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Ce blog a été créé par un étudiant en histoire et sociologie de l'Université du Havre. Il propose des articles allant du travail universitaire (exposé, compte-rendu...) à l'analyse spontanée de l'actualité... Il est donc à la fois objectif et subjectif, partial et impartial, méritant la plus grande prudence concernant les analyses de l'actualité notamment car elles sont parfois politiquement orientées.

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L'essai, un genre "démagogique" ?

Une distinction est faite entre le livre de reportage - qui saisit l'actualité immédiate, récente - et le livre univeristaire, oeuvre mûrement réfléchie, élaborée consciencieusement pendant plusieurs années. Les journalistes ne dédaignent pas écrire, de temps en temps, des livres d'histoire en fonction de l'actualité. La publication récente du Mélancolie Française (2010) d'Eric Zemmour chez Fayard/Denoël en est l'exemple parfait (Un essai historique intéressant ! ). Cependant, certaines revue, par leur format et leur présentation, ressemble davantage à un livre qu'à un périodique. La différence réside dans le fait que le livre n'a pas pour vocation de présenter l'actualité d'un sujet - comme c'est le rôle d'une revue ou d'un journal quotidien - mais de présenter l'actualité des recherches que l'auteur mènent sur le sujet en question. C'est une différence qu'il ne faut pas négliger. 

 

L'actualité, c'est-à-dire les nouvelles du jour, sont lié au livre car ce sont les journaux et les revues qui en font la plus grande publicité. Il est rare, même inimagineable, de voir le jeune auteur d'une thèse présenter son travail, quant bien même celui-ci serait publié. Par exemple, quel journal "grand public" (Le Monde, Le Figaro, Politis, etc) parlerait de la thèse La notion d'Etat dans la pensée politique chinoise et ses conséquences sur la scène internationale (Paul André, 2009, link), qui, pourtant, traite de l'actualité récente de ce grand pays. Je suis prêts à parier - pas trop vite, mais sans grand risque - que le même sujet abordé par un journaliste "spécialiste" de la question aurait donné un livre différent et sur tout les points. Si Paul André aborde son sujet d'un point de vue politique - comme le font beaucoup d'essayiste - il n'en reste pas moins un architecte, cherchant la qualité et la cohérence du propos avant d'analyser son sujet en fonction des préjugés que nous avons tous sur la Chine : dictature impérialiste, armée qui occupe le Tibet illégalement, tension avec Taïwan, bref, un gros méchant qui fait peur à tout le monde.

 

Ainsi, vous l'aurez compris, les journalistes "spécialisés" s'intéressent davantage aux rapports des pays qu'ils abordent avec l'extèrieur, plutôt qu'ils n'étudient le pays de l'intérieur, et, par exemple, comment les habitants perçoivent le régime de l'intérieur et surtout comment ils perçoivent l'extérieur. Quel vision les chinois lambda ont-ils de nous européens ? Personnellement, je n'en sais trop rien. En revanche, ce qu'il me semble être une réalité, c'est qu'un essai politique doit être rattaché à l'actualité du moment pour avoir un impact médiatique. C'est un point essentiel. Il y a aussi des essais, très bons, mais qui sont beaucoup moins médiatisés. Si L'Esprit des Lumières (2006) de Tzvetan Todorov n'est pas passé inaperçu, il se rattache indirectement à l'actualité en mettant en regard le mouvement d'idées de cette époque et notre monde actuel, celui du début du XXIe siècle. Il n'entre pas pour autant dans les travers des journalistes, c'est-à-dire la recherche de la polémique. 

 

L'essai s'intéresse davantage aux grandes questions du moment qu'à des sujets peu en rapport avec l'actualité ou la culture du pays. Il est étonnant de noter que le livre de Sylvain Gouguenheim, Aristote au mont Saint-Michel (2008) est été sujet à une polémique sur la place de l'Islam et l'impact de la culture musulmane sur l'Occident. En effet, l'auteur démontre que ce sont les grecs davantage que les Arabes qui ont été à l'origine de la foisonnant culture occidentale. Il y a un amalgame... Les Arabes ne sont pas nécessairement tous musulmans, et les musulmans ne sont pas tous nécessairement des Arabes. Les Pakistanais ne sont pas des Arabes et pourtant ce sont bien des musulmans. Qu'ont fait, objectivement, les intellectuels Arabes ? Ils ont véhiculé la culture grecque et ils ont empêché la disparition de précieux manuscrit. Seulement, il est indéniable que ce sont les grecs, notamment à Constantinople, qui sont restés les détenteurs de la connaissance des Anciens. Les Arabes se sont cantonnés dans le rôle de passeur du savoir, ou, alors, ils ont alimenté leur propre culture par des lectures personnels de Thomas d'Aquin, par exemple. 

 

Finalement, pour être un "succès de librairie", un essai doit proposer une vision générale de la question soulevée par l'actualité. Cette manière de faire permet d'éclairer un évènement en adoptant un regard emprunt de distance ; regard qui semble être impartial et objectif, bref qui semble être scientifique. Souvent, malheureusement pour les lecteurs, ce n'est qu'une illusion donné par l'auteur. Jacques Attali, en France, avec son Tous ruinés dans dix ans ? (2010), pose des question sur la dette publique et sur les réformes qu'ils faudraient mener, et cela en regard direct avec l'actualité. Or, il ne propose pas de réels réponses. Voilà ce que dis la présentation de l'éditeur sur Amazon : "Jamais, sauf en période de guerre mondiale, la dette publique des grands pays de l'Occident n'a été aussi élevée". Certes, mais on le sait... Il faut donc se méfier des essais qui se veulent scientifiques sans être écrit par des spécialistes "qualifiés" et non des spécialistes, disons, "de terrain"... Attali n'est rien d'autre qu'un essayiste de haute volée, certes, qui, je pense - mais je n'en mettrai pas ma main à couper - essaie de donner des sources fiables, etc... Seulement, il n'est pas objectif, encore moins impartial...

 

L'essayiste, et je conclue là-dessus, se place souvent de son point de vue, défendant ses idées, et non une thèse réfléchie et construite en présentant les arguments adverses tout en démontrant qu'ils sont infondés, inadéquats, puis, avec brio, amener ses propres arguments sur la table...

 

 

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