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Ce blog a été créé par un étudiant en histoire et sociologie de l'Université du Havre. Il propose des articles allant du travail universitaire (exposé, compte-rendu...) à l'analyse spontanée de l'actualité... Il est donc à la fois objectif et subjectif, partial et impartial, méritant la plus grande prudence concernant les analyses de l'actualité notamment car elles sont parfois politiquement orientées.

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La Commune de Paris (mars-mai 1871)

Septembre 1870 : la France vient d'essuyer un terrible revers à Sedan. Même l'empereur Napoléon III est aux mains des Prussiens. Lorsque la nouvelle est connue à Paris, deux jours plus tard, la République est proclamée par Gambetta aux Tuileries. La paix sera longue à venir. Les Prussiens occupent Paris et le gouvernement fut obligé de se replier sur Bordeaux. Après les élections législatives de février 1871, la majorité monarchiste s'installe à Versailles. Tout un symbole ! La Commune éclate le 18 mars et durera deux mois durant lesquelles la France signe le Traité de paix de Francfort le 10 mai. L'insurrection parisienne est réprimée dans le sang.



 

Dans un communiqué du 29 mars 1871, placardé dans les rues de la capitale, la Commune de Paris décrète l'abolition de la conscription, l'interdiction a toute force armée autre que la Garde nationale l'entrée dans la capitale et la participation de tous les citoyens valides à la Garde nationale. Les parisiens refusent la défaite tout comme une grande partie de la population qui considère encore possible la résistance. Pourtant, Thiers est nommé chef de l'exécutif du fait de son pacifisme. C'est l'homme de la situation !

 

Thiers est souvent considéré comme un sauveur, comme un républicain affirmé. Or, il n'y a rien de plus faux. Il sera plusieurs fois chef du gouvernement sous la Monarchie de Juillet. Il a peur de la réaction de la population parisienne qui est composée majoritairement d'ouvriers. Bismarck, générale en chef prussien, veut signer la paix le plus vite possible et la stabilité de la France est donc un préalable. Il faut désarmer, à tout prix, les Parisiens. Thiers hérite de deux mesures prises par Napoléon III à la fin de son règne : l'autorisation du droit de grève en 1864 et le rétablissement de la liberté de la presse en 1868.

 

Pour faire pression sur la population parisienne, un décret de la toute nouvelle Chambre des députés ordonne aux ouvriers et aux artisans de payer des dettes dont ils ne se seraient pas acquittés. Scandale ! Cette mesure meurtrière accentue la misère de cette population qui vient de subir un long siège et ne récompense pas leur sacrifice durant la guerre. De plus, le gouvernement décide de ne plus verser la solde de la Garde nationale. Nouveau scandale ! En effet, la plupart des gardes nationaux sont des ouvriers et des artisans qui pouvaient ainsi arrondir leur fin de mois déjà relativement précaire. Décidément, tout porte à croire que le gouvernement cherche à provoquer la colère des Parisiens.

 

Alors, lorsque Thiers décide de retirer aux Parisiens leurs canons, la rancœur se transforme en peur-panique. Après avoir supprimer leur moyens d'existence, voilà qu'ils sont privés de leur moyen de défense. Le 18 mars, le général Vinoy a pour mission de reprendre les canons de la butte Montmartre. Dans un élan spontané les Parisiens s'y opposent. La troupe, impressionnée, fraternise. La Commune de Paris commence ! Des barricades sont dressés dans les rues et la chasse à l'homme commence. Deux généraux, Lecomte et Thomas, accusés d'avoir tués des révolutionnaires en 1848, sont jugés et fusillés.

 

Des élections sont organisée et un Conseil de la commune est instituée. Les ouvriers et les artisans sont majoritaires. Pourtant, le mouvement se radicalise et un Comité de Salut public est installé sur le modèle de celui de la Révolution de 1789. Autoritaire, ce Comité n'en est pas moins favorable au peuple et ce sont eux qui vont voter les lois sociales de la Commune. La liberté de la presse est rétablie. La grande figure de cette intense et courte activité intellectuelle et révolutionnaire est une femme, Louise Michel. Toutefois, les journaux monarchistes sont interdits.

 

On note une progression vers l'autoritarisme, notamment dans le nomination du délégué à la guerre. Le premier est le peintre Courbet, un modéré. Ensuite c'est Rossel puis, le 10 mai, c'est Delescluze, un jacobin. Le 29 mars, la Commune remet les loyers impayés aux propriétaires des immeubles et suspend donc les poursuites à l'encontre des ouvriers et artisans n'ayant pu s'acquitter des leurs. Un délai de trois ans est même accordé pour le règlement des dettes. Des orphelinats et des cantines municipales sont créés. Le drapeau rouge est adopté et le calendrier républicain rétablit. Il reprend à l'an 79 de la République.

 

La journée de travail est fixée à 10 heures et interdit aux entreprises de donner des amendes aux ouvriers. Les plus grandes avancées, à mon sens, sont en matière de justice. Les enfants légitimés et légitimes ont les mêmes droits et le mariage doit être libre et officialisé par consentement mutuel des deux parties. La majorité matrimoniale est de 18 ans pour les hommes et de 16 ans pour les femmes. La gratuité des démarches notariales est décrétée. Les policiers sont tenus de présenter un mandat pour effectuer des perquisitions et des réquisitions. Chaque personne arrêté doit se voir ouvrir un dossier d'instruction judiciaire. Le motif de l'arrestation se doit d'être stipulé.

 

L'enseignement était encore l'apanage de l'Église. Celui-ci est interdit. L'école devient laïque et les croix sont enlevées des salles de classe. Les instituteurs, tout comme les fonctionnaires, voient leur salaire augmenter. L'Église est séparé de l'État le 2 avril. Les biens immobiliers du clergé deviennent propriété de la Commune. L'archevêque de Paris, monseigneur Darboy, récalcitrant, sera mis à mort. La presse est rétablie également et certains journaux versaillais sont même interdits. Il y a tout de même une forte censure.

 

La réaction du gouvernement est lente à venir. Il faut s'organiser et, du fait des clauses du Traité de Francfort, la France n'a plus d'armée. Seule une force de défense nationale est autorisée par Bismarck. Celui-ci voit d'un mauvais œil la Commune. 130 000 hommes sont ainsi recrutés par Thiers. Ce sont les fameux « versaillais ». Il est curieux de noter le nom du chef de cette armée : Patrice de Mac-Mahon, futur président de la République après l'évincement de Thiers. De plus, Bismarck poste 5 000 hommes à la porte de Vincennes avec des canons. Cela est perçu par les Parisiens comme une « trahison » du gouvernement et un nouveau siège commence.

 

Pour un communard, il y a trois « versaillais ». Le rapport de force joue en faveur du gouvernement. Le 22 mai débute la Semaine sanglante. Des deux côtés des atrocités sont commises, mais les « versaillais » donnent plus libre court à leur haine meurtrière. Tout les prisonniers, dans les deux camps, sont passés par les armes. Le 28 mai, les Prussiens attaquent le fort de Vincennes et fusillent, dans le fossé où le fut le duc d'Enghien les neufs généraux commandant la place. Le bilan final est extraordinairement élevé.

 

Pour Thiers c'est une tâche indélébile à sa carrière. La postérité gardera en mémoire sa démission devant la pression des monarchistes mais ne gardera pas sa « trahison », impardonnable. Ce sont en effet 30 000 personnes tués par les « versaillais » contre 900 tués par les communards. 40 000 personnes sont arrêtés. La suite des évènements va montrer des choses troublantes, des coïncidences curieuses. En effet, le le comte de Chambord, Henri, appelé à monter sur le trône, refuse d'abandonner le drapeau blanc. Thiers, chef de l'exécutif, est alors nommé Président de la République. Il démissionne le 23 mai sous la pression de la majorité monarchiste à la Chambre. Il est jugé trop républicain.

 

La figure de la répression de la Commune, Mac-Mahon, est choisit comme Président de la République pour sept ans. Il faut gagner du temps ! C'est la guerre aux symboles. Le Sacré-Coeur, ce monument hideux, que l'on voit dans la continuité du musée Pompidou lorsque l'on se trouve sur la terrasse de l'Institut du monde arabe à Paris, est inauguré. Le duc de Broglie, un aristocrate puissant et riche, est nommé chef du gouvernement. Dans les faits, nous sommes au beau milieu d'un cocasse imbroglio. La République est monarchiste. Il ne manque plus que le roi. Pouvons-nous parler de « monarchie républicaine » ou de « république royaliste » ?

 

Bientôt, un coup de théâtre survient ! Le 30 janvier 1875, a une voix de majorité, la Chambre adopte, par 353 voix contre 352, les Amendements Wallon qui stipule, noir sur blanc, le qualificatif de « Président de la République » et donc le terme « république ». Dès cet instant, l'ambiguïté n'est plus possible et, jusqu'à aujourd'hui, la France ne restaura point la « monarchie ». Les républicains vont même remporter les élections de 1876 et, malgré la dissolution de la Chambre par le Président Mac-Mahon, le Sénat passe aux mains des républicains en 1877. Deux ans plus tard, Mac-Mahon démissionne et c'est Jules Grévy qui devient le 4e Président de la République française.

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Commenter cet article
S
<br /> <br /> Ce n'est qu'après la Commune que la République est vraiment née... un épisode fort et tragique; il ne faut pas oublier Louise Michel qui ne s'est pas économisée ni défilée, elle... les femmes ont<br /> attendu longtemps encore pour le droit de vote. Merci, bonne soirée ...  http://www.deezer.com/fr/music/marc-robine/le-temps-des-cerises-47577#music/marc-robine/le-temps-des-cerises-47577<br /> <br /> <br /> <br />
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M
<br /> <br /> C'est une très belle chanson... il y a aussi un film sur l'emprisonnement de Louise Michel en Guyanne je crois...<br /> <br /> <br /> <br />