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Ce blog a été créé par un étudiant en histoire et sociologie de l'Université du Havre. Il propose des articles allant du travail universitaire (exposé, compte-rendu...) à l'analyse spontanée de l'actualité... Il est donc à la fois objectif et subjectif, partial et impartial, méritant la plus grande prudence concernant les analyses de l'actualité notamment car elles sont parfois politiquement orientées.

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Bachofen et le lignage matrilinéaire

      bachofen.jpgBachofen (1815-1887) est le premier ethnologue à mettre en évidence l'existence du lignage matrilinéaire. Intéressé par l'Antiquité tout d'abord, il va ensuite se tourner vers l'étude des peuples primitifs. En 1861, il publie Das Mutternecht. Il part de la description par Hérodote du lignage chez les Lyciens pour en déduire un système cohérent du droit. Chez ce peuple, les enfants portaient le nom de leur mère. Les femmes dirigeaient leur maison comme elle pouvait diriger les affaires publiques, c'est-à-dire faire de la politique. Bachofen en a déduit le caractère matrilinéaire du lignage chez les Lyciens. Pour faire un parallèle, chez les Romains, société fortement patriarcale, cela ne se retrouve nullement.

 

      Robert Löwie, qui parle de Bachofen dans son Histoire de l'ethnologie classique (1937), nous explique que pour lui « une règle pour déterminer le lignage n'est, nécessairement, qu'un maillon dans une chaîne d'idées » (p.42). Le lignage matrilinéaire met en avant la gauche sur la droite, la nuit sur le jour, la lune sur le soleil, les cadets sur les aînés... Bachofen explique que cette prédominance vient de l'aptitude de la femme pour le religieux. Autrement dit, les sociétés privilégient les cultes aux déesses plutôt qu'aux dieux, et notamment à la terre, ou plus précisément, à la terre nourricière. La fameuse « fécondité » de la femme. N'est-ce pas un peu paradoxal ?

 

      Qu'en est-il chez les autres mammifères ? Quittons un peu Bachofen. Certaines espèces ont des formes d'organisation sociale assez élaboré. Les éléphants, par exemple, possèdent une matriarche. Les mâles vivent en dehors du groupe et sont le plus souvent solitaire. Ce sont des animaux sensibles, capables de se reconnaître dans un miroir, de pleurer leur mort. Au contraire des éléphants, un groupe de gorilles est sous le contrôle d'un mâle dit dominant. Son rôle est celui de protecteur et son objectif est de rester le mâle dominant le plus longtemps possible. Chez les bonobos, ce sont les rapports sexuels qui servent de régulateur des conflits entre les individus du groupe.

 

charge-matriarche-238094.jpg

 

La matriarche a un rôle prépondant au sein du groupe. Elle indique par exemple à chaque troupeau le temps qu'elle lui accorde pour profiter de l'eau, puis leur signifie que l'heure de la baignade est terminée afin que la place soit laissée au troupeau suivant. 

Duba's Plains, Maun, mai 2006, Botswana. © Françoise Stocker / L'Internaute Magazine     

 

Pour Bachofen, fermons la parenthèse, la possession exclusive d'une femme par un homme était considérée comme une offense à Dieu. Les féministes d'aujourd'hui peuvent se rassurer, la condition de la femme n'a pas toujours été mauvaise dans l'histoire de l'espèce humaine. Les amazones, par exemple, sont un modèle de ce que Löwie qualifie de gynécocratie.

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