Ce blog a été créé par un étudiant en histoire et sociologie de l'Université du Havre. Il propose des articles allant du travail universitaire (exposé, compte-rendu...) à l'analyse spontanée de l'actualité... Il est donc à la fois objectif et subjectif, partial et impartial, méritant la plus grande prudence concernant les analyses de l'actualité notamment car elles sont parfois politiquement orientées.
QUATRE PRECURSEURS, QUATRE MAÎTRES
Le XXIe siècle, pour un étudiant, c'est l'occasion de regarder, écouter, lire les travaux de ceux qui consacrent leur temps à la recherche. Le Collège de France, tout comme d'autres prestigieuses institutions, fait parti de ces lieux de savoir priviligié car pouvant rassembler un large public, allant du lycéen curieux au plus chevronné des spécialistes. C'est véritablement merveilleux, et je dis cela sans être assez élogieux. Certes, vanter les mérites d'une maison vieille de quatre cent quatre-vingt ans, est un peu facile tant elle a accueillie de prestigieux personnages. Pour l'historien, il convient d'en citer quelques uns.
Quatres maîtres
Michelet, tout d'abord, le père de l'histoire moderne française, enchanteur par son romantisme parfois lyrique et poétique ; enchanteur surtout par sa passion pour les archives et son goût pour l'épique et l'héroïsme. Lucien Febvre et Fernand Braudel ensuite. Tout deux ont collaborés aux Annales et sont considérés comme précurseurs de la "nouvelle histoire". Braudel, d'ailleurs, dont la voix était chaleureuse et bienveillante, parlait de dame Clio comme une mère parlerait de son tendre enfant. Febvre et Braudel avaient ce rapport passionnel à l'histoire qui reste aujourd'hui présent à ceux qui, comme moi, n'ont pu que lire leurs livres. Je terminerais avec Georges Duby. Sa leçon inaugurale sur les sociétés médiévales est un véritable petit chef d'oeuvre d'érudition et de littérature. J'exagères sans doute un tantinet, mais il applique avec brio la technique de la synthèse, résumant les évolutions et les ruptures de cette société médiévale si mal jugée avec le talent d'un excellent essayiste. Il suit à la lettre les enseignements de Braudel et manie parfaitement la longue durée.
Histoire de France de Duby
Duby est aussi le directeur de publication d'une des plus fameuse Histoire de France du XXe siècle ; un ouvrage collectif qui ne nous enferme pas dans ce conformisme du XIXe siècle qui consistait à écrire l'histoire comme un manuel de montage, comme une notice, avec cette prétention de connaître et d'affirmer la vérité. Pas de place, donc, à l'hypothèse et l'auteur n'apparaît pas, suggéranr parfois sa présence très implicitement. L'Histoire de France en question, rééditée en 2007 chez Larousse, n'est nullement dans cet esprit là et cela est dû au fabuleux style de Duby. Il aurait pu être homme de lettres sans trop de difficultés. C'est un maître concernant l'écriture de l'histoire. Le "je" est présent ainsi que le doute et les hypothèses d'un chercheur au travail, parfois même les interrogations. Je crois sincèrement que son honnêteté intellectuelle était telle qu'il laissait assez facilement à d'autres le soin de répondre aux problèmes qu'ils ne pouvaient résoudre lui-même. C'est une certitude.