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Ce blog a été créé par un étudiant en histoire et sociologie de l'Université du Havre. Il propose des articles allant du travail universitaire (exposé, compte-rendu...) à l'analyse spontanée de l'actualité... Il est donc à la fois objectif et subjectif, partial et impartial, méritant la plus grande prudence concernant les analyses de l'actualité notamment car elles sont parfois politiquement orientées.

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À quoi sert l'historien ? Le travail d'historien (1ère partie)

« Un historien, explique Assouline, c'est un chercheur; et la recherche se fait en archives. Le reste n'est que synthèse ou compilation d'imprimés. Elles peuvent être plus ou moins brillantes mais, de par leur essence même, elles ne font guère avancer notre connaissance de l'histoire. » Pourtant, le travail de l'historien, avant toute chose, doit servir la société dans laquelle il vit. L'histoire a une utilité publique. C'est même un contre-pouvoir puissant, très puissant. Beaucoup d'entre nous l'oublie. En effet, défendre la liberté d'expression en histoire est un rude combat. Le chercheur cherche. Soit, mais pourquoi cherche t-il ? Il cherche pour transmettre. Son objectif est d'interroger ses sources afin de trouver une réponse à une problématique. Il doit donner du sensà sa démarche.

 

L'historien doit commencer par s'intéresser à ce qui est contemporain, à l'actualité la plus récente, et même aux débats qui divisent encore les scientifiques de la discipline. Cela permet de se forger un esprit critique, un esprit de citoyen. L'histoire doit être à des années lumières du débat idéologique. Elle ne doit défendre, sous aucun prétexte, des idées politiques. Elle se doit de rester neutre. Faire preuve d'un esprit critique ce n'est pas défendre coûte que coûte ses observations en refusant celles des autres. Au contraire, comprendre l'autre permet déjà de répondre aux attaques lancées par certains sans aucune réflexion préalable et le plus naturellement possible. D'ailleurs, l'historien, de plus en plus, apparaît comme quelqu'un avide de connaître les menus détails de la vie privée des grands hommes. Pour se forger une image de bon samaritain, il pense le contraire de la doxa uniquement pour le plaisir de contredire. Seulement, ce comportement, plus proche du journalisme d'investigation que de l'histoire, est loin de transparaître à la lecture des livres d'histoire qui sont publiés chaque année.

 

Ce que cherche avant tout l'historien, et cela est loin d'être un scoop, c'est l'affirmation de la vérité. Cela nécessite d'être certain de ce que l'on avance. Pour un néophyte c'est difficile à admettre ou même parfois à comprendre. Il ne faut pas tomber dans une démarche fondée sur des a priori, sur des préjugés ou des idées reçues, c'est-à-dire dans l'art de parler pour ne rien dire. Pour affirmer la vérité, il faut remettre en cause ses propres idées reçues et ses propres préjugés. C'est une étape indispensable. Elle est souvent difficile à entreprendre car elle nécessite un exercice peu courant : se juger soi-même, mais se juger en profondeur.

 

Arcésilas, un penseur grec de l'Antiquité, affirmait qu'il est impossible de connaître la vérité puisqu'il est indigne d'accepter qu'une chose soit vraie ou fausse. Son objectif consiste à argumenter contre les opinions des différentes parties. Un tel est favorable à la guerre, un autre y est opposée. Le philosophe va réfuter les deux positions en affirmant qu'aucun des deux ne peut avoir tort ou raison. Arcésilas, en effet, va douter en permanence tout en favorisant le débat d'idées. Ce qui compte le plus étant la recherche de la vérité. L'un va affirmer l'inutilité de la guerre, destructrice de la vie humaine, et un autre va soutenir qu'il est nécessaire de faire la guerre pour éviter à l'individu des souffrances encore plus éprouvante.

 

Admettre l'existence des idées adverses est quelque chose de primordial. Il faut débattre. C'est important. Le travail de l'historien repose donc sur le débat. C'est l'idée qu'il doit laisser à son lecteur le soin de se forger sa propre opinion en connaissance de cause. En fait, le chercheur doit être convaincu qu'il agit en faveur de la vérité. Il ne doit pas tomber dans le piège subtil qui lui est tendu, c'est-à-dire se montrer convaincant. Il est plus facile de comprendre pourquoi l'historien a une image si controversé en France. En effet, il est soit un proche du pouvoir – et il se doit d'être convaincant pour défendre ses idées – soit il est opposé au pouvoir – et donc convaincu le plus souvent du bien fondé de sa position. C'est une image encore très présente à l'esprit de beaucoup de Français. Dans le point qui suit nous entrerons dans l'esprit d'un historien. Quel impact, par exemple, la médiatisation a-t-elle sur les universitaires et sur leur façon de penser l'histoire ?

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S
<br /> <br /> Je ne connais pas la série des Tudor qui m'intéressent ( à l'origine il y a une Comtesse du Vexin Catherine je crois, qui avait épousé un Tudor en remariage), c'est une période passionnante. Je<br /> me souviens aussi des reconstitutions anglaises des expériences d'Archimède et Cie sur la chaine Histoire. C'est curieux de voir un fossé se creuser, l'Histoire c'est aussi la vie des gens qui la<br /> font; je me demande ce que ces gens diront de nos années actuelles dans cinquante ans ! mais je ne le lirai pas. Par contre je vais relire votre article Henri IV. Bon courage... je n'aimerais pas<br /> être étudiant en histoire actuellement. Amitiés, merci !<br /> <br /> <br /> <br />
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M
<br /> <br /> Je suis un peu en retard du fait des examens de deuxième année mais ils sont<br /> officiellement terminé depuis hier soir. Merci de vos passages réguliers. Bonne fin de semaine.<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> p { margin-bottom: 0.21cm; }<br /> <br /> <br />
S
<br /> <br /> Je crois que les historiens actuels Français pourraient peut-être prendre exemple sur les expériences que font les historiens britaniques , que l'on voit avec par exemple Tales of the green<br /> Valley ou bien Guédelon ou Samara... avec du pratique, du concret, de la vie de tous les jours; les Anglais refont les événements dans les conditions d'époque et découvrent des angles neufs, et<br /> des conclusions bien différents des conclusions des "gratte-papier"... mais c'est un point de vue de simple amateur !  bon pont... amitiés<br /> <br /> <br /> <br />
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M
<br /> <br /> C'est entièrement mon opinion et ma pratique de l'histoire si j'ose dire... mais il y a des historiens, d'ailleurs très vite considérés comme autre chose,<br /> qui sont allés dans cette voie... Paul Veyne, par exemple, parle du passé avec une telle force que l'on s'y croirait presque, ramenant sans cesse telle évènement lointain à l'actualité<br /> d'aujourd'hui, nous rappelant au passage que croire un monde unique et immortelle est une illusion... c'est une vision de l'histoire magistrale et j'y soustrait parfaitement sans toutefois oser<br /> m'y lancer dans mes exposés à l'université ou même dans ce blog... Mon article sur Henri IV s'y essaie lorsque je parle de l'économie et de la vie des gens... Il est important de comprendre<br /> comment l'assassinat d'Henri IV a eu lieu pour aller plus loin et les films historiques les plus fidèles, ou les très bonnes séries télévisés anglo-saxonne, comme les Tudors (malgré quelques<br /> erreurs) sont prodigieux de réalisme car les hommes du passé prennent soudain vie, parle, ressente des choses... Le fait que Duby, par exemple, ce soit attaché à la télévision et à cette aspect<br /> de reconstruction possible du passé par la "fiction" n'est pas étonnant lorsqu'on lit sont Dimanche de Bouvines dans lequel il s'attache à percevoir les mentalités des combattants, ce qu'ils<br /> vivaient au milieu de la fureur sanglante des combats... cette histoire là me passionne !<br /> <br /> <br /> <br />