Ce blog a été créé par un étudiant en histoire et sociologie de l'Université du Havre. Il propose des articles allant du travail universitaire (exposé, compte-rendu...) à l'analyse spontanée de l'actualité... Il est donc à la fois objectif et subjectif, partial et impartial, méritant la plus grande prudence concernant les analyses de l'actualité notamment car elles sont parfois politiquement orientées.
Jacques Chirac, né en 1932, sortira diplômé de l'IEP en 1954 avant d'entrer à l'ENA. Pendant un temps, il milite dans des mouvances communistes. Alors qu'il est encore étudiant, il doit faire son service militaire et il se porte volontaire pour partir en Algérie où il sera blessé. Il obtient le grade de sous-lieutenant. Le point noir c'est son attachement à l'Algérie française. Député de Corrèze, il occupera des postes de ministres sous Pompidou avant d'être plusieurs fois Premier ministre.
Lorsqu'il sera élu en 1995, il décide de dissoudre l'Assemblée nationale en 1997 sur les conseils de Dominique de Villepin. C'est la plus grosse erreur de sa présidence. Elle est rattrapée quelques mois plus tard par la victoire française lors de la coupe du monde de footballe en juillet 1998 par 3 à 0 sur le Brésil. Sa cote de popularité augmente. Arrive ensuite septembre 2001 et le départ des troupes en Afghanistan.
Avec cela, il se représente en avril 2002. Tout le monde pense alors au retour de la gauche au pouvoir mais Lionel Jospin fait une très mauvais campagne et il est battu par le candidat nationaliste, Jean-Marie Le Pen. Ce choc “d'avril 2002” va marquer l'opinion et fait entrer la France dans le XXIe siècle par une prise de conscience brutale.
Jacques Chirac est élu avec 82% des voix et ne saura pas prendre en compte le message. Ce n'est pour lui que les électeurs ont votés majoritairement mais c'est pour lutter contre l'extrême-droite. Je me rappel les manifestations dans ma petite ville de Fécamp des lycéens et des travailleurs contre Le Pen. La plupart ne sont pas de droite.
Il refuse ensuite de participer à la guerre en Irak ce qui vaudra à Dominique de Villepin son grandiose discours de 2003 à l'ONU au cours duquel il fut applaudi, rare manifestation de sentiment dans cette enceinte. Ce pacifisme permettra de cacher d'ailleurs son engagement en Afghanistan. Ce refus de la guerre repose surtout sur une position gaulliste de retrait par rapport aux États-Unis.
Chirac a compris que l'avenir ce ne sont pas nécessairement les puissants. Très gaulliste, il utilisa beaucoup le référendum en réduisant le mandat présidentiel de sept à cinq ans en 2000 dans l'indifférence générale. Toutefois, il essuya un cuisant échec sur l'adoption d'une nouvelle consitution pour l'Europe avec 53% de “non” alors que la classe politique, avec les socialistes, étaient pour le “oui”. Il ne saura pas tirer, une fois de plus, les enseignements de ce revers. Nous sommes alors en 2005.
L'année suivante est celle de Dominique de Villepin qui instaure le Contrat première embauche. La “fracture” de la majorité apparaît et Sarkozy gagne des points en prenant parti pour le retrait du projet de loi. Les lycéens et les étudiants manifestent, bloquent lycées et universités. Ce sont mes meilleurs souvenirs de jeune citoyen. Dans le froid, durant deux mois et demi, nous avons fait du lycée un désert. Tout marchait au ralenti. Nous avons obtenu le retrait du projet et la démission du gouvernement, refusé du reste.
Dans un éclair de lucidité, il va faire inscrire dans la constitution, en 2007, l'abolition de la peine de mort, peut-être devant la montée de l'extrême-droite où parcequ'il sent un virage à droite de sa majorité, déjà dominée par la figure ultra-active de Sarkozy. Ce chef du parti, ministre de l'Intérieur, va préparer son terrain pour la présidentielle, sachant qu'il était fort peu probable que Chirac se présente une troisième fois.
Concernant la politique intérieure, Chirac eut quelques bonnes idées comme la suppression du service militaire. Les thèmes de campagne qui ont marqués son quinquennat sont la sécurité routière, la lutte contre le cancer et le soutien aux personnes handicapés. Les choses ont beaucoup évolués sur ces thèmes là avec l'obligation de créer des accès aux handicapés dans les lieux publiques notamment.
La lutte contre l'insécurité est toutefois un échec cuisant de Sarkozy puisque les plaintes pour atteinte au personne ont augmentés de 16%. Il réussit à faire baisser le chômage, les chiffres passant de 11,3% en 1995 à 8,4% en 2007. Toutefois, les inégalités sociales augmentent entre les plus riches et les plus pauvres. La dette publique croît inlassablement. Les affaires étrangères ont été bien mieux menées que les affaires intérieures.
La France prend part à la guerre du Kosovo en 1999 et à celle d'Afghanistan en 2001. La première est une victoire à la Pyrrhus permettant la mise sous tutelle de l'ONU de la province du Kosovo. La seconde est un échec cuisant dont Sarkozy n'est pas encore sorti et à réussi à occulter par la guerre en Libye. Les relations avec l'Afrique, ensuite, ont été tendu, notamment en Côte-d'Ivoire. Les opposants politiques parlent même de néocolonialisme.
Par exemple, l'Affaire de ventes d'armes à l'Angola entre 1993 et 1998 va révéler un vaste réseau de profiteurs. Ces ventes d'armes n'ont jamais été autorisés en haut lieu, mais implique des personnalités politiques de premier ordre, comme Pasqua, Sullitzer, Marchiani et Mitterrand (le fils aîné de l'ancien président). Le jugement rendu en octobre 2009 a scandalisé pas mal de gens puisque la plupart des inculpés ont été relaxés, certains n'ont que des peines avec sursis et les quelques inculpations ferme ne dépassent pas cinq ans de prison.
C'est de tout cela qu'hérite Nicolas Sarkozy en mai 2007. Ce candidat fera du thème de la “rupture” son cheval de bataille, appelant au rassemblement du centre, de la droite classique et même des nationalistes. Il gagnera avec 53% des voix. Depuis, il a viré à droite et ses choix politiques ont de quoi inquiétés et pas simplement les opposants politiques. Sa ressemblance troublante avec l'empereur Napoléon III mais aussi avec la politique de Philippe Pétain a de quoi troubler les démocrates.
Nous verrons cela dans un nouvel épisode, même si vous pouvez déjà allez voir les articles sur lui qui sont nombreux sur ce blog.