Ce blog a été créé par un étudiant en histoire et sociologie de l'Université du Havre. Il propose des articles allant du travail universitaire (exposé, compte-rendu...) à l'analyse spontanée de l'actualité... Il est donc à la fois objectif et subjectif, partial et impartial, méritant la plus grande prudence concernant les analyses de l'actualité notamment car elles sont parfois politiquement orientées.
Le second empire a été longtemps critiqué et mal compris, notamment par la très mauvaise image donné de Napoléon III par Victor Hugo. Cette période est celle de la modernisation de la France. Par exemple, en vingt ans, de 1850 à 1870, le réseau ferré français passe de 3 000 kilomètres à 18 000 kilomètres de voies. C'est l'essor du commerce par cette immense modernité que représente le chemin de fer. Les voies navigables sont réaménagées ainsi que les routes et les ports. Pour réussi un tel coup de maître, Napoléon accepte de moderniser le système financier afin de faire baisser des taux d'intérêts élevés. C'est la création du Crédit foncier, du crédit Mobilier, du Crédit lyonnais. Le chèque fait aussi sont apparition en France. Eh, oui nous devons cela à Napoléon III ! Ainsi, les commerçants pouvaient laisser aux banques le soin de gérer les transactions, évitant ainsi les voyages postaux plus risqués. L'accord franco-anglais est une première depuis les guerres napoléonienne puisque les tarifs douaniers sont abolis (1860).
A Paris, ce sont les fameux travaux du baron Haussmann qui sont restés dans les mémoires. Des quartiers entiers sont détruits, les rues agrandies afin d'éviter que les parisiens puissent dresser des barricades. Les conditions d'hygiène était terriblement catastrophique. Pour rendre agréable la capitale aux yeux des premiers « touristes », ont couvre les rues et les buttes d'arbres. Les grands parcs parisiens sont aménagé à ce moment là (parc Monceau, par exemple). Paris passe de 3 000 à 7 000 hectares, de 500 000 habitants en 1848 à 2 millions en 1870. Tout cela coûta 2,5 milliards de francs, c'est-à-dire 6,3 milliards d'euros (pour un franc 1850 = 2,53€ de 2006). Les réaménagements urbains concernent aussi Lyn, Bordeaux, Marseille, Montpellier. Ce que fait la France, c'est ça révolution industrielle. Alors, si l'Angleterre est bien plus en avance, il n'en reste pas moins que l'empire va remonter en puissance économique et militaire.
Paris se consacre à la culture et à la science. Les expositions universelles de 1855 et 1867 sont des réussites. L'entrée coûtait moins de deux euros. C'était accessible à la plupart. De plus, c'est à des français que l'on doit le dirigeable, le cuirassé à coque en fer (les sudistes et les nordistes faisaient réparer leur navire en France !); le sous-marin propulsé par un moteur à air comprimé, la pasteurisation et la conservation des aliments.Très porté sur les nouvelles technologies, Napoléon III favorise l'essor de la photographie et du télégraphe au même moment que les États-Unis. Politiquement, c'est aussi la modernisation. Napoléon III veut aller vers un régime plus libéral, plus parlementaire. Là est la grande déception des historiens : qu'aurait pu donner cette libéralisation sans la guerre de 1870 qui vint tout gâcher ? Bien sûr, nous ne le serons jamais, même si Napoléon – ça nous le savons – avait déjà préparé sa succession et souhaitait voir l'instauration d'une monarchie parlementaire.
Ainsi, pour montrer sa bonne volonté, il accorde au Corps Législatif un droit fameux, le droit d'adresse (les députés adressaient chaque année un texte au gouvernment pour le critiquer ou lui faire part de certains points politiques). Le compte-rendu des séances est rendu public (toujours aujourd'hui, via le site de l'Assemblée nationale ou du Sénat : http://www.assemblee-nationale.fr/13/debats/index.asp). La guerre civile américaine a un impact sur le commerce du coton et donc sur l'industrie textile du pays, d'autant plus que les récoltes sont mauvaises. C'est un tournant. Nous sommes en 1862 et depuis la guerre en Italie, Napoléon III a de nombreux ennemis parmi les conservateurs et les catholiques, mais aussi parmi les républicains. Les élections de 1863 sont un léger revers pour les bonapartistes. De suite, il remanie presque intégralement le gouvernement afin d'afficher sa volonté de libéraliser l'empire. Eugène Rouher prend la présidence du conseil d'État, Fialin l'Intérieur et Duruy (un historien !) l'Instruction publique.
Qui l'eût crut : dès 1862, Napoléon III s'intéressent aux ouvriers. Dans un soucis électoralistes dirions nous aujourd'hui. En effet, Sarkozy s'intéresse aux ouvriers pour les mêmes raisons. Toutefois, il donne concrètement des gages de sa bonne volonté, contrairement à Sarkozy (j'ai réussi à place une critique de celui-là ici !). Plus sèrieusement, Napoléon propose la création d'une inspection du travail, loi refusée par le Conseil d'État. En 1864, c'est aussi la reconnaissance du droit de grève et des syndicats, deux ans plus tard. Il ne faut pas cependant se leurrer. La plupart des ouvriers adhèrent rapidement aux idées socialistes et marxistes, voire même, plus tard anarchistes. Quant aux paysans, l'influence des royalistes dans les campagnes est encore importante. Peu avant l'écatombe de 1870, en 1869, les élections sont une victoire retentissante pour les républicains. Paris bascule à « gauche ». En janvier 1870, Napoléon III nomme Ollivier à la présidence du conseil. Après, arrive la crise de succession d'Espagne, les arrogances de Bismarck, la montée du bellicisme en France, et l'entrée en guerre contre la Prusse 19 juillet 1870. Pour l'empereur prussien c'était une première victoire. La France avait déclarée la guerre et non l'inverse. De fait, l'invasion par Bismarck passe pour être défensive. Nous le savons aujourd'hui, la santé de Napoléon III était calamiteuse et il ne put gérer lui-même les combats tout en comprenant, dès qu'il arriva sur le front, que la partie était perdue d'avance (manque d'hommes, de munitions, désorganisation). Les batailles se succèdent et les défaites aussi. L'armée recule, recule et en plus fort mal (contrairement à 1940).
Le 16 août, la cavalerie française remporte la dernière grande bataille de cavalerie de l'histoire militaire européenne en causant la mort de 30 000 hommes. Bazaine, le surlendemain, tente de garder le cimetière de Saint-Privat en son pouvoir. Eh oui, un cimetière comme champ de bataille ! Il s'entassa 6 000 cadavres en ces lieux et plus de 20 000 blessés. Toutefois, si ces chiffres paraissent impressionnant, ils ne sont rien comparés aux batailles de Napoléon Ier et surtout aux batailles de la guerre civile américaine un peu avant. Pris en tenaille, devant l'incapacité de Bazaine à diriger une troupe, l'armée est encerclée et c'est la reddition sans conditions. De toute façon, pour atténuer légèrement l'incompétence de Mac-Mahon, disons que le rapport des forces était de un soldat français pour 1,7 prussien (sois presque 1 pour 2). La nouvelle arrive à Paris le 4 septembre et la République proclamée. L'empereur est aux mains des allemands. Gambetta refuse la défaite. Les royalistes l'attendaient patiemment. (cf. La Commune de Paris).