Ce blog a été créé par un étudiant en histoire et sociologie de l'Université du Havre. Il propose des articles allant du travail universitaire (exposé, compte-rendu...) à l'analyse spontanée de l'actualité... Il est donc à la fois objectif et subjectif, partial et impartial, méritant la plus grande prudence concernant les analyses de l'actualité notamment car elles sont parfois politiquement orientées.
François Dosse, au sujet de l'Affaire WikiLeaks, pense que cela pose le problème de la documentation de l'historien. Pour lui, il ne faut pas être impressionné par la masse des missives diplomatiques dévoilées. Cela est une bonne chose. La question est de savoir ce que l'on fait avec l'abondance des sources ? Depuis quelques années, l'historiographie est enseignée comme discipline. La référence est le Dictionnaire des études historiquesde BURGUIÈRE(1986). Le rapport au passé à changer. Il n'y a plus la recherche d'un sens de l'histoire. Les historiographes, comme François DOSSE, parlent d'histoire en miettes. Beaucoup de débats sont encore sensible au sein de la communauté historienne. Prenons celui sur l'Antiquité Tardive. Dans un article, INGLEBERTpense qu'il faut revenir sur la vision d'Henri-Irénée MARROUet de Peter BROWN, notamment en prenant en compte les apports de l'archéologie. Il y en a aussi un sur la Révolution industrielle qui est souvent pris comme un nom de période. Au départ, il y a l'Angleterre, mais cela est même remis en cause ? Même le terme de « révolution » semble mal venu puisqu'il y a plus un mouvement qu'une véritable rupture. Les changements théoriques en historiographie sont aussi un peu sensible. Par exemple, Hayden WHITE.

Après un passage à la micro-histoire, il y a un retour à l'histoire-monde. Le genre de la biographie est encore assez mal vu par certains historiens. L'attention aux acteurs est importante bien évidemment. La biographie a une place dans la maison historienne. Elle permet de penser l'écriture de l'histoire autrement. Bien sûr, il y a de mauvaises biographies qui n'ont rien d'historique et qui retournent finalement à une vision très structuraliste. Ce genre fait encore débat, sert d'expérimentation sans grand risque. Cela peut emmener à l'histoire sociale (FEBVRE, BRAUDEL...). Ce courant a dominé la recherche et l'enseignement universitaire. Dans un livre intitulé L'évènement, Dosse revient sur ce concept important. Il y a un renouvellement sur la façon de le concevoir comme le souligne un débat vif et rapide sur la guerre 14-18. Concernant l'enseignement, il y a aussi une vive critique, dénonçant notamment la trop grande vulgarisation ou un attachement forcené aux traditions.