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Ce blog a été créé par un étudiant en histoire et sociologie de l'Université du Havre. Il propose des articles allant du travail universitaire (exposé, compte-rendu...) à l'analyse spontanée de l'actualité... Il est donc à la fois objectif et subjectif, partial et impartial, méritant la plus grande prudence concernant les analyses de l'actualité notamment car elles sont parfois politiquement orientées.

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La guerre de Bourgogne (500)

En Bourgogne vivent les Burgondes. Ils ont encore deux rois : Gondebaud et Godégisile. Le premier est un prince cultivé, proche des Romains, bombardé patrice puis prié de retourner d'où il vient en 474. Son retour en Gaule n'est pas passé inaperçue. Il occis ses frères, Godomar et Chilpéric II, père de la belle Clotilde. 104612R.jpgGondebaud est Arien, mais semble avoir été d'une grande tolérance à l'égard des Catholiques. Installés à Lyon, il laisse Genève à son frère. De suite, il apparaît évident que Godégisile ne peut se contenter d'une cité coupé des terres fertiles de Bourgogne par une décision fraternel. Il en conçoit un profond ressentiment et songe de suite au fratricide. C'était chose courant à l'époque. Il a en plus compris que Clovis, époux de Clotilde depuis 493, baptisé en 498, est le roi le plus puissant d'Europe occidentale. Ainsi, lorsqu'il décide de réaliser son rêve, il fait mander le roi des Francs pour l'aider. Celui-ci accepte d'autant plus facilement qu'il peut récupérer un peu de fond pour son trésor.

 

La diplomatie consiste à conduire des négociations afin de trouver une solution à un conflit sans avoir recourt à la violence. En 500, elle est bien sûr archaïque. Elle repose sur la parole principalement. Les négociations secrètes, les accords sous le manteau, sont monnaie courante. Godégisile envoie une ambassade auprès de Clovis pour lui demander son aide et lui promet un tribut. La promesse est aussi un argument. Les deux parties donnent leur parole. Ne pas respecter cette parole est considéré comme une rupture du contrat tacite qui liait les deux parties. C'est le cas classique.

 

Ambassade → négociations → accord tacite → mise en application

 

La mauvaise foi est de mise. Godégisile va promettre d'aider son frère contre Clovis avant de se retourner contre lui. Il y a l'idée, là-dessous, que si je t'aide, tu me paie. Toutefois, il peut aussi y avoir des retournements de situation. Ce fut le cas ici. Gondebaud, assiégé dans Avignon, résiste, mais Clovis ne veut pas abandonner. Il a donné sa parole. Seulement, un conseiller du roi de Lyon va faire croire à Clovis qu'il peut l'aider. Il va l'endormir. Par la duplicité, il parvient à passer un nouvel accord tacite avec le roi des Francs. Cette fois-ci l'ambassadeur, officiel, se transforme en conseiller extérieur. Gondebaud paie un tribut et Clovis lève le siège et rentre en son pays. Godégisile se retrouve ainsi seul.

 

burgondes-2.jpg

 

Plaque-boucle de ceinturon burgonde, Ve-VIe siècle (source: Dom Leclerq, Dictionnaire d'archéologie chrétienne et de liturgie, Paris, 1939). (voir)

 

La bataille de l'Ouche est une victoire de Clovis et de Godégisile. Dans le texte de Grégoire de Tours on devine la stratégie, elle aussi primaire. Les armées se donnent rendez-vous à un endroit et se battent entre elles. Le combat fut sans doute violent, mais rapide, comme souvent à l'époque. Le roi perdant, donc Gondebaud, tourne le dos et s'enfuit. La poursuite commence. C'est Clovis qui s'en charge. Godégisile, quant à lui, rentre triomphalement dans la cité de Vienne. Il est tout éclaboussé de sa gloire soudaine, en oublie son allié, et se croit déjà roi de tous les Burgondes. Le siège d'Avignon, nous l'avons dit, est levé et Clovis rentre chez lui. Par certains côté, les pratiques sont celles des généraux romains. Un triomphe est donné au vainqueur. La paix prends effet lorsque les clauses de l'accord tacite sont respectés. Gondebaud chassé, pourquoi Clovis perdrait son temps en faisant un siège coûteux ? Cela signifie que le sort de Godégisile ne le préoccupe plus.

 

Scramasax-2d38e.jpgScramasax mérovingienne (voir)

 

Finalement, il apparaît évident qu'un accord tacite, oral, est aussi éphémère qu'incertain. Une promesse est une sorte de contrat. Je te promet de l'aide si tu me paie celui-ci. Je te promet un tribut si tu me donne de l'aide. Souvent, on a pu l'observer à plusieurs reprises, il y a un banquet qui est célébré, permettant de sceller l'alliance en quelque sorte. Passer un second contrat n'engage pas le rupture du premier. En effet, Godégisile a obtenu ce qu'il voulait. Rien n'oblige Clovis à rester sur place et donc son accord tacite avec Gondebaud est légitime si l'on veut. La guerre de Bourgogne, toutefois, montre bien les hésitations de Clovis qui n'est pas encore assez fort pour tenir réellement tête, à lui tout seul, aux Burgondes. Quant aux Burgondes, ils ont montrés leur faiblesse par cette guerre intestine. Il faudra attendre une trentaine d'années pour que les Francs annexent ce royaume.

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