Ce blog a été créé par un étudiant en histoire et sociologie de l'Université du Havre. Il propose des articles allant du travail universitaire (exposé, compte-rendu...) à l'analyse spontanée de l'actualité... Il est donc à la fois objectif et subjectif, partial et impartial, méritant la plus grande prudence concernant les analyses de l'actualité notamment car elles sont parfois politiquement orientées.
Jacques-Charles Bailleul (1762-1843) est né à Bretteville en Seine-Inférieure. Fils de cultivateur aisé, il reçoit une bonne éducation et devient avocat au parlement de Paris jusqu'en 1790. Il exerce ensuite à Montivilliers et au Havre où il devient juge de paix. Il est élu à la convention en 1792 dans le camp des modérés. Il échappera de peu à la guillotine en mai 1793 pour avoir afficher son hostilité à la mort du roi et pour avoir défendu les Girondins. Proscri, il va fuire, mais reconnu par un ancien collègue, Dubouchet, il est renvoyé à Paris. Il est alors enfermé avec Danton. Pourtant, il est relâché après seize mois de procédure. Il siège à nouveau à la Convention en décembre 1794 et sera membre du Comité de Salut Public. Par la suite, il siège au Conseil des Cinq-Cents, puis au Tribunat, s'occupant des affaires financières. Il est écarté en 1802 pour être trop critique envers le pouvoir. Toutefois, il devient directeur des droits de la Somme en 1804, jusqu'à la Restauration. Il est ensuite écarté de la vie publique.
I. DE SA CONCEPTION DE L'HISTOIRE GÉNÉRALE
Les faits sont la base de la connaissance historique, la réalité de l'Histoire. Ensuite, viennent s'ajouter les réflexions. Elles permettent de saisir la « nature » et le « caractère » des faits. Bailleul en distingue trois types : les faits isolés, les faits composés et les faits généraux. Les faits isolés sont les évènements de tous les jours, comme ls parutions de décrets, les travaux de l'Assemblée, la parution des journaux officiels, etc. En eux, l'historien recherce la cause des faits historiques. Les faits composés, ou “révélés” comme les appel Bailleul, sont eux sujets à des discussions. Par exemple, chacun aura son opinion sur la bataille de Waterloo, sur les chances des uns et des autres, sur les erreurs de Napoléon et de ses maréchaux, etc. Chacun ira de ses détails et de ses citations. Au final, les interprétations de la bataille seront multiples et contradictoires.
II.DE LA PENSÉE DE L'HISTORIEN
La pensée peut se décomposer en divers éléments. En histoire, ces éléments agissent pour déteriorer ou fortifier un régime. Bailleul part d'un esprit qui pousse les empires vers une bonne ou une mauvaise fin. L'histoire se doit de respecter des règles pour bien saisir cette esprit. Chaque pays connaît des crises durant lesquelles un individu est un instrument tantôt actif, tantôt passif. Les “passions”, les “violences” et les “accusations” ne manquent pas. Dans ces moments terribles, il faut trouver la vérité, le sens véritable des évènements. Cette tâche de l'historien est bien difficile, concède un Bailleul interrogateur. Finalement, l'objectif de l'historien est de “reconnaître ce qui est la vérité et en quoi consistent les intérêts réels de tous (...)” (p.9) Comment savoir qui exprime le mieux les intérêts de l'État ?
III.DE L'ÉCRITURE DE L'HISTOIRE
“Quant on écrit l'histoire ou sur l'histoire, le premier point sur lequel l'attention doit se porter avant tout, est donc de bien déterminer ce qui doit être considéré comme la vérité.” (p.9-10) Ècrire l'histoire revient à déterminer la vérité. Bailleul, acteur de la Révolution et de l'Empire comme député, s'inscrit dans la conception nouvelle de l'histoire. Certes, il y a encore une méfiance vis à vis des faits, mais il reconnaît que les faits sont à la base de l'histoire. La réflexion seule n'a pas grand intérêt. Il faut des faits, des évènements pour pouvoir en interpréter le sens. Bref, l'histoire est vivante. Le passé, de ce fait, peut (re)vivre. Finalement, cette citation de Chateaubriand pourrait convenir à Bailleu : “Les sociétés anciennes périssent, de leurs ruines sortes des sociétés nouvelles” (1831). L'instabilité politique de la France est le reflet de l'instabilité de l'histoire, perpétuellement en mouvement. Cette prise de conscience est importante.