au 44e range du classement de Reporter sans frontières concernant la liberté de la presse. C'est un signe inquiétant.
Il va aussi s'en prendre à la justice en annonçant la suppression du juge d'instruction et en voulant tout ramener au procureur, qui dépend directement de l'État. Bref, l'indépendance de la justice est remise en cause. Dans une démocratie cela est inacceptable, bien entendu. Il saura toutefois utiliser la justice pour porter plainte contre des journaux ayant publiés des photographies litigieuses ou pour poursuivre des fabricants de poupées vaudou. Il va aussi faire la chasse aux actes antisémites pour des raisons personnelles puisque, sauf démenti, son fils Jean est juif et lui-même aurait des membres de sa famille de religion juive. Après un passage au ministère des finances, durant lequel il privatise quelques entreprises, il devient, en automne 2004, chef du parti majoritaire.
Chapitre 3
“La droite impose des règles par autorité et les respecte par obéissance.” (J-L Bory)
L'année 2006 marque un virage pour Nicolas Sarkozy. Il va se faire remarquer en prenant pour cible, cette fois, l'immigration et les étrangers, notamment ceux de confession musulmane. Curieusement, c'est à cette époque que le vocabulaire des discours d'opposition se durcit. Les associations de défense des sans-papiers vont parler de “rafles”. La France se fait épingler par la Ligue des droits de l'Homme pour “régression sécuritaire”. Sa loi sur l'immigration fait scandale en Afrique, notamment au Sénégal et au Mali. Bien qu'il arrive, en septembre 2006, à un accord sur une politique d'immigration choisie avec le président sénégalais Wade. Malheureusement pour Sarkozy, cet accord précède le discours de Dakar, le 26 juillet 2007, à l'université de la ville. Il est alors Président de la république. Wade, tout de même âgé de 81 ans, plutôt de sensibilité socialiste, fut scandalisé par ce discours tout comme de nombreuses personnalités françaises qui parlèrent alors de néocolonialisme, certainement à juste titre.
La présidence de Nicolas Sarkozy se traduit par une présence accrue de la police sur la voie publique, une montée de la violence urbaine, inconnue à cette échelle jusque-là, et l'acharnement contre les minorités. L'expulsion des Roms en 2010 en est le parfait exemple scandaleux qui valut un rappel à l'ordre de la France par l'Union européenne en la personne de Viviane Reding. Celle-ci fut proprement insultée et taxée d'incompétente, osant parler trop ouvertement. Toutefois, par la création, en 2007, d'un ministère de l'immigratione et de l'identité nationale, Sarkozy n'avait pas montré sa volonté d'apaiser les choses. Son débat sur le voile intégrale puis, il y a peu, sur la laïcité ont finit de couler le président aux yeux de nombreux universitaires et hommes de raison. Ces éléments de son quinquennat sont tout aussi important que la crise économique.
Pour la présidence complète, d'autres articles du blog sont assez détaillées pour se faire une opinion sur le sujet, notamment concernant les rapports de Sarkozy avec les États-Unis et sa politique étrangère.