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Ce blog a été créé par un étudiant en histoire et sociologie de l'Université du Havre. Il propose des articles allant du travail universitaire (exposé, compte-rendu...) à l'analyse spontanée de l'actualité... Il est donc à la fois objectif et subjectif, partial et impartial, méritant la plus grande prudence concernant les analyses de l'actualité notamment car elles sont parfois politiquement orientées.

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La mort de Louis XVI (21 janvier 1793)

L'histoire de France contemporaine est passionnante. Depuis 1789, c'est la République qui fut le plus long régime. Avant, sous l'Ancien Régime, c'est-à-dire la monarchie absolue de droit divin, il n'y avait point de place pour la liberté, légalité et la fraternité. Bien sûr, cette vision quelque peu caricaturale est très caricaturale. Si les rois étaient parfois autoritaire, il n'en reste pas moins des hommes. Louis XIV n'était pas plus terrible qu'un Joseph II d'Autriche. En 1715, un petit enfant de 5 ans, Louis XV, accède au trône à la mort de son arrière-grand père. Le temps des long règnes n'est pas terminé. Or, la santé du souverain est fragile. Il ne mourra que le 10 mai 1774 dans l'indifférence générale. Il prendra - cruelle histoire - le surnom de Mal-Aimé à sa mort le 10 mai 1774. Une mort horrible, d'ailleurs, puisqu'il agonisa presque quinze jours, atteint par la petite vérole.

 

Le nouveau roi, Louis Auguste de France, dit Louis XVI, a tout juste 18 ans. C'est un roi qui ne voulait pas régner. "Nous sommes trop jeunes pour régner" aurait-il déclarer. Sa mort m'a toujours semblé injuste. J'ai toujours apprécié ce roi sans savoir dire pourquoi. Bien sûr, je ne suis pas favorable à la monarchie absolue mais, toutefois, ce roi quelque peu maladroit a subi la Révolution en réagissant et en agissant tiraillé par deux tendances : 1/le bien de la monarchie ; 2/le bien du peuple. Quoi que l'on en dise, Louis XVI était persuadé qu'en plaisant au petit peuple de Paris il pourrait conserver le trône. Ce petit peuple lui a été fidèle longtemps jusqu'à la fuite de Ravennes. Une fuite que les sans-culottes ont qualifié d'acte lâche et de trahison. Or, Louis XVI protégeait ses intérêts et il a voulu sauver son trône en se réfugiant en Autriche. 

 

Le 10 août 1792, il est déchu de ses fonctions par l'Assemblée et il est jetté en prison. Le 21 septembre la République est proclamée et partout en Europe, les souverains réagissent. La guerre, déclarée par Louis XVI, se poursuit. L'objectif : réprimer dans le sang une Révolution qui pourrait faire tâche d'huile. Bien évidemment, la position d'un Robespierre n'est pas des moins corrompu et il faut à tout prix que la France résiste sinon il perdra sa tête. Tout le monde connaît le fameux moulin de Valmy. Eh bien, la bataille qui eut lieu dans la plaine est, à mes yeux, un symbole tout aussi important que le 14 juillet 1789. En effet, le 20 septembren Kellerman se trouve obligé de livré bataille à l'armée réputée la meilleure d'Europe, celle de Prusse. Cette armée, forte de 70.000 soldats est opposée à 47.000 français fanatisés, mais dont la plupart n'ont jamais combattus. Elle remporte en ce jour la plus belle victoire de la République. 

 

Ouf, nous voilà sauvé ! Pour le pauvre Louis XVI les choses tournent au cauchemar. À la lecture du Dernier jour d'un condamné de Hugo, on image mal ce qu'il peut se passer dans la tête de quelqu'un qui va mourrir ou qui sent sa fin proche. Il ne faut jamais oublié cet aspect là... Louis XVI restait un homme. De plus, il a longtemps été perçu comme faible et fallot. Or, il n'en a rien été. Plutôt curieux, il aimait les nouvelles technologies, il a aussi pris une grande part à la préparation de l'expédition Lapérouse. Bref, il était plus érudit qu'on ne le crois. En 1789, il n'avait que 35 ans. C'était un jeune roi et il n'a certainement pris conscience de la situation que fort tardivement. Heureusement, on ne peut pas mettre à son actif le massacre des parisiens. Lors de la prise de la Bastille, la garnison s'est défendue après de longue tractation avec les réprésentants du peuple. Quant au champ de Mars, si Louis XVI était roi des Français il ne semble pas avoir été l'instigateur du massacre.

 

Finalement, sa maladresse et son incompréhension vont lui coûté plus cher que les véritables accusations qu'on lui imputera lors de son procès. Jugé à partir du 12 décembre 1792, il est condamné à mort par décapitation le 15 janvier 1793 après un procès fleuve. Le vote du verdict est contestable et fut contesté. Des gens ont votés alors qu'ils n'en avait légalement pas le droit. Ainsi, si le procès avait eu lieu aujourd'hui, dans les mêmes cadres juridiques, il apparaît évident que Louis XVI n'aurait pas été décapité. Enfin... nous ne pouvons réécrire l'histoire et le camp de Robespierre voulait la mort du roi, donc il est condamné à mort. En Seine-Inférieure, sur 16 députés et leur 6 suppléants, tous ont déclarés le roi coupable. Seulement, deux ont votés la mort : Antoine ABITTE l'Aîné et Pierre POCHOLLE. Les autres ont demandés le bannissement.

 

Moralité : le 21 janvier 1793 à 10h22, en place de grève, la tête du roi tombe dans un roulement de tambour. 

 


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