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Ce blog a été créé par un étudiant en histoire et sociologie de l'Université du Havre. Il propose des articles allant du travail universitaire (exposé, compte-rendu...) à l'analyse spontanée de l'actualité... Il est donc à la fois objectif et subjectif, partial et impartial, méritant la plus grande prudence concernant les analyses de l'actualité notamment car elles sont parfois politiquement orientées.

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Généalogie et histoire

      Écrire l'histoire de sa famille n'est pas quelque chose de facile. C'est même un peu bizarre, étrange. Les actes des registres sont les précieuses sources permettant d'attester de l'existence de nos ancêtres. Pourtant, il y a comme une frustration. Nous possédons des noms qui ont appartenu à des individus qui étaient eux-mêmes les pères de nos pères. Finalement, la quête généalogique pourrait être un sujet anthropologique, sociologique, très intéressant. Cela traduit-il une volonté de retrouver ses « racines » ? Plus largement, cela est-il lié à la fameuse montée du nationalisme ? Je serais tenté de penser que non. La généalogie a longtemps été l'apanage des grandes familles avant que l'accès aux registres d'état civil ce démocratise. Le menu peuple peu alors fouiller dans ces précieux livres pour y retrouver les membres de sa famille sur quelques générations. Le plus souvent, il s'agit de la Révolution.

 

Comme nos familles du XXIe s., celles des temps anciens ont leurs « affaires de famille « , leur « âge d'or » ou encore leur « dark ages ». Je ne suis pas nostalgique, mais cette petite histoire est celle qui fait la grande Histoire. D'ailleurs, je dois le dire, c'est un peu grâce à la généalogie que j'aime l'histoire, que j'ai aussi, un peu, ce goût pour les archives et les vieux papiers. L'histoire d'une famille, en l'occurrence celle à laquelle nous appartenons doit-elle être écrite scientifiquement ? Certains peuvent dirent : « oui, d'accord, mais il y a trop de dates, trop peu d'anecdotes, et donc trop peu de matériaux utilisables. » Là-dessus, je suis tout à fait d'accord. Lire un catalogue de noms, de dates et de lieux, n'est certainement pas des plus passionnants. Ce que l'on recherche souvent, c'est pouvoir s'imaginer les hommes et les femmes revivrent.

 

      Il y a aussi des découvertes, un peu comme dans une enquête policière. Par exemple, j'ai découvert il y a quelques mois, deux filles d'un certains Pierre Acher, né en 1641. La mère s'appelle Marguerite Lefebvre. L'aînée des deux filles en question, Marguerite, est née le 21 décembre 1671 à Sorquainville. La seconde, Catherine, est née au même endroit le 16 avril 1676. Qu'est-ce que cela nous apprend ? Nous pouvons, en effet, émettre de nombreuses hypothèses.

 

Par exemple, cela nous apprend qu'entre 1671 et 1676, le couple n'a peut-être pas quitté le village de Sorquainville. Est-ce là le fait d'une situation stable du père ? Est-ce le hasard d'un individu journalier qui change de village au grès des boulots qu'il trouve ? Dans notre cas, c'est une possibilité, mais il semble toutefois que cela traduit l'attachement à un endroit. La fille aînée porte le même prénom que la mère. Est-ce le premier enfant du couple ? Souvent, surtout en Normandie, au XVIIe, mais surtout au XVIIIe s., le père donnait son prénom à son fils aîné, soit en prénom usuel, soit en second prénom.

 

Cela nous apprends aussi – eh, oui – que les deux filles ont été respectivement conçue en mars et en juillet. Cela peut faire sourire, mais pour un ethnologue ou un sociologue, cela peut apporter des renseignements sur les normes sociales. La pratique de l'acte sexuel, par exemple, était-il lié aux travaux quotidiens, à la pratique religieuse, etc. ? En fait, c'est une base très intéressante pour l'historien aussi...

 

      Finalement, concluons par cette note positive, la grande histoire repose sur vous et moi qui, au fil du temps, intégrons des normes, les faisons évoluer, et permettons la compréhension des décisions politiques, des pratiques culturelles ou religieuses...

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