Ce blog a été créé par un étudiant en histoire et sociologie de l'Université du Havre. Il propose des articles allant du travail universitaire (exposé, compte-rendu...) à l'analyse spontanée de l'actualité... Il est donc à la fois objectif et subjectif, partial et impartial, méritant la plus grande prudence concernant les analyses de l'actualité notamment car elles sont parfois politiquement orientées.
Comprendre un monde inconnu est une difficulté presque infranchissable. Me concernant, le monde arabe n'est pas familier de mes représentations quotidiennes et la médiatisation des évènements n'aident pas à percevoir les enjeux qui sous-tendent les révolutions dans des pays comme la Tunisie, l'Égypte et la Libye. Le peuple veut plus de liberté, veut se détacher de la tyrannie d'un homme, parfois d'un groupe d'individu, le « clan ». Henry Laurens, dans sa leçon inaugurale au Collège de France, donnée en 2004, explique que le modèle patriarcal, issu des idées du théoricien Ibn Khaldoun, hostile à l'émancipation des femmes, est encore une réalité au début du XXIe siècle. Il ajoute que « l'idée générale est que ces sociétés sont régies par des solidarités parentales élargies » (p.28). Or, dit-il ensuite, c'est faire peu de cas de l'héritage étatique islamique qui rejetait ces solidarités. Finalement, Laurens laisse entendre qu'une forme de modernisation a mis fin, a altérer du moins, ce modèle patriarcal. Avec la fin des guerres de décolonisations, les pays de l'ancien empire ottoman commencent à moderniser leur économie. De fait, comme c'est le cas en Tunisie, certains se sont accaparés les richesses et le peuple, aspirant à plus de liberté, mais surtout à une vie meilleur, ne pouvait continuer ainsi. Deux grandes tendances peuvent être avancées : d'une part, la population croît dans la plupart des pays, d'autre part, le monde arabe s'ouvre au monde notamment par l'accès aux nouvelles technologies. La corruption et l'autoritarisme s'oppose de fait à la mondialisation. En effet, expliquait déjà Laurens en 2004, « les chaînes satellitaires arabes et l'Internet sont en train de créer un nouvel espace de débats du Golfe à l'Océan et de rendre inopérants les mécanismes du contrôle de l'information » (p.42). Il ajoute : « La démocratie ne peut être imposée de l'extérieur, fut-ce de façon paternaliste. Mais on ne peut non plus justifier le maintien d'un autoritarisme répressif au nom des nécessités d'une stabilité indispensable à l'ordre géopolitique mondiale. » (p.43)