Ce blog a été créé par un étudiant en histoire et sociologie de l'Université du Havre. Il propose des articles allant du travail universitaire (exposé, compte-rendu...) à l'analyse spontanée de l'actualité... Il est donc à la fois objectif et subjectif, partial et impartial, méritant la plus grande prudence concernant les analyses de l'actualité notamment car elles sont parfois politiquement orientées.
Le Mali, un pays africain, vu de notre lointaine Europe, qui apparaissait comme tranquille, en voie de démocratisation, si ce n'était déjà le cas, est en proie a une terrible guerre civile. Le coup d'état de la junte militaire n'était pas une volonté de prendre le pouvoir, mais une tentative de dernier recours, pour alerter la communauté internationale sur la progression de la rébellion touareg, très bien armée, soutenue par des pays alentours qui donnent des armes et de l'argent. Le problème, c'est que le MNLA a réussit à libérer sa terre, l'Azawag, mais un chef touareg, Iyad Ag Ghali, du mouvement Ansar Dine, a continué sa route vers la ville de Tombouctou. Son objectif est d'instaurer la charia et, d'après les premiers témoignages, les femmes auraient été contrainte de porter le voile dans cette ville pour « assurer leur sécurité ». Ce sont donc des islamistes et des très dangereux, dont les Maliens (une grande majorité) ne veulent pas voir arriver à Bamako. Les plus dangereux ne sont pas les touaregs revendiquant l'indépendance de leur territoire, mais l'offensive islamiste d'Ansar Dine. D'ailleurs, la rébellion touareg a déjà annoncé qu'elle n'arrêterait pas Ansar Dine de faire ce qu'il veut. Seulement, les pays de CEDEAO ne vont pas laissé faire non plus les islamistes. Il apparaît toutefois que la CEDEAO est dans une situation inconfortable : 1/rétablir la démocratie dans le Sud du Mali ; 2/empêcher les islamistes de progresser. La seule solution serait de trouver un accord avec les Touaregs, leur assurant l'indépendance et en obtenant la répression de Ansar Dine sans que les rebelles n'interviennent. C'est la seule solution réaliste pour éviter un embrasement du Sahara. Pour le MNLA, la présence des islamistes à Tombouctou lui assure une force tampon et permet à Mohammed Najim, le chef d'état major des rebelles, de laisser planer la confusion sur la situation au Nord du Mali.
Pour Bernard Lugan, africaniste de renom, la cause de la déstabilisation de la région, c'est la guerre en Libye. En Libye, où la guerre civile n'était pas une révolution, mais un soulèvement de Cyrénaïque contre la Tripolitaine. C'est une guerre de tribus et non pas une guerre pour la liberté de toute la Libye. D'ailleurs, le Fezzan, la grande région du Sud-Ouest de la Libye, est restée relativement étrangère à la guerre. Le problème, pour Bernard Lugan, c'est que la diplomatie française, mal renseignée, notamment dit-il par les stupidités sans nom d'un certain philosophe de pacotille - « BHL » - a soutenu la Cyrénaïque contre la Tripolitaine, reconnaissant finalement le gouvernement de transition, installé à Tripoli, tentant par là de reconstruire la « fiction » d'une Libye unie. Concernant le Mali, c'est la même « fiction » qui permettait à l'état central de gouverner sur le Nord. Seulement, le soulèvement de la Cyrénaïque a donné des idées à d'autres minorités, dans des pays comme le Mali ou le Tchad de vouloir revendiquer leur indépendance. D'ailleurs, ajoutons qu'une partition intelligente de l'Afrique lors des indépendances européennes, auraient certainement évités les situations que ces pays connaissent actuellement. Cela a mis le président du Tchad, Idriss Déby Itno en porte à faux par rapport aux Toubou-Goranes, présent dans le Sud de la Libye, dans les régions de Sebha et de Koufra, qui revendiquent eux aussi un État indépendant et ont repris les combats le 26 mars contre les tribus arabes. Pour Déby, cela sera difficile de continuer à contrôler tout le Tchad s'il ne condamne pas les massacres contre les Toubou, au risque de voir le Nord de son pays faire sécession.