Ce blog a été créé par un étudiant en histoire et sociologie de l'Université du Havre. Il propose des articles allant du travail universitaire (exposé, compte-rendu...) à l'analyse spontanée de l'actualité... Il est donc à la fois objectif et subjectif, partial et impartial, méritant la plus grande prudence concernant les analyses de l'actualité notamment car elles sont parfois politiquement orientées.
L'euro, encore l'euro, toujours et encore l'euro. Sauver l'Europe par sa monnaie quoi de plus grandiose et de plus charmant. Mais de quelles bontés d'âme nous gratifient ces politicards grandiloquents ? Ah, elle est belle cette Europe libérale, antre vivace d'un capitalisme financier à l'agonie. C'est cela l'avenir : sauver les meubles coûte que coûte. Que fait donc la Déclaration des droits de l'homme dans la Constitution de 1958, dans le tout frais Traité de Lisbonne de 2007 ? Après, on va s'inquiéter qu'un Stéphane Hessel ose affirmer qu'il fut un rédacteur de cette Déclaration. Il en a été toutefois le témoin certains et il fait bien de nous rappeler l'existence de notre Sécurité sociale, dans quel contexte nous avons obtenu notre État providence. Et voilà Sarkozy s'affichant en sauveur de l'Europe, critiquant l'Allemagne – avec raison – mais sans modestie. Sa fierté d'inscrire son nom dans l'histoire est d'un pathétique risible. Le 26 juillet, il adressa une lettre au parlementaires, aux élus de la République, pour parler du grave sujet de l'avenir de l'euro. La manière, encore la manière, toujours et encore la manière.
Diantre, le monde politique est tombé bien bas en cette été 2011 assurément plein de surprises surprenante. Sarkozy ! Le nom, certes, restera dans l'histoire, c'est indéniable. Reste à savoir sous quelle forme. Écrira t-on sur son génie pour conquérir le pouvoir ? Le film La Conquêteest parfait pour le comprendre. Sur son sens politique, ses idées nouvelles et son illusoire « rupture », qu'en retiendra l'histoire ? Là, mon pitoyable esprit sceptique reprend le dessus. Le doute me taraude, m'assaille, m'empêche d'y voir pour le moment un rayon de lumière. L'arc-en-ciel promis ne vient pas, le pouvoir d'achat non plus d'ailleurs. La réforme des retraites entraîne dans les affres de la misère des pauvres citoyens jusqu'à tenaces, s'accrochant avec peine pour finir le mois décemment, espérant pouvoir économiser, emmener la petite famille en vacances. Ah, me voilà devenu larmoyant, touchant aux indignes émotions qu'il ne faut surtout faire surgir au risque d'être un démagogue. Même le sens des mots change en fonction de l'intérêt des uns et des autres.
En vérité, c'est ce qu'on appela jadis humanité qui tends à disparaître corps et bien. Sans honte, monsieur de Président de la République, Nicolas Sarkozy, avoue que « au-delà du sort de la Grèce qui nous concerne tous, c'est l'avenir de toute la zone euro qui se joue, donc notre avenir et celui de toute l'Europe. » La messe est dite ! L'Allemagne ne se rallia que pour sauver l'Italie, l'Espagne et peut-être même la France. Un pays outre-Rhin ne subsistant que par les importations ne peut se permettre de laisser couler ses acheteurs. Il est utile parfois de se montrer bon mécène. Croyiez-vous donc que les députés grecs ont vraiment eut le choix ? Ils ce sont certainement lâchement conduit, mais ils ont été plus intelligents qu'il était possible de l'imaginer. En sortant de la zone euro, ils réglaient le problème allemand. Seulement, comme le souligne certains petits malins, la crise grecque nous arrange. La France prête de l'argent avec un taux d'intérêt très bas et gagne donc de l'argent sur la misère des citoyens européens de la Grèce. L'argent, encore l'argent, toujours et encore l'argent.
En plus, magnifique de lucidité, notre cher Sarkozy reconnaît que la France et l'Allemagne sont deux pays différents. Il parle « d'enjeux fondamentaux » sans nous dire lesquels et il ajoute, parlant de notre voisine outre-Rhin : « Nos différences existent, elles font l'identité de deux vieilles nations mais l'Histoire nous a appris à les surmonter dans l'intérêt supérieur de l'Europe. » Les belles paroles que voilà. La vieille Europe au secours d'elle-même, n'est-ce pas merveilleux ? L'Allemagne réunifiée a tout juste vingt ans d'existence alors que notre Ve République a déjà une cinquantaine d'années. Nous sommes vieux, ils sont jeunes. Merkel agit par intérêt, pour sauver son économie et n'a que faire d'une Europe dont les institutions n'apportent même pas la stabilité nécessaire au bon fonctionnement du capitalisme financier. Pauvre Allemagne et pauvre Europe. Les grandes dames sont aveuglés par des illusoires succès, par des autorités incapable d'empêcher la France d'expulser les Roms, n'arrivant pas même à dire stop à ce dictateur populiste hongrois... Bref, une Europe sombrant dangereusement dans l'extrémisme de droite, le fondamentalisme et la xénophobie plus que primaire.
Quel message retiendra l'Europe de la folie meurtrière de cet homme en Norvège ? Rien. Elle trouve encore le moyen d'accuser les musulmans d'en être à l'origine. Ils sont trop nombreux chez nous ces étrangers. Un tel acte était prévisible et la faute incombe à ces bougnoules qui osent nous envahir. Mais dans quelle époque vivons-nous ? Sommes-nous revenus aux infâmes croisades contre l'hérétique, le sarrasin ? Eh bien, non, hélas, c'est le XXIe siècle et pourtant, pourtant, les autorités d'un pays démocratique entassent encore dans des avions des individus simplement parce qu'ils vivent dans des bidonvilles. Des voleurs de bas étage, des profiteurs sans scrupule, bénéficiant de la Sécurité sociale, payant parfois des impôts.... En effet, c'est trop de misère pour l'image de la France voulue par Sarkozy. Mais, monsieur le Président, la misère est l'inavouable résultat de la politique menée depuis des années par votre ignoble majorité, plongeant, au fil des semaines, un peu plus dans la décadence ce petit dont vous vous targuez d'être le gestionnaire.
Il énonce, Sarkozy, des mesures prises. La constitution d'organismes d'aide, de stabilité, des pactes dont l'efficacité a été ramené à l'état d'un nihilisme par de nombreux économistes réalistes. Franchement, comment, humainement, soutenir un plan d'austérité comme celui de la Grèce ? C'est une offense direct à la démocratie, un manquement aux règles les plus élémentaires du droit des hommes et femmes à vivre sous un toit, à manger à sa faim... Bref, c'est le droit de vivre que ce plan d'austérité piétine sans scrupule. Ensuite, le Président parle d'un « effort » que tous ont accordé à la Grèce par solidarité envers « l'un des nôtres ». Comme le phrasé est émouvant ! Un « effort » que les Français vont payer et qui, n'en doutons pas, permettra aux caisses de l'état de se remplir de liquidités gracieusement remboursées par les Grecs par la suite, avec les intérêts. Bref, les Français paient pour que les Grecs remboursent de l'argent qui rentrera dans les caisses de l'État, et non dans celles du citoyen lambda. Bref, comme toujours, c'est le contribuable qui paie les erreurs des politicards soumis à des puissants financiers, exemptés eux-mêmes de l'Impôt Sur la Fortune.
« C'est un véritable Fonds monétaire européen que nous avons l'ambition de construire », écrit-il encore. Il se dévoile, ne cachant pas ce que les anticapitalistes pouvaient craindre. La tentative est conservatrice. Ainsi, il veut un système financier pour l'Europe qui a montré ses faiblesses sur le plan international. Et qu'à donc fait le FMI pour prévenir la crise grecque ? Qu'à donc fait l'Europe pour prévenir la crise de sa monnaie alors même qu'elle en avait les moyens ? L'un et l'autre n'ont rien fait. Après, ils vont se vanter de sauver la situation en précarisant des citoyens un peu plus encore. Après, ils vont dépenser des millions pour faire la guerre, incapable d'apporter une aide suffisante au pauvres Africains mourant de faim dans les pires conditions. L'Europe de demain, est-ce cela ? Apporter la misère partout où elle va, faisant payer ses erreurs, imposant ses institutions par des magouilles de procédures.... est-ce vraiment cela l'Europe dont rêvent les citoyens des pays membres ? Je ne le crois pas. Le vote vers l'extrême-droite, vers l'écologie politique, vers tous ce qui ressemble à des alternatives, n'est pas anodin. C'est le signe d'un malaise profond, d'une incompréhension certaine de cette Europe de politiciens-gestionnaires, de financiers déconnectés de la réalité sociale, de la vie quotidienne des Européens.
Toutefois, qui pour en prendre la mesure dans la classe politique au pouvoir ? Mélenchon explique que l'Union européenne n'est pas une démocratie... bientôt, je me verrais contraint de le croire. L'Europe fait beaucoup pour nous, soit, mais la médiatisation des plus importantes décisions ruinent sa popularité. Il est heureux d'avoir une Viviane Reding pour rappeler à l'ordre un Sarkozy qui ose défier le Parlement européen en envoyant Hortefeux et Besson affirmer que la France se passera de l'avis des députés en ce qui concerne les Roms. Au nom de la France ! Et puis quoi encore ! La France implique des Français, eux-mêmes divisés sur la question. Sarkozy finit sa lettre par un appel au rassemblement des parlementaires, à l'Union sacrée pour le bien de la France : « En France, dans les mois qui viennent, nous avons besoin aussi de nous rassembler sur ces questions essentielles, au-delà des intérêts partisans. La représentation nationale que vous incarnez jouera, j'en suis sûr, un rôle majeur pour assurer le sens de notre responsabilité commune face à l'Histoire. » Un plan de soutien à l'euro qu'il devra faire valider par le Congrès. Il n'aura pas la majorité des trois cinquième. Il le sait, mais, tout de même, il ose parler de responsabilité, lui qui n'a cessé de prôner la rigueur après avoir promis le mieux vivre. Fidèle à lui-même, c'est un nouveau cris, un retour aux fondamentaux de 2007 : « ensemble tout devient possible » !
En fait, c'est un pathétique coup de poker politique pour flatter des députés aux ordres, obéissants sans broncher lorsqu'ils sont à droite, gesticulant sans agir lorsqu'ils sont à gauche. Bref, le mot de la fin n'est pas optimiste : si les Français ne se réveillent pas en 2012 on est grave dans la panade !