Ce blog a été créé par un étudiant en histoire et sociologie de l'Université du Havre. Il propose des articles allant du travail universitaire (exposé, compte-rendu...) à l'analyse spontanée de l'actualité... Il est donc à la fois objectif et subjectif, partial et impartial, méritant la plus grande prudence concernant les analyses de l'actualité notamment car elles sont parfois politiquement orientées.
Jacques Chirac, en son temps, coupa les vivres aux associations bénévoles qui travaillent dans les quartiers populaires. Depuis, la police est devenue un acteur de la communauté avec des contrôles d'identité permanent, des harcèlements et des insultes de la part des policiers, etc. Tout cela entretient une haine de la police alors que dans son ensemble, elle n'est pas aussi radicale. D'ailleurs, l'efficacité des forces de l'ordre est remise en cause. Nicolas Sarkozy, lorsqu'il était ministre de l'Intérieur a parlé des jeunes de ces quartiers en les comparant à de la « racaille » qu'il faut « nettoyer au karcher ». Il manipulait même l'opinion car la situation était plus complexe et les policiers avaient largement leurs responsabilités. Nous sommes en octobre 2005.
Les gens stigmatisés sont des pauvres marginalisés. « And, so, Sarkozy said that the suburbs should be desinfected to get rid of the seum » (John Merriman, cours à l'université de Yale sur France since 1871). La pensée du président français est en elle-même contradictoire. Il stigmatise les pauvres tout en leur promettant de devenir riche s'ils travaillent. Mais ils travaillent déjà ! Certes, sans papiers, certes sans droits, mais ils travaillent ! C'est la réussite que prône Sarkozy. Aussi stupide que Jean-Marie Le Pen il est, aussi xénophobe et inconscient il restera. Ce relan d'idées racistes s'est banalisé en France. Certaines blagues sont devenues tolérables dans la bouche d'un ministre de la république, Brice Hortefeux.
Alors, si la criminalité est en hausse, celle-ci est due à la mauvaise gestion des moyens policiers disponibles. Lors des émeutes de 2005, Chirac finit par mettre en place l'état d'urgence. Sarkozy préférait nier la réalité de la « crise sociale » qui se profilait. L'expression de ce mal-être s'est exprimée dans la violence. Ce n'est tout de même pas un message anodin. Merriman analyse fort bien la situation. En France, comme le montre si bien Lapeyronnie, la fermeture des perspectives d'avenir pour les jeunes, l'exclusion spatiale et la discrimination d'État, ne donne pas à ses populations la sensation d'être intégrées au sein de la société.
Les « blancs », comme Merriman les appels, reprenant les catégories américaines, ont votés Le Pen ou Sarkozy aux dernières élections car ils ont peur de devenir « minoritaires » dans leur propre quartier. Pour Sarkozy, seul l'ordre compte. Les droits de l'homme, c'est pas grave, c'est accessoires. En effet, quelle idée de s'attacher à des vieux principes poussiéreux ? Par contre, la communication et les symboles, ça c'est pas pareil. Là, l'histoire sert à quelque chose. L'état de siège, en 2005, pour Merriman, il fait directement référence à celui de 1955 qui avaient été déclenchée dans le contexte de la Révolte algérienne. Cette utilisation de l'état de siège a donc été perçue par la communauté algérienne comme une humiliation. La population française n'a pas saisi le rapprochement à l'époque, encore moins les médias.
En conclusion de cet article, très bref – c'est exprès ! -, disons que l'opinion publique française doit prendre conscience de la situation de manipulation médiatique – involontaire, restons positif –du fait de la dramatisation, par le gouvernement, d'événements qui traduisent plutôt un ras-le-bol. Sarkozy a été élu sur la peur en 2007, mais la situation a empiré et les gens tombent droit dans le piège de l'extrémisme de droite.
Je lance un appel : À quand la démocratie participative ? À quand la VIe République ?