Ce blog a été créé par un étudiant en histoire et sociologie de l'Université du Havre. Il propose des articles allant du travail universitaire (exposé, compte-rendu...) à l'analyse spontanée de l'actualité... Il est donc à la fois objectif et subjectif, partial et impartial, méritant la plus grande prudence concernant les analyses de l'actualité notamment car elles sont parfois politiquement orientées.
Cet homme est un inconnu. Une personne comme vous et moi dont les seuls informations sur lui viennent des registres d'état-civils.
→ Qui est-il ?
C'est un membre de ma famille. Pour comprendre son lien avec moi, il faut bien sûr remonter quelques générations.
Mon arrière-grand-père, Louis (1911-1988), est le fils de Marguerite Grivel (1880-1934) et de Louis Levacher (1877-1949).
Marguerite Grivel est la arrière petite-fille de Honoré Florimond dit Louis Grivel (1805-1867) et de Pélagie Delamare.
Honoré est le petit-fils de Jean-Baptiste dit Belle Rose (1734-1808).
→ L'intérêt d'étudier sa vie ?
Mon but n'est pas de présenter ma famille, mais de donner à découvrir quelqu'un d'autre qu'un roi ou un puissant de ce monde.
Les “petites gens” sont aussi passionnant que les “puissants” parce que leur vie ressemble à la notre bien plus qu'à celle des puissants.
L'intérêt est donc de pouvoir accéder à des “généalogies” permettant d'étudier les évolutions au cours des génrations.
La plus importante d'entre elle est l'évolution sociale des familles.
1)Quels sont les liens entre le père et ses enfants ?
2)À quel âge les enfants quittent le foyer familial ? À quel âge se marient-ils pour la première fois ?
3)Les enfants font-ils le même métier que leur père ?
4)etc, etc, etc.
Biographie rapide de Jean-Baptiste
Il est né le 2 avril 1734 dans un petit village des Vosges, Le Grand Valtin.
Son père, Jean (1710-1781), est manoeuvre.
Sa mère, Marguerite Ferry (1700-1763), est une parente au 4e degré canonique avec Jean. C'est un mariage arrangé.
Ce mariage durera de 1732 à 1745, soit treize ans. Mais, une fois majeur, Jean “divorce” de Marguerite et épouse en 1745 Agathe Petitdemange (1721-1784).
Jean-Baptiste a alors onze ans.
Charpentier, le jeune homme reste auprès de sa mère. Son père semble peu présent. On peu deviner cela par ce qui suit.
En 1763, sa mère décède peu après qu'il ait quitté le village natal pour aller dans le port de pêche de Fécamp comme charpentier de navire.
Pourquoi avoir quitté son village natal ? Pour se marier ?
En effet, là-bas, en août de la même année, il épouse Victoire Panchout (1738-1803), fille de Nicolas (1694-1741) et de Catherine Robert (1705-1773).
Ils auront dix enfants dont trois seuleument auront une descendance d'au moins deux générations :
1/Joseph Grivel (1766-1849), le fils aîné. Il épouse en 1791 Marie Victoire Duval (1767-1832). Ils auront sept enfants, dont Jean-Baptiste connaîtra les six premiers.
2/Pierre Julien, né en 1771. Il épouse en 1797 la jeune Rose Gazay, née en 1777. Ils ont un fils, Victor, né en 1801, que Jean-Baptiste connaîtra.
3/Èdouard (1780-1829) épouse Marie Varquain (1773-1844) en 1803. Ils ont un fils, François, né en 1803, et une fille, Victoire, née en 1809.
Jean-Baptiste et Victoire vont perdre aussi plusieurs enfants de leur vivant : Adélaïde, mort-née en 1769, Casimir, né en 1776, décédé en 1778, et Pierre, mort-né en 1779.
Victoire décède en janvier 1803 à 64 ans et Jean-Baptiste en novembre 1808 à 74 ans.
Conclusion
On imagine donc que cela ne devait pas être très facile pour eux tout les jours. De plus, Victoire est journalière. C'est un très bas échelon de la société au XVIIIe s.
Les deux connaîtrons la Révolution française et verront la ville de Fécamp changer quelque peu. Napoléon y lancera la construction du port.
Jean-Baptiste est un cas attypique pour l'époque. Il quitte sa ville natale à un âge déjà avancé (29 ans) peu avant ou juste après la mort de sa mère (janvier 1763) pour se marier à peine six mois après son arrivée à Fécamp (août 1763).
Son père a signé l'acte de mariage affiché chez lui dans les Vosges, mais il semble que les deux ne devaient pas être en bon terme.
Son frère Nicolas, né en 1742, est resté sur place. En 1766 il épouse Anne Perrin (1730-1815) dont il aura trois filles (Marie, Barbe et Anne) et un fils (Nicolas).
On peut déjà noter la succession de trois Nicolas, prénom très présent dans la famille Grivel.
La première fille, Marie, est née en juin 1767, soit sept mois après le mariage de ses parents. Cela amène deux considérations :
1/soit elle est née prématurée de deux mois. Cela est fort possible, d'autant que Anne est déjà âgée de 37 ans.
2/soit qu'elle a été conçue avant le mariage, ce qui éclairerait sur la nature de celui-ci :
a)mariage contractée pour légitimer l'enfant à naître, conçue par “inadvertance”.
b)relations amoureuses “normales”, mais enfant innatendue qui provoque un mariage, mais un mariage d'amour qui, heureusement, existait à cette époque.
Ces deux situations se retrouvent maintes fois dans les familles du XVIIIe s. Quant à donner une préférence, je pencherais pour le cas n°2. Cela pour une raison simple : Jean Grivel est un homme qui a été marié deux fois, et la deuxième fois par amour. La première était un mariage “arrangé” et il en a certainement gardé un mauvais souvenir.