Ce blog a été créé par un étudiant en histoire et sociologie de l'Université du Havre. Il propose des articles allant du travail universitaire (exposé, compte-rendu...) à l'analyse spontanée de l'actualité... Il est donc à la fois objectif et subjectif, partial et impartial, méritant la plus grande prudence concernant les analyses de l'actualité notamment car elles sont parfois politiquement orientées.
Ce jourd'hui 5 septembre 1638 est la date anniversaire de la naissance du Dauphin Louis XIV. Cela fait donc 373 ans tout pile. Cette chanson est intéressante, car le roi était attendu. C'est ainsi qu'il fut surnommé Dieudonné (son second prénom) car il a été considéré comme un don de Dieu par ses contemporains. Il était moins une puisque Louis XIII meurt peu d'années après. Certes, dirons certains, c'est une chanson royaliste, mais elle montre ce que représentait le Dauphin. C'est l'avenir de la couronne et la stabilité du royaume qui se jouait. Le jeune âge du roi n'arrangea pas la crise entre la noblesse et le pouvoir royal. Cela se soldera par la Fronde. Une révolte de la noblesse qui marqua Louis XIV.
1
Nous avons un Dauphin
Le bonheur de la France
Rions, buvons sans fin
A l’heureuse naissance
Car Dieu nous l'a donné
Par, par, par l'entremise
Des prélats d tout l'Église
On lui verra la barbe grise
2
Lorsque ce Dieu donne
Aura pris sa croissance
Il sera couronné
Le plus grand Roy de France.
L'Espagne, l'Empereur et l'Italie
Le Crovate et l'Roy d'Hongrie
En mourrons tous de peur et d'envie.
3
La ville de Paris
Se monntra non pareille
En festins et en ris
Le monde y fit merveille.
Chacun de s'enyvrer faisoit grande gloire
A sa santé, à sa mémoire
Aussi bien maître Jean que Grégoire.
4
Au milieu du ruisseau
Estoit la nappe mise :
Et qui buvoit de l'eau
Estait mis en chemise,
Ce n'estoit rien que jeux
Feux et lanternes
On couchait dedans les tavernes
Et si j'n' dis vray que l'on me berne.
5
Ce qui fut bien plaisant
Fut Monsieur la Raillière,
Ce brave partisant
Fit faire une barrière
De douze ou quinze muids
Où tout le monde
S'alloit abreuver à la ronde
Et s'amusoit à tirer la bonde.
6
Monsieur de Benjamin
Des escuyers la Source,
Fit planter un dauphin
Au milieu de sa course
Ou six vingts cave liers
Avec la lance
Lui faisoient tous la révérence
Et puis alloient brider la potence.
7
Au milieu du Pont Neuf
Près du cheval de bronze,
Depuis huit jusqu'à neuf
Depuis dix jusqu'à onze,
On fit un si grand feu
Qu' eut grande peine
A sauver la Samaritaine
Et d'empêcher de brûler la Seine.
8
Le feu fut merveilleux
Dans la place de Grève
Et quasi jusqu'au cieux
La machine s'élève ;
Minerve y paraît de belle taille
Vestue d'une cotte de maille
Qui mestoit tout son monde en bataille.
9
Enfin tout notre espoir
Estoit que notre Reine
Quelque jour nous fit voir
Sa couche souveraine
Nous donnant un Dauphin par bon présage
Il est beau, il est bon et sage
Il fera des merveilles en son âge.