Ce blog a été créé par un étudiant en histoire et sociologie de l'Université du Havre. Il propose des articles allant du travail universitaire (exposé, compte-rendu...) à l'analyse spontanée de l'actualité... Il est donc à la fois objectif et subjectif, partial et impartial, méritant la plus grande prudence concernant les analyses de l'actualité notamment car elles sont parfois politiquement orientées.
QUATRE COURS, QUATRE DOMAINES
Le titre de cette seconde partie n'a rien d'original puisque je reprends la forme du premier. Il est nécessaire, je crois, d'attacher de l'importance aux titres car ils donnent au lecteur une idée du contenu... du moins c'est leur vocation. Je n'ai jamais mis les pieds au Collège de France, mais j'ai regardé certains cours via le site Internet (Collège de France). Pour ceux qui ne connaissent pas ce lieu de savoir, il est intéressant d'aller y voir d'un peu plus près, car, c'est ma conviction toute personnelle, chacun peu y trouver son compte. Pour ma part, j'ai regardé (ou écouté) les cours de Jacques Bouveresse, de Pierre Rosanvallon, de Christian Goudineau et de Denis Knoepfler. Mon objectif, bien sûr, n'est pas de vous montrer que je m'instruis, cela n'a aucun intérêt pour vous, mais de répondre à une interrogation : quel est l'intérêt des cours du Collège de France ? Déjà, ils sont accessible au plus grand nombre, gratuitement. N'est-ce pas républicain en soi ?
I
J'ai donc commencé par ceux de Jacques Bouveresse sur Leibniz. Je voulais certainement me suicider intellectuellement car je n'entendais rien ou presque de ce qu'il racontait pourtant fort clairement. Les connaisseurs devaient bien sûr trouver cela relativement accessible. Je me suis finalement rabattu un temps sur la chaire de Pierre Rasanvallon. Son cours était consacré, et est toujours cette année, consacré à la démocratie. C'est un peu grâce à lui que je me suis penché plus en avant sur la question de la crise étatique qui touche l'Occident. Ensuite, j'ai été attiré, cette fois par un intérêt tout particulier, par les cours de Christian Goudineau, qui était titulaire d'une chaire d'Antiquités nationales. Il y a fait, pour l'année 2009, un bilan de sa carrière au Collège de France, une rétrospective de son champ d'étude en quelque sorte. Certains de ses invités m'ont fortement intéressé, par leur aisance d'abord, leur érudition ensuite, le sujet abordé enfin. Je citerais en particulier Matthieu Poux et Paul Van Ossel. Le dernier professeur qui attira mon intention est l'épigraphiste et hélleniste Denis Knoepfler. Afin de bien vous montrer l'intérêt de ces cours, je vais revenir sur une démonstration plus générale en vous montrant l'utilité pour un étudiant, mais toute personne désirant hausser le niveau de sa culture générale sans trop faire d'effort (en effet, il suffit de regarder ou d'écouter), du Collège de France.
II
Revenons un instant sur les enseignements du Collège et pour cela sortons de celui de l'histoire. En effet, il y a des cours sur des sujets variés et plus ou moins précis. Par exemple, je doute fort qu'il y ait beaucoup d'adeptes, mise à part les spécialistes, de la chaire de Chimie des interractions moléculaires de Jean-Marie Lehn. En revanche, il y aussi une chaire intitulée Evolution du climat et de l'océan dont les cours sont assurés par Edouard Bard. Il y a, et c'est fort bien, une surreprésentation des sciences humaines et des sciences naturelles. La physique et les mathématiques ne sont pas non plus oublié, mais, j'avoue, je n'ai jamais été écouté un cours de ces chaires. Il y a donc une diversité de cours et de personnalités. La diffusion en ligne de certains cours honore le Collège de France et me permet de penser, que, en France, il y a encore un peu de place à la recherche de haut niveau. Ce qui me désole toutefois, mais cela n'engage que moi (et ceux qui me rejoindraient sur ce plan), c'est qu'il n'y ait pas cet engouement pour l'université. Le Collège fonctionne comme n'importe laquelle des Académies et enseigner au Collège reste honorifique pour les chercheurs qui le demande. L'université, en revanche, c'est le gagne-pain, n'ayons par peur des mots, des chercheurs en général.
Nous pouvons donc conclure en disant que, d'une part le Collège de France mérite une place de choix dans la diffusion de la recherche en France et auprès d'un large public (qui reste toutefois scolaire, ne nous voilons pas non plus la face), et d'autre part qu'il ne dois en aucun cas faire penser qu'il n'y a pas de problème dans la recherche universitaire en général. La qualité des enseignements du Collège est tout de même dû, pour beaucoup des professeurs, à des gens issus de l'université et non des Grandes Ecoles. Plus le niveau des universités baisse et plus les chances de voire apparaître sur la scène de la recherche des gens inexpérimentés sont grandes.