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Ce blog a été créé par un étudiant en histoire et sociologie de l'Université du Havre. Il propose des articles allant du travail universitaire (exposé, compte-rendu...) à l'analyse spontanée de l'actualité... Il est donc à la fois objectif et subjectif, partial et impartial, méritant la plus grande prudence concernant les analyses de l'actualité notamment car elles sont parfois politiquement orientées.

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Du lecteur à l'usager, Roselli et Perrenoud (2010)

Une étude sociologique de Mariagela Roselli et Marc Perrenoud, Du lecteur à l’usager, a été publiée en 2010 aux Presses universitaires du Mirail. La recherche qu’ils ont mené porte sur les comportements des étudiants d’une B.U (Bibliothèque Universitaire) de Toulouse.


Les trois axes de recherche sont : 1/Qui fréquente la B.U ? 2/Quelles sont les relations des usagers à la B.U et aux dispositifs de recherche et de documentation ? 3/Que font les usagers dans les espaces consacrés à la recherche et à la lecture ?

 

En quelque sorte, les auteurs mettent en place une sociologie des usages et des pratiques. Ce que je trouve intéressant dans leur démarche c’est ce questionnement sur l’appropriation de l’espace, des dispositifs de lecture, des supports, etc, mis à disposition des usagers.

 

Il y a toutefois des limites, comme le fait de comptabiliser, comme usager fréquentant la B.U, tous ceux dont la carte a enregistré l’emprunt d’un livre au moins. Or, il y a les usagers qui utilisent l’espace sans jamais en emprunter un seul, les « séjourneurs », et ceux qui en empruntent plus que régulièrement.  

 

L’enquête sur le terrain a duré 18 mois, soit environ 200 heures, avec 60 entretiens d’usagers réalisés. L’objectif de tout cela était de repérer les différents styles d’usage de la B.U, « d’appréhender le processus de façonnement, d’adaptation et d’adoption des supports et des dispositifs par les usagers » (p.36).

 

Les auteurs ont finalement mis au jour, si l’on peut dire, cinq catégories :

-      Les « usagers de la B.U comme salle d’étude » : les étudiants travaillent à partir de supports importés et n’utilisent que très rarement la B.U.

-      Les « errants de l’université de masse » : les « apprentis » et les « touristes », c’est-à-dire ceux n’étant pas préparés au travail universitaire et autonome. Leur attitude relâchée – « allez surfer sur Internet pour passer le temps » - est souvent jugée provocante par l’équipe de la B.U.

-      Les « usagers de bonne volonté » : ceux qui, n’étant pas non plus préparés au travail universitaire, s’investissent en demandant des conseils aux personnels, etc, afin de « s’accrocher ».

-      Les « internautes » : ce sont ceux qui ont une pratique mixte et qui désoriente le plus souvent le personnel. Il est difficile de faire la distinction entre le travail de recherche et la fréquentation de site marchand ou à caractère marchand. Aujourd’hui, ce sont ceux que l’on voit avec leur PC Portable ou leur Net Book.

-      Les « autonomes, des usagers critiques » : ils se divisent en trois sous catégories : les « experts formés à la recherche informatisée », les « sédentaires » et les « nomades pressés ». Cette catégorie met en évidence des étudiants assez présents à l’université qui entretiennent un rapport particulier aux livres. Ils fréquentent assidûment la B.U, ils sont présents en cours.

 

Cette enquête, bien au-delà de catégoriser les étudiants, permet une approche en sociologie de la lecture et en sociologie du travail scolaire et des étudiants. Elle permet aussi d’analyser le rapport des étudiants au livre, les mutations du public étudiant (avec les « internautes »). Toutefois, certains reprochent à cette étude de n’être pas assez comparative et n’éclaire pas assez sur le rapport au savoir des étudiants en général.       

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