Ce blog a été créé par un étudiant en histoire et sociologie de l'Université du Havre. Il propose des articles allant du travail universitaire (exposé, compte-rendu...) à l'analyse spontanée de l'actualité... Il est donc à la fois objectif et subjectif, partial et impartial, méritant la plus grande prudence concernant les analyses de l'actualité notamment car elles sont parfois politiquement orientées.
Une enquête de l'OFCE, en 2010, notait une reprise de la croissance à la fin de l'année 2009, tout en en montrant une perte de confiance des ménages dès le début de l'année 2010. De fait, l'inflation réduit le pouvoir d'achat et le chômage retarde la reprise de l'investissement. D'ailleurs, d'après cette même étude, la rigueur budgétaire de 2010 et 2011 ne feront que retarder cette reprise. C'est ce que nous constatons actuellement avec des actionnaires et des grands chefs d'entreprises qui gagnent autant, voir plus d'argent, tandis que l'État installe le pays dans un climat de peur-panique concernant une éventuelle crise de l'euro et d'une plus grande rigueur. La rigueur est une stupidité et certains économistes le savent. La sortie de la zone euro est possible et n'engagerait pas une crise sans précédent. Comment faisait-on avant l'euro ? Que je saches, l'Europe, et le monde, n'avait pas connu une crise aussi grave depuis 1930 (qui risque d'être une petite crise à côté de ce qui nous attends si les gouvernements continuent leurs politiques suicidaires !). En conséquence, nous dit tout de même l'OFCE en 2010, l'économie va croître moins vite qu'elle aurait pu et le chômage va continuer d'augmenter.
La crise de 2007-2009 a entraîné des exigences de la part des marchés financiers. Ils exigent – exigences acceptées par les États – une réduction des déficits, une baisse du niveau des dettes obtenue en réduisant les dépenses publiques ; donc en supprimant, entre autres, des milliers de fonctionnaires. Or, ce sont eux qui forment une partie de la classe moyenne qui consomme. Si le « pouvoir d'achat » des ménages diminue, ils vont logiquement consommer moins où s'endetter encore davantage. C'est le même processus à l'échelle nationale. Un processus qui paraît comme inévitable et extrêmement pervers. Les ménages réduisent leurs dépenses et leur budget risque un enlisement. Ils doivent faire des choix. Pour les États c'est pareil. Seulement, ces choix ne sont pas toujours des plus judicieux et intelligents. La mauvaise organisation de la zone euro, confronté à la spéculation des marchés financiers va réagir bien trop tard. Le mal est fait. La France, qui va réussir à rallier l'Allemagne, veut se donner bonne conscience en s'attaquant à la Grèce, voulant montrer par là, sa « capacité » de réaction. D'après le classement des PIB publié par le FMI en octobre 2010 dans le World Economic Outlook Database, la France reste la 5e puissance économique du monde et la 2e d'Europe (derrière l'Allemagne et devant le Royaume-Uni). J'ai déjà parlé du cas de la Grèce et n'en parlerait donc pas encore ici (c'est trop écœurant !). Il faut donc lutter, nous dis l'OFCE, contre la spéculation sur les dettes publiques. Mais un autre acteur, terriblement plus « barbare », a fait son apparition. Il s'agit de ces obscures agences de notations.
Dans un échange entre les Internautes sur le site du journal Le Monde et Arnaud Leparmentier, une question porte sur la légitimité de ces agences.
Guest: Quelle est la légitimité des agences de notation ? Sur quoi repose leur crédibilité ?
Leparmentier : Elles sont crédibles parce que les marchés se fient à elles. On peut le déplorer. Elles ont souvent réagi tardivement, ou sur-réagi, mais elles servent, pour l'instant, de thermomètre à la santé des Etats et des entreprises. Honnêtement, actuellement, vous n'entendez plus les gouvernements critiquer fortement les agences de notation car ils ont compris qu'ils avaient eux-mêmes une part importante de responsabilité dans la crise.
Une autre question du même internaute concernant cette fois les eurobonds, dont l'utilisation ou non, fait débat depuis déjà quinze jours entre l'Allemagne et la France, cette dernière ce rangeant dans la voie de la première.
Guest: A la suite de l'Allemagne, la France rejette à son tour fermement le recours à des eurobonds. Était-ce vraiment une impasse ? Si l'Allemagne jugeait qu'elle serait perdante avec ce système, qu'en est-il de la France ?
Leparmentier : Les eurobonds sont un système où les mieux portants paient pour ceux qui sont en difficulté. Tant que la France reste collée à l' Allemagne, cela lui coûte d'avoir recours à des eurobonds. Elle aurait à payer pour l'Italie, l'Espagne, etc. Deuxièmement, créer des eurobonds équivaut à permettre à son voisin d'utiliser votre chéquier sans savoir ce qu'il achète avec. Paris et Berlin ne veulent de cet outil que si les budgets nationaux sont totalement fédéralisés. Nul ne le prévoit, nul n'en veut.
Toutes ces mesures d'austérité, de rigueur, ont des conséquences sur la société. L'indignation des populations face aux politiques de crises incomprises la plupart du temps – et à juste titre – s'accentue en Europe, mais pas seulement. Le mouvement des Indignés en Espagne ou aux États-Unis en est une parfaite illustration. Dans un article pour la revue Travail, genre et sociétés,Danièle Meulders et Síle O’Dorchai, tentent de mettre en lumière les hypothèses qui soutendent les analyses relatives à la distribution des revenus et à la pauvreté. Elles veulent montrer que ces hypothèses conduisent à sous-estimer, voire à cacher, les risques de pauvreté des femmes. Ces conséquences sont illustrées à travers trois exemples de « mauvais calculs » qui témoignent d’un aveuglement par rapport à la situation spécifique des femmes.
a) Le premier porte sur l’estimation du risque de pauvreté et montre la variabilité des estimations selon que l’on prend en compte le revenu du ménage ou les revenus individuels.
b) Le deuxième est relatif aux effets d’une rupture sur les revenus des membres du ménage, et montre que les résultats des calculs traditionnels sous-estiment la capacité des femmes à vivre seules.
c) Le dernier s’intéresse aux travailleurs pauvres, souvent des hommes dans l’approche traditionnelle, alors que la situation des femmes sur le marché du travail reste plus précaire.
Bibliographie
1- « En attendant la reprise… », Revue de l'OFCE 2/2010 (n° 113), p. 141-205.
2- Catherine Mathieu et Henri Sterdyniak « Finances publiques, sorties de crise... », Revue de l'OFCE 1/2011 (n° 116), p. 17-60.
3- Danièle Meulders et Síle O’Dorchai « Lorsque seul le ménage compte », Travail, genre et sociétés 2/2011 (n° 26), p. 85-104.