Ce blog a été créé par un étudiant en histoire et sociologie de l'Université du Havre. Il propose des articles allant du travail universitaire (exposé, compte-rendu...) à l'analyse spontanée de l'actualité... Il est donc à la fois objectif et subjectif, partial et impartial, méritant la plus grande prudence concernant les analyses de l'actualité notamment car elles sont parfois politiquement orientées.
L'image véhiculé sur l'historien par le commun des mortels est celle-ci : c'est un individu qui lit beaucoup, qui cherche les bonnes phrases et les bons mots, qui fouille de temps en temps dans des papiers jaunis et il en sort un article, parfois même un volumineux livre. Le problème, c'est que ce n'est pas si simple, sinon le plus nul des écrivains ratés serait en mesure de faire de l'histoire. Or, ce n'est pas le cas. Moi-même ne suis pas historien. Bien sûr, il faut lire des livres savants et des articles savants, mais cela ne suffit pas encore à être historien. Il ne suffit pas d'être reconnu historien pour l'être et, dans l'autre sens, certains sont historien mais il ne faut surtout pas le dire. En préambule, je voulais réaffirmer ici quelque chose : l'historien n'est pas un vulgaire compilateur ! L'historien interprète les documents et les sources dont il a connaissance pour élucider une épineuse question.
Un chercheur ne peut pas affirmer n'importe quoi. Il faut qu'il puisse apporter la preuve de ce qu'il dit ou de ce qu'il écrit. C'est une règle fondamentale. Juger un événement, donner son point de vue sur WikiLeaks, par exemple, ce n'est pas anodin pour un historien. Il donne à l'évènement le statut de fait historique. Il doit citer ses sources, juger de leur pertinence et proposer une critique de ces sources. Jusqu'au XVIIIe siècle, l'historien en est resté à ce stade de la réflexion. Déjà, nous avons vu que l'historien doit remettre en cause ses idées reçues et cela pour en arriver à critiquer, de la façon la plus érudite possible, les documents dont il a connaissance. Tout cela est la base de la méthode historique, et non toute la méthode.
La plupart du temps, cette base est la seule qui soit retenue par les gens. En effet, elle est admise par la société comme pratique. Les journalistes en usent à l'excès, bien qu'ils ne dévoilent pas souvent comment ils ont obtenu leurs informations. D'ailleurs, il devient insupportable de voir dans les médias des individus, voir même des universitaires en manque d'argent, allés exposer leurs connaissances afin de montrer qu'ils ont de la culture – ce dont je ne doute pas – et qu'ils sont bien plus intelligent que le pauvre citoyen lambda qui ne connaît rien au sujet, qui n'a jamais entendu parler de tel ou tel penseur ou de tel ou tel concept. C'est un problème délicat pour l'observateur extérieur, neutre et naïf. En effet, nous entrons ici dans le domaine de l'usurpation scientifique, parfois même de la publicité mensongère. Un écrivain, parcequ'il possède un titre universitaire, va écrire un peu ce qu'il veut ou vendre des livres bâclés à un rythme effréné. L'objectif est de ce faire un maximum d'argent grâce à un lectorat bien plus populaire que s'il s'agissait de publications plus proche de la thèse que du roman. C'est une évidence et c'est scandaleux !
Il y a plus grave et Michel Onfray entre dans cette gravité supplémentaire. Pour cacher que son nouveau livre, L'affabulation freudienne (2009), est une grosse supercherie scientifique, il va affirmer dans toute la presse qu'il a lu toute l'ouvre de Freud, soit 3 000 pages, plus 3 000 pages sur Freud. Ensuite, il se pose en martyr, victime de la vindicte populaire d'une des historienne les plus connu du psychanalyste, madame Roudinesco. Alors que je farfouillais dans les livres de la librairie Banse à Fécamp, je suis tombé sur le livre que la spécialiste à écrit peu après la publication du « brulot » du fondateur de l'Université Populaire de Caen. J'ai été bien obligé de l'approuver mais avec une certaine pointe d'amertume. Je n'aime pas les gens qui s'accroche ainsi à leur pré carré mais ce que elle, et d'autres historiens et philosophes ont soulevés, a un fond de vérité.