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Ce blog a été créé par un étudiant en histoire et sociologie de l'Université du Havre. Il propose des articles allant du travail universitaire (exposé, compte-rendu...) à l'analyse spontanée de l'actualité... Il est donc à la fois objectif et subjectif, partial et impartial, méritant la plus grande prudence concernant les analyses de l'actualité notamment car elles sont parfois politiquement orientées.

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L'enseignement en Angleterre (XVe-XVIIe)

Introduction

 

L'enseignement consiste avant tout à dispenser des connaissances intellectuelles.”En reprenant cette citation de Jacqueline de Romilly (1913-2010), je me suis posé la question suivante : comment dispensait-on ces connaissances intellectuelles et quelles étaient-elles dans l'Angleterre du XVe au XVIIIe siècle ? Dans les universités, la pensée dominante était celle de Thomas d'Aquin et donc la théologie prédominait. Peu à peu, un courant de pensée se développe rapidement, avec pour objectif de mettre fin à l'influence du Pape. Mon objectif à moi est de montrer que la diffusion des idées, notamment celles du roi Henry VIII, a été rendu possible parce qu'elles étaient débattues au sein des universités de Cambridge et d'Oxford principalement.

 

I. Les influences

 

1. L'influence d'Érasme (1469-1536)

En 1499, Érasme rencontre le professeur de théologie John Colet à Cambridge ainsi que le jeune avocat Thomas More. Il entreprend un second voyage entre 1505 et 1506, puis entre 1509 et 1514, durant lequel il séjourne chez Thomas More. Il est même invité à Cambridge par le chancelier John Fisher. Érasme commence par dénoncer la corruption de l'Église et met l'accent sur l'étude des textes sacrés. Il prône l'apprentissage de l'hébreu, du latin et du grec. Le luthéranisme était présent à l'université de Cambridge dès les années 1520, ce qui obligea Henry VIIIà sévir en faisant brûler tout les livres de Luther.

 

2. L'influence du protestantisme

Cela nous amène à poser la question suivante : y-a t-il un rejet du protestantisme au début du XVIe siècle ? Thomas More, par exemple, est favorable à une réforme, mais pas à un schisme. Toutefois, en 1535, il est exécuté avec Fisher sur ordre du roi Henry VIII. Paradoxalement, il y a une importante influence du luthéranisme au sein des universités. Cela traduit une intense activité intellectuelle. Thomas Cranmer (1489-1556) prend une part active aux débats. Ce futur évêque de Canterbury va porter la réforme anglicane. C'est lui qui permet le divorce du roi en 1533, mais il sera accusé de trahison et finira brûlé vif sur ordre de la reine Marie. Finalement, quelles sont les conséquences de cette double influence sur l'enseignement en Angleterre ?

 

3. Les résultats de cette double influence

L'enseignement de la théologie chrétienne est en perte de vitesse. Cambridge fut même surnommé la Litle Germany du fait de la présence du luthéranisme en son sein. Les étudiants, membres de la bourgeoisie et la gentry, en sont fortement influencés. Toutefois, il y a une limite à ne pas franchir : la traduction de la Bible en anglais ! William Tyndale (1494-1536) a publé la Bible en langue “vulgaire” vers 1523. Cet érudit, polyglote, affichait trop ses idées. “Je défie le Pape et toutes ses lois, et si Dieu me prête vie, je ferais qu'en Angleterre le garçon qui pousse la charrue connaisse l'Écriture mieux que le Pape lui-même.” Cette louable ambition de William Tyndale lui valut d'être exécuté en 1536 sur ordre de Charles Quint. Il aurait crié sur le bûcher : “Que Dieu ouvre les yeux du roi d'Angleterre !” Au lieu de cela, Henry VIII préféra brûler les livres de Luther et l'évêque de Londres, Tunstall, se chargea de jette au feu les Bibles de Tynsdale.

 

Finalement, l'enseignement en Angleterre apparaît clairement influencé par les deux tendances religieuses : un catholicisme réformé et le Protestantisme.

 

II. Les bases de l'enseignement pendant la Réforme

 

1. Les Collèges

Un Collège est un internat pour boursier doté d'un patrimoine. Il possède le nom de la commune à laquelle il appartient. Sous Élisabeth Ière, il est très sélectif et régi par ses propres statuts. Les élèves sont beaucoup des “fils à papa”, des fils de la gentry en vérité ou de la bourgeoisie locale. L'exignce de réussite influence alors l'enseignement dispensé. Les étudiants sont à la recherche d'une éducation classique avec la multiplication des conférences.

 

2. Les Grammars Schools

L'apprentissage est celui du latin, de la grammaire, des bases de la scolastique (du moins tant que celle-ci est autorisé), etc. Les candidats pour l'entrée dans ses institutions augmentent tout au long de la période. Les élèves sortent en général de l'école à 18 ans et cherche à entrer à l'université. En 1542, Henry VIII impose le manuel de grammaire de William Lily à toutes les écoles du royaume. Entre 1480 et 1660, seront créees 800 écoles.

 

3. L'enseignement dispensé

L'enseignement est multiple, comprenant surtout la médecine, le droit (notamment la Common Law), les langues (grec, latin et hébreu), la théologie (scolastique puis réformé) et enfin les mathématiques. Au XVIIe siècle, l'exemple parfait du modèle universitaire est William Harvey (1578-1657). Cet élève de Cambridge et d'Oxford devient directeur du Morton College d'Oxford puis médecin personnel de Jacques Ier. C'est lui qui découvre, en 1628, les lois de la circulation sanguine.

 

III.Les conséquences

 

La société anglaise aurait été déjà prête à recevoir la réforme religieuse proposée par le roi et ses conseillers parce qu'une grande part des jeunes y ont été préparés.

 

1.La diminution de l'influence de l'Église

En 1536, la faculté de droit canon est fermée et l'enseignement de la philosophie scolastique est supprimé à Cambridge. Toutefois, sont créé ausi des chairs en hébreu, en grec et en droit civil (Common Law). La même année, c'est la dissolution des monastères et des chanteries. Cela entraîne, à partir de 1560, des difficultés et une baisse des effectifs vers 1590. Les jeunes gens pauvres, formés par les monastères, disparaissent. De plus, les fils de paysans riches désertent les universités car ils n'ont plus la possibilité de faire carrière en apprenant la théologie.

 

2.Apparition de nouvelles disciplines

Afin de remédier à cette affaiblissement de l'enseignement théologique, il va falloir trouver des solutions. En effet, il y a une fuite de certaines professeurs catholiques. L'université perd de son prestige et on note un appauvrissement, à la fois financier et intellectuel. En 1636, William Laud, chancemier d'Oxford, prend parti pour le roi, marquant un retour du soutien des universitaires à la couronne d'Angleterre. Déjà, sous Élisabeth Ière, les universités retrouvent un certain prestige. La rhétorique, la philosophie (éthique et naturelle), ainsi que la logique, sont enseignés. La prose et la langue anglaise sont mise à l'honneur.

 

3.La qualité de l'enseignement

Les Collèges et les universités restituèrent aux écoles monastiques la tâche de recruter des candidats pour le clergé” nous explique Roger Maning. À la fin du XVIe siècle, il est déjà évident que l'université est une institution qui forme les nouvelles élites de l'Église réformée. Henry VIII, puis Élisabeth Ière, ont contribué à la création de chairs de professeur et ont remaniés le contenu des enseignements. Toutefois, au XVIIe siècle, les université perdent leur monopole sur l'enseignement professionnel, c'est-à-dire les sciences expérimentales. La Royal Society de Londres est fondée en 1660. L'apparition de nouvelles matières et la refonte de l'université fait tenir deux constats à Hugh Latimer (1485-1555). Le premier, cest l'appauvrissement des étudiants, et le second c'est le recul de la théologie en général. Ce constat est relativisé par Manin qui montre que les réformes ont eu un résultat positif sur l'éducation laïque aussi bien qu'ecclésiastique.

 

Conclusion

 

Finalement, nous notons trois changements :

Le premier, c'est la fin de l'enseignement de la scolastique 

Le second, c'est l'émergence de disciplines nouvelles comme l'anglais ou même l'histoire. 

Le troisième, c'est l'instabilité estudiantine avec un embourgeoisement puis un appauvrissement avant de se rehausser 

 

Édouard VI mettra en place un nouveau système d'éducation consécutif de la Réforme. L'objectif est de réorganiser les écoles selon les principes de la réforme anglicane. Il faut aussi signaler la hausse du nombre d'écoles et l'aide apporté par le roi dans cette entreprise de “restauration” de l'éducation anglaise.

 

Simon Levacher,

Licence 2, histoire moderne

2010, Université du Havre

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