Ce blog a été créé par un étudiant en histoire et sociologie de l'Université du Havre. Il propose des articles allant du travail universitaire (exposé, compte-rendu...) à l'analyse spontanée de l'actualité... Il est donc à la fois objectif et subjectif, partial et impartial, méritant la plus grande prudence concernant les analyses de l'actualité notamment car elles sont parfois politiquement orientées.
La question de la périodisation en histoire est encore en débat aujourd'hui. J'ai été écouter, il y a déjà deux mois, une conférence de Nicolas OFFENSTADT dans l'amphi 7 de l'Université du Havre. Elle avait lieu dans le cadre du séminaire de Christian CHEVANDIER, professeur d'histoire contemporaine. Il nous a expliqué qu'il y a une certaine lourdeur dans la périodisation historique. En effet, l'Antiquité, le Moyen-Âge, les Temps Modernes et l'époque contemporaine, sont des périodes discutée, dans lesquelles il y a des sous-périodes, des règnes phares, des appellation qui englobe plusieurs siècle (comme le “Grand Siècle”), etc. L'Antiquité tardive, à laquelle j'attache de l'importance, n'est pas une période “officielle”. Je ne détaillerais pas le contenu de la conférence, mais je vais tenter quelque chose d'un peu osée. Je vais créer de toute pièce une nouvelle période.
En fait, je pars de la définition courte d'histoire contemporaine, c'est-à-dire la période que le chercheur a connu (en gros, depuis sa naissance). À partir de là, il reste, de 1789 à 1989 – en ce qui me concerne – deux cents ans. J'ai déjà pensé à tout cela bien sûr, sinon je me permettrais pas d'en parler. Le seul problème, et il est de taille, c'est que je vais avoir du mal à apporter beaucoup d'arguments. De fait, ma nouvelle période s'intitulerait “Temps Industriels” et irait – c'est encore imparfait en mon esprit – de 1814 aux années 1970. Pourquoi ? En fait, 1814 parce que, pour faire plaisir aux modernistes, la Révolution et l'Empire sont une période de transition (comme depuis 1989 soit dit en passant). Bref, entre 1789 et 1814, on a encore affaire à des dirigeants politiques qui pensent en fonction des normes du XVIIIe siècle. Napoléon est lui-même un homme du siècle des Lumières.
Alors, pourquoi “Temps Industriels” ? En sociologie, nous l'apprenons, les mentalités évoluent à partir de la Révolution, mais surtout avec la Révolution industrielle. L'homme est pris en compte, mais, paradoxalement, si l'homme s'individualise (il suffit de lire Tocqueville), il est aussi de plus en plus considéré comme une machine (théorie de Taylor). L'histoire commence a prendre un statut nouveau, plus scientifique. La sociologie apparaît au XIXe siècle... Les sciences en général se développent. L'évolutionnisme de Darwin est quelque peu révolutionnaire, même s'il reprend des thèses plus anciennes (notamment Lamarck). De nombreux dictateurs du XXe siècle reprendront à leur compte des systèmes philosophiques du siècle président. Il est évident que le XIXe et le XXe sont liés entre eux. L'industrie, symbole phare du communisme russe, est en déclin dès la fin de la seconde guerre mondiale. Il y a, après la crise des années 70, de nouveau des changements des mentalités, notamment dans la jeunesse. Le capitalisme prend un nouvel essor avec un libéralisme à outrance.
Alors que le XIXe siècle s'est intéressé à l'homme, le XXe siècle a permis quelques progrès sociaux considérables (lire Stéphane Hessel), mais depuis quarante ans il y a une régression de ces idées. Le monde a brutalement changé et les contemporains – moi le premier – en ont soit, pas du tout conscience, soit, ils en ont conscience mais ne parviennent pas expliquer de quoi il s'agit. Or, c'est évident, les mentalités en Europe évoluent. Pour moi – peut-être suis-je trop positif – elles n'évoluent pas en mal. L'écologie prend un certain essor et les idées de gauche – malgré les divisions – ne sont pas “morte”, bien au contraire. Je pense plutôt que c'est la droite classique – malgré ses victoires électorales – qui ne va pas bien. L'unité qui était la leur s'effrite. Alors, après le passage au XXIe siècle, mais aussi au IIIe millénaire, une époque est finissante, une période de prospérité économique jamais égalé, la fin des empires coloniaux, une multiplication des “identités” régionales, la baisse rapide du sentiment religieux... permet de donner à la période allant de 1814 aux années 1970 un nom. Mon exposé est peut-être un peu audacieux, mon ambition un peu fort (créer une période n'est pas chose aisée et le flop est assurée, mais j'attends de connaître, dans cinquante ans, le noms qu'on lui donnera).
Il est certains qu'à l'échelle du monde les "Temps Industriels" ont encore de beaux jours devant eux. Ainsi, si l'Europe - pour une fois - paraît en avance, il n'en est rien de l'Afrique et de l'Amérique du Sud, par exemple.