Ce blog a été créé par un étudiant en histoire et sociologie de l'Université du Havre. Il propose des articles allant du travail universitaire (exposé, compte-rendu...) à l'analyse spontanée de l'actualité... Il est donc à la fois objectif et subjectif, partial et impartial, méritant la plus grande prudence concernant les analyses de l'actualité notamment car elles sont parfois politiquement orientées.
Étymologiquement, le mot marginal est un dérivé du latin marginis, la frontière. C'est un terme à la mode. Les “sans domicile fixe” sont des marginaux pour une certaine partie de la société. Les plus riches, sont aussi des marginaux dans le sens où ils sont à la frontière de la société. Un abîme s'est creusé entre les deux extrêmes. Entre ses deux marges de la société, une part de la population cherche sa place, se rapprochant de l'une ou l'autre des frontières. Pour prendre une image, on pourrait considéré les marginaux les plus riches en bas d'une belle montage, pouvant cultiver la terre et en haut de la montagne, nous trouvons les marginaux les plus pauvres, ayant froid, ne pouvant se faire à manger, dépendant des plus riches pour les nourir. Finalement, les “riches” - qu'est-ce que les “riches” ? - se trouvent au bord de la société. Tout comme les plus “pauvres”, ils ne sont pas représentatif de la masse, du “bloc central”.
Donner à manger à son chat n'a aucun intérêt en soi puisque le chat est inutile à l'homme. Il le distrait, certes, mais le chat nécessite de l'attention et de l'argent. Les pauvres sont le chat des riches. Les riches vont considérer les pauvres comme des bouches inutiles, comme des “cancer de la société” (Wauquiez, ministre), et cela simplement parce qu'ils ne produisent pas, qu'ils ne travaillent pas pour faire fonctionner l'économie nationale. L'idée est de dire que les “pauvres” ne servent à rien. Donc, à quoi servent les “riches” ? Un pauvre est pauvre par rapport à quelqu'un de plus riche que lui. Ce qui fait qu'être pauvre n'a de sens que si l'on compare ce pauvre à un riche. Le riche est riche parce qu'il y a des pauvres. Où est la norme ? Qu'est-ce que la masse ? Qu'est-ce que la “masse populaire” ?
La “masse populaire” est nécessairement un tout. Les plus pauvres forment une certaine masse composée d'un certain nombre d'individus que l'on peut définir en fonction de caractéristiques propres à cette masse. Un marxiste parlerait de classe sociale. Une classe est un collectif, un rassemblement caractérisé par un même niveau de vie, une certaine communauté de culture, des intérêts économiques qui créé des liens et des rapports plus étroits et plus faciles. “L'histoire de toute société jusqu'à nos jours n'a été que l'histoire des luttes de classes” (Marx) On note ici la nature des rapports entre les marges et entre le bloc central et les marges. Ces rapports reposent sur le conflit ou sur l'accomodement, parfois avec des retournements d'alliances. On a un clivage social. Chaque “classe” est le résultat d'apports divers qui forment des couches – on parle même de strate sociale – et qui constituent des “plan de clivage”.
Ainsi, il y a une histoire, dans le sens d'une conscience collective d'un passé. La classe populaire c'est l'héritière de la classe ouvrière. Celle-ci se fonde sur une certaine idéologie. Si toutes les strates de la société se cherchent un passé, cela va nécessairement provoquer un besoin de mémoire, parfois la nostalgie. Chacun possède ses références, mais niant souvent les évolutions. On a l'habitude de figer ce qui est passé sans noter les transformations. Finalement, notre système semble être tout sauf cohérent ? La société n'est pas unifiée – heureusement – autours d'une pensée unique, d'une logique rationnelle, mais elle est fondée sur des pensées qui se considèrent meilleures que les autres. Ainsi, il n'y a aucune cohésion sociale parcequ'il n'y aucune cohérence dans les idées. Les tensions sont inévitables et donc également le conflit.
Le “bloc central”, nous l'avons vu, n'est pas un bloc dans lequel la cohésion soit l'élément d'identité principal. Percevoir les classes moyennes comme formant un bloc est une erreur. Les inégalités sont grandes entre un professeur d'université et un petit fonctionnaire de province. Or, les deux personnes appartiennent à la même classe sociale. Par exemple, les sociologues cherchent à classer les individus en catégories socio-professionnelles. On comprend pourquoi l'individualisme prime sur le collectivisme. Le collectif est composé d'individu ayant tous des idées et un passé propre. Le collectif ne peut logiquement fonctionner que par mise en commun des idées. De ce fait, le collectif devient une communauté, une forme particulière de groupe social, de sociabilité. Or, concrètement, les “pauvres” et les “riches” forment des groupes sociaux qui dépendent les uns des autres.
Les “riches”, sans les classes inférieures, ne pourraient plus produire de la richesse. L'arrêt d'une usine fait perdre de l'argent au directeur. La perte et le profit nous permettent d'avancer qu'il y a des liens étroits entre chaque couche de la société. Or, ces couches, en dépendant les unes des autres, créées une sorte de collectif par nécessité. Ne parle t-on pas de collectivité territorial ? Or, qu'est-ce qu'un territoire ? C'est un ensemble complexe qui est composé de niveaux différents ayant chacuns leurs intérêts particuliers. Les élus locaux dépendent eux-mêmes d'autres types de relations. Une simple association repose sur des liens de sociabilité. Bref, la “stratification sociale” apparaît comme une chose fort complexe. Un individu lambda a une famille. En dehors de sa famille, il a des amis et des “relations”. Ses amis ont d'autres amis et d'autres “relations”. Or, les amis de nos amis ne sont pas forcément nos amis, contrairement à l'adage bien connu. Le seul lien entre l'ami de mon ami c'est moi. Parceque je suis l'ami d'un individu, j'ai un lien indirect avec l'ami de cet ami. Bref... Notre société repose sur ce genre de sociabilité.
Nos relations quotidiennes reposent sur des gens à qui l'on dit bonjour sans avoir plus de contacts que celui de la politesse. Je lui dis bonjour parce qu'il appartient à mon “cercle de connaissance”. Les réseaux sociaux n'en sont-ils pas la parfaite illustration ? “J'ai 150 amis sur Facebook !” s'écrit un internaute enjoué ; “oui, mais combien de “vrais” amis” lui rétorque un terrien lucide. “Heu... je sais pas, deux, trois peut-être”. Chacun compte ses amis sur ses dix doights. L'amitié a la même origine étymologique que le mot “amour”. Il y a une certaine complicité entre deux amis qu'il n'y a pas entre deux connaissances ou deux amoureux. Du moins, ce n'est pas la même complicité. Le fait que la société soit ainsi stratifié provoque inévitablement un désintérêt pour ceux que l'on ne connaît pas. Ceux que l'on ne connaît pas, on s'en fout, dirait Desproges. C'est une réalité. Dès lors, comment trouver une cohérence de pensée avec des gens qui se fichent des autres ?
Comment les riches peuvent avoir conscience de la vie quotidienne des pauvres sans la connaître ? Pourquoi le système représentatif est en crise en France ? En fait, un politique élu à la majorité est considéré comme représentant de l'ensemble des électeurs alors qu'ils sont souvent représentant d'une large minorité, rarement mince majorité. Finalement, il ne peut y avoir de cohésion d'idées si les représentants, pourtant élus démocratiquement, ne représentent pas la pensée de la “majorité” des gens. C'est le cas en Hongrie avec l'opposition à Victor Orbàn. En conséquence, il y a des résistances. Une partie des gens s'opposent à ceux qui les représentent. C'est étonnant, non ? Ces “représentants” prennent des décisions au nom d'une masse d'électeurs qu'ils ne représentent pas politiquement. On parle parfois de paradoxe de la démocratie, de crise du système représentative. C'est indéniable. En fait de crise, c'est plutôt de réaction à ce système qu'il faudrait parler. On réagit à une idée qui nous paraît non représentative de la majorité. Sarkozy représente t-il tous les Français où simplement une partie des Français, voire une minorité de citoyens ? Pourtant, n'a t-il pas été élu par 53% des “votants”. Oui, mais ils sont 10 à 11 millions. Bref, représentent-ils les opinions de 65 millions d'habitants ? En l'occurence, en terme de mathématique, non !
Notre société repose donc sur l'opinion publique parce qu'elle représente la mojorité. Parfois, le gouvernement plie sous le poid du nombre, de cette opinion publique. L'opinion est forte parcequ'elle repose sur une certaine cohérence. C'est encore une curiosité parce que la société – elle – est plutôt divisée, comme nous l'avons vu. La population sait ce qu'elle veut et fait pression pour l'obtenir. Nous retrouvons un peu de cohérence dans l'inconhérence. Je vous laisserais donc réfléchir sur cette question de la cohérence de l'opinion concernant la crise actuelle. Les Anglais, les Espagnols, les Italiens, les Français ou encore les Allemands ne pensent pas la même chose sur les manières de sortir de cette crise. Cela créé des tensions et réactive les nationalismes, les préférences pour une nation, c'est-à-dire pour un État. De fait, nous notons un individualisme étatique qui met à bas toute la construction communautaire européenne. Pour exemple, l'Allemagne fait passer son individualité (identité) avant les autres. Cela marque le retour d'une idée des années 30. L'individu domine le collectif.
L'impression de collectif agit comme un “narcotique”, c'est-à-dire quelque chose qui endort l'individu. On lui fait croire qu'il s'égare de la pensée commune. Or, cette pensée commune, censée appartenir à tous, reste celle d'une minorité. Notre société repose sur une multitude d'individualités, toutes minoritaires, de facto. C'est une évidence. Une nation repose sur une diversité d'opinions et donc parler de nation française, par exemple, n'a pas de sens. Une nation étant un ensemble d'individus nés dans le même pays, il apparaît stupide de préciser qu'elle est française, puisque de facto elle n'est pas allemande, ni espagnole, ni anglaise. Donc, je suis français parceque je suis né en France. C'est tellement logique... Oui, mais je suis différent de mon voisin. Je ne partage rien avec lui. Du moins, c'est ce que je crois parce que c'est ce qu'on m'a fait comprendre au travers de tout un tas de discours, de médias, etc. Pourtant, cet “immigré”, ce “noir”, ce “bazané”... lui aussi est né en France. Donc, il est français. Étant français, il a les mêmes droits et les mêmes devoirs que moi. Il appartient à la même “nation” que la mienne simplement parcequ'il est né dans le même pays.
J'arrête là mon développement, un peu incohérent – je le concède – mais je ne pouvais point faire mieux. J'ai écris comme cela me venais ce qui donne à la fin son goût d'inachevé.