Ce blog a été créé par un étudiant en histoire et sociologie de l'Université du Havre. Il propose des articles allant du travail universitaire (exposé, compte-rendu...) à l'analyse spontanée de l'actualité... Il est donc à la fois objectif et subjectif, partial et impartial, méritant la plus grande prudence concernant les analyses de l'actualité notamment car elles sont parfois politiquement orientées.
L'année dernière, des cas de plagiats ont été repérés dans des travaux d'étudiants de deuxième année de licence. Nous avions eu, nous, pauvres petits étudiants de première année, le droit à une leçon de morale de quarante-cinq minutes par notre professeure d'histoire médiévale, madame Sansy. Je ne me sens pas, personnellement, concerné par le plagiat. J'ai cité mes sources la plupart du temps, et, si par mégarde je ne l'ai pas fait – il arrive parfois d'oublier des guillemets ou d'annoter une citation – il s'agit, le plus souvent, d'une erreur dû à une mauvaise relecture.
En ce jour de rentrée universitaire, dans un contexte sociale et politique tendu, nous avons eu le droit à une nouvelle leçon de morale sur le plagiat et sur les sources. Cela m'a fait repenser à ma série d'articles « Contre Onfray » (Contre Onfray (épisode 3) ). Je l'ai critiqué assez ouvertement, c'est vrai, après la parution de son livre L'affabulation freudienne(2010) parce que j'ai trouvé plus crédible le discours des « universitaires » que critique tant Onfray. J'avais d'ailleurs essayé d'apporter des éléments allant dans mon sens... Je reviens donc sur lui, car, dans un monde universitaire où des étudiants se font exclurent deux ans des universités françaises, le plus souvent pour des erreurs du à un manque d'expérience, par naïveté le plus souvent, il y a des docteurs en philosophie (ce qu'est Onfray, ne l'oublions pas) qui publient, pour être médiatisés, des livres quelques peu polémique (je parlais de l'essai il y a peu) et cela sans respecter les règles académiques.
En soi, est-ce un mal ? Non. De nombreux essais sortent, chaque mois, sur des sujets plus ou moins divers, et ces essais sont de plus ou moins bonnes qualités. Ce qui est, pour moi, dérangeant, c'est de constater que Michel Onfray s'oppose à l'université, qu'il juge assez négativement car c'est le sanctuaire du rigorisme intellectuel... Certes, encore une fois. Il peut avoir sa propre idée de l'université, lieu qui lui a donné, tout de même, un métier... Donc, afin de bien se démarquer, il créé l'université populaire de Caen. Le concept est louable et fort intéressant. D'ailleurs, à Fécamp, il y a une université populaire depuis 2007 (?) et elle fonctionne bien... Je vais assister à des cours quand les sujets me plaise. Il y en aura prochainement sur la Franc-Maçonnerie.
Le problème est que Onfray, dans ses cours, et non pas forcément dans ceux de ses collègues, il se sert de cela pour s'en faire une tribune. Il est frappant de constater que, un peu comme le font les professeurs du Collège de France, il publie un livre après un ou deux ans de cours... Il développe ses idées dans ses cours de l'université populaire, et, d'une certaine manière, il reproduit un mécanisme académique fort bien rôdé : il fait ses recherches, donne des conférences et publie des livres (voir Hypathie). C'est un pur produit de ce qu'il est le premier à dénoncer... N'est-ce pas la un manque de respect envers l'institution universitaire ? Une provocation ? L'agacement de Roudinesco se comprend, même s'il ne peut s'excuser par les propos qu'elle a tenue parfois. Onfray est certes plaisant à écouter... Je l'ai fais sur France Culture. Pourtant, une question demeure : qui vérifie ce qu'il affirme ?
Onfray se permet, je m'excuse par avance auprès de ses admirateurs fervents, de ces interprétations que l'on qualifie de lecture par « sous-entendus ». De plus, il use de la caricature, d'arguments ad hominem (c'est une technique de rhétorique !) et d'analogies plus que douteuses... Il va même bien plus loin. Onfray ose dire que Kant est le précurseur du nazi Eichmann, simplement parce que ce dernier a cité le philosophe allemande lors de son procès... C'est ce que l'on appelle, en histoire, un fâcheux anachronisme ! En fait, nous aurions affaire à un sophiste plus qu'à un philosophe.
Il est évident qu'Onfray n'est pas qu'un affabulateur - je ne veux pas entrer dans son jeu - mais il y a certaine dérives, quelque fois, comme l'expulsion des Roms, qu'il faut non pas dénoncer - je ne suis pas un juge - mais dont il faut mettre en garde les citoyens, et cela par "honnêteté intellectuelle" (si, bien sûr, cette expression à un sens encore aujourd'hui).