Ce blog a été créé par un étudiant en histoire et sociologie de l'Université du Havre. Il propose des articles allant du travail universitaire (exposé, compte-rendu...) à l'analyse spontanée de l'actualité... Il est donc à la fois objectif et subjectif, partial et impartial, méritant la plus grande prudence concernant les analyses de l'actualité notamment car elles sont parfois politiquement orientées.
Louis, fils de Philippe, roi de France, et de Berthe de Hollande, est né en décembre 1081 à Paris. De stature agréable, c’était un beau jeune homme, aux mœurs louables, pieux et cultivé. Mais déjà, paresseux, il préférait la vie de château à celle des armes. Ironie du destin, il passa sa vie à faire la guerre. Bientôt, en 1092, nommé comte du Vexin par son père, il se retrouve opposé à sa belle-mère, Bertrade de Montfort.
Celle-ci, fille de Simon de Montfort et d’Agnès d’Evreux, n’a pas vingt-deux ans quand elle quitte son époux, Foulque d’Anjou. Ce dernier, de trente ans son aîné, obtint la main de la jeune pucelle en échange d’une aide militaire. Elle lui donne pourtant un fils, Foulque le Jeune, futur roi de Jérusalem. Bientôt, elle est attirée par le roi Philippe et s’offre comme remplaçante de Berthe de Hollande.
Philippe, roi par la volonté de Dieu, est toujours marié à Berthe. Que nenni. Sans attendre une autorisation de la Sainte Eglise il répudie la reine, enlève Bertrade, et l’épouse le 27 mai 1092. Le scandale est grand. Dès l’automne, il est excommunié par le concile d’Autun. Frappé d’anathème, il ne participera pas à la reconquête du tombeau du Christ prêché en la ville de Clermont par le Saint Pontife, Urbain II.
Louis, fils de ce roi excommunié, apprécie peu la nouvelle reine. Il préfère s’occuper de son comté. De l’autre côté de la Manche, il y a le roi d’Angleterre Guillaume II, fils du Conquérant. En 1095, « maître du duché de Normandie, il chercha, comme duc de cette province, à étendre ses limites qui confinaient aux marches du royaume, et s’efforça par tous les moyens possibles de fatiguer par la guerre le jeune et fameux Louis. » (abbé Suger, Vie de Louis le Gros)
En ces temps glorieux, si Philippe, roi de France, n’a pas pris la route de Jérusalem, Richard, duc de Normandie et frère du roi d’Angleterre, est partit y chercher son Salut. Il laisse à Guillaume II la régence du duché de Normandie. Celui-ci, dans l’espoir que son frère ne reviendrait pas de Terre Sainte, décide d’agrandir ses terres. Il lance ses piétons sur le Maine et le Vexin français. Il emmène avec lui Henri Beauclerc, son frère cadet, et Robert de Bellême, comte de Ponthieu.
En face de lui, le comte du Vexin n’est autre que l’héritier du trône de France. Guillaume pense sans doute que le royaume de France pourrait un jour lui revenir. Dieu semble être du côté de l’Angleterre. Habile, expérimenté dans l’art de la guerre, l’Anglais est un homme d’âge mûr, ambitieux et avide. Louis, au contraire, est pieux, jeune, courageux, énergique. Il manque cependant d’argent et de soldats. Seul son audace et son énergie peuvent vaincre. Dieu ne peut choisir un vainqueur.
« Le Philistin, dit le Livre, s’avança donc, et marcha contre David. Et lorsqu’il en fut proche, David se hâta, et courut contre lui pour le combattre. Il mit la main dans sa panetière, il en prit une pierre, la lança avec la fronde, et en frappa le Philistin dans le front. La pierre s’enfonça dans le front du Philistin, et il tomba le visage contre terre. Ainsi David remporta la victoire sur le Philistin avec une fronde et une pierre seule. » (Livre des Rois, Ancien Testament)
Louis, accompagné d’une poigné de fidèle chevaliers, luttait à un contre vingt. Il était David contre Goliath. Par sa rapidité, son opiniâtreté, il essaie d’impressionner l’ennemi. Il se montre en Auvergne, en Bourgogne et en Berry. Il résiste et prie Dieu. Sa récompense est de faire prisonniers de nobles seigneurs. Parmi eux, Gilbert d’Aigle et Pains de Gisors. Guillaume II, de son côté, a mis la main sur Matthieu de Beaumont, Simon de Montfort et Pains de Montjai. Dieu ne semble pas avoir décidé du vainqueur.
La victoire du jeune Louis n’est cependant pas militaire, mais symbolique. Le 24 mai 1098, à Abbeville, il est adoubé chevalier à l’instar de son père. Il devient le serviteur de Dieu et du royaume de France. Mais quel piètre existence que celle de ce fils de roi obligé de laisser ses vassaux entres les mains de l’Anglois. Ceux-ci ne purent recouvrer leur liberté qu’en se liant par la foi et l’hommage au roi d’Angleterre. « On disait même généralement que ce superbe et ambitieux prince Guillaume aspirait au royaume des Français. » (abbé Suger, Vie de Louis le Gros).
Guillaume n’est pas parvenu à soumettre les Français et à satisfaire ses désirs. Il se tint donc tranquille. Une fois de retour en son royaume, il se montra odieux aux yeux de Dieu qui l’abandonna. Il se complaisait dans la chasse. Il allait en mourir. La justice du Seigneur est impitoyable, et le 2 août 1100, dans la forêt Neuve, le roi d’Angleterre est tué d’une flèche. « Les royaumes et les droits des royaumes sont soumis à Dieu, qui brise le glaive des rois. » (Suger, Vie de Louis le Gros) Certains dénoncèrent le noble Gautier Tyrrel d’avoir tiré la flèche, mais il n’y eut jamais de preuve.
MORT DE GUILLAUME D'ANGLETERRE
Ridpath's Universal History, Copyright 1895, Section XII, page 644
(publié le 23/04/2009 - Auteur: Guy de RAMBAUD Guy de RAMBAUD Guy de RAMBAUD)
« Lui, Tyrrel, n’avait pas été dans la partie de la forêt où chassait ce prince, et que même jamais il ne l’avait vu dans cette forêt. Il est donc évident que l’incroyable folie d’un si grand personnage ne fut si subitement réduite en cendre que par la puissance divine, afin que celui qui tourmentai inutilement les autres éprouvât des tourments infiniment plus cruels, et que celui qui convoitait toute choses, fut honteusement dépouillé de tout. » (Suger, Vie de Louis le Gros)
La couronne revenait de droit à Robert, duc de Normandie. Celui-ci, étant retenu en Terre Sainte, et par son absence même, ne pouvait être roi. Henri Beauclerc, le cadet, qui lutta contre le prince Louis, fut proclamé, par la grâce de Dieu, roi d’Angleterre. Prince d’une haute sagesse, il est révéré pour sa science. Il est doté d’une force d’âme et de corps aussi étonnante que digne d’éloges. Henri Beauclerc et Louis seront les deux souverains les plus important du XIe siècle.