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Ce blog a été créé par un étudiant en histoire et sociologie de l'Université du Havre. Il propose des articles allant du travail universitaire (exposé, compte-rendu...) à l'analyse spontanée de l'actualité... Il est donc à la fois objectif et subjectif, partial et impartial, méritant la plus grande prudence concernant les analyses de l'actualité notamment car elles sont parfois politiquement orientées.

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Hommage à ma grand-mère, Michèle Moreau.

 

 


 

Ce petit film, réalisé par Julie Ropars, est à lui seul un hommage à ma grand-mère, partie pour son dernier voyage après une longue maladie, le 10 mai 2012. Ce départ, auquel il fallait pourtant s'attendre, m'a bouleversé. Écrire ce billet, sur ce blog, est pour moi important. Faire partager un peu de ce qu'elle a été, de ce qui l'occupait souvent, c'est-à-dire l'art, la création, me paraît nécessaire. Jamais elle n'a cherché à tirer un quelconque profit de son art, ne vendant que quelques fois des œuvres dans des expositions, mais c'est tout. Elle vivait modestement dans le petit port de Fécamp, dans une maison surplombant la mer, situé Côte de la Vierge, devenu le plus huppé des quartiers fécampois.

 

Lui rendre hommage en partant de son œuvre c'est aussi marquer une part de sa personnalité que j'ai toujours connue. Pour moi, ma grand-mère, c'est quelqu'un que j'ai toujours vu épanouie, aimant voyager, avec un rapport particulier à la nature, sensible à l'insignifiante beauté des objets. Avec un morceau de bois, un galet, un bout d'os poli par le temps, des clous rouillés ou des morceaux de papiers colorés, elle savait faire des choses magnifiques. Elle a dit, lors d'une interview : « Les objets que je trouve recouvrent des formes parfaites. Sans aucune intention de l’homme, seulement l’action des grandes forces cosmiques comme la terre, le vent ou l’eau. Ainsi, un morceau de contre-plaqué prend relief et vie. Ce n’est plus simplement un "morceau de bois". Je ressens certaines petites plaques de bois comme des icônes, chargées d’une vie intérieure. »

Michele-Moreau-batons.jpg

 

Bâtons (2008)

 

Cette grande spiritualité, cette vision de la vie m'a profondément marqué et j'en ais, humainement parlant, beaucoup retenu. Ses derniers mois, son entrée à l'hôpital ont été pour moi une sorte d'électrochoc. Quelque part, je ne voulais pas penser qu'elle puisse nous quitter, mais au fond de moi je m'étais résigné à cela, d'où pour moi la difficulté à lui rendre visite. L'hôpital est pour moi un lieu particulier, que je n'aime pas, que je trouve chargé de peur, de douleur. De plus, je savais que voir, peu à peu, ma « mamoue » - comme nous l'appelions affectueusement – s'affaiblir et s'affaiblir encore, j'en avais les larmes aux yeux et mon émotion était très forte. Je ne voulais pas non plus lui montrer cette détresse alors que c'est elle qui était alité et qui allait mal. Elle ne m'a jamais reprochée de ne pas être allé la voir plus souvent. Du moins, j'espère que cela fut ainsi, sinon je m'en voudrais. Elle connaissait mon appréhension vis-à-vis de l'hôpital et de la maladie.

 

Elle avait surtout une grande culture générale, lisait beaucoup et nous apprenait aussi plein de choses, connaissait plein de gens dans le milieu artistique, que ce soit des peintres, des photographes, des comédiens, etc. Elle est partie à 70 ans, mais elle a eut une vie bien remplie, une vie surprenante finalement, pour quelqu'un issu d'un milieu social (très) modeste, elle a su tisser des relations humaines fortes et parfois durable. C'est une personne extraordinaire, mais non pas parce qu'elle fit des choses digne de la grande Histoire, mais pour sa simplicité et son humanité. Pour moi, elle fut très humaniste, car très sensible aux choses de la spiritualité, de l'esprit, de l'abstrait, tout en menant une vie très simple, avec ses petites habitudes, sa petite retraite, ses petits objets.

 

J'ai toujours aimé voyager. Peut-être est-ce mon émerveillement, alors que j'étais encore petit, devant ces objets qu'elle nous ramenait de ses voyages ? Des objets que j'ai toujours, qui me tiennent compagnie et ont leur place dans mon univers. Enfant, j'écrivais des petites poésies. J'avais huit ans. La création par les mots d'un monde imaginaire, de mon monde, cela a toujours été ma façon de m'exprimer. Je m'exprime souvent mal, ne sachant pas défendre mes idées par la parole. Faire du théâtre, et j'en ait fais six ans en tout, ce fut pour moi un précieux échappatoire au monde étouffant de la vie quotidienne, une sorte de thérapie par l'expression. Transmettre les paroles d'un autre en situation de jeux m'a toujours plu, et le trac passé, j'avais plaisir à jouer devant ma famille. Je crois que tout cela je le tiens de ma grand-mère qui allait souvent au théâtre, et nous aussi du coup.

 

Cet article est certes un peu personnel, mais partager un peu avec vous, aussi pour les amis qui consultent de temps à autre ces pages, ce que ma grand-mère a représenté pour moi, ce qu'elle fut en tant qu'être humain, était une manière pour moi de lui rendre un hommage mérité.

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B
J'ai découvert votre grand-mère il y a 1 mois ...Depuis des années j'avais un tableau d'elle, sans savoir ! Cuir, laine et cordes , pour moi il symbolisait le Sahara J'ai envoyé la photo au musée de Fécamp, et j'attends une réponse pour avoir une année,une idée de sa symbolique . J'en ai plus appris par vous en quelques minutes Merci pour cet amour que vous lui vouez Je suis une mamie de 83 ans
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A
<br /> Bel hommage...<br />
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A
<br /> <br />
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