Ce blog a été créé par un étudiant en histoire et sociologie de l'Université du Havre. Il propose des articles allant du travail universitaire (exposé, compte-rendu...) à l'analyse spontanée de l'actualité... Il est donc à la fois objectif et subjectif, partial et impartial, méritant la plus grande prudence concernant les analyses de l'actualité notamment car elles sont parfois politiquement orientées.
Le roi, dès l'origine du système pharaonique, est soumis aux dieux qui permettent une douce et agréable vie à l'Égypte. Il sert d'intermédiaire entre le monde des humains et celui des dieux. De fait, l'institution royale est divine. C'est une entité divine. Pour autant, le roi est un individu semblable aux autres de part sa nature humaine. Aux yeux de la population, c'est un potentat oriental comme les autres, capable des pires vices. Il n'est pas non plus épargné par l'échec. La royauté égyptienne abolit la personnalité qui en a la charge au profit de l'institution. Cette dernière est détachée de la personne du pharaon qui n'en est que le représentant plus ou moins compétent. Le roi doit, pour exercer le pouvoir, se plier à des normes institutionnelles qui sont placées sous la protection de la Mâat, « l'ordre du monde ». Le pharaon promulgue des lois sous forme de décrets destinés à l'administration chargée de les mettre en œuvre. L'État égyptien est centralisé. Comme tout État, c'est un « édifice doté de structures agencées entre elles de manière à garantir la stabilité de l'ensemble » (Legendre, 1999). C'est un système à trois étages. Le premier est la sphère des hypostases qui repose sur le concept-déité de Mâat, clé du système institutionnel. La Mâat incarne « l'ensemble des conditions qui font naître et qui renouvelle la vie ». Le troisième étage, la base, c'est le territoire égyptien et sa population. Entre les deux, le second étage est celui du pharaon qui est le garant de Mâat.
La Mâat englobe et unifie l'ordre cosmique et l'ordre humain. Entre les deux ordres se trouve le pharaon. La Mâat est une idée qui sous-tend des institutions, des groupes d'intérêts et des stratégies de pouvoir. Cette idéologie connaît une évolution. Sous l'Ancien Empire, le pharaon est tenu de servir la Mâat qui lui assure la vie après la mort. Après les troubles de la Première période intermédiaire, sous le Nouvel Empire, la Mâat devient un modèle vertueux, une sorte d'idéal à atteindre. En fait, la Mâat est un ordre concret émanent d'un rapport de force. Le rituel de l'offrande de la Mâat est destinée au renouvellement de l'énergie. C'est un objectif concret et utilitaire. L'égyptien de l'antiquité n'était pas un intellectuel. C'était plutôt quelqu'un d'intuitif et d'imaginatif. Il ne possédait pas de théories logiques et rationnels. Il s'adaptait à la situation à laquelle il était confronté en cherchant le moyen le plus simple et le plus pratique pour résoudre son problème. Finalement, c'est une approche matérielle autant qu'immatérielle des choses. Les Égyptiens offraient aux dieux le Ka, c'est-à-dire l'énergie de la nourriture qu'ils déposaient sur l'autel. La finalité de l'égyptien était d'être heureux et c'est pourquoi sa religion est orienté vers l'harmonie individuelle et sociétale.