Ce blog a été créé par un étudiant en histoire et sociologie de l'Université du Havre. Il propose des articles allant du travail universitaire (exposé, compte-rendu...) à l'analyse spontanée de l'actualité... Il est donc à la fois objectif et subjectif, partial et impartial, méritant la plus grande prudence concernant les analyses de l'actualité notamment car elles sont parfois politiquement orientées.
La sociologie, « fille des Révolutions »
La sociologie naît avec la modernité, avec l'interrogation de la société sur elle-même. C'est un peu la réponse à la question : comment fonctionne la société ? Cette réflexion, au départ plus philosophique que sociologique, émerge à un moment donné de l'histoire. Ce moment, c'est la Révolution française. Cette naissance un peu agitée valu à la discipline d'être surnommée « la fille des Révolutions ». Nous assistons à l'abolition du système féodal et l'affirmation, il est vraie toute symbolique : « les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droit ». Ce sont les idées d'égalité et de liberté qui font la une. Finalement, ce qui est le plus important, c'est que l'homme est au centre de la société et celle-ci il devient possible de la faire évoluer, avancer et organiser. De cette « révolution » sociale, intellectuelle aussi, naît une fascination pour cette Révolution française pourtant si critiquable : les historiens, les écrivains, les dramaturges, les poètes et les hommes politiques écrivent et débattent sur elle. C'est toute la société d'Ancien Régime qui vole en éclat et ne sera définitivement enterrée qu'en 1875 avec la promulgation des lois Wallon. Le phénomène, centré souvent sur la France, unique responsable de la situation politique pour beaucoup, est en fait européen. L'aristocratie traditionnelle laisse la place à la haute bourgeoisie industrielle et commerçante. Une certaine instabilité politique va s'installer en Europe et le mouvement de 1848 est là pour le rappeler. C'est l'année, n'oublions pas, de la publication du Manifeste du parti communiste. Ce sont les mentalités qui évoluent et les individus, tout en délaissant l'Église, modifient leur regard sur la société dans laquelle ils vivent.
Le second phénomène, qui suit de près le premier, et même le précède d'une certaine manière, c'est la Révolution industrielle. Il y a un bouleversement considérable à l'échelle humaine. En un demi-siècle, les techniques de productions ont été bouleversée, les circuits économiques ce sont développés, les structures sociales ce sont émancipés et le rapport de l'homme au monde va radicalement changer. Avec la colonisation, l'homme n'a plus une vision européenne des choses, mais internationales. Cela donne l'impression aux contemporains que l'humanité est capable de dominer la nature afin de la domestiquer et d'en tirer encore plus de richesses. Le problème, c'est que tout cela à un coût. Le capitalisme ce fait oppressant et les inégalités qu'il génère sont vivement combattus par un petit groupe d'intellectuels et de révolutionnaires. Marx et Engels en Allemagne font office de leaders, de maîtres à penser. Si l'industrialisation fragile les anciens équilibres sociaux et remet en cause la tradition catholique. Les paysans ne trouvent plus de travail et sont poussés vers les villes. Souvent, déjà au XIXe siècle, le nombre des sans emplois augmentent de façon dramatique pour l'époque. Une nouvelle forme de société apparaît, une nouvelle conscience sociale en quelque sorte, voit le jour en Europe. La société est organisée en deux classes sociales : la bourgeoisie et le prolétariat. Dans la première classe se trouvent les rentier, les banquiers et les commerçants. Ce qui uni les membres de cette classe, c'est une manière de vivre. Elle est économe, elle épargne et elle constitue une dot pour ses filles. Dans la seconde classe, la réalité est tout autre. Se trouvent en son sein les ouvriers, les pauvres et les démunis. Ce sont un peu ces gens dépeints par Hugo dans Les misérables. Leur quotidien n'était point rose : l'homme travaillait trois cents jours par an, la femme presque deux cents jours, les enfants environ deux cent soixante jours.
Un nouvel antagonisme de classe
Ce qui est aussi une marque de cette société c'est le manque de considération de la classe des ouvriers. La pauvreté de ces gens est considérée comme étant une maladie par les autorités de l'époque, qu'elles soient politiques ou sanitaires. Vivre dans ce monde en mutation n'a plus aucun sens pour beaucoup d'individus. Ce qu'il faut donc c'est recréer un lien social qui a été fragilisée, sinon presque détruit, par les mutations antérieures. Marx est un philosophe de formation, adepte de Hegel et de Feuerbach, il sera critique envers eux. Il démontera également la pensée de Proudhon, « père » de l'anarchisme à la française, dans son fameux livre la Misère de la philosophie (1847). Il est animé par le désir de comprendre la société et par celui de la transformer. Surtout, et c’est important, il veut comprendre scientifiquement la société. En cela, Marx se détache des socialistes utopiques (Saint-Simon, Fourier, Owen). Marx reprend le combat de Feuerbach contre Dieu et la religion. Pour lui, la vraie réalité n’est pas celle de l’esprit, mais c’est la réalité matérielle, sociale et économique. Dans une société, et c’est une loi universelle, il faut des règles et il faut respecter les règles.
Marx pense, comme Kant, qu’il ne faut pas imposer à un peuple une façon d’être heureux. Il faut mettre en place des lois qui doivent satisfaire tout le monde mais qui ne vont certainement pas satisfaire tout le monde. C’est donc à partir d’un problème philosophique, et même déjà très politique, que Marx va construire sa pensée. Ce qu'il recherche, c’est l’abolition des classes sociales. Il ne parle de lutte des classes simplement pour faire bien. Ce qu’il aimerait voire se réaliser, c’est une égalité parfaite entre les individus. Pour Marx, l’histoire de toute société c’est l’histoire de la lutte des classes dont la finalité sera le communisme. Finalement, le communisme c’est une société nouvelle, c’est une conception originale de l’ordre du monde, dans laquelle le prolétariat, après avoir fait la révolution, prends le pouvoir. Le Manifeste, rédigé en collaboration avec Engels, pose donc assez clairement l’antagonisme de classe prolétariat contre bourgeoisie. C'est une vision du monde qui repose sur la mise en avant de tout ce qui est matériel. C'est le matérialisme.