Ce blog a été créé par un étudiant en histoire et sociologie de l'Université du Havre. Il propose des articles allant du travail universitaire (exposé, compte-rendu...) à l'analyse spontanée de l'actualité... Il est donc à la fois objectif et subjectif, partial et impartial, méritant la plus grande prudence concernant les analyses de l'actualité notamment car elles sont parfois politiquement orientées.
Le 18 décembre 2010, à 97 ans, l'historienne Jacqueline de Romilly s'éteint en l'hôpital de Boulogne-Billancourt. Amoureuse du grec et de la langue française, de cette Grèce antique si fascinante et si prolifique, elle adorait Thucydide dont elle a fait son sujet de thèse et de qui elle parlait toujours avec la même passion à son âge fort avancé.
J'ai été épris, c'est vrai, d'une certaine tristesse en apprenant son décès. Ce n'est pas simplement une historienne qui a quitté le monde des vivants pour aller rejoindre les dieux de l'Olympe qu'elle affectionnait... c'est une érudite, une très grande professeur qui aimait son métier et se désolait du lent retrait des humanités.
Je me devais d'écrire ce mot d'hommage sur le blog d'un modeste étudiant, afin de rappeler ce que nous lui devons. Pour ces livres sur la Grèce d'abord, pour sa langue française riche et agréable ensuite, et pour sa capacité à passionné par son récit enfin... Il est bien difficile de faire un éloge funèbre avec simplicité et délicatesse.
Comme Jean-Pierre Vernant, j'admire cet art de conter l'histoire, cet art d'allier érudition et simplicité... Elle est décédée sans enfants et sans famille. Elle a vouée sa vie à la recherche et au professorat... Toujours elle a été engagé et la société ne lui a point rendu comme elle le méritait sans doute. Faut-il voir ici le même sacrifice qu'un Socrate ?
Mais elle n'a pas vraiment vécu seul pourtant... Sa passion pour Thucydide et pour ses héros de la Grèce antique que sont Périclès ou même le brave Ulysse a été ce pourquoi elle a vécue... C'é tait son destin si l'on veut mettre à cet hommage une pointe de déterminisme religieux.
Je m'associe donc à ses collègues pour lui souhaiter une agréable vie dans l'au-delà et dans cet ailleurs que l'on ne connaît pas et que tous imagine magnifique et récompensant avec justice une vie de labeur.