Ce blog a été créé par un étudiant en histoire et sociologie de l'Université du Havre. Il propose des articles allant du travail universitaire (exposé, compte-rendu...) à l'analyse spontanée de l'actualité... Il est donc à la fois objectif et subjectif, partial et impartial, méritant la plus grande prudence concernant les analyses de l'actualité notamment car elles sont parfois politiquement orientées.
Spartacus serait né vers 100 avant notre ère dans la tribus thrace des Maides près du fleuve Struma. “La Thrace, nous explique Catherine Salles, a toujours été réputée au cours des siècles pour la vaillance guerrière de ses hommes et la forte coloration mystique des cultes qui s'y pratiquaient.” (p.8) Nous savons que Spartacus était marié à une prêtresse de Dionysos. La légende veut qu'il ait été berger, mais il se pourrait en fait qu'il soit plus noble qu'on ne le dis. Le débat n'est donc pas clos sur les origines de l'illustre gladiateur. De plus, le fait qu'il maîtrise l'art de la guerre et une pensée que Plutarque compare à celle d'un Grec, est significatif au moins d'une imprégnation culturelle. Appien affirme qu'il déserta après avoir été enrôlé de force dans l'armée romaine. Repris, il fut vendu à un laniste(=marchand de gladiateurs) de Capoue, Lentulus Battiatus. Nous savons que les gladiateurs n'était pas les plus à plaindre concernant leur niveau de vie. Ils avaient une nourriture abondante et il pouvait aussi avoir une femme avec eux. Il semble, d'après les sources latines, que la femme de Spartacus était avec lui chez Battiatus.
En tant que gladiateur, Florus le qualifie de “mirmillon”, c'est-à-dire équipé plus légèrement qu'un “thrace”. Quant à leur condition de vie, Florus nous dit bien que “ceux-ci en effet, si le sort en fait des êtres en tout point assujettis, constituent en quelque sorte une race d'hommes de second rang et peuvent être associés par adoption aux avantages de notre liberté.” Or, le rhéteur romain écrit au IIe siècle de notre ère a l'époque impériale durant laquelle le statut des gladiateurs est tout à fait différents de celui qu'ils avaient trois siècles plus tôt. En effet, Catherine Salles montre bien que “de tous les esclaves, les gladiateurs étaient à coup sûr les plus méprisés, puisque leur seule “utilitée” dans le monde romain était d'offrir le spectacle excitant de leur mort.” (p.11) La plupart du temps, c'étaient des prisonniers de guerre que l'on achetait pour leur vigueur. Pour qu'il puisse servir, il fallait les former dans des “écoles”, les ludi. Capoue était alors un gros centre de formation et Lentulus Battiatus un des lanistesles plus importants. En effet, son école entraînait environ deux-cents gladiateurs, la plupart des Gaulois et des Thraces.