Ce blog a été créé par un étudiant en histoire et sociologie de l'Université du Havre. Il propose des articles allant du travail universitaire (exposé, compte-rendu...) à l'analyse spontanée de l'actualité... Il est donc à la fois objectif et subjectif, partial et impartial, méritant la plus grande prudence concernant les analyses de l'actualité notamment car elles sont parfois politiquement orientées.
Histoire de France, Joël Cornette (dir.), tome 2, « Féodalités (888-1180) » by Florian Mazel, Paris, Éditions Belin, 2010, 784 pages.
1. La société du Xe et XIe siècle.
Culte des reliques
« Le culte des reliques, sans doute la manifestation sociale et religieuse la plus évidente du besoin de sacré, connaît aux Xe-XIe siècles un développement considérable. Le désarroi provoqué par les agressions extérieures et par la crise de l'ordre carolingien dynamisa un moment le phénomène. Mais c'est surtout l'essor du monachisme et la vigueur de la demande sociale, aristocratique et populaire, qui le portent à un niveau exceptionnel. » (Mazel, 2010, p. 130)
La fréquence de la guerre
« [La guerre] représente même une composante essentielle de la vie aristocratique. Les formes de la guerre sont alors partout les mêmes : les chevauchées, l'incendie ou la prise de forteresses, le pillage... Elle se pratique avec de modeste effectifs – quelques dizaines de chevaliers, parfois une à deux centaines – et dans un périmètre limité, il s'agit toujours de guerres vicinales, qui ne dépassent pas l'horizon des sociétés locales. Les motifs de ces guerres se révèlent eux aussi identiques d'une région à l'autre : la concurrence pour la domination de l'espace et des hommes, la vengeance ou la « faide », destinée à laver l'offense fait à l'honneur familial, qu'il s'agisse d'un vol, de la destruction d'un bien, d'un meurtre, du viol ou du rapt d'une femme. » (Mazel, 2010, p. 142)
2. Seigneurs et paysans.
Les maîtres de la terre
« L'aristocratie est forte d'une emprise sur les sociétés locales qui repose avant tout sur sa puissance foncière. La terre est en effet la principale source de richesse, mais elle constitue aussi le support de la formation des liens sociaux, politiques et économiques et par conséquent l'instrument de la domination sur les hommes. » (Mazel, 2010, p. 172)
Les maîtres de la guerre
« Cette aristocratie foncière est aussi une aristocratie guerrière. Cela semble évident pour l'aristocratie laïque au firmament de ses valeurs la force physique et le courage. Mais cela l'est aussi pour les ecclésiastiques : d'une part parce que de nombreux évêques sont eux-mêmes des combattants, n'hésitant pas à aller au combat pour défendre leur cité ou conduire des chevauchées, ou s'adonnant aux plaisirs de la chasse ; d'autre part parce que tous les seigneurs ecclésiastiques, même les établissements monastiques, s'appuient de manière plus ou moins directe sur les puissants ou des troupes de chevaliers pour asseoir leur domination. » (Mazel, 2010, p. 177 et 179, la 178 étant une illustration).